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Full text of "Archives des sciences physiques et naturelles"

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ARCHIVES 

• DES 

SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES 



GENÈVE — IMPRIMERIE ALBERT KUNDIG 

line du Vieux-Collège, 4 



CENT VINGT-QUATRIÈME ANNÉE 



-Vf « u 



ARCHIVES 



DIÏS 



SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES 



(5 me Période — Vol. 1) 



GENÈVE 

RÉDACTION DES ARCHIVES, RUE DU VIEUX-COLLÈGE, 4 
PARIS LONDRES NEW-YORK 

H. LE SOUDIER DULAU & <> G. E. STECHEHT & <> 

1"'»-176, Boni. St-Germain 3i-36, Margaret Street 151-155, W 25» h Street 

Dépôt pour L'ALLEMAGNE, GEOllG & O, à Baie 



1919 



884 




Casimir de Candolle 

(1836-1918) 



1919 



Vol. 1 



Janvier-Février 



CASIMIR DE G AN DO L LE 

1836-1018 

(Avec un portrait). 



Anne Casimir Pyramus de Candolle est né le 20 février 
1836. 11 fut élevé à Genève par ses parents et fréquenta diverses 
institutions scolaires jusqu'au Gymnase libre. Son père, Alph. 
de Candolle, l'envoya alors à Paris, où il fut reçu bachelier ès 
sciences en 1853 et licencié ès sciences physiques en 1857. 11 y 
étudia principalement la physique et les mathématiques en 
compagnie de son ami Lucien de la Rive et la chimie sous la 
direction de Berthelot qui était alors le préparateur de 
Ballard. 

Après avoir terminé ses études à Paris, il fit un séjour d'une 
certaine durée en Angleterre dans la maison du mycologue 
Berkeley pour s'y perfectionner dans la langue anglaise. 

En 1859, il fit un voyage en Algérie 1 , pour y visiter les forêts 
de chêne-liège dans lesquelles sa famille avait des intérêts. 11 
passa un hiver à Berlin vers 1860. En 1863, il épousait M lle 
Anna Marcet, fille de François Marcet, un ancien magistrat 
genevois établi à Londres et propriétaire du domaine de Mala- 
gny (Genthod-Genève). 

A cette époque de sa vie, C. de Candolle était déjà un admi- 
rateur si fervent des institutions anglaises qu'il résolut de faire 
en sorte que tous ses fils fussent Anglais. C'est bien pour cette 
raison que ses quatre enfants sont nés en Angleterre. 11 fit ainsi 
de nombreux séjours dans ce pays avec M me de Candolle et eut 

1 De ce voyage rions avons une étude sur la production du liège, paru 
dans les Mém. Soc. phys. et d'hist. nat. (1862). 



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CASIMIR DE CANDOLLE 



par la suite l'occasion de s'y faire de nombreux amis, surtout 
parmi les botanistes. L'auteur de cette notice a fait avec de 
Candolle deux voyages en Angleterre et alors comme à d'autres 
occasions, il a pu se rendre compte de la situation qu'occupait 
de Candolle dans le monde de la science de ce pays. 11 parlait 
d'ailleurs l'anglais avec facilité et élégance. 

Il ne semble pas qu'il ait jamais suivi de cours de botanique. 
De son séjour à Paris et par nature même, il avait un goût pro- 
noncé pour les mathématiques qu'il travailla avec Charles 
Cellérier jusque vers la fin de la vie de ce dernier. Il continua 
d'ailleurs longtemps à se tenir au courant des progrès de la 
physique et de la chimie. 

C. de Candolle n'a jamais brigué aucune fonction publique; 
il n'a jamais fait de politique active, mais il serait faux de croire 
qu'il s'en désintéressait. Bien au contraire, il suivait toutes les 
questions, tant cantonales que fédérales, en y mettant même un 
certain degré de passion et il votait très régulièrement. 

Par contre, il s'est activement intéressé au développement de 
la vie des sociétés scientifiques de Genève. Membre du Comité des 
« Archives des sciences physiques et naturelles» , il s'est pendant 
de longues années occupé de cette Revue. Il faisait partie de 
la Société de Lecture de la Société des Arts, de la Société de- 
Géographie. De même il fréquentait assidûment les réunions 
annuelles de la Société Helvétique des sciences naturelles. 

Avec son ami de la Rive il s'était particulièrement intéressé 
à l'idée d'un parc national suisse et lorsque ce grandiose projet 
fut réalisé, il fut choisi par le Conseil fédéral pour faire partie 
de la Commission restreinte du Parc national. Cette nomination 
comme le titre que l'Université de Genève lui offrit de Docteur 
honoris causa en 1899 ainsi que sa désignation en 1909 par la 
Société académique de Genève, comme Président d'honneur de 
cette société, tout cela montre que, malgré son extrême modestie, 
ses concitoyens et ses compatriotes avaient su honorer et sa haute 
science et sa probité intellectuelle. 

Héritier d'un très grand nom déjà porté deux fois avec une 
extrême distinction, C. de Candolle avait eu aussi à continuer 
l'œuvre admirable de deux générations de botanistes. On peut 
dire qu'il a soutenu avec une rare compétence cette tradition 



CASIMIR DE CANDOLLE 



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séculaire, ajoutant au patrimoine intellectuel de cette lignée de 
savants la contribution de son génie propre. Car C. dk Candolle 
dans toute son évolution scientifique paraît très différent de son 
père et de son grand'père. Son extrême originalité le place à 
part dans cette illustre lignée dans laquelle chaque génération 
représente un autre type de botaniste. 

Sa caractéristique biologique est celle d'une remarquable 
vitalité, une jeunesse d'allure et d'esprit qui faisait l'admira- 
tion de tous ceux qui l'approchèrent dans ses dernières années. 

Il avait été secondé dans sa carrière par une femme d'énergie, 
de décision et d'esprit. Ceux qui ont eu le privilège de fré- 
quenter la maison de Candolle, les étrangers de passage ou en 
séjour qui y étaient reçus, se souviendront longtemps de ces 
dîners et de ces réceptions, où l'on ne s'ennuyait guère, tant le 
maître et la maîtresse de la maison étaient accueillants, de con- 
versation enjouée, alerte et originale. 

Dans l'Herbier et la Bibliothèque il a eu comme collaborateur 
un botaniste dont il estimait particulièrement les rares talents 
d'observateur sagace et de grande érudition. On trouvera 
ailleurs une liste des travaux de C. de Candolle, due à la 
plume compétente de M. Buser, conservateur de l'Herbier 
de Candolle. 

Il m'eut été agréable de faire revivre en un raccourci pitto- 
resque la carrière de ce savant ami ; mais C. de Candolle ne se 
prêtait guère à ce genre d'enquête. Depuis 1886 on ne l'a guère 
connu que comme homme de science, régulièrement attaché à 
ce qu'il considérait comme le devoir de sa vie, aimant ce travail 
régulier et le faisant bien. Il est dès lors plus utile de le suivre 
dans le développement de ses idées et dans l'exposé de ses re- 
cherches. Mais la lecture de cette étude que je me suis efforcé 
de faire aussi fidèle à l'esprit de M. C. de Candolle que possible 
est de nature à convaincre que même lorsqu'il tenait la plume, 
lorsqu'il rédigeait un article de Revue scientifique, il n'aimait 
guère dépasser le domaine des faits et avait la plus grande ré- 
pugnance à se lancer dans des théories insuffisamment fon- 
dées. 

Pour bien comprendre l'œuvre scientifique deC de Candolle. 
il convient de le suivre dans le développement logique de sa 



CASIMIR DE CANDOLLE 



pensée en essayant de voir comment il concevait les problèmes 
selon leur nature. Dès lors nous nous attacherons à cette ana- 
lyse en partant, selon une méthode qui nous est habituelle, de ce 
qui est plus général pour aboutira ce qui est plus particulier, plus 
spécifique. Et vraiment il nous facilite cette tâche par l'ordre 
même de ses préoccupations scientifiques. Qu'y a-t-il en effet 
de plus général, de plus compréhensif que la vie. Sans doute 
C. de Candolle n'a pas la prétention de nous donner une défi- 
nition de la vie. Dans ses études sur la vie latente des graines 1 
il veut savoir si les semences au repos vivent d'une vie ralentie 
ou si parfois, même le plus souvent, il n'y aurait pas suspension 
de la vie. 

Des expériences sont tout d'abord entreprises en collaboration 
avec M. Raoul Pictet, dont les études sur les grands froids 
font autorité. Puis il les recommence en profitant des dispositifs 
mis à sa disposition par M. Sansinena, importateur de viandes 
gelées à Liverpool. Dans ces dernières expériences qui durèrent 
118 jours, les abaissements journaliers de température variaient 
de 8-20 heures et oscillaient entre 53°,89 et 37°, 78. tandis que 
dans l'intervalle le thermomètre s'élevait rarement au-dessus 
de 0°. Sa conclusion est que les graines à l'état de vie latente 
n'effectuent aucun échange vital ; la vie chez elles finit par être 
complètement suspendue. Pour arriver à cette conclusion il se 
base sur les observations de R. Pictet, qu'à ces basses tempéra- 
tures les réactions chimiques ordinaires sont suspendues. Ces 
résultats qui sont demeurés classiques ont été depuis lors com- 
plétés et confirmés de divers côtés. Aujourd'hui, l'on dispose de 
moyens plus appropriés pour obtenir d'une manière continue de 
très basses températures. Mais si ces résultats sont conformes à la 
théorie, il veut les vérifier par une voie détournée. Puisque les 
échanges gazeux sont suspendus on pourra remplacer l'abaisse- 
ment de température par une immersion prolongée des semen- 
ces sous une couche de mercure. Ici encore la vie est suspendue 
pendant longtemps et cependant la plupart des graines ainsi 
traitées ne tardent pas à germer quand on les met dans des 
conditions favorables de chaleur et d'humidité. 

1 de Candolle, C. et Pictet, R. Recherches concernant l'action des basses 
températures sur la faculté germinative des graines. Arch. 1879, II. 629. 



CASIMIR DE CANDOLLE 



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Tout cet ensemble de recherches suivi avec la plus parfaite 
logique l'amène à exposer ses idées sur la nature des matières 
vivantes quon a souvent comparées à des machines: les se- 
mences pendant leur vie latente sont des mécanismes intacts, 
au repos. Il est trop intelligent pour tomber dans un matéria- 
lisme enfantin ; il a l'esprit trop critique pour défendre un vita- 
lisme suranné l . 

« Les phénomènes, dit-il, ne sont pas de même nature dans 
les deux cas et les énergies dont l'ensemble constitue l'individu 
vivant ne sont pas des machines au sens ordinaire du mot... En 
effet la vie du protoplasma se manifeste par des mouvements 
qui sont combinés de façon à produire une orientation de ses 
parties selon certaines dispositions structurales se succédant 
dans un ordre déterminé, phénomène auquel les actions physico- 
chimiques ordinaires ne donnent jamais lieu. On est donc for- 
cément conduit à admettre l'existence d'une classe particulière 
de réactions dont les matières assimilables ne deviennent capa- 
bles qu'après leur absorption dans ce milieu spécial, le proto- 
plasma vivant et préexistant, dans lequel elles pénètrent 2 . » 
Mais il se hâte de reconnaître que pour que ces réactions par- 
ticulières aient lieu, il faut des conditions extérieures qui met- 
tent en train le mécanisme qui peut pendant longtemps rester 
inerte et même le rester indéfiniment sans perdre la capacité 
de vie. a On connaît, dit-il, des cas où les [graines] ont germé 
après un repos si prolongé qu'il est impossible d'admettre 
qu'elles aient vécu, dans l'intervalle, d'une vie si ralentie fut- 
elle » {L c, 509). 

Il n'en faudrait pas conclure que C. de Candolle fut vita- 
liste au sens qu'on donne souvent à ce terme ; il ne fait pas 
intervenir de force spéciale mais seulement celles qui nous sont 
connues. Mais il se garde prudemment d en inférer que ^phé- 
nomènes qui se passent dans le milieu vivant soient exactement 
du même ordre que les autres. Toujours scrupuleux, objectif 
il ne veut pas aller au delà de ce que lui donne l'observation et 
l'expérience; pour lui le matériel vivant est donné, il a une 

1 de Candolle, C. Nouvelles recherches, Arch. 1884, XI, 325-327 ; Sur 
la viè latente des graiues, Arch. 1895, XXXIII, 497-512, etc. 
!Sur la vie latente des graines, l. c, XXXIII, 508. 



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CASIMIR DE CANDOLLE 



réalité objective aussi déterminée que celle des matières 
inertes. 

Dès lors, s'il cherche dans d'autres travaux à ramener certains 
détails de la structure microscopique du plasma et du noyau, 
dans la caryocinèse, à des causes physiques connues, c'est qu'il 
sait bien que, si l'organisme se présente à nous avec ses particu- 
larités préexistantes, le mécanisme de ses réactions est analy- 
sable. 

C'est ainsi qu'en étudiant les rides 1 qui se forment à la surface 
du sable déposé au fond de l'eau et autres phénomènes ana- 
logues, il est amené, comme tant d'autres avant et après lui, à ex- 
pliquer les figures de la division nucléaire et cellulaire. 

Dans le cas particulier, il se sert d'une étude de physique 
proprement dite pour éclairer par analogie un phénomène de 
biologie. Il s'agit dans les deux cas de liquides ou substances 
visqueuses en contact : Lorsqu'une matière visqueuse en contact 
avec un liquide moins visqueux qu'elle-même, éprouve un frotte- 
ment oscillatoire ou intermittant résultant du mouvement de la 
couche liquide qui la recouvre ou de son propre déplacement 
relativement à cette couche : 1° la surface de la matière visqueuse 
se ride perpendiculairement à la direction du frottement; 
2° l'intervalle compris entre les rides ainsi formées est en raison 
directe de l'amplitude du frottement. 

Dans ces expériences il se montre habile physicien et biologiste 
préoccupé de décrire les phénomènes vitaux dans le langage 
inéquivoque de la mathématique : 

« Dans les phénomènes vitaux, il y a toujours lieu à distinguer 
entre les faits qui résultent directement du jeu des forces 
physico-chimiques connues et ceux qui n'ont pas encore pu être 
expliqués par ces forces. » 

On sait que la caryocinèse, la formation des aster, des fuseaux, 
l'éloignèment des chromosomes en deux groupes équilibrés, tous 
ces phénomènes ont été étudiés dans le même esprit par des 
biologistes comme Hartog, Errera, et plus spécialement par 
Fischer. Les uns font intervenir des centres dynamiques qui 
agiraient pour grouper les particules vivantes, d'autres supposent 

1 Rides formées à la surface du sable déposé au fond de L'eau, Arch. 
1883, IX. 241-278. 



CASIMIR DE CANDOLLE 



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des effets magnétiques ou enfin refusant à la plupart de ces 
figures qui accompagnent la caryocinèse et qu'on met en évi- 
dence par les méthodes de fixation, toute réalité objective, les 
considèrent comme le résultat de coagulations autour de parti- 
cules ou d'organites préexistants. Les expériences et les compa- 
raisons de C. de Candolle n'ont pas abouti, pas plus que les 
autres, à une théorie satisfaisante des cinèses, mais telles qu'elles 
sont, elles constituent en dehors de toute signification biolo- 
gique certaine un résultat important de physique moléculaire. 

Plus tard notre auteur s'est encore efforcé de ramener aux 
mêmes causes les sculptures que peuvent présenter les mem- 
branes végétales. A cette occasion il a insisté sur la possibilité 
d'arriver à des ridements analogues par un mouvement continu l . 

Il montre tout autant de sens critique en répétant et en mo- 
difiant les expériences de Sachs sur les rayons florigènes. .Ce 
savant physiologiste ayant montré que les radiations ultravio- 
lettes sont nécessaires à la production des fleurs dans plusieurs 
espèces, il avait imaginé une théorie selon laquelle ces radiations 
amèneraient à la formation de matières spécifiques florigènes. 

C. de Candolle 2 confirme ces résultats en tant que résultats 
mais pour lui les radiations comprises entre H et N du spectre 
solaire agiraient non pas en favorisant l'apparition de substances 
anthogéniques spéciales, mais par leur action stimulante. C'est 
une manière de voir qui est aujourd'hui généralement acceptée. 
On dirait que les radiations en question induiraient à une pho- 
tomorphose. Il montre aussi comment cette action stimulante 
peut être perçue par des appareils incapables par eux-mêmes de 
réagir en produisant des fleurs, et cette excitation transmise 
de proche en proche, des parties éclairées à celles qui ne le 
sont pas mais qui sont capables de réagir. 

Ce même esprit de physicien il l'apporte dans son étude 3 sur 
l'enroulement des vrilles qui lui avait été suggérée par la pu- 
blication du célèbre mémoire de Ch. Darwin sur les plantes 
grimpantes. 

1 Arch. 1883, X, 356-358. 

2 Etude de l'action des rayons ultraviolets sur la formation des fleurs 
Arch. 1892, XXVIII, 265-277. 

3 Observations sur l'enroulement des vrilles, Arch. 1877, LVIII, 5-7. 



12 



CASIMIR DE CANDOLLE 



Il arrive à montrer que l'inversion qu'on peut constater dans 
le sens de l'enroulement d'une vrille fixée est une nécessité 
mécanique ainsi que le supposait le savant anglais. 11 constate 
ensuite que l'enroulement d'une vrille se fait sans changement 
de sens pourvu qu'elle soit suspendue à un fil flexible. Par 
d'ingénieuses expériences il découvre que le sens de l'enroule- 
ment dépend aussi de la plante qui porte la vrille, tandis que 
la vrille libérée peut s'enrouler dans l'un comme dans l'autre 
sens. 

Ce travail est particulièrement captivant; il dénote du si re- 
marquable talent d'analyste qui était le sien. On voit aussi 
combien peu le préoccupait le point de vue téléologique et quelle 
rigueur il s'efforçait d'introduire dans des recherches qui par 
leur nature même frappent plus l'imagination du biologiste que 
le sens expérimental du physicien. 

C'est encore dans la même attitude intellectuelle qu'il aborde 
l'étude de la structure 1 et des mouvements du Dionœa musci- 
pula. Car en lisant attentivement ce mémoire si clair, si bien 
rédigé on ne saisit nulle part la moindre émotion biologique 
pas plus qu'à l'occasion de ses recherches sur les phyllomes pel- 
tés et les ascidies il ne se laisse aller à reconnaître une coïnci- 
dence évidente entre d'étonnantes structures et des fonctions 
remarquables. 

Etudiant tout d'abord l'évolution de cette curieuse feuille il 
reconnaît qu'elle se forme en deux temps; tout d'abord le limbe 
proprement dit en deux valves à structure inégale sur les deux 
faces et disposé en une espèce d'ascidie; puis sur ce limbe qui 
est la seule partie active, naissent les ailes qui se comporteront 
d'une manière passive, lorsque sous l'action d'un excitant la 
feuille se replie brusquement. Dans la structure des fameuses 
soies sensibles au contact il reconnaît, le premier, l'étage moyen 
qui fonctionne comme charnière et dont la déformation cellu- 
laire est cause de l'excitation qui, selon Habeulandt, se propage 
jusqu'à la zone motrice, de Candolle attribue le rôle principal 
à la tension qui s'effectue par l'oscillation du cone rigide ter- 
minal sur l'articulation plissée. et qui ébranlerait le tissu inté- 

1 Sur la structure et les mouvements des feuilles du Dionxa musci- 
puïa. Arch. 1876. LV, 405-434. 



CASIMIR DK CANDOLLE 



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rieur de la base du poil et par la suite le parenchyme foliaire 
sous-épidermique. 

Il y a dans ce beau travail l'amorce des études subséquentes : 
il y développe heureusement l'idée de la variation de turges- 
cence par laquelle le tissu passif de la face inférieure, tantôt est 
distendu, tantôt par diminution brusque de turgescence revient 
élastiquement à sa position d'équilibre stable. 

Ici encore il s'est montré opposé à la tendance biologique 
qui consiste à voir dans les organes construits d'une manière 
spéciale, des adaptations à des fonctions spécialisées. A ce sujet 
sa première conclusion est significative. « L'absorption des ma- 
tières d'origine animale n'est pas utilisée directement parles 
feuilles et elle n'est pas nécessaire au développement des 
Dionœa ». 

C. de Candolle aimait, dans sa conversation particulière 
à mettre en doute la plupart des conclusions des biologistes; 
son esprit méthodique se plaisait à tout considérer au point 
de vue mécanique et quand même il reconnaissait que les 
phénomènes de la vie sont, comme nous l'avons vu plus 
haut, d'un ordre particulier, il s'efforçait de ne pas se laisser 
gagner par le charme parfois trompeur qu'évoque la consta- 
tation de la coïncidence entre la structure et la fonction suppo- 
sée et constatée. Il va de soi que nous partageons son point de 
vue comme méthode scientifique d'investigation, mais nous ne le 
saurions suivre jusqu'au bout dans son attitude réservée. Car il 
n'y a pas de doute que les vrilles ne se forment que chez les 
plantes grimpantes et que seules les plantes insectivores exhi- 
bent des appareils qui s'emparent et qui digèrent les proies. 

Je pense, pour ma part, qu'il y avait dans cette attitude comme 
un besoin inné de scrupule scientifique raffiné. Il n'eût pas 
aimé se laisser gagner par une téléologie à bon marché. L'étude 
des progrès de la science, et il possédait une vaste culture dans 
le domaine de l'histoire de la botanique et des sciences physi- 
ques, l'avait averti que très souvent la solution d'un problème 
avait été retardée par l'exagération du point de vue biologique. 

Ainsi pensait-il peut-être à Ch. Bonnet qui, cherchant à con- 
naître l'usage des feuilles, n'aboutit à aucun résultat apprécia- 
ble, alors que Senebier, étudiant l'influence de la lumière solaire 



14 



CASIMIR DR CANDOLLE 



sur la végétation, fait la plus retentissante découverte de la 
physiologie. 

Après le physicien, le géomètre. C. de Candolle a toujours 
eu une prédilection marquée pour les mathématiques. Même 
assez tard il y était revenu et avait complété ses études anté- 
rieures avec le savant mathématicien Cellérier. 

11 ne faut donc pas trop s'étonner de le voir, par une voie qui 
lui est propre et qui est excessivement originale, s'intéresser à 
la question de l'arrangement géométrique des feuilles autour 
de l'axe, ce qu'on appelle la phyllotaxie. Au moment ou C. de 
Candolle aborde ce problème, il n'est encore que géométrique. 
Schimper, Braun et les frères Bravais ont décrit minutieuse- 
ment ces arrangements géométriques. 

Or C. de Candolle montre que la série principale V 2 V 3 7s 
Vs Via 7-2i * 3 /a4 2 7 S5 q ui exprime les divergences les plus habi- 
tuelles correspond à la disposition la mieux équilibrée d'organes 
similaires autour d'un axe uniforme. Il trouve aussi que l'ar- 
rangement des pièces et les modifications apparentes que parais- 
sent subir ces arrangements ne dépend que du rapport de 
rallongement des axes à leur dilatation. Les preuves géométri- 
ques qu'il donne de sa théorie sont convaincantes et l'on peut 
s'étonner à juste titre que le mémoire sur la phyllotaxie' n'ait 
été considéré ni par Schwendener ni par Delpjno. 

« Malgré la simplicité de ces conclusions on leur a longtemps 
préféré les théories compliquées relatives aux pressions que les 
organes naissants ou ceux déjà formés exerceraient, soit sur les 
régions avoisinant le point végétatif, soit les uns sur les autres 
par leurs bases censées en contact immédiat. » 

En effet tandis que dans sa théorie fameuse Schwendener 
affirme que les variations de divergence qu'on peut constater 
au cours de l'évolution individuelle sont dues à des pressions 
réciproques, à des déplacements, à des espèces de torsions, C. de 
Candolle dans un nouveau mémoire (1895, l. c.) démontre d'une 
manière définitive que de semblables suppositions sont inutiles 
et que les règles déjà antérieurement énoncées par lui suffisent 
à expliquer ces variations sans déplacement des lieux géomé- 

1 Considérations sur l'étude de la phyllotaxie. Arch. JS6:>, XXIII, 199. 
— Nouvelles considérations. C. P., Arch. Î895, XXIII, 121-1 17. 212. 



CASIMIR DE CANDOLLE 



L5 



triques. Et pour convaincre ceux qu'effrayent les mathémati- 
ques môme élémentaires, il fait construire un remarquable 
appareil sur lequel des feuilles métalliques fixées à des anneaux 
mobiles mais qui sont repérés soigneusement de manière à 
maintenir une divergence constante ( 2l / 5r ,) 5 se laissent déplacer 
verticalement et selon leur éloignement relatif simulent, à 
l'examen des parastiques, les divergences de la série normale. 
Mais déjà à ce moment Raciborski, puis Soliumann avaient 
constaté que souvent les primordium sont assez éloignés pour 
que la théorie de Sciiwendener ne puisse s'y appliquer. 

Si C. de Candolle n'eut pas la satisfaction de voir reconnue 
son explication géométrique par ses adversaires il eut celle de 
voir les théories de Schwendener et de Delpino tomber dans 
l'oubli tandis que prenaient plus de valeur son clairet lumineux 
exposé de la phyllotaxie. La conspiration du silence est aussi un 
hommage. 

C'est probablement ces études sur la phyllotaxie qui forment 
l'ensemble le plus cohérent de l'œuvre de C. de Candolle. Kt 
Ton s'étonne à juste titre qu'elles aient passé presqu'inaperçues 
de ceux dont elles auraient dû attirer le plus l'attention. 
Ainsi Goebel qui, dans la première édition de l'Organographie, 
avait fait exposer la théorie de Schwendener. et qui ne trouve 
dans sa seconde édition qu'un mot pour attribuer à C. de Can- 
dolle des idées finalistes, reproche dont il s'était déjà défendu 
dans ses nouvelles recherches. 

Qua-t-il voulu démontrer dans ces deux magistrales études? 
C'est que la fameuse série normale de Schimper l / 2 Va Vs 3 /s 
5 /i3 8 / 2 i 13// 34 2 Vr»5 est l'énoncé des divergences qui correspondent 
à la plus prompte répartition symétrique des organes appendi- 
culaires autour de l'axe de figure. C'est pour lui une question 
d'équilibre nécessaire. Il ny a dans cet énoncé aucun parti pris 
téléologique. 

Bon gré mal gré les auteurs qui s'occupent des questions de 
morphologie seront amenés à reconnaître aux phyllomes un ar- 
rangement habituel et à en donner la description. Ces harmo- 
nies seront toujours exprimées géométriquement et l'arrange- 
ment quinconcial, le plus souvent réalisé et pour les raisons de 
probabilité indiquées par C. de Candolle. ce que reconnaît égale- 



16 



CASIMIR DE CAIS DOLLE 



ment Delpino, avec ses dérivées, en d'autres termes l'existence 
de la spire génératrice et des parastiques comme des orthostiques 
si visibles sur certaines pousses, ne pourront être passées sous 
silence. Alors pour expliquer le changement de divergence sans 
changement de lieux géométriques, la variation d'obliquité 
des parastiques, il faudra avoir recours à une théorie. Or celle 
de C. de Candolle, sans expliquer la disposition probable des 
organes appendiculaires, nous dit que la variation de divergence 
n'est due qu'au rapport de l'allongement à l'accroissement trans- 
versal de ces pousses. 

Dès lors tout s'éclaircit, c'est-à-dire que tout ce qui n'est pas 
donné par le type biologique s'explique par des raisons d'accé- 
lérations de croissance variées. 

Mais les organogénistes les plus habiles de notre temps ont 
quelque répugnance à se familiariser avec des notions de géo- 
métrie élémentaire. 

L'étude de la phyllotaxie nous amène au centre même de son ac- 
tivité comme biologiste. Je veux parler de sa Théorie de la feuille ! . 

Il avait été frappé en préparant quelques-unes de ses mono- 
graphies systématiques de la structure particulière que présen- 
tent beaucoup de pétioles et de feuilles (Pipéracées, Méliacées, 
Juglandacées, etc.). 

L'histoire d'une science est moins celle des savants eux-mêmes 
que celle de la genèse d'une découverte. La théorie de la feuille, 
c'est là un sujet bien fait pour captiver un esprit comme celui 
du III e de Candolle, épris de vues générales, qui cherche derrière 
les apparences à découvrir le lien qui unit les multiples ma- 
nifestations de la vie; ce polymorphisme étourdissant que nous 
présente la matière animée plastique et éternellement chan- 
geante. Ce qui l'amène à la morphologie, c'est à n'en pas douter 
la systématique des familles végétales, traitées par lui à l'occa- 
sion de sa collaboration au grand- œuvre de son grand-père et 
de son père, « le Prodrome ». 

« Une étude récente des Pipéracées 2 m'ayant conduit à envi- 

1 Théorie de la feuille, Arch. 1868, XXXII, 31-f>4. 

2 Théorie de la feuille, Arch. 1868, p. 5 du tiré à part. — Id. Mémoire 
sur la famille des Pipéracées. Mém. Soc. phys. et d'hist. nat., Genève. 
1866, XVIII, 219-248. 



CASIMIR DP] CANDOLLE 



17 



sager le mode de disposition des faisceaux fibro-vascùlâires, je 
me suis vu ramené, par un sentier différent à cette grandi 
question de la véritable nature de la feuille. La structure inté- 
rieure de certaines feuilles de Pipéracées m'a paru se présenter 
tout à fait comme celle d'un rameau dont la moitié postérieure 
serait atrophiée. » 

La morphologie peut être considérée d'une part dans ses rap- 
ports avec la physiologie, chaque état de développement étant 
décrit en fonction des causes externes ou internes. Excitabilité 
des organes en voie de développement, faits de nutrition, tout 
cela fait partie de chapitres intéressants des fonctions de rela- 
tion. Mais ce n'est pas ce problème qui l'intéresse, la notion des 
équilibres morphologiques ne l'attire pas particulièrement. Il 
s'agit bien plutôt, dans sa magistrale étude, d'un problème de 
définition, d'une de ces définitions trop souvent négligées par 
les organographes de notre époque, et qui cependant, en un rac- 
courci hardi, nécessairement ou trop restrictif ou trop compré- 
hensif, résume ce qu'il y a d'essentiel, de général. 

L'important pour juger de la valeur d'une de ces définitions, 
•c'est d'en saisir la portée dans l'établissement des homologies. 

Or il est à mon avis incontestable que la théorie de la feuille 
de C. de Candolle éclaire d'une lumière particulièrement ori- 
ginale et féconde un ensemble de phénomènes mal compris 
jusqu'à lui ou même encore aujourd'hui à peine abordés. Mais 
avant de m'engager dans ce sentier ardu je veux bien dire que 
la course et la disposition des faisceaux dans le pétiole et le 
limbe, de même que les complications de structure de certains 
pétioles qu'il a été le premier à faire connaître, ne sont pas que 
l'expression de la plus ou moins grande vigueur de la pousse 
latérale, de l'hypertrophie ou de l'atrophie de ses deux faces 
principales. Il y a à côté de ces questions celles des équilibres de 
la tige et des limbes réalisés par l'intermède du pétiole, comme 
aussi des questions de statique, de conduction des sèves, qui 
interviennent pour modifier, à n'en pas douter, la structure 
an atomique de ces organes. 

D'ailleurs C. dk Candolle ne le conteste pas; il veut seule- 
ment attirer l'attention sur des homologies et s'en servir pour 
des définitions. 



AacniVKS, Vol. 1. — Janvier-Février 1910. 



18 



CASIMIR DE CANDOLLE 



Pour lui, la présence et la course des faisceaux indique une 
poussée virtuelle ou réelle; dès lors la présence de faisceaux 
dans un pétiole du côté supérieur, comme il arrive dans un 
grand nombre de cas, est comme la marque d'un appendice 
possible de ce côté. Dès lors il y a selon lui des feuilles qui ont 
conservé la nature qu'il leur attribue, celle d'un rameau à dis- 
position annulaire des faisceaux et d'autres qui, atrophiées du 
côté supérieur (il dit postérieur), ne montrent plus qu'une dis- 
position des faisceaux en arc ouvert; enfin chez celles où, à cet 
arc ouvert, viennent s'ajouter des faisceaux surnuméraires et 
qui montrent une tendance à la ramification de ce côté. 

En plus des ramifications de la feuille primordiale et qui sur 
l'écaillé primitive se détachent à droite et à gauche (proliféra- 
tions de la marge), il y a, comme dans la production des feuilles 
peltées ou des ascidies, celles qui naissent du côté supérieur. 
C'est cette constatation qui l'amène plus tard à s'intéresser si 
vivement à ces deux catégories de feuilles. Ce n'est pas comme 
on pourrait le croire, lorsqu'on ne connaît pas le développement 
de sa pensée, le fait tératologique ou normal qui l'intéresse, 
mais c'est la signification de ces cas singuliers pour sa théorie 
de la feuille. 

De même une disposition de faisceaux dans Pétamine du 
Magnolia yulan lui permet d'homologuer à ces étamines les 
staniinodes plus ou moins ascidiés des Renonculacées, ces der- 
niers réalisant ce qui n'est que potentiel dans la première 
espèce. Tout aussi intéressante est la comparaison qu'il fait de 
ces étamines et des carpelles de Magnolia qui seraient des 
feuilles dédoublées portant à leur face supérieure un appendice 
ovuligène, le placenta. Il ne veut pas d'une théorie du carpelle 
qui consisterait à ne voir dans cet organe des Angiospermes 
qu'une feuille repliée et portant les ovules nés de la marge de 
ce phyllome. Pour lui donc, au moins dans les Magnolia, le pla- 
centa est une ramification de la face supérieure de la feuille qui 
s'individualise dès la base et qui porte les ovules. De même 
l'étude des Amentacées, des Juglandées en particulier, lui ensei- 
gne que Pétamine oppositisépale est un lobe postérieur des 
écailles du périgone. On sait aujourd'hui que lorsqu'augmente 
le nombre des étamines, la superposition de ces étamines aux 



CASIMIR DE CANDOLLE 



1!) 



sépales se maintient. Ainsi la réduction ou la multiplication 
d'un des organes entraîne le phénomène correspondant dans 
les autres. Il y aurait lieu de voir le parti qu'on pourrait tirer 
de cette théorie à propos de la fleur des Potamogétonacées. 

Mais sans vouloir généraliser hors de saison, on ne peut 
s'empêcher de penser à propos de cette théorie ingénieuse, aux 
phyllomes fertiles de certaines Ptéridophytes chez lesquelles on 
constate une ramification singulière. Ainsi les frondes à rami- 
fications quadrisériées des Stauroptéridées, celles dédoublées 
des Ophioglossacées, ou des Schizéacées, chez lesquelles le lobe 
fertile naît sur le limbe à la façon dont C. de Candolle fait 
surgir ie placenta des Magnolia (Aneimia, Hydroptéridées, etc.). 

C'est en partant d'idées analogues à celles de C. de Candolle 
qu'on peut élaborer une théorie du carpelle par laquelle on ho- 
mologuerait le type de placentation si commun chez les Mono, 
comme chez les Dicotylédonées aux phyllomes fertiles dédoublés 
des Ptéridophytes. Ainsi de nouvelles recherches sur la placen- 
tation viendront remettre en valeur les vues ingénieuses du 
savant botaniste genevois. 

L'anatomie comparée des feuilles chez quelques familles de 
Dicotylédonées' constitue un complément naturel à son Mémoire 
sur la théorie de la feuille. 11 y expose en principe les mêmes 
idées et les illustre par de superbes planches dessinées et gra- 
vées sur ses indications par un artiste. Ici encore il est précur- 
seur; ce n'est que plus tard que Petit devait, dans un travail 
d'ensemble, mettre en lumière l'importance à donner à la dis- 
position des faisceaux dans le pétiole et depuis lors il n'est de 
travail d'anatomie systématique qui n'ait suivi cette voie. 

Sans doute, à elle seule, l'anatomie des organes adultes ne 
saurait être un critère sûr de la valeur morphologique. C. de 
Candolle sait bien qu'à la base des feuilles qui présentent les 
complications signalées, l'anatomie est en général celle d'une 
feuille habituelle à son insertion, c'est-à-dire présente un arc 
libéro-ligneux ouvert ou des faisceaux disposés en demi-lune. 
Dès lors, à son origine, la feuille demeure une pousse appau- 

1 Mém. Soc. phys. et d'hist. nat., Genève, 1879, XXVI, 428-480. — Cf. 
aussi Arch. 1891, XXVI, 501. 



20 



CASIMIR DE CANDOLLE 



vrie du côté supérieur. On pourrait aussi rappeler que les fais- 
ceaux surnuméraires naissent après coup et tardivement vien- 
nent se mettre en communication avec le système normal ou- 
vert. Mais il n'en reste pas moins que l'apparition de ces rac- 
cords ou de ces complications sont bien l'indice d'une vitalité 
augmentée et que l'idée que C. de Candolle se fait de la capa- 
cité qu'auraient ces sortes de feuilles de proliférer de cette face 
trouve souvent sa justification. Dans tous les cas, je ne connais 
aucun exemple de prolifications qui naîtraient de la face infé- 
rieure (à l'exception des phyllomes hypopeltés). Peut-être l'au- 
teur ne sera-t-il pas suivi sur ce point quand il considère que 
feuilles et rameaux ne diffèrent que par degrés. On ne voit pas 
les feuilles se transformer directement en pousses ou en 
racines. 

De la théorie de la feuille et de ses travaux sur la structure 
des pétioles, il n'y a qu'un pas à franchir pour arriver à ses dif- 
férents mémoires sur les inflorescences épiphylles, les feuilles 
peltées et les ascidies. Il suffit de parcourir ses énumérations ou 
d'avoir causé avec lui de ces questions, pour se rendre compte 
combien il attachait d'importance à cette sorte de morphoses. 
Il s'est donné une peine inouïe à rassembler tous les faits y re- 
latifs, de les coordonner et d'essayer d'en tirer des conclu- 
sions. 

Pour lui, les inflorescences épiphylles sont l'une des meilleu- 
res preuves de sa théorie de la feuille ; cette dernière étant une 
pousse limitée dont les tissus se développent ordinairement 
beaucoup moins du côté de la face supérieure, les feuilles « fer- 
tiles o c'est-à-dire à inflorescences épiphylles, sont des phyl- 
lomes capables d'un accroissement prolongé. 

Son énumération si complète des inflorescences épiphylles a 
souvent été utilisée, récemment encore, par M. Hakms, qui a 
décrit une Méliacée qui aurait fait la joie de C. de Candolle. 
(Chisochaeton Pohlianus Harms) et chez laquelle des inflores- 
cences épiphylles naissent de la base des folioles des feuilles 
composées de cette plante de la Nouvelle Guinée. Goebel et Ve- 

1 Recherches sur les inflorescences épiphylles, Mém. Soc.phys. et d'hist. 
nat., Genève, 1890, vol. supplémentaire, 3-77 et Arch. 1890, XXIV, 125. 



CASIMIR DE CANDOLLE 



21 



lenovski, une fois d'accord, ce qui n'est pas habituel, ne veu- 
lent reconnaître, dans le plus grand nombre des cas d'inflo- 
rescences épiphylles que des déplacements de bourgeons axil- 
laires entraînés par une zone d'accroissement commune au 
bourgeon et à la base de la feuille. Mais Goebel lui-même cite 
des cas de véritable épiphyllie, véritables proliférations du 
limbe. Faut-il d'ailleurs rappeler la jolie expérience de Winkler 
sur la production expérimentale d'inflorescences épiphylles chez 
les feuilles de Torenia utilisées comme boutures. 

Quant aux feuilles peltées elles l'ont occupé jusqu'à sa fin; il 
n'a cessé de récolter des matériaux, de recueillir les observa- 
tions éparses dans la bibliographie. Près de 500 cas d'espèces 
à feuilles ou phyllomes normalement peltées lui étaient connus. 
Il avoue quelque part avoir été quelque peu déçu du peu de 
résultat, au point de vue général, de cette longue et minutieuse 
enquête. Quoi qu'il en soit, il nous a appris à distinguer les 
feuilles épipeltées des feuilles hypopeltées. 11 a signalé combien 
il était intéressant qu'un caractère aussi disséminé dans le règne 
végétal fut relativement si peu fréquent. Sur plus de 110,000 
espèces décrites il n'y aurait que 500 espèces à feuilles plus ou 
moins peltées. 

Combien de fois la Tératologie n'a-t-elle pas servi à tirer de 
fausses conclusions? C'est que les états pathologiques sont sous 
la dépendance de facteurs nouveaux et que les morphoses ainsi 
produites sont plus difficiles à débrouiller, à analyser que les 
normales. C. de Cando'lle ne tombe pas dans ce travers, car il 
fait immédiatement une distinction entre les monstruosités 
taxinoiniques et celles qui n'ont point de signification systéma- 
tique. 

C'est sans doute la seule fois que dans un de ses travaux il 
se place franchement à un point de vue évolutif : « La théorie 
d'après laquelle les organismes les plus compliqués se 
seraient graduellement développés en partant de formes plus 
simples, est aujourd'hui si généralement admise que Ton ose à 
peine l'appeler qu'elle n'est en réalité qu'une hypothèse ». 

Puis après avoir signalé les services pratiques rendus à la 

1 Remarques sur la tératologie végétale. Arch. 18U1, III, 197-208. 



22 



CASIMIR DE CANDOLLE 



Science par cette théorie, il conclut : « Aussi est-il tout naturel 
de l'adopter à titre de postulat fondamental dans les recherches 
relatives aux êtres organisés ». 

Sans décider de la cause de la variabilité, il oppose dès le 
début aux variations insensibles dont l'accumulation aurait 
produit, dans différentes directions, l'extrême richesse des for- 
mes existantes, les variations brusques, les cas tératologiques. 
Les uns sont sans avantage, même parfois désavantageux dans 
la compétition entre les êtres ; ils ne se retrouvent pas à l'état 
normal chez d'autres végétaux. 

Au contraire beaucoup de faits de tératogénèse rappellent 
des états morphologiques habituels de types systématiques. 
Ainsi les concrescences, des bases des feuilles, l'épiphyllie, la 
synanthie, réalisée normalement dans le genre Lonicera, la 
concrescence des pétales chez les Dialypétales, la dialyse de la 
corolle des Gamopétales ramenant ces dernières à des états dia- 
lypétales, la transformation d'un ovaire supère en ovaire infère 
(Cerisier), la production de gynophores normalement dévelop- 
pés chez les Capparidacées, etc. 

Sans qu'il y insiste trop, car on sait qu'il craint toujours de 
trop s'avancer dans des domaines aussi complexes, on devine 
une espèce de théorie de la mutation par fixation de monstruo- 
sités qui deviendraient systématiques. Aussi ne s'étonne ra-t-on 
pas de ce que M. de Vries ait de suite aperçu le parti que l'on 
peut tirer d'une pareille conception. (Voir Espèces et variétés). 

De même qu'il distingue ces deux catégories, il sépare autre 
part les morphoses progressives de celles qui sont régressives. 
Les premières ajoutent un caractère; elles sont comme qui 
dirait en progression sur l'état antérieur, tandis que dans la mor- 
phose régressive il y aurait retour à l'état juvénil. 

A ce propos, il confirme, mais par des recherches indépen- 
dantes, des idées déjà anciennes de Pasquale et de Balfour sur 
l'origine des pousses adventives endogènes qu'il ne faut pas 
confondre avec les bourgeons dormants qui se réveillent en 
pousses nouvelles. Pour lui ces pousses adventives sont comme 
des embryons apogames ; ils naissent de tissus embryonnaires 



1 Observations tératologiques. Bull. Soc. bot. Genève, 1905, XI. 3-16. 



CASIMIR DE CANDOLLE 



23 



(cambiium, cal. etc. ) et renouvellent le cycle d'évolution indivi- 
duelle, tandis que les bourgeons normaux sont partie intégrante 
de l'individu. Ainsi dans les Eucalyptus, les Juglans, le lierre, 
etc. Cette idée d'embryons apogamesest heureuse et l'on n'en a 
pas encore tiré tout le parti qu'elle comporte. 

Il y aurait bien d'autres travaux à analyser mais leur étude ne 
modifierait guère l'impression que nous avons cherché à déga- 
ger de l'ensemble de son œuvre. C. de Candolle a publié plus 
de 57 mémoires et notices de botanique générale. 

On voit que dans des domaines bien divers, la théorie de la 
vie, la symétrie des organes, la valeur morphologique de la 
feuille, la signification des malformations, il s'est montré un 
novateur souvent génial, toujours objectif, prudent même à 
l'excès et dont l'influence a été certainement profonde dans 
l'établissement de la théorie de la botanique de son temps. 

Mais ce n'est pas là Cas. de Candolle botaniste tout entier. 
11 y a encore l'infatigable monographe systématicien qui s'atta- 
que aux groupes vastes des Myricacées, des Juglandacées, Pipé- 
racées, Méliacées et des Bégoniacées. La liste bibliographique 
comprend rien que pour la systématique plus de 140 numéros. 

Déjà en 1864 il collabore au Prodrome sous la direction de 
son père Alph. de Candolle. Il contribue à donner ainsi à ce 
grand-œuvre une forme définitive et lorsqu en 1873, Alph. de 
Candolle fait le compte de la part qui revient aux de Candolle 
dans l'élaboration de cet immense ouvrage il a la fierté d'y asso- 
cier son fils pour une part importante (259 p. V 2 ). 

Une œuvre de ce genre n'est jamais complète, aussi voyons- 
nous en 1878 Alph. et C. de Candolle annoncer au monde bo- 
tanique des suites au Prodrome sous le nom de Monographie 
phanerogamarum. Cette grande entreprise en est actuellement 
à son X e volume (sous presse). Alph. de Candolle rédigea les 
Smilacinées et C. de Candolle les Méliacées. A la mort de son 
père il continue cette publication chez Masson à Paris. Ce fai- 
sant il attire à Genève de nombreux collaborateurs, il groupe 
autour du célèbre Herbier des savants systématiciens de pre- 
mier ordre dont les « types » venaient enrichir des collections 
d'une célébrité déjà mondiale. De France, Planchon et Vesque 
étudient, le premier les Ampélidées, le second les Guttifères ; 



24 



CASIMIR DE CANDOLLE 



d'Angleterre C.-B. Clarke écrit pour eux la monographie des 
Commélynacées puis des Cyrtandracées, Masters, les Restia- 
cées; d'Autriche Hackel énumère les Andropogonées; de Belgi- 
que Cogniaux les Cucurbitacées et les Melastomacées; d'Alle- 
magne A. Engler les Burséracées, les Aroïdées, les Anacardia- 
cées, C te DESoj-Ms, les Pontéderiacées, C. Mez les Broméliacées: 
M. Micheli, de Genève, les Alismatacées. 

Ajoutez à ces soucis d'édition, de corrections d'épreuves, 
d'échange de matériaux et de recherches relatives aux familles 
traitées, la direction d'une importante institution botanique en 
relation d'échanges avec le inonde scientifique entier, la sur- 
veillance d'une bibliothèque que C. de Candolle tenait à main- 
tenir à un niveau très élevé ainsi qu'une correspondance suivie 
avec tant de botanistes que la tradition et l'amitié groupaient 
autour de l'antique demeure! Tous ces devoirs C. de Candolle 
les remplissait avec la vue claire et orientée d'un directeur 
conscient de sa mission mais en même temps avec la ponctualité 
d'un fonctionnaire modèle s'accordant rarement des vacances et 
s'etforçant d'avoir toujours Bibliothèque et Herbier ouverts 
pour le service des botanistes et du pays et de l'étranger. 

Il aimait à compléter sa bibliothèque non seulement d'ouvrages 
nécessaires aux recherches de systématique, mais de toute 
espèce d'ouvrages pouvant avoir un intérêt botanique: Bota- 
nique générale, Paléontologie végétale, Cryptogamie (tant des 
cellulaires que des vasculaires). 

Aussi, les universitaires, pendant longtemps dépourvus de 
Bibliothèque, venaient-ils puiser dans son incomparable collec- 
tion de livres et passer loin des bruits de la ville neuve des 
heures de tranquille et bienfaisante méditation. Les uns et 
les autres, jeunes étudiants et professeurs se sentaient très 
vite chez eux. Le maître de la maison toujours prévenant, 
jamais insistant, car il connaissait et le charme de la lecture 
tranquille et la valeur du temps semblait n'avoir d'autre souci 
que celui de rendre service. 

D'ailleurs lui-même était toujours occupé: tantôt il révisait 
une collection de Pipéracées, de la Colombie ou de Honolulu. 
tantôt était plongé dans la mise au net de ses notes sur les 
Pipéracées, les Bégoniacées ou les Méliacées ; d'autres fois on le 



CASIMIR DE CANDOLLE 



25 



trouvait étudiant le dernier ouvrage paru, se mettant au courant 
de tout ce qui se faisait d'important dans le domaine de la 
morphologie ou de la physiologie. C. de Candollb avait beau- 
coup lu; aussi sa conversation était-elle toujours intéressante, 
et comme cette grande expérience s'étendait sur une période 
qui dépasse de beaucoup celle qui est dévolue aux mortels 
ordinaires, il y avait grand profit à discuter avec lui d'un pro- 
blème de botanique. Car nos connaissances ne sont que le 
résultat de longues recherches et plus d'une idée qui paraît 
neuve est plus ancienne que l'on croit. 

Il se plaisait dans la conversation à montrer les points faibles 
des théories de révolution, du transformisme et des adaptations. 
Son génie botanique développé au moment même où le Darwi- 
nisme battait son plein, a traversé cette crise presque sans en 
avoir été influencé. Et qu'on ne s'imagine pas que cela provenait 
d'une incompréhension ou d'une connaissance insuffisante du 
sujet. Il avait tout lu, tout commenté, tout critiqué. Mais la 
scolastique évolutionniste classique lui paraissait un non sens. 
Dès lors il vivait dans un monde pénétré par la pensée évolu- 
tionniste sans réfléter sous une forme ou une autre ce brillant 
météore et il passait calme et objectif dans l'aridité apparente 
de la connaissance positive sans se laisser dérouter par le mirage 
passager d'une Fata morgana suspendue dans les nuages. 

Quant il y consentait et ce n'était pas habituel, la critique 
qu'il faisait de certains systèmes à la mode était présentée avec 
tant de bonne grâce et de charmante humeur que son interlo- 
cuteur, alors qu'il eut pu accumuler arguments sur arguments, 
se trouvait désarçonné par tant de conviction négative et de si 
gaie critique. Jamais chez lui d'amer persifflage ou de violente 
contradiction ; il était trop convaincu du progrès des sciences 
par le travail combiné de tous et trop respectueux de ses pro- 
pres convictions pour ne pas en quelque sorte aimer celles des 
autres, sans toutefois se croire obligé de les partager. D'ailleurs 
il était, comme tous les bons causeurs, attentif aux arguments 
présentés et les examinait avec bienveillance. 

Je ne pense pas qu'il eut été possible de rencontrer octogé- 
naire plus alerte, plus vivant, plus curieux d'apprendre. Voici 
un trait qui le dépeint. L'année avant sa mort il m'avait de- 



26 



CASIMIR DE CANDOLLE 



mandé de lui procurer quelques ouvrages relatifs à la théorie 
moderne des ferments. Encore une semaine avant de se mettre 
au lit pour ne plus s'en relever, il étudiait la chimie biologique 
d'EuLER de Stockholm. 

Il n'a jamais fait de politique active, mais il ne se désintéres- 
sait pas pour cela des affaires publiques, sur lesquelles il avait 
des opinions très arrêtées. Par contre, il était un zélé et fidèle 
habitué de la Société de Lecture, l'un des fondateurs de la 
Société de Géographie, très assidu aux séances de la Société de 
physique et d'histoire naturelle et à celles de la Société bota- 
nique, partout apportant et l'appui de sa grande expérience et 
l'encouragement de sa personnalité sympathique. 

Dès le début il avait tenu à encourager les efforts faits pour 
développer l'enseignement pratique de la botanique à l'Univer- 
sité. Tout d'abord, en ouvrant si largement ses collections et sa 
bibliothèque, mais ensuite, en faisant don d'ouvrages de valeur 
ou d'instruments précieux. Il avait pris l'initiative de doter 
l'Institut de botanique d'une superbe collection de fossiles Wil- 
liamson et se réjouissait de voir ces séries si utiles à l'enseigne- 
ment de la phytopaléontologie. 

Il s'était aussi vivement intéressé au développement du Jar- 
din alpin et du Laboratoire de la Linnaea. 

L'Université qui lui était sincèrement reconnaissante, lui avait 
décerné le grade de D r honoris causa. 

Aussi était-il tout désigné, lorsqu'en 1909, à l'occasion du 
Jubilé universitaire, la Société académique l'ayant nommé Pré- 
sident d'honneur, pour recevoir les hôtes de la vieille Université 
dans sa superbe propriété du Vallon (à cette occasion, comme 
à tant d'autres, il s'était montré un généreux et fidèle collabo- 
rateur de la Haute Ecole). Deux des botanistes les plus distin- 
gués de l'étranger, MM. les Prof. Flahault de Montpellier et 
A. Engler de Berlin rappelèrent en termes émus les services 
rendus à la Science par les de Candolle et tout particulièrement 
par celui qui faisait les honneurs de sa maison. 

C. de Candolle était d'une générosité discrète, mais efficace: 
il était, malgré son accueil réservé et un peu froid, d'une extrême 
sensibilité, ce qui explique sa grande bonté naturelle. 

Tous les botanistes genevois étaient ses amis. 



CASIMIR DE CANDOLLE 



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Un de ceux qui l'ont le mieux connu clans ces dernières 
années (M. F. F. Roget) s'exprime à son sujet de la manière 
suivante (litt.) : 

« Puisque je parle de respect, [C. de Candolle] tel que je l'ai 
connu était un rare exemple, dans le commerce des idées et 
l'échange des jugements, du respect de soi et du respect des 
autres, ce qui fait selon moi, le charme et la valeur des relations 
intellectuelles. » 

« Une de nos dernières conversations roula sur le mystère de la 
vie, insondable, inexplicable selon lui. Sur ce mystère sa pro- 
fonde et fine intelligence s'arrêtait avec respect, avec amour. » 

[C. de Candolle] à l'œil clair, au visage ouvert, homme 
modeste, simple et sérieux était un candide admirateur et in- 
vestigateur des œuvres d'un créateur inconnu. 

« J'ai vu [C. de Candolle] avec ses amis dans son temple de la 
science. Courtois dans la conversation, écoutant volontiers, 
s'exprimant avec clarté et modération, allant de son pas vif et 
mesuré chercher, d'abord dans ses répertoires, puis sur les 
rayons de ses bibliothèques, le volume voulu, tournant les 
pages, mettant le doigt sur le passage décisif, mêlant ses sou- 
venirs personnels à l'explication demandée, relevant d'une bou- 
tade pleine de saveur le texte sec et précis du livre, le tout avec 
cette réserve, cette timidité même qui le retenait d'imposer 
à son interlocuteur sa propre compétence, ses préférences de 
savant, ses propres conclusions. Esprit critique et analytique, 
frondeur avec bonne grâce, sceptique avec agrément, malicieux, 
avec un sourire aimable et tin, fuyant les sots, esquivant les 
importuns, mais leur faisant bon visage en gentlemen accompli 
s'il le fallait, [C. de CandolleJ était un homme de bonne foi. 
Il cherchait à plaire sans s'abandonner et la bonté narquoisement 
souriante pétillait dans son regard. » 

C. de Candolle avait eu la satisfaction de voir entrer dans 
la carrière botanique l'un de ses fils, M. Augustin de Candolle. 
Il savait que le précieux héritage qu'il avait reçu de ses pères et 
qu'il avait si bien géré au profit de la science et de la cité, cet 
admirable instrument qu'il avait complété et perfectionné à son 
tour et selon son génie, il allait le passer en des mains qui sau- 
raient être habiles à le manier ; et ce n'est pas un spectacle ba- 



28 



CASIMIR DE CANDOLLK 



nal que ce flambeau de la connaissance qui se passe de main en 
main, de génération en génération. 

Car ce n'est pas la connaissance elle-même qui est hérédi- 
taire dans cette famille qui n'échappe pas à loi générale du re- 
commencement individuel, mais c'est la piété filiale et pour le 
souvenir du défunt et pour la lumière qu'il a allumée dans le 
inonde. Les artistes, leur œuvre accomplie passent et remettent 
l'ouvrage au nouvel artiste. Ce qui demeure, c'est cette flamme 
intérieure, c'est l'esprit dont tous les de Candolle ont été ani- 
més, cette conviction que si l'homme ne sait pas où le porte sa 
destinée, il sait qu'il est dans la grande chaîne des intelligences, 
porteur d'une mission, qu'il a un compte à rendre 1 . A suivre 
dans l'évolution de sa personnalité et de son œuvre, C. de Can- 
dolle, on se sent ému devant ce sage qui, tout en connaissant et 
les faiblesses et les limites de la raison, n'a jamais douté d'elle. 
Ceux qui Font connu personnellement garderont un fidèle sou- 
venir de cet homme franc, juste et aimable comme le sont ceux 
qui prolongent jusqu'à la fin le don précieux de la jeunesse et 
du cœur et de l'intelligence. 

R, Chodat. 



1 Cf. Histoire de la Science et des Savants, par A. de Candolle. 



PUBLICATIONS DE CASIMIR DE CANDOLLE 



BOTANIQUE GÉNÉRALE 1 

[. Morphologie. 

1*. Théorie de l'angle unique en phyllotaxie (Arch., 1865, XXM, 
199-212). 

2'. Considérations sur l'étude de la phyllotaxie (Arch., 1881, V, 

260-287, 358-396, 2 pl. — 2 me édition, Georg, Genève, 

Bâle, Lyon, 1881, 79 p., 2 pl.). 
3". Nouvelles considérations sur la phyllotaxie {Arch., ISfK'j, 

XXXIII, 121-147, 1 pl. ; cf. 1893, XXX, 684). 
4*. Théorie de la feuille {Arch., 1868, XXXII, 32-64). 
5*. Recherches sur les inflorescences épiphylles (Mém. Soc. Phys., 

1890, vol. supplém. 3-77, 2 pl. ; cf. Arch., 1890, XXIV, 

425-6). 

6*. Sur les bractées florifères (Bull. Herb. Boiss., 1893, I, 123- 
127, 1 pl. ; cf. Arch., 1893, XXIX, 324-5). 

7. Sur les phyllomes hypopeltés (Bull. Soc. b. Genève, 1897, 
VIII, 61-69). 

8*. Sur les feuilles peltées (Ibid., 1899, IX, 1-51; cf. Arch., 

1899, VII, 279-280). 
9. Bourgeons adventifs des arbres (Arch., 1899, VIII, 100-101). 
10'. Questions de morphologie et de biologie végétales (Arch., 

1903, XVI, 50-70). 
H". Sur le calice du Lundia Damazii CDC. — Species novae brasi- 
lienses a L. Damazio Iectie {Bull. herb. Boiss., 1905, V, 
228-231). 

12*. Sur deux Peperomia à feuilles singulières (A rch., 1907. XXIII, 
1-60-168, 1 pl.). 

13'. Les ligules du Trilhrinax campestris Drude et Grisebach {Bull. 

Soc. b. Génère, 1913, V, 106-107, 1 pl.). 
14*. (las. et Aug. de Gandolle. Sur la ramification des Séquoia 

(Arch., 1917, XLIII. 53-59, 1 pl.). 

1 Les numéros qui ont été tirés à part sont désignés par un astérisque. 



26 



CASIMIR DE CANDOLLE 



IL Tératologie. 

15*. Sur une monstruosité du Cyclamen neapolitanum (Mém. Soc. 

Phys., 1887, XXIX 3 , 3-7, 1 pl. ; cf. Arch., 1886, XVI, 

588-9 ; 1881, XVII, 69-70). 
16*. Cas remarquable de fasciation chez un sapin {Arch., 1889, 

XXI, 95-99, 1 pl.). 
17. Cas de torsion de la tige d'une plante de valériane (Arch., 

1889, XXII, 282-3). 
18'. Remarques sur la tératologie végétale (Arch., 1897, III. 

197-208). 

19. Monstruosité nouvelle chez les feuilles de no ver (Arc/*., 1900, 

X, 389-390 ; cf. Bull. Herb. Boiss., 1901, I, 334). 

20. Proliferous leaves (The Gardeners' Chronicle, 18 may 1901, 

319-320, 4 fig.). 

21*. Sur un Ficus à hypoascidies (Arch., 1901, XII, 623-631, 1 

pl. ; cf. 1902, XIII, 79-80, XIV, 498-9). 
22*. Nouvelle étude des hypoascidies de Ficus (Bull. Herb. Boiss., 

1902, II, 753-762, 2 pl. ; cf. Arch., 1902, XII, 79-80). 

23. Cas. de Cândolle and D. Prain. Ficus Krishna (Bot. Maga- 

zine, tab. 8092, sept. 1906). 

24. Quatre cas d'épiascidies nouvelles (Bull. herb. Boiss., 1902, 

II, 335-336 ; cf. 1904, IV, 604 et n° 29). 

25. Oranges doubles (Ibid., 1902, II, 432). 

26. Quelques monstruosités taxinomiques progressives (lbid., 

1902, II, 1027). 

27. Un cas de monstruosité chez un Cypripedium (Ibid., 1903. 

III, 357-359 : reproduit *Bull. Soc. d'Horticult. Genève. 
48 e année, 1903, 138-140, avec figure). 

28. Observations tératologiques (Ibid., 1904, IV, 602-604). 

29*. Observations tératologiques (Bull. Soc. b. Genève. 1905. XI. 
3-16. 1 pl. ; cf. 1902, II, 335-6). 

30. Morphologie taxinomique sur une feuille d'Orchidée (Masde- 

valliafragrans hort.) (Bull. Herb. Boiss.. 1905. Y. 1191-2). 

31. Une pomme anormale (Ibid., 1908, VIII, 989). 

32*. Sur les fleurs anormales du Leontopodium alpinum fi nivale 
(Ten.) DC. (Bull. Soc. bot. Genève, 1910, II, 256-258, 
avec fig.). 

33*. Sur les feuilles anormales d'un Strelitzia Reginœ Ait. (Ibid., 

258-260, avec lig.). 
34. Anomalies tloraleschez uneRosecultivée (Ibid.. i914,\l, 103). 
35*. Trois monstruosités végétales (Ibid.. i9i5, VII. 229-231). 



CASIMIR DE CANDOLLB 27 



III. Anatomie. 

36*. De la production naturelle et artificielle du liège dans le chêne- 
liège (Mém. Soc. Phys., 1800, XVI, 1-13, 3 pl.). 

37'. Anatomie comparée des feuilles chez quelques familles de Di- 
cotylédones (Ibid., 1879, XXVI 2 , 428-480, 2 pl.). 

38. Nouvelles recherches sur l'anatomie comparée des pétioles 

(Arck., 1891, XXVI, 501). 

39. Senecio sagittifolius Baker, sa structure foliaire {Arck., 189'2, 

XXVIÏI, 158). 

40*. Contribution à l'étude du genre Alchimilla (Bull. Herb. Boiss., 

1893, I, 485-495, 2 pl.). 
41. Origine controversée du Gytisus Adami (Arck., 1883, X, 359- 

361). 

IV. Physiologie. 

42*. Sur la structure et les mouvements des feuilles du Dionsea 
muscipula (Arck., 1876, LV, 404-434, 2 pl.). 

43*. Observations sur l'enroulement des vrilles (Arck., 1877, 
LV1II, 5-17, 1 pl.). 

44. Cas. de Candolle et Raoul Pictet. Recherches concernant l'ac- 

tion des basses températures sur la faculté germinative des 
graines (Arck., 1879, II, 629-632 ; cf. 354). 

45. Iidem. Nouvelles recherches, etc. (Arck., 1884, XI, 325-327). 

46. Effet de la température de fusion de la glace sur la germina- 

tion (Arck., 1886, XVI, 322-3). 
47*. Sur la vie latente des graines (Arck., 1895, XXXIII, 497- 

512; cf. 1898, V, 101-2). 
48. Crains de blé pendant 4 ans dans du mercure (Arck., 1899, 

VIII, 517-8). 

49*. Rides formées à la surface du sable déposé au fond de l'eau 
(Arck., 1883, IX, 241-278, 5 pl. ; cf. 18S3, X. 306-7). 

50. Analogie entre les aspérités des parois des cellules végétales 
et les rides de frottement (Arck., 1883, X, 356-358). 

51*. Sur les causes de l'orientation des matières protoplasmiques 
dans la caryocinèse (Arck., 1890, XXIII, 357-359). 

52. Propriétés hygroscopiques de l'Asteriscus pygmseus (A) ch.. 

1886, XV, 585-588). 

53. Phénomène de végétation (cas de xénie) (Arck., 1891, XXV, 

241). 

54*. Etude de l'action des rayons ultra-violets sur la formation des 



28 



CASIMIR DE CANDOLLE 



fleurs (Arch., 1892, XXVIII, 265-277, avec fig. ; cf. 
1887, XVII, 352-355). 



V. Biologie, phénologie. 

55. Sur une pluie jaune observée près de Bonneville en Savoie le 

25 avril 1880 (Arch., 1880, III, 538-542, 1 pl.). 

56. Cicatrisation remarquable d'un tronc de cytise (Arch., 1889, 

XXI, 468-9, 1 pl.) 

57. Fructification abondante des glycines en 1888 (Arch., 1889, 

XXI, 555-6). 

58. Sur une nouvelle galle du chêne (Arch., 1897, IV, 190-1). 

59. Plantes rapportées du Spitzberg par M. A. Brun (Bull. Herb. 

Boiss., 1903, III, 357). 

60. L'autonomie de la floraison dans Broussonetia papyrifera (Ibid., 

1907, VII, 73-4). 

61. Note sur une airelle à fruits blancs (Bull. Soc. b. Genève, 

1910, II, 203-206). 

62. Racines aériennes chez un marronnier (Ibid., 1914, VI, 137). 



BOTANIQUE SYSTÉMATIQUE 



A. Juglandacées. 

63*. Mémoire sur lafamilledes Juglandées (Annal, se. nat., 1862, 

XVIII, 5-48, 6 pl.). 
64. Juglandacete (DC. Prodromus, X\T 2 , 1864, 134-146). 
65*. Engelhardtia Oreamunoa GDC. Une espèce remarquable du 

Costa-Rica (Bull. Soc. b. Genève, 1914, VI, 165-170, 

2 fig.). 

B. Myricacées. 

66. Myricaceii' (DC. Prodromus, XVI 2 , 1804. 147-155). 



C. Pipéracées. 

* Travaux d'ensemble. Travaux mixtes. 

67. Piperace.'f novœ (Journ. of lot.. ISOU, 132-147, 161-167, 
210-219). 



CASIMIR DE CANDOLLE 



29 



68*. Mémoire sur la famille des Pipéracées (Mém. Soc. Phys., 

1866, XVIII 2 , 219-^48, 7 pl.). 
09. Piperace;.' (DC. Prodromus XVI 1 , i86'9, 235-390). 
70*. Piperace;e nova; (Linnaea, 1872, XXXVII, 333-390). 
71*. Nouvelles recherches sur les Pipéracées {Mém. Soi-. Phys., 

1882, XXVII 2 , 305-315, 15 pl.). 
72*. Piperaceai novae (Annuaire de Genève, 1898, il, 252-288). 
73. O. Kuntze. Kevisio generum plantarum, III 2 , 1898. — CDC. 

u. Kuntze Piperace;r, 272-275. 
74*. Note sur la distribution géographique des espèces du genre 

Peperomia (Bull. Géograpk. bot., 20 e année, 1911, 3-0). 
75". Piperace;e nov;e (Lecomle, Notul. syst., 1914, III, 38-44). 
76*. Piperaceœ neotropic;e. P. chinenses. P. novae (Berliner Notiz- 

blatt, 1917, VI, 434-483). 

77. Mémoire sur la morphologie des Pipéracées (inédit). 

78. Piperaceie. Glaves analyticae {Annuaire de Génère. XXI, à 

paraître). 

** Travaux régionaux. 
I. Afrique. 

79*. Henriques. Gontribuicâo para o estudo da flora d'Africa. Cata- 
logo da Flora da ilha de S. Thomé. — GDG. Piperace;>> 
(Bol. Soc. Broter., 1893, X, 152-155). 

80*. Piperacje africame et madagascarienses (I) (Englers Jahrb., 
1894, XIX, 224-230). 

81*. Piperace.-e africame II (Ibid., 1898, XVI, 360). 

82*. Pipéracées de Madagascar : espèces et localités nouvelles. Pipé- 
racées de l'Afrique orientale, récoltées par le R. P. Sacleux 
(Lecomte, Notul. syst., 1911. II, 46-53). 

2. Indes orientales. 

U-U. Piperaceie Meeboldiana 1 Herbarii Vratislaviensis ( 1), Il (Fedde 
Bepertorium, 1912, X, 518-523; 1914, Xlll, 297-300). 
85. Piperace;e indicae novae (Records of the Bot. Surrey oflndia; 
inédit). 

3. Indo-Chine. Chine, Foi n/ose. 

80*. vSchinz. Mitteilungen ans dem bot. Muséum der Univ. Zurich, 
XXI. — IV. C.DG.. Zvvei neue Piper-Arten aus China 
(Bull. Herb. Boiss.. 1901, IV, 1026). 



30 



CASIMIR DE CANDOLLE 



87*. Lecomte. Flore générale de l'Indo-Chine. — G.DG. Sauru- 
racées et Pipéracées {1910, V, 59-92, 1 pl.). 
Piperaceœ chinenses cf. n° 76. 

88. Piperace.e formosame (Annuaire de Genève. XXI; à paraître). 

4. Péninsule malaise. 

89. Engler. Die auf der Expédition S. M. S. Gazelle von D r Xau- 

mann im malayischen Gebiet gesammelten Siphonogamen 

— GDG. Piperacete, 450. Meliace;»', 461-2 (Engler s Jahrb., 
1886, VII). — Reproduit dans: Forschungsreise S.xM.S. 
Gazelle 1874-76, 4°, IV. Teil, Botanik. 1889 1 Piperaceœ, 
25. *Meliacea?, 33-4, 1 pl.). 

90*. Piperacete nova? e Peninsula malayana (Records of the Bot. 
Surveg of lndia, 1912, VI, 2-30). 

91. Gamble. Materials for a Flora of the Malayan Peninsula. |X° 24 

— GDG. Piperacejje (Journ. and Proceed. As. Soc. of Ben- 
gal, 1914, LXXV, 288-339). 

5. Indes néerlandaises. 

92. Koorders. Die Piperaceft» von Java (Verh. k. Akad. v. 

Wetensch., Amsterdam, 2 P série, XIV, 1908, 1-75). (Con- 
tient des notes et 4 espèces nouvelles, communiquées par 
GDG). 

93*. Koorders-Schumacher. Syst. Verzeichnis der zum Herbar Kds. 

gehôrenden Phanerogamen u. Pteridophyten — GDG. Zwei 

neue javanische Piperaceen, 1912, I, 53. Familie, 8-9. 
94*. Hochreutiner. Plantas Hochreutinerame. — GDG. Piperace;»' 

(Annuaire de Genève, 1912, XV-XVI, 231-235). 
95*. Winkler. Beitrâge z. Kenntnis der Flora u. PII . Géographie 

von Bornéo, III. — GDG. et Winkler. Piperaceîe (Englers 

Jahrb.. 1913, XLIX, 352-356). 
96. L.-S. Gibbs. A Gontribution to the Flora and Plant Formations 

of Mount Kinabalu & the Highlands of British North Bornéo. 

— GDG. Piperacea 1 (Linnean Soc. Journ.. Butant/. 191 l. 
XLII, 127-129). 

97". Hallier. Botanische Ergebnisse der Elbert'schen Sunda-Expedi- 
tion, etc. II. — CDG. Pipera ceas, Meliaceae (MededeeL v. 
s'Rijks Herb. Lctden, n° 22. 1911. 1-10 

98*. Piperacce a Jaheri in insulis Kev lecta? (Ibid.. n° 32. 19 18. 

99. Piperace;» 1 javiuiuw et celebice novfe (Annuaire de Genève, 

XXI ; à paraître) . 
10(1. Piperaceae e Bornéo et e Sumatra novae aut nuper leetae ! fbid. . 



CASIMIR DE CANDOLLK 



31 



6. Iles Philippines. 



101. Usteri. Beitrâge zur Kenntnis der Philippinen, etc. Dissert. 

Ziirich, 1905. — CDC. Piperaceœ, 125. 

102. J. Perkins. Fragmenta florae philippin», fasc. III, 1905. — 

CDG. Piperaceœ, 153-160. 

103'. Philippine Piperacese (Elmer's Leaflets of Philippine Botany, 
1910, III, 759-789). 

104*. A Revision of Philippine Piperaceœ (The Philippine Journ. of 
Se, 1910, V, 405-463). 

105*. Six new Piperacea.' [Elmer's Leaflets of Philippine Botany, 
1914, VI, 2291-2294). 

106*. Piperacea 4 . philippinenses novie vel nuper repertœ {The Philip- 
pine Journ. of'Sc, Botany, 1916, XI, 207-225). 

107. Merrill. Reliquia^ Robinsoniame. — CDG. Piperacete (Ibid., 

1916, XI, 260-1). 

108. Piperaceje philippinenses nova», (The Philippine Journ. of Se. ; 

à paraitre). 



109. K. Schumann u. Lauterbach. Flora der deutsch. Schutzgebiete 

in der Si'idsee, 1901. — Schumann u. GDG. Piperales, 
254 263. 

1 10. Nova Guinea. Résultats de l'expédition scientifique néerlandaise 

à la Nouvelle-Guinée, VIII, Botanique. — GDG. Piperacese, 
Meliaceœ, juillet 1910, 415-426 ; 'janvier 1914, 1005- 
1017). 

111. L.-S. Gibbs. Dutch N. W. New Guinea. A Contribution to the 

Phytography and Flora of the Arfak Mountains, etc. London. 
July 1917. — GDG. "Piperaceœ, 127-128, 207-208. - 
Meliaceu\ 212-213. 
112". G. Lauterbach. Beitrâge zur Flora von Papuasien, VI. — N° 58. 

GDG. Beitrâge zur Kenntnis der Piperaceen von Papuasien 
(Englers Jahrb., 1918, LV, 204-220). 



113. Trois Peperomia des Nouvelles-Hébrides (Bull. Ilerb. Boiss.. 

1908, VIII, 329-330). 
114*. L.-S. Girrs. A Contribution to the Montane Flora of Fiji. — 

CDC. Piperacea* {Journ. of Linn. Soc, 1909. XXXIX. 

162-167). 



115-) K. Rkchunger. Bot. u. zool. Ergebnisse einer wiss. ForschuiiLis- 



116.) reise nach den Sainoa-Inseln, dem Neuguinca-Archipel u. 



7. Nourelle-Guinée. 



8. Iles du Pari fit/ ne. 



CASIMIR DE CANDOLLE 



den Salomonsinseln. Wien. CDC. — Piperacea*, III. Teil, 
1910, 90-95; V. Teil, 1913, 85-90, c. tab. IV. 

117*. Hoghreutiner. Planta Hochreutinerana?. — CDC. Piperacea? (An- 
nuaire de Genève, 1912, XV-XVI, 231-235). 

118. The Hawaiian Peperomias {Collège of Hawaii Publications. 
Bull. n° 2. Honolulu, 1913, 1-38, 8 pl.). 

119*. Schinz. Mitteilungen aus dem bot. Muséum der Univ. Zurich, 
LXXVI. — CDC. Piperacea? neo-caledonica? (3) (Viertels- 
jahrsschrift naturf. Ges. Zurich, 1916, LXI, 632-3). 

120. Piperacea? carolinenses et marianenses novae (Annuaire de 
Genève, XXI ; à paraître). 

9. Antilles. 

121-) Urban. Symbola? Antillana?. — IV. Piperacea3, exposuit CDC. 

123. ) 1902, III, 159-274. — Urban. Nova gênera et species, III, 

VI. — CDC. Piperacea?, 1907, V, 294-298; 1912, VII, 
182-190. 

124. Piperacea 1 antillanse (Fedde Beperlorium, 1917, XV, 1-5). 

10. Mexique, Amérique centrale. 

125*. Planta? Lehmannianae in Guatemala, Costarica, Columbia, Ecua- 
dor, etc. collecta?. Piperacea? (Englers Jahrb., 1889. X. 
286-290). 

1 26. Piperacea? costaricenses novae (Bull. Soc. bot. de Belgique, 1890, 
XXIX 2 , 69-71). 

127*. Durand et Potier. Primitia? Flora? Costaricensis, fasc. I. Pipe- 
raceîe, auctore CDC, 99-138 (Ex Bull. Soc. bot. de Bel- 
gique, 1891, XXX, 196-235). 

128*. Potier . Primitia? Fl. Costaricensis, San José de Costa-Rica, 
II, fasc. 3, 1899. — CDC. Piperacea?, 217-296. 

1 29- ) J. Donnell Smith. Undescribed plants from Guatemala, etc., 

131. ) XII, XIII, XVI, XXITI. — CDC. Piperacea?, Meliace;e. Be- 

gonia (Bot. Gazette, XIX, Jan. 1894, 2-10 (4 Meliaceae, 
li Piperacea?); XIX, July 1894, 258-261 (7 Pip.) ; XX. 
1895, 538-542 (8 Bégonia) ; XXXIII, 1902, 250-2*i7 (I 
Guarea, 1 Piper). 

132. LoesExNek. Beitrage zur Kenntnis der Flora von Central-Amerika 

(einschliesslich Mexico), II. — CDC. Piperace;e (Englers 
bot. Jahrb., 1900, XXIX, 86-7, 94). 

133. Piperacea? centrali-americame (Contrib. U. S. National Her- 

barium : sous presse). 

134. Piperacea^ mexicana> nova? (Annuaire de Génère, XXI : à pa- 

raître). 



CASIMIR DE CANDOLLK 



11. Vénézuéla, Colombie, Ecuador, îles Galapagos. 
Cf. n° 125. 

135. Les Pipéracées de l'Ecuador, de la Nouvelle Grenade et du 
Pérou de la collection de M. Ed. André (Journal de Boia- 
nique de Morot, 1890, IV. :ï9:i-399). 

136". Piperaceae Andreame {Bull. Herb. Boisa., 1897, V, 696-711). 

137*. Piperaceae Sodiroana* (Ibid., 1898, VI, 477-495, 505-521). 

138. Robinson. Flora of the Galapagos Islands. — CDG. Piperacea 1 

(Contrib. from Gray Berbarium, new séries, XXIV, ex 
Proceed. Americ. Acad. Arts and Se. 1902, XXXVIII, 
131-2). 

139. Johnstox. New Plants from Venezuelan Islands. — GDC. Pipe- 

racea' {Ibid., XXIX ex 1905, XL, 685). 
140". Urban. Plantée novae andina% imprimis Weberbauerianae, III. 
— GDG. Piper (Englers Jahrb., 1908, XL. 242-267). 

141. A. Stewart. A botanical Survey of the Galapagos Islands. — 

GDG. Peperomia (Proeeed. Californ. Acad. Se, 1911, 4. 
séries, I, 48-50). 

142. Fuhrmanx et Mayor. Voyage d'exploration scientifique en 

Colombie. — GDG. Piperaceae (Mém. Soc. neuchâteloise se. 
nat., 1913, V, 358-9). 

143. Piperacea? columbiame et peruvianae novae (Annuaire de Ge- 

nève, XXI ; à paraître). 

144. Piperacea* ecuadorenses nova' aut nuper lecta 1 (Ibid.). 

12. Bolivie. 

145-1 Piperaceae Bolivianae (Bull. Torrey bot. Club, XIX. Febr. 
148.) 1892, 47-49; Aug. (892, 254-5; XXI. 1894, 160-1 

(New Piperaceae from Bolivia) ; XXV, 1898, 566-572). 
L49-) Pax. Plantai novae Bolivianae, V, VI. — GDG. Piperacea' 
150.) {FeddeBepertorium. 1911. IX. 229-235 ; 1914, XIII, 304- 

311). 

loi*. Hallieu und Herzog. Die von D 1 ' Herzog in Bolivia 1910-11 
gesammelten Ptlanzen, II. — GDG. Piperacea' (Mededeeh 
v. s'Bijks Herb. Leiden, n° 27, Î915, 7-9). 
Gf. n° 73. 

13. Iles Juan-Fernandez. 

152. G. Skottsberg. Studien iiber die Végétation der Juan-Fernan- 
dez-Inseln. — GDG. Peperomia (A'. Svenska IV/. Ahad. 
Handl., 1914. LI, 9, 20). 



34 



CASIMIR DE CANDOLLE 



14. Paraguay. 

153. Th. Morong and N.-L. Britton. An Enumeration of the Plants 

collected by D r Thomas Morong in Paraguay 1888-1890. 

— Piperace;e, named by CDC. (Annals New-York Acad. 

Se, 1892, VII, 214-5). 
154*. Marc Michrli. Contributions à la Flore du Paraguay. — GDG. 

Pipéracées (Mém. Soc. Phys., 1893, XXXII 2 , 3-10, 3 pl. — 

cf. Arch., 1893, XXIX, 313). 

155. Ghodat. Planta; Hasslerianse. — GDG. Piperaceœ (Bull. Herb. 

Boiss., 1898, VI, appendix I, 17-18). 

156. Chodat et Hassler. Plantïe Hassleriame, II. — GDG. Piperaceïe, 

Begoniaceai, Meliaceas (Ibid., 1903, III, 396-403, 403- 
405, 407-414). 

157*. Hàssler. Planta3 paraguarienses novœ vel minus cognitaî. — 
GDG. Pipéracées nouvelles du Ghaco (lbid., 1907, VII, 
917-919). 

158*. Plantas paraguarienses novas a cl. E. Hasslero et cl. K. Fie- 
brigio lectas. I. Piperaceœ, II. Meliaceas, III. Begoniaceas 
(Bull. Soc. b. Genève, 1914, VI, 107-126,5 fîg.). 

15. Argentine. 

159. Piperaceas argentine (Fedde Bepertorium, 1910, XIV, 395- 

398). 
Cf. n° 73. 

16. Brésil. 

160. Warming. Symboles ad floram Brasilia^ centralis cognoscendam. 

Particula XII. Piperaceas, a cl. GDG. déterminâtes, ab edi- 

tore annotâtes (Vidensk. Medd. naturh. Foren. i Kjôbenhavn. 

1872, n° 6-9, 335-340). 
161*. Piper Orenocoanum GDG. (Bull. Herb. Boiss., 1898. VI. 564 . 
162*. Piperaceas Uleanas e Brasilia (Englers Jahrb., 1900. XXIX. 

Beiblatt 65, 24-27). 
163. Huber. Plantée cearenses. — GDG. Piperaceas (Bull. Herb. 

Boiss., 1901, I, 298-9). 
161*. Piperaceas et Meliaceas brasilienses a cl. W. Schwacke lecta* 

[Ibid., 353-366). 

165*. Pilger. Beitrâge zur Flora der Hylesa nach den Sammlungen 
von E. Ule. — GDG. Piperaceee (Vevhandl. bot. Ver. Prov. 
Brandenburg, 1905, XLVII, 104-118). 

166*. Beauverd. Plantai Damazianee brasilienses. — GDG. Piperaceas, 
Meliaceas (Bull. Herb. Boiss.. 1907, VII, 139-143). 

167. Huber. Maternes para a Flora amazonica, VII. Planta' Ducke- 



CASIMIR DE CANDOLLE 



35 



ana; austro-guyanenses. — CDC. Piperacea- (Boletim do 

Museu Goeldi, 1009, V, 330-332). 
168. P. Dusén. Beitriige zur Flora des Itatiaia, II. — CDG. Piper 

(Arkiv fur Botanik, déc. 1909, IX, n° 5, 5-6). 
109. Usteri. Flora der Umgebung der Stadt Saf> Paulo in Bras. Jéna 

1911.— CDC. Piperacea?, 174-5 {G/. Usteri, Contribuiçào 

fl. S. Paulo, 1900, 15). 
170'. Schinz. Mitteilungen aus dem bot. Muséum der Univ. Zurich, 

LXXI. — CDG. (Peperomia ciliifolia, Piper Angremondii 

nov. sp.) ( Viertelsjahrsschriftd. naturf. Ges. Zurich, 1915, 

LX, 431-2). 
Piperacea* neotropicïe, cf. n° 76. 
171*. Pilgeu. Planta? Uleana? novae vel minus cognita;. — CDG. Pipe- 

racea?, Meliacea? (Berliner Notizblatt, 1917, VI, 485-503). 

172. Piperacea? Bakeriana? e Brasilia {Annuaire de Genève, XXI ; à 

paraître). 

D. Méliacées. 

173. Sur quelques cas d'embryons velus (Bull. Soc. bot. France, 

1875, XXII, 229-232). 
174*. On the geographical distribution of tbe Meliacea? (Transact. 

Linn.Soc. Lom/o», Ser. 2, botany I, 1877. 233-236, 2 tab.). 
175\ Meliacea? (Martius Flora BrasiL, XI',fasc. LXXV,febr. 1878, 

166-227, 16 pl.). 

176. Meliacea? (Alph. et Cas. DC. Suites au Prodrornus, I, Jun. 1878, 

399-780, 4 pl.). 

177. Englisr. Siphonogame Pflanzen, ges. auf D r Hans Meyers Kili- 

mandscharo-Expeditionen 1888 u. 1889. — CDG. Meliacea' 
(1890), 33. 1 pl. 

178. ïhree nevv species of Mexican plants {Bot. Gazette, 189 L 

XIX, 39-40). 

179. Meliacea? nova? (Bull. Herb. Boiss.. 1894, II, 567-584, 1 pl. : 

cf. Arch., 1894, XXXII, 538-9). 
180-j. Schinz. Beitrage zur Kenntnisder afrik. Flora. — CDC. Melia- 

181. ) cea?(Trichilia>) (Bull. Herb. Boiss., 1895, III, 402 ; 1890. 

IV, 428). 

Cf. n° 73. O. Kuntze. Revisio generum pl., III 2 , 1898, 35-6. 

182. J.-N. Rose. Studies on Mexican and Central American Plants, 

II. — Rose and CDC. Cedrela or Spanisb Cedar (Contrih. 
U. S. Nat. Herbar., Y, 1899, 189-191). 

183. Huber. Planta» cearenses. — CDC. Meliacea? {Bull. Herb. Boiss.. 

1901, I, 308). 



36 



CASIMIR DE CANDOLLE' 



184". Huber. Materiaes para a flora amazonica, IV. — GDG. Quatro 

novas especies amazonicas do genero Guarea (Meliaceae) 

(Bol. Museii Para, III, 1901, 237-240). 
185'. Meliaceae novae e Nova-Guinea, Samoa et Nova-Caledonia (Bull. 

Herb. Boiss., 1903, III, 161-180). 
186*. Meliaceae costaricenses (lbid., 1905, V, 417-427). 
187*. Meliaceae novae vel iterumlectae et Rutacea nova (lbid., 1900, 

VI, 981-986), 

188. Ghevalier. Novitates tlorae africanae. — GDG. Meliaceae (Mém. 

Soc. bot. France, IV, 1907 , 3-13, aut Bull. Soc. b. France, 

LIV, 1907, Mémoire 8, 3-13). 
189*. Meliaceae novae (Annuaire de Genève, 1907 , X, 122-176). 
190*. A revision of the Indo-Malayan species of Gedrela (Records of 

the Bot. Survey of India, 1908, III, 357-378). 

191. Huber. Materiaes para a Flora amazonica, VII. Plantae Duckea- 

nae austro-guyanenses. — GDG. Meliaceae (Boletim do Mnseu 
Goeldi, 1909, V, 434-436). 

192. Herzog. Siphonogamae novae Bolivienses in itinere per Boliviam 

orientalem ab auctore lectae. — GDG. Meliaceae (Fedde Re- 
pertorium, 1909, VII, 58-59). 
193'. Hoghreutiner. Plantae Hochreutineranae. — GDG. Meliaceae (An- 
nuaire de Genève, 1912, XV-XVI, 245-247). 

194. K. Rechinger. Bot. u. zool. Ergebnisse einer vviss. Forschungs- 

reise nach den Samoa-Inseln, dem Xeuguinea-Archipel u. 
den Salomonsinseln. Wien, V. Teil, 1913. — GDG. Melia- 
ceae, 123-4. 

195. Hallier und Herzog. Die von D r Herzog in Bolivia 1910-11 

gesammelten Pllanzen, II. — GDG. Meliaceae (Mededeel. v. 
s'Rijks Herb. Leiden, n° 27, 1915, 81-83). 

196. Meliaceae argentinae (Fedde Repertorium, 1916, XIV, 403). 
197*. Meliaceae centrali-american;e et panamenses (Smithsonian 

Miscell. Collections, LXVIII, n° 6, 1917, 1-8). 
198*. Meliaceae philippinenses (The Philippine Journ. of Se. : à 
paraître). 

Cf. n os 89, 97, 110, 111, 129, 131, 156, 158, 164. 166, 171. 



E. Bégoniacées. 

199*. Henriques. GontribuiçaO para o esludo da flora d'Africa. Gata- 
logo da flora da ilha de S. Tliomé. — G.DC. Begoniace.i' 
(Bol. Soc. Brof., 1893, X, 122-124). 

200. .1. Donnell Smith. Undescribed plants from Gentral America, 



CASIMIR DE CANDOLLE 



37 



XVI. — GDC. Bégonia» 8 nova' (Bot. Gazette, 1895, XX, 
338-542). 

201*. Durand et Pittier. Primitia* Flora' Costaricensis. — CDC. Be- 
goniaceœ {Bull. Soc. bot. Belgique, 1896, XXXV. 256-267). 

202. Huber. Plantai cearenses. — GDC. Begoniacea* (Bull. Herh. 
Boiss, 1901, I, 315-6). 

203*. Begoniaceœ nov;e (Ibid., 1908, VIIJ, 309-328, avec tig.). 

204". Un Bégonia nouveau (Bult. Soc. bot. Genève, 1916, VIII, 22- 
23, tig.). 

205. Begoniacea 1 centrali-americana' et ecuadorenses (Contrib. U. S. 
National Herbarium ; sous presse). 
Cf. n°* 156, 158. 



206. J.-X. Rose. Studies on Mexican and Central American Plants. II. 

— Rose and CDC. Note on some Mexican Species of Thalic- 
trum (Contrib. U. S. Nat. Herbar., V, 1899, 185-189). 

207*. A new species of Hydnocarpus (The Philippine Journ. of Se. 
G. Botany, I, 1916, 37-8). 
Cf. n<^ ii} 23 1 187. 



208-i Rapports du Président de la Société de Physique et d'Histoire 



Rapp. pour l'année 1882 (Mémoires, XXVIII, 1883-4, 65-101 ). 
— — 1891 (lbid., XXXI 2 , 1892-3, 81-144). 
- — — i89$(Ibid., XXXII 2 , 1894-1, 33-64). 
211. Emile Plantamour. Notice biographique (Extraie du n° 208) 

(Arck., 1883, IX, 392-40'*). 
212'. Marc Micheli (Ibid., 1902, XIV, 5-13, avec portrait - tiré 
à part, augmenté de la « Liste des publications de M. Mi- 
cheli », 16 p.). 

113'. Notice sur la vie et les travaux de G.-B. Glarke (Bull. Herh. 
Boiss., 1900, VI, 890-892). 



F. Familles diverses. 



MISCELLANEA. 



Rapports présidentiels. Biographies. 




naturelle de Genève. 



38 



CASIMIR DE CANDOLLE 



Analyses de travaux de physique, chimie, physiologie 

parues dans les Archives, depuis 1859. 
Les trois suivantes ont paru de façon spéciale. 

214. Strasburger. The Conifers and the Gnetaceas (The Academy, 

VI, 1873, 31). 

215. Becquerel. Des forces physico-chimiques et de leur interpré- 

tation dans la production des phénomènes naturels [Arch., 
1875, LUI, 93-103). 

216. Darwin. Insectivorous plants. Plantes insectivores (Ibid., 1875, 

L1V, 265-282). 

Travaux d'édition. 

217. Alphonse et Casimir de Candolle. Monographie Phanerogama- 

rum. 8°Parisiis. G. Masson, I-V1II, 1878-1893. — Cas. de 
Candolle contin. IX, 1896; X (Radlkofer-Sapindacea 1 ; en 
préparation). 

218. Lettre d'Ampère à Maurice Diodati, 1824 (Arch., 1895, 

XXXIII, 391-2). 

219' Alphonse de Candolle. Ce qui se passe sur la limite géogra- 
phique d'une espèce végétale et en quoi consiste cette 
limite (Annuaire de Genève, 1898, II, 17-37). 

220". L'Herbier de Gaspard Bauhin déterminé par A. -P. de Candolle 
(Bull. Herb. Boiss., 1904, IV, 201-216, 297-312, 459- 
474, 721-754; cf. Arch., 1904, XVIII, 523). — Tiré à 
part, relié, 82 p., avec un médaillon de DC. 

221*. A. -P. de Candolle. Mémoires et Souvenirs, publiés par son fils. 

1862. — CDC. Table alphabétique des noms des personnes 
mentionnées dans l'ouvrage (table msc. dressée par A. DC). 
Genève, 1910, 15 p. 



LES GÉOMÉTRIES FONDAMENTALES 



L'ESPACE EUCLIDIEN 

PAR 

Kené de SAUSSUlîE 



Préliminaires. 

Le but de cet article est : 1° de signaler l'existence, dans l'es- 
pace à une dimension, de géométries fondamentales à deux et 
même à trois paramètres ; 2° d'établir une classification ration- 
nelle de toutes les géométries fondamentales, anciennes et ré- 
centes, en tâchant d'en unifier la terminologie. 

La seule réalité spatiale est l'espace physique à trois dimen- 
sions. Les espaces dits «à plus de trois dimensions » sont de 
simples conceptions de notre esprit, ne correspondant à aucune 
réalité physique, car l'essence même de l'espace est d'avoir trois 
dimensions. Notre classification ne comprendra que les géomé- 
tries relatives à l'espace réel considéré sous sa forme tradition- 
nelle (espace euclidien). 

Définitions. 

Dans un article précédent 1 nous avons constaté qu'il existe 
sept figures géométriques, et seulement sept, qui sont de simples 
« positions », c'est-à-dire qui ne contiennent aucun paramètre 
de grandeur. 

Ces figures sont : 

1. Le point. Un point est une simple position: il n'a pas de 

J Voir René de Saussure, La géométrie des feuillets. Arch. 1906. 



30 



GÉOMÉTRIES DE L'ESPACE EUCLIDIEN 



grandeur et il peut tourner sur lui-même, d'une façon quel- 
conque, sans cesser d'être le même point. 

2. La règle, ou ligne droite indéfinie, considérée comme élé- 
ment spatial, comme tout indivisible (et non pas comme série 
de points). Une règle est une simple position; elle ne contient 
pas de grandeur et elle peut glisser ou tourner sur elle-même 
sans cesser pour cela d'être la même règle. 

3. L'èdre, ou monoedre, c'est-à-dire un plan indéfini, considéré 
comme élément spatial, comme tout indivisible (et non pas 
comme surface de points). Un èdre est une simple position ; il 
ne contient pas de grandeur et il peut glisser sur lui-même, 
d'une façon quelconque, sans cesser d'être le même èdre. 

4. La flèche, ou figure (PR) formée par un point P attaché 1 
à une règle R. Le point P est X origine de la flèche ; la règle R 
en est la hampe et cette hampe est affectée d'un sens positif 
(indiqué par la pointe de la flèche). Une flèche est une simple 
position; elle ne contient pas de grandeur, et elle peut tourner 
autour de sa hampe sans cesser d'être la même flèche. 

5. Le bouclier, ou figure (PE) formée par un point P attaché 
à un èdre E. Le point P est V origine du bouclier ; l'èdre E en 
est la feuille et les deux faces de cette feuille sont affectées res- 
pectivement des signes -|- et —.La normale en Pà ledreE 1 est 
Y axe du bouclier. Un bouclier est une simple position ; il ne 
contient pas de grandeur, et il peut tourner autour de son axe 
sans cesser d'être le même bouclier. 

6. Le drapeau, ou figure (RE) formée par une règle R atta- 
chée à un èdre E (c'est-à-dire que la règle R est une droite 
marquée dans le plan de l'èdre E). La règle R affectée d'un 
sens, est la hampe du drapeau ; l'èdre E, qui a une face positive 
et une négative, en est la feuille. LTn drapeau est une simple 
position ; il ne contient aucune grandeur et il peut glisser pa- 
rallèlement à sa hampe sans cesser d'être le même drapeau. 

7. Le feuillet, ou figure (PRE) formée par un point P attaché 
à une règle R, laquelle est elle-même attachée à un èdre E. Le 
point Pest Y origine, la règle R la hampe, et l'èdre E la feuille 
du feuillet (PRE); la hampe a un sens déterminé (par une 

1 Dire qu'un point est « attaché » à une tigure signifie que ce point est 
un point marqué sur la dite figure. 



GÉOMÉTRIES DE L'ESPACE EUCLIDIEN 31 

pointe de flèche) et les deux faces de la feuille sont distinguées 
par les signes + et — . Un feuillet est une simple position ; il 
ne contient aucune grandeur et il ne peut pas glisser sur lui- 
même. 11 en résulte que si Ton attache un corps solide quel- 
conque C à un feuillet (PRE), la position de ce feuillet déter- 
minera complètement celle du corps C. Les systèmes de corps 
solides invariables sont donc réductibles aux systèmes de feuil- 
lets, ou, si l'on veut, le feuillet est ce qui reste d'un corps solide 
lorsque celui-ci a été dépouillé de sa forme et de sa grandeur. 

En résumé, des sept figures-position fondamentales trois 
sont des éléments simples (point, règle, èdre), trois sont des 
éléments doubles (flèche, bouclier, drapeau), et une est un élé- 
ment triple (feuillet). 

Comme conséquence de la terminologie que nous avons 
adoptée, les mots droite et plan reprennent leur sens primitif 
(sens d'Euclide); ce ne sont plus des éléments spatiaux (ceux-ci 
étant designés désormais par les vocables point, règle et èdre), 
ce sont des « espaces » respectivement à une et à deux dimen- 
sions; en d'autres termes, le mot « droite» redevient synonyme 
de « ligne droite » (espace à une dimension), et le mot « plan » 
redevient synonyme de « surface plane » (espace à deux dimen- 
sions). 

Il est donc indiqué de compléter notre terminologie en 
adoptant un nouveau terme pour différencier le « point » ordi- 
naire (élément de position), du « point», considéré comme centre 
dune gerbe de règles et d'èdres (espace angulaire à deux di- 
mensions), que nous désignerons sous le nom point-centre ou 
pivot. 

Rappelons encore que nous avons adopté le terme de polysérie 
pour désigner une série continue de figures égales (ou tout au 
moins de même espèce) en nombre multiplement infini ; ainsi : 

Une monosérie esl une série d'élémcnls en nombre x 



» bisérie. » » » oc *, 

» Irisérie » » » oc 3 , 

» tétrasérie » » » oc *, 

etc. etc. 



Par exemple, une ligne (ponctuée) est une monosérie de 
points, une surface (ponctuée) est une bisérie de points, une 



32 



GÉOMK TRIES DE L'ESPACE EUCLIDIKN 



surface réglée est une monosérie de règles, un complexe est une 
trisérie réglée, etc., etc. 

Enfin, pour unifier autant que possible la terminologie des 
différentes géométries fondamentales nous adopterons encore 4 
les définitions suivantes : 

deux figures seront dites inverses lorsqu'elles sont symé- 
triques l'une de l'autre par rapport à un point; 

deux figures seront dites réflexes lorsqu'elles sont symé- 
triques l'une de l'autre par rapport à un èdre : 

deux figures seront dites contraires lorsqu'elles sont symé- 
triques l'une de l'autre par rapport à une règle ; 

une figure cotée est une figure à laquelle on a associé une 
quantité constante (appelée cote de la figure ') ; 

deux figures seront dites réciproques l'une de l'autre, lorsque 
l'une d'elles étant maintenue fixe, l'autre décrit, grâce à cette 
réciprocité, une polysérie linéaire-. 

La relation qui exprime la réciprocité de deux figures varie 
naturellement avec les figures considérées. Ainsi, par exemple, 
un point P et un èdre i^sont réciproques, lorsqu'ils satisfont 
à la relation : 

d = 0 , 

d étant l'intervalle, ou la distance, compris entre le point P 
et l'èdre E; en effet, si Ton maintient Fèdre E fixe, le lieu des 
points P réciproques de E est un plan (bisérie linéaire de points ), 
et réciproquement, si Ton maintient fixe le point P, le lieu des 
èdres E réciproques de P est une gerbe (bisérie linéaire 
d'èdres). 

Dans les géométries dont le caractère est quadratique, la rela- 
tion de réciprocité contient une constante arbitraire, que nous 
désignerons sous le nom d'indice de réciprocité; ainsi, par 
exemple, en géométrie réglée, deux règles R et R' sont réci- 
proques, lorsqu'elles satisfont à la relation : 

h taux to = v, 

1 La cote n'est pas un paramètre de grandeur, car elle ne correspond à 
aucune grandeur de la figure même à laquelle elle est associée. C'est pour- 
quoi les figures-cotées fout partie des figures-position. 

2 Cette terminologie diffère eu quelques points de celle que j'avais 



GÉOMÉTRIES DE L'ESPACE EUCLIDIEN 



h et m définissant l'« intervalle » des deux règles (& = leur plus 
courte distance et « leur angle), et c étant une constante donne*'. 
Nous dirons alors que les règles R et R' sont réciproques pour 
l'indice c, et Ton voit que si l'on maintient fixé la règle R, par 
exemple, le lieu des règles R', réciproques de R pour l'indice c, 
est bien une polysérie linéaire (complexe linéaire). Lorsque 
l'indice c est nul, il n'est pas nécessaire de le mentionner, et 
comme dans ce cas la plus courte distance h est nulle, on voit 
que : deux règles sont réciproques pour l'indice zéro, lorsqu'elles 
se rencontrent; on peut donc dire que deux règles qui se ren- 
contrent sont réciproques (sans mention d'indice). 

Remarque. — Lorsque les deux figures réciproques sont de 
même nature, la géométrie qui en résulte sera dite unisexaelle ; 
ainsi, la géométrie des règles est unisexuelle, parce que la figure 
réciproque d'une règle est aussi une règle. 

Au contraire, lorsque les deux figures réciproques sont de 
nature différente, comme par exemple les points et monoèdres 
réciproques, la géométrie qui en résulte sera dite bisexuelle, 
parce que toutes les formes d'une pareille géométrie peuvent 
être considérées sous un double aspect (séries de points ou enve- 
loppes de monoèdres). 

§ 1. — Les GÉOMÉTRIES FONDAMENDALES DE L'ESPACE 
A UNE DIMENSION. 

Qu'est-ce que l'espace à une dimension? A première vue, 
c'est simplement une série de points formant une ligne droite. 
Mais cette définition est incomplète. 

Les espaces qui ont moins de trois dimensions n'ont pas 
d'existence indépendante ; ces espaces sont, au même titre que 
toutes les figures géométriques, des abstractions, des limitations 
fictives de l'espace réel à trois dimensions. Un plan, par exemple, 
est bien un espace à deux dimensions, mais il ne peut être conçu 
sans l'espace tridimensionnel dans lequel il est plongé ; il est 
solidaire de ce dernier. 

adoptée dans mon travail sur la Théorie géométriqxie du mouvement des 
corps. Je me suis efforcé de la simplifier et de tenir compte des termino- 
logies, employées par d'autres auteurs (R. S. Bail, C. Cailler, etc.). 

Archives, Vol. 1. — Jauvier-Février 1919. 3 



34 



GÉOMÉTRIES DE L ESPACE EUCLIDIEN 



Il existe bien des milieux continus, à moins de trois dimen- 
sions, qui jouissent d'une existence physique indépendante: 
ainsi, le temps est un continu à une dimension, mais ce continu 
n'est plus fait d'étendue, il est fait de durée. Entre le temps à 
une dimension et l'espace à une dimension, il n'y a pas seule- 
ment différence qualitative (durée et étendue) ; il y a différence 
de structure, par le fait que le temps est un tout indépendant, 
tandis qu'une ligne droite (espace à une dimension que nous 
désignerons par S t ) est solidaire de l'espace qui l'entoure. Dans 
le champ de la durée on ne perçoit qu'une suite cVépoqiies, 
tandis que la ligne droite S i peut être considérée, soit comme 
une série de points P, soit comme une série de monoèdres E, 
se croisant sur la droite S i et formant un faisceau, porté par 
cette droite. Aussi, tandis que le temps ne connaît qu'une seule 
espèce de grandeur (la durée), l'espace à une dimension S t en 
connaît deux : la longueur, ou distance de deux points P et P, 
situés sur la droite S t , et Y angle dièdre, ou grandeur angulaire, 
comprise entre deux èdres l , passant par la droite #, . 

L'espace à une dimension contient-il seulement des gran- 
deurs, ou bien contient-il aussi des formes géométriques ; en 
d'autres termes, existe-t-il une véritable géométrie à une 
dimension ? 

A première vue, il semble que non, car les points P et les 
èdres E ne peuvent se déplacer que d'une seule manière dans 
l'espace ; ils ne peuvent donc pas engendrer une diversité 
de formes dans cet espace ; on ne peut donc parler ni de géo- 
métrie ponctuelle, ni de géométrie tangentielle, dans l'espace 
à une dimension. Mais l'espace S t ne contient pas seulement 
des points P et des èdres E; il contient aussi des boucliers 
(PE), et même une double infinité de boucliers, puisqu'on peut 
associer un point quelconque P à un èdre quelconque E d'une 

1 C'est grâce à l'existence de ces grandeurs spatiales à une dimension 
que le phénomène du mouvement se présente sous deux formes irréduc- 
tibles l'une à l'autre. En effet, le temps, n'ayant qu'une dimension, ne 
peut être associé dans l'espace qu'à des grandeurs à une dimension : il y a 
donc deux espèces possibles de mouvement: le mouvement linéaire (obtenu 
par association d'une longueur avec une durée) et le mouvement angulaire 
(par association d'un angle dièdre avec une durée). 



GÉOMÉTRIE» DE L 'ESPACE EUCLIDIEN . 



35 



double infinité de manières différentes. Le bouclier (PE) peut, 
en effet, tourner et glisser sur la droite S v d'une manière arbi- 
traire, sans sortir de l'espace à une dimension ; il peut donc 
engendrer dans cet espace des monoséries de différentes formes 
(tout comme un point peut engendrer des lignes de diverses 
formes dans un plan). 

Il existe donc, dans l'espace à une dimension, une géométrie 
fondamentale à deux paramètres, géométrie dont l'élément spa- 
tial primitif est le bouclier (une des sept figures fondamentales). 
Exposons en quelques mots les éléments de cette nouvelle géo- 
métrie. 

Géométrie des boucliers. 

Soit S x la ligne droite représentant un espace à une dimen- 
sion; soient (PE) et (P'E) deux boucliers situés dans cet 
espace (c'est-à-dire tels que leurs origines Pet F soient situées 
sur la droite S v et que leurs feuilles E et E' passent par cette 
droite) ; nous dirons que ces deux boucliers sont réciproques 
pour V indice c, lorsqu'ils satisfont à la relation : 

h tang j = c , (3) 

h et m définissant l'« intervalle » entre les deux boucliers 
(h = distance des points P et P', et « — angle des èdres E 
et E), et c désignant une constante donnée. Pour justifier cette 
définition, il faut montrer que si l'on maintient fixe l'un des 
boucliers, par exemple le bouclier (PE), le lieu des boucliers 
(P'E'), réciproques de (PE) pour l'indice c, a les caractères 
d'une monosérie linéaire. 

Remarquons d'abord que si (PE) est le bouclier fixe, la posi- 
tion du bouclier mobile (P'E) est déterminée univoquement 
par l'équation (3) ; en effet, pour chaque valeur de h, l'angle co 
est déterminé à un multiple près de 2n, et réciproquement, à 
chaque valeur de « ne correspond qu'une valeur de h, déter- 
minée en grandeur et en signe. 

Remarquons ensuite que la présence d'une constante arbi- 
traire c, dans la formule de réciprocité (3), montre que la 
géométrie des boucliers dans l'espace S x est une géométrie de 
caractère quadratique, analogue par conséquent à la géométrie 



36 



GÉOMÉTRIES DE L'ESPACE EUCLIDIEN 



des règles (ou à celle des feuillets) dans l'espace à trois dimen- 
sions (SJ. C'est ce qui fait l'intérêt de cette géométrie des 
boucliers, car elle est, à ma connaissance, le premier exemple 
d'une géométrie quadratique à deux paramètres; elle vient 
ainsi compléter la série des géométries quadratiques, puisque 
la géométrie des règles est à quatre paramètres, et celle des 
feuillets, à six paramètres. On voit que toutes les géométries 
quadratiques sont à un nombre pair de paramètres ! . 

On peut maintenant \érifier facilement que le lieu des bou- 
cliers réciproques d'un bouclier fixe (pour un indice donné c) 
est bien une monosérie linéaire. Et d'abord, que ce lieu est bien 
une monosérie, cela est évident, puisque l'équation de récipro- 
cité (3) établit une relation entre les deux coordonnées h et &> 
du bouclier mobile. Désignons par M la monosérie des bou- 
cliers réciproques d'un bouclier fixe, pour l'indice a; cette mono- 
série jouera, dans la géométrie des boucliers, le même rôle que 
le complexe linéaire, dans la géométrie réglée (puisque le com- 
plexe linéaire est le lieu des règles réciproques d'une règle fixe, 
pour un indice donné). Or, dans toute géométrie quadratique, 
si n est le nombre de paramètres dont dépend l'élément spatial 
de cette géométrie, la polysérie linéaire fondamentale dépend 
àen — 1 paramètres, et les éléments communs à n polyséries 
linéaires sont au nombre de deux. Dans l'espace S x , la géométrie 
des boucliers est à deux paramètres: on a donc ici: n — 2; 
en d'autres termes, si la monosérie M est une monosérie liné- 
aire, les boucliers communs à deux monoséries M doivent être 
au nombre de deux. 

Or, c'est précisément ce qui a lieu. En effet, soient (P K EJ et 
(P 2 E<>) les boucliers fixes, qui sont respectivement réciproques 
des deux monoséries données M i et ii 2 , boucliers que l'on peut 
appeler les boucliers centraux de ces monoséries 2 ; et soient : 

1 W 1 % I ton 

"i tan o 9 — c i e * t an 8 "9" — c a ' 

1 Pour être tout à fait complet, il faudrait ajouter : « Dans les espaces 
qui ont un nombre impair de dimensions » (comme 5, et S 3 ). 

2 Le bouclier central d'une monosérie M ne fait pas partie de cette 
monosérie, car pour h = 0, l'angle w n'est pas nul. 



GEOMETRIES DE L'ESPACE EUCLIDIEN 



37 



les équations de ces monoséries, par rapport à leur bouclier 
central. Rapportons la seconde de ces équations au bouclier 
central de la première monosérie, au moyen des formules de 
transformation : 

h 2 = -j- h et u> 2 = Wj -f- w » 

(/* et w étant le glissement et la rotation qui séparent les deux 
boucliers centraux). Les équations des deux monoséries, rap- 
portées au même bouclier (P y EJ sont alors : 

h x tang ^- = r, et (A, + A) fan* ,;!l tP^ = C 1 . (4) 

Les racines de ces équations, par rapport aux variables h x et 
M i , seront les coordonnées des boucliers communs aux deux 

monoséries. Or, si on élimine la variable tang -± , entre ces deux 

équations, il reste une équation du second degré en h x ; et 
puisqu'à toute valeur de h x ne correspond qu'une valeur de 

tang ~ , on voit que les deux monoséries M x et i/ 2 ont toujours 

deux, et seulement deux, boucliers communs. C. q. f. d. 

On peut voir d'une autre manière que la monosérie M est 
une monosérie linéaire : il suffit de remarquer que dans toute 
géométrie quadratique, la monosérie linéaire est complètement 
déterminée par 3 éléments 1 ; ainsi, par exemple, trois règles 
déterminent un hyperboloïde réglé (monosérie linéaire de 
règles), trois feuillets déterminent une monosérie linéaire de 
feuillets. Donc, dans l'espace S,, trois boucliers doivent déter- 
miner complètement la monosérie M. 

C'est en effet ce qui a lieu ; en effet, en développant la seconde 
des équations (4), qui représente l'équation d'une monosérie M 
rapportée à un bouclier fixe quelconque, pris comme origine des 
coordonnées courantes h x et œ i1 on obtient une équation de la 
forme : 

h t tnn S -j- + Ah x + B tang ^ + C = 0 , 

1 Plus généralement, on peut dire que, dans toute géométrie de degré 
m, la monosérie linéaire est déterminée par m -f- / éléments ; la bisérie 
linéaire, par m -f- 2 éléments; la trisérie linéaire, par m -f 3 éléments; 
etc. 



88 



GÉOMÉTRIES DE l' ESPACE EUCLIDIEN 



où A, B, G désignent des constantes. On pourra donc choisir 
ces trois constantes de manière à faire passer la monosérie par 
trois boucliers donnés; et il n'y a qu'une solution, puisque ces 
constantes ne figurent qu'au premier degré dans l'équation. En 
d'autres termes : par trois boucliers donnés arbitrairement, dans 
V espace S t , on peut toujours faire passer une monosérie M, et 
on rien peut faire passer, en général, qu'une seule. 

En résumé, le lieu des boucliers réciproques d'un bouclier fixe, 
pour un indice donné c, est bien une monosérie linéaire. Lorsque 
l'indice c est nul, l'équation de la monosérie linéaire se réduit à 

h tang ïjf = 0 > 

et la monosérie sera dite spéciale. Elle se décompose alors (autour 
de la droite en un faisceau de boucliers ayant une origine 
P commune, et en une file de boucliers ayant une feuille E 
commune. On voit donc que deux boucliers sont réciproques 
pour l'indice zéro, ou plus simplement (sans mention d'indice): 
deux boucliers sont réciproques lorsqu'on peut passer de Vun à 
l'autre par une simple rotation (m), ou par un simple glissement 
(h), le long de l'axe . Ou encore : deux boucliers sont récipro- 
ques, dans l'espace S i , lorsqu'ils ont une origine commune (et 
des feuilles différentes), ou une feuille commune (et des origines 
différentes). 

Signalons encore quelques-unes des analogies qui existent 
entre les trois géométries quadratiques de l'espace euclidien 
(boucliers, règles, feuillets) : 

Dans l'espace S i , deux monoséries linéaires ont en commun 
deux boucliers; dans l'espace S 3 , quatre complexes linéaires ont 
en commun deux règles, et six monoséries linéaires de feuillets 
ont en commun deux feuillets. 

Dans l'espace #, , deux boucliers sont réciproques lorsqu'ils 
ont même origine, ou même feuille (c'est-à-dire lorsque h — 0, 
ou oj — 0); dans l'espace # 3 , deux règles sont réciproques lors- 
qu'elles se rencontrent, ou sont parallèles (c'est-à-dire lorsque 
h = 0, ou m == 0), et deux feuillets sont réciproques lorsqu'on 
peut passer de l'un à l'autre par une simple rotation, ou par 
un simple glissement (c'est-à-dire lorsque h — 0. ou « = 0). 



GÉOMÉTRIES DE L'ESPACE EUCLIDIEN 



39 



Dans l'espace £3; la bisérie linéaire de feuillets et la mono- 
série linéaire de règles (hyperboloïde réglé) sont susceptibles 
d'une double génération. L'hypcrboloïde réglé, par exemple, 
peut être considéré, de deux manières différentes, comme une 
monosérie linéaire de règles; en outre, ces deux monoséries sont 
réciproques l'une de l'autre, c'est-à-dire que chaque règle d'une 
des monoséries est réciproque de chaque règle de l'autre (puis- 
que toute génératrice du premier système rencontre toutes les 
génératrices du second, et réciproquement). Dans l'espace S l , 
la géométrie des boucliers offre un phénomène analogue: un 
couple de points, Pet P l associé à un couple de monoèdres, E 
et E\ peut être considéré de deux manières différentes comme 
un couple de boucliers 1 ; on peut le considérer comme le couple 
PE et P l E\ ou bien comme le couple PE 1 etP l E, et les bou- 
cliers du premier système sont bien réciproques des boucliers 
du second, car le bouclier PE, par exemple, est réciproque des 
boucliers PE 1 et P l E (puisque les boucliers PE et PE 1 ont une 
origine P commune, et que les boucliers PE et P l E ont une 
feuille E commune). 

On pourrait trouver encore beaucoup d'autres analogies entre 
la géométrie des boucliers dans l'espace #, et les autres géomé- 
tries quadratiques. 

Nous nous bornerons à mentionner la suivante, à cause de sa 
portée générale: à toute géométrie quadratique à n paramètres 
correspond une géométrie linéaire à n -f 1 paramètres, obtenue 
en ajoutant une cote à l'élément spatial qui sert de point de 
départ (règle ou feuillet); il suffit, pour passer de la géométrie 
quadratique à la géométrie linéaire correspondante, de rem- 
placer l'indice de réciprocité par la somme des cotes des deux 
éléments réciproques. C'est ainsi que pour passer, par exemple, 
de la géométrie quadratique des règles à la géométrie linéaire 
des règles-cotées 2 , il suffit de remplacer, dans la relation de 
réciprocité 

h tang (si — c , 

1 Dans les géométries quadratiques, le couple d'éléments (boucliers, 
règles ou feuillets) doit être considéré comme la série linéaire d'ordre zéro 
de multiplicité. 

2 Une règle cotée est identique, au point de vue géométrique, à ce que 
R. S. Ball appelle une vis (voir Theory of Screws, de cet auteur). 



40 



GÉOMÉTRIES DE l'eSFACE EUCLIDIEN 



l'indice c par la somme des cotes r et r l des règles-cotées réci- 
proques R(r) et R*(r l ), ce qui donne : 

li Inng tsi — r -J- r 1 . 

De même, dans l'espace # 1? il existe, outre la géométrie qua- 
dratique des boucliers, une géométrie linéaire de boucliers cotés, 
qui sera à trois paramètres, puisque celle des boucliers non 
cotés est à deux paramètres. On arrive ainsi à cette constatation 
assez curieuse que l'espace à une dimension S t est le siège de 
géométries fondamentales, non seulement à deux, mais encore 
à trois paramètres. Ce fait n'a du reste rien d'anormal, puisque 
nous avons déjà constaté l'existence d'une géométrie fondamen- 
tale à 3 paramètres dans l'espace à deux dimensions (géométrie 
des flèches), ainsi, que de géométries fondamentales à 6, et 
même à 7, paramètres dans l'espaee à trois dimensions (géomé- 
trie des feuillets). Il ne sera pas inutile d'exposer ici les éléments 
de la géométrie des boucliers cotés, dans l'espace S v 

Géométrie des boucliers cotés. 

Un bouclier coté B(b) est une figure composée d'un bouclier 
B auquel on a associé une cote b. Pour qu'un tel bouclier fasse 
partie de l'espace à une dimension S i , il faut et il suffit que son 
origine P soit située sur la droite S\ , et que sa feuille E passe 
par cette droite. Bien entendu, les deux faces de cette feuille 
constituent des èdres distincts, différenciés par les signes + et 
— . L'individualité d'un bouclier coté B(b) dans l'espace £, 
dépend de trois paramètres: 2 coordonnées h et a> pour définit- 
la position du bouclier B (par rapport à un bouclier fixe 5 0 , 
pris comme origine) et une quantité b pour servir de cote au 
bouclier B. 

Boucliers-cotés réciproques. — Soient B(bj et B l (b ] ) deux 
boucliers-cotés de l'espace 8 i ; h et m le glissement et la rotation 
qui permettent d'amener B en coïncidence avec B 1 . Nous dirons 
que ces deux boucliers-cotés sont réciproques, lorsqu'ils satisfont 
à la relation : 

h tang ^ = b + 6 1 . (5) 
Si le bouclier B(b)est maintenu fixe, le lieu des boucliers 



GEOMETRIES DE I/ESPACE EUCLIDIEN 



41 



B l (b l ) réciproques de B(b) sera une bisérie, puisque l'équation 
(5) établit une relation entre les trois paramètres variables h, 
(o et b l . En outre, d'après ce que nous avons dit plus haut, la 
géométrie des boucliers cotés, dans l'espace S i , sera une géomé- 
trie de caractère linéaire (dérivée de la géométrie quadratique 
des boucliers non cotés), et la bisérie représentée par l'équation 
(5) sera la bisérie linéaire, c'est-à-dire la forme fondamentale de 
cette géométrie. Nous donnerons à cette bisérie linéaire le nom 
de bi faisceau. 

Il est à remarquer que tous les boucliers de l'espace 6' d font 
partie de ce bifaisceau, car les paramètres h et m peuvent pren- 
dre toutes les valeurs possibles ; mais dès que h et w sont donnés, 
c'est-à-dire dès que la position du bouclier B 1 est donnée, 
l'équation (5) détermine univoquement la cote b l qui doit être 
assignée à ce bouclier, pour qu'il fasse partie du bifaisceau 
(puisque la cote b du bouclier fixe B(b) est donnée). 

Réciproquement, si l'on se donne une cote b l , l'équation (5) 
représentera une monosérie de boucliers définie par l'équation: 

h tan g j = c , 

c étant une constante, puisque les cotes b et b x sont alors toutes 
deux données. Cette équation représente une monosérie linéaire 
de boucliers S 1 , puisque cette équation est la même que la 
relation (3) qui nous a servi à définir le lieu des boucliers B 1 
réciproques de B pour l'indice c. D'où le théorème: dans tout 
bifaisceau de bouclier s-cotés B y (V), l'ensemble des boucliers qui 
sont affectés d'une même cote b { est une monosérie linéaire de 
boucliers 1 (non cotés) B 1 . 

Ce théorème correspond dans les autres géométries quadra- 
tiques à des théorèmes analogues: par exemple, dans la géomé- 
trie des règles-cotées, « l'ensemble des règles d'un tétrafaisceau, 
qui ont une cote donnée, forme un complexe linéaire (trisérie 

1 En particulier, dans tout bifaisceau le lieu des boucliers de cote nulle 
est une monosérie linéaire de boucliers (non cotés). Nous constatons donc 
ici de nouveau, ce que nous avons constaté dans les autres géométries 
quadratiques, à savoir qu'une figure non cotée est équivalente à une 
figure cotée dont la cote est nulle. 



42 



GÉOMÉTRIES DE l'eSPACE EUCLIDIEN 



linéaire de règles, non cotées) » ; ou encore, dans la géométrie 
des feuillets cotés, « l'ensemble des feuillets d'une hexacouronne, 
qui ont une cote donnée, forme une pentasérie linéaire de 
feuillets (non cotés). Plus généralement, dans toute géométrie 
cotée, l'ensemble des figures, qui ont une cote donnée et qui 
font partie d'une polysérie linéaire d'ordre n de multiplicité, 
forme une polysérie linéaire d'ordre n — 1 de la même figure 
(non cotée). Ainsi toute polysérie linéaire cotée, d'ordre n, peut 
être considérée comme formée par l'assemblage d'une infinité 
de polyséries linéaires non cotées, d'ordre n — i, obtenue en 
donnant à la cote successivement toutes les valeurs possibles,, 
depuis — co jusqu'à qo. Comme la géométrie non cotée est 
quadratique, tandis que la géométrie cotée correspondante est 
linéaire, on peut considérer toutes les géométries quadratiques 
comme des géométries incomplètes, dont les formes ne sont que 
des parties des formes complètes qui sont réalisées dans les 
géométries linéaires correspondantes, c'est-à-dire dans les 
géométries cotées. 

Le caractère linéaire de la géométrie des boucliers cotés nous 
permet d'énoncer, sans autre, les théorèmes suivants, que l'on 
démontrerait d'ailleurs facilement : 

1. Dans l'espace 8 X , trois bifaisceaux ont toujours un bouclier- 
coté commun, et n'en ont en général qu'un seul. 

2. Par trois boucliers-cotés , situés d'une manière arbitraire 
dans l'espace S if on peut toujours faire passer un bifaisceau, et 
on n'en peut faire passer, en général, qu'un seul \ 

Deux bifaisceaux ont en commun une infinité de boucliers- 
cotés, formant une monosérie linéaire, à laquelle nous donnerons 
le nom de monofaisceau. On a donc encore les théorèmes 
suivants : 

3. L'intersection de deux bifaisceaux est un monofaisceau. 

4. Par deux boucliers cotés, situés d'une manière quelconque 
dans l'espace S if on peut toujours faire passer un monofaisceau, 
et on n'en peut faire passer qu'un seul -. 

1 II résulte de ce théorème, que dans l'espace £, , il existe un bouclier- 
coté réciproque de trois boucliers-cotés donnés, et il n'en existe, en général, 
qu'un seul. 

2 Le monofaisceau de boucliers-cotés n'est qu'un cas particulier de la 



GÉOMÉTRIES DE L'ESPACE EUCLIDIEN 



43 



Soient B(b) et B*(b l ) deux boucliers donnés et soiti¥ le mono- 
faisceau passant par ces deux boucliers. Construisons le bi- 
faisceau réciproque du bouclier B(b), ainsi que le bifaisceau 
réciproque du bouclier B l (b l ); ces deux bifaisceaux se coupent 
suivant un monofaisceau N. Nous allons démontrer que les 
monofaisceaux M et N sont réciproques l'un de Vautre, c'est-à- 
dire que tout bouclier-coté appartenant à l'un de ces monofais- 
ceaux est réciproque de tout bouclier-coté appartenant à l'autre 
monofaisceau. En effet, d'après la construction du monofaisceau 
jV, tout bouclier-coté appartenant à N est réciproque des bou- 
cliers B(b) et B l (b x ); si donc on prend deux boucliers quelcon- 
ques dans N, le monofaisceau réciproque de ces deux boucliers 
contiendra B(b) et B^b 1 ); ce monofaisceau réciproque coïnci- 
dera donc avec M (puisqu'il n'existe qu'un monofaisceau conte- 
nant deux boucliers donnés). Réciproquement, si l'on prend 
deux boucliers quelconques dans M, le monofaisceau réciproque 
de ces deux boucliers coïncidera avec N. 

Pour construire le monofaisceau N réciproque d'un monofais- 
ceau donné M, on remarque d'abord que dans tout mono faisceau 
il existe deux boucliers- cotés, qui ont une cote donnée*; ensuite 
que deux boucliers-cotés sont réciproques si les mêmes boucliers, 

monocouronne de feuillets-cotés. Ce cas est celui où la hampe du feuillet 
coïncide avec l'axe S l de la monocouronne. On peut donc construire le 
monofaisceau passant par 2 boucliers-cotés, comme on construit une mono- 
couronne passant par 2 feuillets cotés : soient B(b) et B^b 1 ) les deux 
boucliers cotés, donnés dans l'espace Si ; soit R une règle quelconque nor- 
male à l'axe S l ; on construit le bouclier Bo symétrique de B par rapport 
à la règle R ; ce bouclier Bo est alors aussi symétrique de B ï par rapport 
à une certaine règle R 1 , qui est aussi normale à l'axe S 1 ; on assigne aux 
règles R et R* des cotes r et r 1 , respectivement égales à la moitié des cotes 
b et b x ; les deux règles-cotées. R(r) et R 1 (r*) déterminent alors un mono- 
faisceau de règles-cotées (conoïde de Pliïcker), ayant pour axe l'axe Si ; 
on construit tous les boucliers symétriques du bouclier fixe Bo, par rap- 
port aux différentes génératrices de ce conoïde ; enfin, on assigne à chacun 
de ces boucliers une cote égale au double de celle de la génératrice corres- 
pondante du conoïde. Les boucliers-cotés, ainsi construits, constituent le 
monofaisceau passant par les deux boucliers donnés B(b) et B ] (b l ). 

1 Cette propriété se retrouve dans toutes les géométries cotées ; ainsi, 
dans le monofaisceau de règles-cotées, il existe deux règles ayant une cote 
donnée; dans la monocouronne de feuillets cotés, il existe deux feuillets 
ayant une cote donnée. 



44 



CEOMETRIES DE l' ESPACE EUCLIDIEN 



non cotés, sont réciproques (c'est-à-dire si h — 0, ou m = 0) et 
si la somme de leurs cotes est nulle (car alors la relation de réci- 
procité h tan g Z ■= b + b 1 se réduit à 0 = 0) 1 . On a donc la 
construction suivante : Pour construire le monofaisceau N réci- 
proque d'un monofaisceau donné M, on prend dans M deux 
boucliers Pi? et P K E X de même cote (&); en intervertissant les 
origines Pet P 1 , ainsi que les feuilles E et E { de ces boucliers, 
on obtient deux nouveaux boucliers PE X et P l E qui, d'après les 
remarques précédentes, seront réciproques des deux premiers, 
pourvu qu'on leur donne une cote égale et de signe contraire 
(— b). Les boucliers PE l et P'P, affectés de la cote (— b), font 
partie du monofaisceau réciproque N (puisqu'ils sont récipro- 
ques de deux boucliers-cotés appartenant à M). En faisant 
varier la cote b, on pourra construire tout le monofaisceau N. 

Les deux monofaisceaux réciproques M et ^7" sont intimement 
unis l'un à l'autre, puisqu'ils se composent chacun d'une famille 
de boucliers accouplés deux à deux par une cote commune, de 
telle façon que chaque couple de cote b dans M est composé de 
boucliers ayant les mêmes origines et les mêmes feuilles que 
ceux du couple de même cote dans N ; les origines et les feuilles 
du couple sont seulement interverties, et le signe de la cote est 
changé 2 . 

Correspondance entre les espaces à une et à deux dimensions, 
— Il existe deux sortes d'espaces à deux dimensions : l'espace 
plan, formé des points et des règles situés dans un même plan, 
et l'espace angulaire, formé des règles et des èdres attachés à 
un même point-centre. Or, il y a autant de boucliers-cotés, dans 
l'espace à une dimension, que de flèches dans l'espace plan, ou 
de drapeaux dans l'espace angulaire; et comme les trois géomé- 

1 Cette propriété se retrouve aussi dans toutes les géométrie* cotées : 
ainsi, par exemple, deux règles-cotées sont réciproques lorsque ces règles 
se rencontrent (h = 0 ou w = 0) et que la somme de leurs cotes est nulle. 

2 Cette construction des monofaisceaux réciproques est à rapprocher de 
celle des bifaisceaux réciproques dans la géométrie des règles-cotées : on 
sait que les règles d'un bifaisceau, qui ont une même cote r, forment un 
hyperboloïde (monosérie linéaire), dont le second système de génératrices 
(système réciproque) appartient au bifaisceau complémentaire, à condition 
de donner à ces génératrices une cote égale et de signe contraire (— r), 



GÉOMÉTRIES DE L'ESPACE EUCLIDIEN 



45 



tries, correspondant à ces trois éléments, sont toutes trois 
linéaires et unisexuelles, on peut établir entre elles une corres- 
pondance parfaite: au bonclier-coté attaché à la droite 8 i , on 
fera correspondre une flèche attachée au plan ou un drapeau 
attaché au pivot £V. A deux boucliers-cotés réciproques, cor- 
respondront deux flèches réciproques (flèches contraires dans le 
plan $ 2 ), ou deux drapeaux réciproques (drapeaux réflexes 
attachés au pivot S%). Au inonofaisceau de boucliers-cotés, cor- 
respondra la couronne de flèches, ou la couronne de drapeaux ; 
aux monofaisceaux réciproques, correspondront les couronnes 
réciproques (couronnes contraires, de flèches, ou couronnes ré- 
flexes, de drapeaux). Au bifaisceau de boucliers-cotés, corres- 
pondra le coronoïde de flèches, ou de drapeaux. Etc., etc. 

Correspondance entre les espaces à une et à trois dimensions. 
— Il y a autant de boucliers-cotés dans l'espace à une dimension 
Si que de points ou d'èdres dans l'espace à trois dimensions S 3 . 
On peut donc faire correspondre à tout bouclier coté de l'espace 
Si un point, ou un èdre, de l'espace S 3 ; et comme la géométrie 
des boucliers-cotés est linéaire, on pourra la faire correspondre 
à la géométrie des points et des èdres, dans l'espace # 3 . La seule 
différence est que la première de ces géométries est unisexuelle, 
tandis que la seconde est bisexuelle, c'est-à-dire que le bouclier- 
coté de l'espace correspondra, dans l'espace S 3 , tantôt à un 
point, tantôt à un èdre. 

Ainsi, par exemple, à deux boucliers-cotés réciproques corres- 
pondront un point et un èdre réciproques (c'est-à-dire, un point 
et un èdre passsant par ce point). 

A un bouclier-coté et à son bifaisceau réciproque, correspon- 
dront dans l'espace S 3 : ou bien, un point et la bisérie des èdres 
passant par ce point; ou bien, un èdre et la bisérie des points 
situés dans le plan de cet èdre. 

A deux monofaisceaux réciproques, correspondra, dans l'es- 
pace^, une ligne droite considérée sous ses deux aspects: 
monosérie de points ou faisceau d'èdres. Etc., etc. 

Résumé. 

En résumé, l'espace à une dimension contient trois figures 
fondamentales : le point, Yèdre et le bouclier. 



46 



GEOMETRIES DE L'ESPACE ENCLTDIEN 



Le point et l'èdre ne donnent naissance à aucune géométrie 
cligne de ce nom, parce qu'il n'existe pas de géométries à un 
seul paramètre. 

L'espace à une dimension ne donne donc lieu qu'à deux 
géométries fondamentales : 

.1. La géométrie des boucliers, qui est une géométrie uni- 
sexuelle, à deux paramètres et de caractère quadratique. Cette 
géométrie est basée sur la relation de réciprocité: 

h tang — — c , 

avec, comme cas particulier : 

CD 

k tang — — 0 . 

Les formes fondamentales de cette géométrie sont: le couple 
de boucliers et la monosérie linéaire (déterminée par 3 boucliers), 
avec, comme cas particulier la monosérie linéaire spéciale. 

2. La géométrie des boucliers cotés, qui est une géométrie 
unisexuelle, à trois paramètres et de caractère linéaire. Cette 
géométrie est basée sur la relation de réciprocité: 

h tang ~ = b + b 1 , 

et ses formes fondamentales sont : le monofaisceau (déterminé 
par 2 boucliers cotés) et le bifaisceau (déterminé par 3 boucliers 
cotés). 

On pourrait imaginer, dans l'espace S l , des géométries à plus 
de 3 paramètres; ainsi, par exemple, on pourrait prendre, 
comme élément spatial de cet espace, un monofaisceau, en consi- 
dérant ce monofaisceau, non plus comme une monosérie, mais 
comme un tout indivisible; on obtiendrait ainsi une géométrie 
à 4 paramètres de l'espace 8 i9 qui correspondrait à la géométrie 
réglée de l'espace # 3 . Mais une telle géométrie ne serait plus 
une géométrie fondamentale, puisque son élément spatial ne 
ferait plus partie des sept figures fondamentales de l'espace 
euclidien. 

Remarque. — Un bouclier mobile dans l'espace à une dimen- 
sion S x est équivalent à un corps solide quelconque libre de 



GEOMETRIES DE ^ESPACE EUCLIDIEN 



47 



tourner ou de glisser sur la droite fixe S i ; en d'autres termes, 
si l'on dépouille ce corps solide de sa forme et de sa grandeur, 
il ne reste plus qu'un bouclier mobile dans l'espace Ainsi un 
corps solide, mobile dans l'espace à une dimension peut occuper, 
dans cet espace une double infinité de positions différentes. (On 
sait d'ailleurs qu'un corps solide peut occuper x 3 positions dif- 
férentes dans l'espace à deux dimensions, et 06 6 positions diffé- 
rentes dans l'espace à trois dimensions, car ce corps est équiva- 
lent dans le premier cas, à une flèche mobile dans un plan, ou 
à un drapeau mobile autour d'un pivot, et, dans le second cas, 
à un feuillet mobile dans l'espace). 

Etant donnés deux corps solides égaux, dans l'espace à trois 
dimensions, on sait que l'on peut amener le premier en coïnci- 
dence avec le second par une rotation et un glissement sur une 
certaine droite S { , d'ailleurs unique. Ce théorème peut mainte- 
nant s'énoncer d'une façon plus simple et plus rationnelle, de 
la façon suivante : de même que par deux points quelconques 
on peut toujours faire passer une ligne droite, et une seule, de 
même par deux positions quelconques d'un corps solide, on peut 
faire passer un espace à une dimension S i , et on n'en peut faire 
passer qu'un seul. (A suivre.) 



DÉTERMINATION DE LA TEMPÉRATURE 

AUX 

ÉLECTRODES DE L'ARC 

PAK 

A. HAGENBACH et K. EANGBEIN 



Il est important tant au point de vue théorique que pratique 
de connaître la marche de la température de Tare aux électrodes. 
Sauf pour l'arc au charbon, on ne possède jusqu'ici aucune me- 
sure; c'est pourquoi il a paru désirable d'entreprendre des re- 
cherches complémentaires et d'effectuer des mesures avec les 
arcs métalliques. 

Seules les méthodes optiques peuvent être prises en considé- 
ration, et, parmi celles-ci, c'est la méthode des isochromatiques, 
telle qu'elle a déjà été appliquée par Lu ni mer 1 à l'arc au char- 
bon, qui nous a semblé offrir le plus de chances de succès. Elle 
repose sur le fait que le logarithme de l'émission est une fonc- 
tion linéaire de l'inverse de la température absolue pour toutes 
les longueurs d'onde. Si l'on compare au moyen d'un spectro- 
photomètre les intensités monochromatiques de deux sources 
lumineuses, dont l'une émet le rayonnement noir et possède une 
température constante, puis si l'on fait varier cette dernière, ou 
a la relation : 

1 Lummer, 0., Verflûssigung der Kohle und Herstellung der Sonnen- 
temperatur, Sammlung Vieweg, 1914, Heft 9/10. 



TEMPÉRATURE AUX ÉLECTRODES DE L'ARC 



49 



H, _ E X 

où H, et H 2 sont les intensités optiques, et Ex et Ex les énergies 
correspondantes. En photométrant dans les diverses couleurs, 
on peut construire les isochromatiques. Elles se coupent toutes 
en un point, lorsqu'on a affaire à un radiateur noir ou gris. Ce 
point d'intersection représente l'inverse de la température, pour 
laquelle il n'y aurait plus de différence aucune dans toutes les 
couleurs du rayonnement des deux sources, autrement dit, il 
représente la température vraie cherchée. Si le rayonnement 
n'est pas noir, les deux isochromatiques ne se coupent plus en 
un point, mais les points d'intersection donnent cependant en 
moyenne la température vraie, avec une incertitude vers le haut 
ou vers le bas qu'il faut estimer et qui n'est pas très grande, 
comme le montre l'expérience. 

D'abord, il est nécessaire de connaître la température de la 
source de comparaison. Dans notre cas, on se servait d'une lampe 
à filament de charbon, le filament non préparé ayant la forme 
d'un U simple. D'après Lummer, on a l'équation : 

0,2388 IV — uFT 4 , 

où I est l'intensité du courant, V la tension aux extrémités du fila- 
ment incandescent, F la surface rayonnante, T la température et 
[jl une constante. Sauf T, tout est facile à mesurer ; u est connu, mais 
non avec une certitude suffisante. Comme H. Kohn 1 notamment 
et nous-mêmes l'avons montré par des mesures, u varie avec la 
fabrication du filament. Toutefois, on possède encore un autre 
moyen pour déterminer la température de celui-ci. On connaît 
d'après Kohn les courbes qui indiquent les watts par bougie 
Hefner en fonction delà température; dans les limites des obser- 
vations, l'allure des courbes est la même pour tous les filaments 
préparés ou non préparés. Si donc on détermine photométrique- 
ment en lumière blanche, avec un photomètre de Lummer et 
Brodhun, le nombre de bougies Hefner horizontales, et si l'on 



1 Kohn, H. Ann. Phijs. 53, p. 333, 1907. 

AucuivKs, Vol. 1. — Janvier- Février 1919. 



5(> 



DÉTERMINATION DE LA TEMPÉRATURE 



mesure en même temps les watts consommés pour différentes 
charges, il est possible de lire la température correspondante 
sur la courbe. Ainsi, on a pu déterminer la valeur de [j.pour les 
différentes lampes employées. 

Avec les filaments non préparés des lampes fabriquées pour 
nous par la « Glùhlampenfabrik, Zurich », on a trouvé : 



1 ' cm 2 sec degré 4 

et avec les préparés : 

[x = 0,745 . 

En utilisant une lampe de cette sorte à filament non préparé, 
on a d'abord comme contrôle photométré la base anodique de 
l'arc entre charbons homogènes de Siemens; on se servait, à cet 
effet, d'un spectrophotomètre deKônig-Martens, dernier modèle 
de Schmidt et Hânnsch (Berlin). La température trouvée était 
de 4200° =i= 1%< en complet accord avec E.Benedict 1 . 

Dans cette mesure comme dans toutes les suivantes, l'électrode 
de l'arc et le filament étaient projetés chacun sur une glace dé- 
polie. Une couverture en papier noir présentait une ouverture 
de 3 mm pour laisser passer la lumière. Pendant les lectures, 
on avait toujours soin de faire tomber la partie la plus claire de 
la base à mesurer sur l'ouverture, et ainsi sur le photomètre, ce 
qui bien entendu devait être constaté par un second observa- 
teur. La fente bilatérale du photomètre avait une ouverture de 
0,04 mm au maximum, en général de 0,02 à 0,03 seulement. La 
fente de l'oculaire était mise sur 0,2 mm. 

Les mesures avec l'arc métallique étaient beaucoup plus diffi- 
ciles à cause de l'instabilité. A la cathode, il était en partie 
presque impossible de les effectuer, tandis qu'à l'anode, on put 
obtenir des résultats très satisfaisants. 

D'abord, il fallut déterminer Yinfluence de la lumière de Tare 
(spectre de lignes) par rapport au rayonnement de la base 
(spectre continu). 

11 y a toujours une partie de la lumière de l'arc qui tombera 
aussi dans le photomètre, et pour déterminer de combien celle-ci 



1 Benedict, E. Ann. Phys. 47, p. 641, 1915. 



AUX ÉLECTRODES DE 1,'ARC 



51 



peut influencer la mesure de la température dans le cas le plus 
défavorable, l'arc était d'abord photométré seul, et cela, pour 
différentes intensités tout le long du spectre. La représentation 
graphique indiqua tout de suite à quels endroits du spectre l'in- 
fluence était la plus faible, et ceux-ci furent choisis naturelle- 
ment comme base photométrique. Mais on pouvait aussi calculer 
facilement à l'aide des épreuves la grandeur de l'effet de l'arc 
dans le cas où l'on photométrait simultanément la partie de 
même grandeur de l'arc. On pouvait, en d'autres mots, déter- 
miner de combien la température de la base du courant semblait 
plus élevée dans le cas le plus défavorable. Cet effet est plus 
grand pour les fortes que pour les faibles intensités. Dans ce cas. 
les électrodes étaient placées l'une sur l'autre pendant la mesure, 
tandis que pour la photométrie, l'électrode à mesurer était hori- 
zontale et l'autre placée dessous verticalement. 

Les isochromatiques étaient des droites dans les limites des 
erreurs d'observation, et se coupaient en un point. Chaque droite 
était déterminée par 4 à 5 points du spectre. Lorsque la tem- 
pérature de l'arc était très élevée (W), le point d'intersection 
était éloigné des valeurs observées, ce qui influençait défa- 
vorablement l'exactitude des mesures; mais, avec les arcs à basse 
température, le point d'intersection pouvait être amené entre les 
valeurs observées (Zn), et ce point se trouvait défini très exacte- 
ment. Les détails ainsi que les tableaux numériques seront 
publiés ailleurs. 

Les mesures effectuées avec de Yargent, du cuivre, du fer, du 
nickel et du tungstène ont donné les résultats suivants : 

Avec l'arc au charbon, la base positive possède toujours la même 
température, quelle que soit l'intensité du courant. Avec les mé- 
taux étudiés, les choses ne sont pas si simples. Les métaux argent, 
cuivre, fer, nickel présentent dans l'air un accroissement del'éclat 
lorsque l'intensité ducourant augmente; l'accroissement est ma- 
ximum avec l'argent et minimum avec le nickel. Le premier mé- 
tal ne pouvait plus être photométré à cause de la trop faible in- 
tensité lumineuse. Une étude soignée faite avec le cuivre, le fer et 
le nickel montra qu'à partir des petites intensités de courant, l'in- 
tensité du rayonnement augmente, puis reste constante à partir 
d'une certaine valeur. Avec le cuivre, la température monta de 



52 



DÉTERMINATION 



DE LA 



TEMPÉRATURE 



2235° abs. pour 2 ampères jusqu'à 2430°-50° pour 10 ampères, 
valeur qui resta invariable jusqu'à 18 ampères. Pour l'arc au 
fer, la température augmenta de 2585 ° abs. jusqu'à 2605°, lorsque 
le courant passa de 2 à 6 amp., puis resta constante jusqu'à 
17 amp. La température dans l'arc au nickel ne s'éleva que de 
quelques degrés à partir de 2430° abs., lorsque l'intensité du 
courant augmenta de 2 à 4 amp., et demeura alors invariable. 
Avec le tungstène, on ne put constater aucune augmentation ; 
la température était comprise entre 4150° et 4250° abs. 

On aurait pu supposer que le changement provenait de l'ac- 
croissement de l'arc; mais l'étude quantitative montra que cela 
n'est pas possible. Avec le cuivre, l'influence de la lumière de 
l'arc, dans les conditions les moins favorables, pouvait accroître 
la température de 20° pour une faible intensité de courant et de 
80° seulement pour la plus forte, tandis que nous avons trouvé 
200°. Si l'on compare l'effet sur différents métaux, il saute aux 
yeux que celui-ci est d'autant plus marqué que la conductibilité 
du métal est plus grande. L'argent est si bon conducteur qu'en 
employant des électrodes de petit diamètre (0,8 cm), nous 
n'avons pas pu atteindre approximativement, sans risquer de 
les fondre, l'intensité du courant qui, après un léger accroisse- 
ment, ne produit plus d'augmentation. Pour le cuivre, il a été 
possible de montrer par une série de mesures, que le refroidis- 
sement artificiel des électrodes abaisse la température (jusqu'à 
2165°), mais que, par contre, une diminution de la quantité de 
chaleur enlevée l'augmente. 

Nous avons désigné par température d'ébullition du métal, 
celle à partir de laquelle une élévation de l'intensité du courant 
ne produit plus d'augmentation de température. 

Les températures des électrodes négatives sont plus basses 
dans tous les cas examinés. En outre, il faut encore remarquer 
que, pour une intensité donnée, la grandeur de la base par la- 
quelle pénètre le courant est d'autant plus petite, que la tem- 
pérature est plus élevée. La relation exacte, qui, bien entendu, 
est régie par les rapports énergétiques, n'a pas encore été déter- 
minée. 

Nous résumons ci-dessous les résultats obtenus, et repro- 
duisons en outre les températures d'ébullition données par dif- 



AUX ÉLECTRODES DE L'ARC 53 

fércnts savants, lorsque nous avons pu trouver les indications 
nécessaires. 



Autres mesures <l<' la 
température d'ébullition. 
Tempéra turcs absolues. 



C u i v re 


Anode 

!)M)AO O/t-AO 
24oU-240U 


Cathode 

Jinviron 1U()U J plus bas; 
a u g m ente a u ssi avec 
l'intensité du courant. 


2370° Féry 1 

2570° v. Warlenberg 2 

2680° Greenwood' 


Fer 


2585°-2605° 


2430° 


2575° Ruff 4 
2730° Greenwood 3 


Nickel 


2430°-2450° 


2365° 


D'après Moissan 5 le 
nickel se volatilise 
plus facilement que 
le fer. 


Tungstène 


4150°-4250° 


3000° 





Les résultats sont quelque peu inattendus avec Y aluminium, 
le magnésium et le zinc. Les températures étaient alors démesu- 
rément élevées, ce qu'on pouvait déjà constater à l'œil nu sur le 
rayonnement total. Les déterminations ont donné aussi bien à 
l'électrode positive qu'à la négative : 



Al : 3350°-3450° abs ; Zn : 2350° ; Mg : 3000° . 

Ces températures sont beaucoup plus élevées que les tempé- 
ratures d'ébullition trouvées par d'autres procédés : 

Al : 2070° (1) ; Zn : 1190° (2) ; Mg : 1390° (1) . 

Avec ces métaux, on a affaire à des corps facilement oxydables 
dans l'arc, et, vraisemblablement, la base du courant n'est pas 
formée de métal incandescent, mais bien d'oxyde métallique. 
En faveur de cette hypothèse, on peut citer le fait que le bord 
de la base est plus éclatant que l'endroit de jonction proprement 

1 Féry, M. Ann. Chim. Phys. (7) 28, p. 428, 1903. 

3 Wartenberg, H. v. Ztschr. f. anorg. Chem. 5i>, p. 320, 1908. 
8 Greenwood, H.-C. Proc. Boy. Soc. A. 82. p. 396, 1909. 

4 Ruff, O Métallurgie, Halle, S, p. 461. 

5 Moissan, H. C. R. 142, p. 425, 1906. 



r»4 



DÉTERMINATION DE LA TEMPERATURE 



dit, et c'est la partie la plus éclatante qui était toujours étudiée. 
Des recherches où Ton évitait l'oxydation ont toujours con- 
firmé cette supposition. 

L'arc au zinc était enfermé dans un récipient rempli d'azote. 
L'anode était si peu chaude qu'elle ne pouvait plus être photomé- 
trée. L'aluminium donna 2230°, donc 1000° de moins que dans 
l'air. Le magnésium produisit une grande formation de nitrates et 
ne put être mesuré. Les métaux cuivre, fer, et nickel, par contre, 
conduisaient aux mêmes valeurs dans l'azote que dans l'air. La 
base du courant est donc sans doute le métal même pour ces 
derniers, tandis qu'elle est formée entièrement ou partiellement 
d'oxyde pour les premiers; celui-ci est chauffé probablement 
jusqu'à ébullition. 

Le résultat principal du présent travail peut être résumé 
comme suit: Pour des intensités de courant pas trop faibles, les 
anodes des arcs métalliques (Ag, Cu, Fe, Ni, W) s'échauffent à 
la base du courant jusqu'à la température d'ébullition, tandis 
que les cathodes s'échauffent moins. Si la base est fortement 
oxydée et formée d'un oxyde à haute température d'ébullition 
(Al, Zn, Mg), la température s'élève beaucoup plus, probablement 
jusqu'à la température d'ébullition de l'oxyde métallique. Si l'on 
empêche l'oxydation de se former en utilisant l'azote comme 
gaz, la température s'abaisse jusqu'à la température d'ébullition 
du métal. La température de la cathode est la même que celle 
de l'anode avec les oxydes métalliques. 

1 Greenwood, l. c. 

2 Bertholet, D. C.B. 134, p. 705, 1902. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AUX 

FORTIFICATIONS DE SAINT-MAURICE 

pendant l'année 1918. 



Décembre 1917 à Mai 1918. 

(HIVER ET PRINTEMPS 1918) 



Changements introduits dans la publication 
de cks observations. 

Après avoir fait paraître dans les Archives des Sciences phy- 
siques et naturelles de Genève 1 des moyennes de vingt ans pour 
la plupart des éléments météorologiques observés aux Forts de 
St-Maurice, nous continuons la publication des observations qui 
y sont faites, sous une forme abrégée et un peu différente. 

L'Institut météorologique central de Zurich a bien voulu dé- 
charger l'Observatoire de Genève du principal travail de ré- 
duction des observations, et nous lui en exprimons notre recon- 
naissance. 

Les changements que, d'accord avec l'Institut de Zurich, 
nous avons introduits à partir de la vingt et unième année, 
portent sur le fond et sur la forme. Nous renonçons à la réduc- 
tion systématique des observations du baromètre qui sont de 
beaucoup les moins importantes au point de vue climatologique. 

1 Arch. 1918, vol. 46, p. 151. Gautier, Raoul et Rod, Ernest. « Moyennes 
de 10 à 20 ans pour les éléments météorologiques observés aux Fortifications 
de Saint-Maurice », 1908-1917 et 1898-1917. 



56 



OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES 



Une série de vingt ans d'observations de la pression atmosphé- 
rique fournit des moyennes très suffisamment exactes ; les pres- 
sions extrêmes, qui sont les plus intéressantes, pourront tou- 
jours être relevées et notées. 

Nous n'avons, en revanche, introduit aucun changement pour 
les autres éléments météorologiques observés aux Forts ; mais 
nous avons pu réduire notre publication à une page pour chaque 
mois, en introduisant les signes conventionnels suivants, géné- 
ralement adoptés, à la place des remarques qui figuraient anté- 
rieurement sous la rubrique «observations diverses ». 

Raoul Gautier. 

Signes conventionnels. 

= brouillard une partie de la journée. 
= » tout le jour. 

* neige. 

[*] neige sur le sol. 

▲ grêle. 

A grésil. 

K orage. 

F fœhn. 















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INTERPRÉTATION TECTONIQUE 

DE LA 

RÉGION PÉTROLIFÈRE DE LA VALLÉE DE SANTA CLARA 

EN CALIFORNIE 

ET 

Considérations théoriques sur les gîtes de pétrole 

PAR 

Max ItEINHAItl) 

(Avec 2 fig. et 2 pl.) 



1. — Introduction. 

L'abondance du pétrole, accumulé en gisements extrêmement 
riches dans les chaînons tertiaires de la Californie méridionale, 
a donné lieu à plusieurs travaux géologiques importants. Grâce 
à ces recherches, entreprises par des géologues américains, la 
structure géologique du Tertiaire californien est aujourd'hui 
très bien connue. Les différentes cartes géologiques des terrains 
pétrolifères montrent à l'évidence que les phénomènes de dias- 
trophisme ont été particulièrement violents et ont donné lieu à 
une structure très compliquée. Une des régions les plus inté- 
ressantes, à en juger par les publications que j'ai pu consulter, 
paraît être celle de la vallée de Santa Clara. Eldrige et Arnold 
en ont fait une belle étude très documentée (1). Eldrige nous 
en donne une description minutieuse, accompagnée d'une carte 
géologique au 1:62500 e très détaillée. Malheureusement, ce 
savant distingué est décédé avant sa publication et Arnold qui 



64 



RÉGION PETROLIFERE DE SANTA CLARA 



en fut chargé a complété l'étude de son savant prédécesseur par 
plusieurs coupes géologiques. La lecture de ce beau mémoire 
ainsi que mes études de gîtes pétrolifères dans diverses régions 
du monde m'amènent à proposer une interprétation tectonique 
différente. Je ne me dissimule pas les imperfections d'un pareil 
essai, d'autant plus qu'il ne peut être question, vu la distance 
et les circonstances actuelles de se rendre sur le terrain pour étu- 
dier certains points douteux. Mon excuse sera d'avoir voulu atti- 
rer l'attention sur l'application de la tectonique moderne à 
l'étude des gisements pétrolifères en général et à ceux de la 
Californie méridionale en particulier. 

Si on trouve des points obscurs dans la carte d Eldrige, il 
est étonnant qu'il y en ait si peu et qu'elle se prête si bien à une 
interprétation. Ceux qui ont travaillé dans des dépôts sédimen- 
taires côtiers d'origine terrigène — où les caractères lithologi- 
ques sont aussi variables que peu nets et où les changements 
de faciès dans le sens horizontal sont aussi fréquents que les ré- 
currences dans le sens vertical — ne peuvent qu'admirer l'œuvre 
des géologues américains dans le tertiaire californien. Nous ne 
pouvons que rendre hommage à ces pionniers et tout particu- 
lièrement à Eldrige et Arnold. 

2. — Stratigraphie. 

La région septentrionale de la vallée de Santa Clara est la 
continuation orientale de la chaîne de Santa Ynez, orientée 
E-W, au pied de laquelle s'étale, vers le S, la côte pacifique de 
Santa Barbara (2). Les chaînons qui s'étendent au S de la vallée 
de Santa Clara sont le prolongement occidental de la chaîne de 
San Gabriel. Toute la région est presque exclusivement formée 
par des dépôts tertiaires et plus récents. Dans le coin SE de 
la carte, seul un lambeau de roches cristallines, granités et 
gneiss écrasés, apparaît comme dernier vestige de formations 
analogues beaucoup mieux développées plus à TE, dans la haute 
chaîne de San Gabriel. Eldiuge les assimile aux granités de la 
Sierra Nevada du jurassique supérieur. La question se pose si 
on ne devrait pas les considérer plutôt comme la continuation 
des roches cristallines du Coast Range, qui sont probablement 



RÉGION PÉTROLIFÈRE DE SANTA CLARA 



65 



paléozoïques (2). Les sédiments les plus anciens, occupant une 
surface considérable dans la partie NW de la région considé- 
rée, sont d'âge éocène (formation 1 Topatopa). 

Nous n'insistons pas ici sur la description lithologique et pa- 
léontologique des différents dépôts qu'on trouvera dans l'ou- 
vrage d'ELDRiGE et Arnold (1). Les caractères saillants sont 
donnés dans la légende de notre carte géologique et nous nous 
bornerons à mentionner quelques traits généraux. Il faut tout 
d'abord insister sur le fait que les limites entre les différentes 
formations sont souvent incertaines. Tel est le cas pour les for- 
mations Topatopa et Vaqueros et plus encore pour le Vaqueros 
et le Modelo. Ces deux dernières formations se ressemblent 
beaucoup et si les intercalations de grès, sur lesquelles les déli- 
mitations sont basées, n'existaient pas, une séparation se- 
rait impossible. La formation Modelo, comprenant les dépôts du 
Miocène moyen (équivalent des Monterey shales), est composée 
d'une série de grès et d'argiles. Sur leur carte géologique, El- 
drige et Arnold la divisent en trois horizons que nous répé- 
tons dans notre carte, soit deux zones de grès n° 1 et 2, surmon- 
tées d'une zone argileuse. Par contre dans le texte, les auteurs 
mentionnent une intercalation d'argiles entre les deux zones de 
grès et subdivisent ainsi le Modelo en quatre horizons : 1) grès, 
2) argiles, 3) grès et 4) argiles. Nous verrons plus loin, dans le 
chapitre sur la tectonique, qu'on arrive à des interprétations dif- 
férentes suivant que l'on admet l'une ou l'autre de ces divisions. 
Jusqu'ici toutes les formations reposent en concordance l'une 
sur l'autre. Tel n'est plus le cas pour la formation Fernando 
(Miocène supérieur, Pliocène et base du Pleistocène) qui bute en 
discordance contre le Modelo partout où les contacts sont nette- 
ment visibles. C'est dans cette formation, côtière par excellence, 
que les conglomérats et les grès prédominent, formant des dépôts 
qui atteignent par endroits plus de 3000 m d'épaisseur. Le 
Pleistocène supérieur et les alluvions modernes, réunis dans 
notre carte, sont figurés séparément par Eldrige et Arnold. Le 
fait que le Pleistocène supérieur est encore faiblement incliné, 

1 Nous avons conservé le terme de « formation », employé par les géo- 
logues américains. Ces « formations » correspondent à nos étages et sous- 
étages. 

Archives, Vol. 1. — Janvier- Février 1919. 5 



66 



RÉGION PÉTROLIFÈRE DE SANTA CLARA 



de 2 à 10°, justifierait cette séparation s'il s'agissait réellement 
d'un redressement. 

Insistons, pour terminer cet aperçu stratigraphique, sur une 
observation de la plus grande importance, qui nous a suggéré 
en partie les lignes directrices de la tectonique. Nous voulons 
parler de la différence de faciès qui existe entre les formations 
développées de part et d'autre de la vallée de Santa Clara. El- 
drige et Arnold l'ont si bien relevé, qu'ils ont été amenés à 
faire une distinction dans la description stratigraphique entre 
la partie située au N de la vallée et celle du versant méridional. 
Seule la formation Fernando fait exception à cette règle. Cette 
différence peut aller jusqu'à la disparition complète d'une for- 
mation et c'est ainsi que le Modelo, très développpé dans la par- 
tie septentrionale, n'est plus représenté sur le versant S de la 
vallée de Santa Clara. L'explication logique de ces faits décou- 
lera des coupes établies à travers la région. 

3. — Tectonique, plissement diapir. 

Comme nous l'avons mentionné dans l'introduction, les coupes 
jointes à l'étude d'ELDRiGE et Arnold ont été élaborées par 
ce dernier. Ce savant représente la région comme étant formée 
par des plis simples, morcelés par une quantité de failles plus 
ou moins verticales. Pour expliquer les différences de faciès des 
deux côtés de la vallée de Santa Clara, Arnold admet l'exis- 
tence d'une « énorme faille » s'atténuant peu à peu vers l'E. 
On peut se demander si cette interprétation est justifiée ou, au 
moins, si c'est la seule possible. Marcel Bertrand a été le pre- 
mier à attirer l'attention sur le fait que dans les régions plis- 
sées les contacts anormaux, parallèles aux lignes directrices des 
plissements, doivent être envisagés comme des plis-failles et des 
traces de plans de chevauchement (3). Nous voulons essayer de 
nous faire une image de la structure de la région considérée y 
en appliquant les principes du grand géologue français. En 
même temps, nous tiendrons compte du fait que les plissements 
sont généralement disharmoniques et que le diastrophisme se 
complique en profondeur. C'est ce qu'on a constaté, par exem- 
ple, dans les régions du flysch carpatique. De plus, les impor- 



RÉGION PKTROLIFÈRE DE SANTA CLARA 



(17 



tantes découvertes de Buxtorf dans le Jura (4) semblent indi- 
quer qu'il s'agit bien d'un phénomène général. Notre synthèse 
montrera que les points qui paraissaient obscurs à Eldrigë et 
Arnold sont susceptibles d'interprétation et nous ajouterons 
qu'ils ont été pour nous en quelque sorte un point de départ. De 
plus, l'on verra que certaines parties de la carte géologique 
qui paraissent parfaitement simples, à première vue, ne résis- 
tent pas à une analyse tectonique. 

Nous avons déjà relevé le fait, d'ordre stratigraphique, que 
le faciès des dépôts de part et d'autre de la vallée de Santa 
Clara est différent. Ajoutons une observation d'ordre tectoni- 
que, à savoir que malgré la direction générale E-W des plis, il 
existe dans la région des endroits où l'allure des têtes de cou- 
ches est nettement perpendiculaire sur la direction générale du 
plissement. De ces deux faits, désormais classiques pour les ré- 
gions charriées, le premier nous indique que nous nous trou- 
vons ici probablement en présence de nappes de recouvrement 
et le second, que les plans de chevauchement sont inclinés 
dans le sens longitudinal. L'existence de séries renversées, 
ainsi que d'innombrables contacts anormaux, nous paraît con- 
firmer cette hypothèse. 

A. Partie située au N de la vallée de Santa Clara. 

En examinant notre carte géologique on peut supposer que le 
charriage s'est effectué dans le sens du Méridien, du N au S 
avec un plongement axial de l'W à l'E. Dans la partie occi- 
dentale de la carte où l'érosion a plus profondément entamé 
les éléments tectoniques, nous voyons sortir le flanc renversé 
d'une nappe. A l'extérieur de la série renversée, pincé entre 
celle-ci et un pli aigu « diapir », apparaît un synclinal qui est 
bientôt débordé vers l'E par la série renversée de la nappe in- 
férieure I (voir coupe I de la planche). Il est impossible de 
déterminer pour la région représentée sur la carte, si la forma- 
tion Modelo des « Sulpur Mountains » est autochtone ou si 
elle représente la carapace d'une nappe inférieure à la nappe L 
Dans tous les cas le Modelo est refoulé sur la formation Fernando, 
Au fur et à mesure qu'on avance vers l'E on constate l'appari- 
tion des parties plus élevées de la nappe inférieure. 



(iS 



RÉGION PETROLIERE DE SANTA CLARA 



Le long du profil II de notre planche, la formation la plus 
ancienne, le Topatopa, est charriée par-dessus le Pliocène (Fer? 
nando). A l'E du « Sespe Creek», dans la région représentée 
par les coupes III et IV, nous nous trouvons dans la carapace 
plissée de la nappe inférieure. Dans cette partie, la formation 
Modelo est très développée et deux alternatives tectoniques sont 
possibles ici, suivant qu'on se base sur la subdivision du Modelo 
en trois ou en quatre horizons dont nous avons parlé plus haut. 
La carte d'ELDRiGE ne marque aucun contact anormal entre le 
grès n° 2 de la formation Modelo et les argiles de la même for- 
mation. Or, s'il n'y a pas de contact mécanique, les argiles 
doivent être plus anciennes que le grès n° 2. comme on s'en 
convaincra facilement en examinant l'allure des synclinaux et 
anticlinaux secondaires. Les argiles du « Hutton Peak » seules 
correspondront alors aux argiles supérieures du Modelo et il 
faudra considérer la zone argileuse bordant le grès n° 2 comme 
étant intermédiaire entre le grès n° 2 et le grès n° 1 ; nous 
aurons une succession normale et la carapace d'une seule et 
unique nappe. Dans les profils Arnold dessine une faille entre 
les argiles et le grès n° 2. Nous avons adopté cette manière de 
voir sur notre carte, en considérant toutefois le contact méca- 
nique comme étant la trace d'un chevauchement. Ainsi nous 
pouvons envisager les grès n° 2 et les argiles superposées comme 
étant des vestiges d'une nappe supérieure II, pincée dans un 
synclinal dédoublé de la nappe I (voir coupe III et IV de la 
planche). Nous ne pouvons pas déterminer laquelle des deux 
interprétations est la vraie, mais nous inclinons plutôt en faveur 
de la plus simple, à savoir de ne pas dédoubler la nappe. Dans 
ce cas, il faudrait modifier la carte, en ajoutant un horizon 
d'argile entre le grès n° 1 et n° 2 de la formation Modelo. 

B. Versant méridional de la vallée de Santa Clara. 

Nos données ne sont pas suffisantes pour établir si cette partie 
est charriée ou autochtone. Dans la région occidentale, l'allure 
des plis est assez régulière et simple. Dans la coupe IV nous 
avons apporté une modification à celle d' Arnold, en faisant sor- 
tir la formation Sespe au centre de l'anticlinal situé immédiate- 
ment au S de la vallée. Dans la région des « Santa Susanna 



RÉGION 



PÉTROLIFÈRE DE SANTA CLARA 



69 



Mountains » et du « Fernando Pass » la structure devient plus 
compliquée, mais faute de coupures plus profondes on ne sortira 
jamais de l'hypothèse. 

L'interprétation tectonique de la région de Santa Clara en 
général est souvent rendue difficile à cause de la formation Fer- 
nando. Les dépôts de cette formation ne prennent plus part à 
l'édification des nappes dans la même mesure que les forma- 
tions plus anciennes et les éléments tectoniques sont souvent 
masqués par des dépôts considérables de conglomérats pliocènes. 

Nous n'avons nullement la prétention de croire que les solu- 
tions que nous venons de proposer soient parfaites. Nous les 
soumettons au contraire à la critique de nos savants collègues 
d'outre mer, qui sont plus qualifiés et mieux en état que nous 
d'en juger la possibilité et d'en contrôler le degré d'exactitude. 

En résumé, nous concluons que la région de Santa Clara nous 
paraît être formée de plis et de nappes d'une allure spéciale que 
nous désignons, suivant Mrazec, sous le nom de plis et nappes 
diapirs. Ce diastrophisme spécial, très caractéristique pour cer- 
tains pays, ne paraît pas encore avoir attiré l'attention qu'il 
mérite. Ainsi Wilckens, dans sa géologie tectonique (5), ne le 
mentionne pas et nous saisissons l'occasion d'en tracer les carac- 
tères saillants. Il y a une douzaine d'années, Mrazeo est arrivé, 
en examinant la tectonique de la région .subcarpatique de la 
Roumanie, à l'interpréter d'une façon aussi simple que consé- 
quente. Et, ajoutons le, ce savant perspicace n'a pas manqué 
d'y voir un phénomène qui ne saurait être limité au pays qu'il 
analysa. Avec sa clairvoyance, il le considéra déjà comme étant 
propre aux régions de dislocations jeunes, produites à une faible 
profondeur par une « sous-poussée ». 

Mrazec a nommé plis diapirs des « plis à noyau de perce- 
ment » (6). « Dans ce type de pli, les couches du noyau sont 
plus fortement redressées que les couches de son toit, qui se 
rapprochent de l'horizontale à mesure qu'on s'éloigne de l'axe 
du noyau. » Les plis diapirs peuvent être droits, déjetés ou dé- 
versés. Par l'intermédiaire d'un pli à noyau percé peuvent 
se développer des chevauchements (voir tig. 1). 

Les plis diapirs sont très fréquents dans les régions pétroli- 
fères de la Roumanie, de la Galicie et du Caucase et j'en ai cons- 



70 



RÉGION PETROLIFÈRE DE SANTA CLARA 



taté de très typiques dans les dépôts tertiaires des îles de la 
Sonde. En Roumanie et en Galicie, la structure est souvent en- 
core compliquée par la présence de massifs de sels, formant le 
« noyau de percement » et j'incline à les considérer dans le sens 
d'ARRHENius et Lachmann comme de véritables « Ekzeme » (7). 
Mais nous avons des exemples plus proches. Le plissement dia- 
pir est la forme de dislocation typique de la molasse subalpine, 
Il suffit de jeter un coup d'œil sur les profils que nous en donne 
Alb. Heim dans sa géologie de la Suisse (8). Les chevauchements 
par exagération d'un percement n'y manquent pas non plus. 
Heim relève la différence qui existe entre les dislocations de la 
molasse et celles des Alpes et en en expliquant les causes, il ar- 




Fig. 1. 

Différentes formes de plis diapirs (d'après Mrazkc). 



rive à des conclusions qui se rapprochent de celles de Mrazec. 
S'il ne voulait pas citer les travaux de ce savant, nous regret- 
tons qu'il n'ait pas employé au moins sa nomenclature. Heim 
considère les plis diapirs molassiques comme étant le résultat 
d'une seule poussée et nous le croyons volontiers. Mais s'il ap- 
pelle cette dislocation « harmonique » il nous paraît employer 
ce terme dans un sens autre qu'on ne lui a attribué générale- 
ment. Pour nous, le plissement diapir est un plissement dishar- 
monique des plus typiques. 

Certaines indications nous permettent d'envisager les plis de 
la région de Santa Clara comme étant des plis diapirs, donc 
disharmoniques. Par augmentation de la poussée, un de ces plis 
diapirs au moins s'est transformé en nappe charriée. Ces nappes 
diapires sont différentes des plis-nappes. En effet, le diastro- 



RÉGION PÉTROLIFÈRK DE SANTA CLARA 



71 



phisme s'étant produit à une faible profondeur, des ruptures se 
sont formées dès le début, le noyau perçant divisant la partie 
charriée de la partie « sous poussée » (voir fig. 2). 

Une des caractéristiques de la nappe diapire est qu'elle ne 
possède pas de flanc renversé étiré. Si l'on trouve des couches 
renversées, elles ne forment que des paquets peu importants. 
On cherchera en vain les charnières anticlinales à la partie 
frontale d'une pareille nappe et la région de la racine est parti- 
culièrement mal définie. Nous avons dit que c'est là un phéno- 
mène plutôt superficiel, comme l'ont envisagé Mrazec et Heim. 
Il est peut-être préférable de ne pas insister sur la localisation 
de la cause qui le produit. En effet, il se peut très bien que ce 




Fig. 2. 

Nappe diapire en formation (d'après Mrazec). 
I. partie charriée; II. partie sous-pousséc. 



soit seulement la conséquence d'un phénomène profond qui se 
présente à nous dans une zone voisine de la surface. C'est ainsi 
que dans un pays à nappes diapires peuvent exister, à de plus 
grandes profondeurs des plis-nappes. Les dislocations de la mo- 
lasse subalpine nous donnent l'image du phénomène très près 
de la surface. Dans cette zone superficielle l'effet du charriage 
n'est souvent pas visible, l'érosion ayant travaillé en concor- 
dance avec le refoulement. Le paquet charrié est ainsi détruit 
au fur et à mesure qu'il avance. Les dislocations dans la région 
de la vallée de Santa Clara, semblables à celles décrites par 
Mrazec dans les Carpates Roumaines et par Uhlig dans les 
Carpates orientales (9), nous paraissent présenter le même phé- 
nomène, mais à une profondeur plus grande. En effet, les ré- 
gions sont plus profondément attaquées par l'érosion. Dans les 
Alpes, par contre, nous voyons le résultat du diastrophisme de 
grande profondeur, mis à nu par une érosion considérable. 



72 



RÉGION PÉTROLIFERE DE SANTA CLARA 



4. — Age du diastrophisme. 

Grâce à la discordance stratigraphique qui existe entre le 
Modelo supérieur et la formation Fernando, l'âge du chevau- 
chement peut être fixé assez exactement. Jusqu'au Miocène 
moyen toutes les formations sout concordantes et aucun mouve- 
ment orogénique ne s'est produit. Les dépôts du Miocène supé- 
rieur butant en discordance contre le Miocène moyen, cette date 
marque le début du diastrophisme. Les mouvements se sont suc- 
cédés depuis lors. La formation Fernando, comprenant aussi la 
base du Pleistocène, est fortement plissée et si le Pleistocène su- 
périeur est redressé, comme l'indiquent Eldrige et Arnold, le 
refoulement aurait continué jusqu'à une époque plus récente. 
N'oublions pas, en effet, que nous nous trouvons dans un pays 
célèbre par ses tremblements de terre. Aurions-nous ici peut- 
être l'effet d'un déplacement du continent américain vers l'W, 
déferlant sur le Sima pacifique, comme le conçoit avec tant de 
témérité Wegener (10) V 

5. — Distribution du pétrole dans la région de Santa Clara. 

Les accumulations de pétrole se trouvent en quantité variable 
dans toutes les formations de la région de Santa Clara, les ro- 
ches éruptives y comprises. La distribution de ce minéral liquide 
n'est donc pas limitée stratigraphiquement. Au point de vue 
tectonique on constate l'influence favorable des plis secondaires 
des nappes sur l'accumulation du pétrole. Ce dernier a surtout 
été concentré dans les anticlinaux ; dans la région du « Sespe 
Canyon » on le trouve cependant en quantité exploitable aussi 
dans le synclinal. Dans la partie occidentale de la région des 
gisements se sont formés le long des plans de chevauchement, 
dans la partie chevauchée. 

Si l'on compare cette distribution du pétrole à celle des Car- 
pates Galiciennes et Roumaines, on est frappé de leur grande 
analogie. Les conditions tectoniques qui influencent au premier 
chef l'accumulation sont, en effet, analogues dans les deux ré- 
gions. Cette analogie entre les gisements Californiens et Carpa- 
tiques va jusqu'à imprimer aux pétroles des deux contrées un** 



RÉGION PETROLIERE DE SANTA CLARA 



73 



composition chimique et des propriétés physiques semblables. 
C'est encore parfaitement logique, la migration forcée des hy- 
drocarbures provoquant sans aucun doute des réactions chimi- 
ques complexes et non seulement une filtration dans le sens de 
Day (11). Cette distribution du pétrole dans la région de Santa 
Clara nous amène à dire quelques mots sur la classification des 
gîtes pétrol itères en général. 

fi. — Classification des gisements de pétrole ; migration. 

L'idée de Harris (12) de distinguer deux grandes classes de 
gisements pétrolifères nous paraît parfaitement justifiée. Nous 
opposons ainsi les gisements où le pétrole est concentré en un 
horizon stratigraphique déterminé aux gisements à distribu- 
tion irrégulière. 

Dans le premier cas, réalisé par exemple dans la région des 
Appalaches et du centre des Etats-Unis (mid continent field) les 
couches ne sont que très faiblement ondulées et la migration 
régionale a été provoquée par des agents indépendants des mou- 
vements orogéniques. L'influence des conditions tectoniques 
sur l'accumulation des hydrocarbures rivalise avec l'influence, 
souvent prépondérante, de la composition lithologique des 
roches et le degré de saturation en eau salée des couches per- 
méables. Une prognose sur remplacement des gisements est ici 
souvent difficile et même impossible. 

Dans la seconde catégorie de gisements, à distribution irré- 
gulière, la migration forcée et souvent lointaine a été provo- 
quée par des dislocations violentes. Je fais entrer dans cette 
classe : 

1° Les gisements associés aux massifs de sel. Les dislocations 
intenses, observées dans ce cas, ne sont pas orogéniques, mais 
doivent être envisagées dans le sens d Arrhenius et Lacilmann 
(7) comme un mouvement isostatique. Ce type est réalisé en 
Allemagne septentrionale ( Wietze-Hannover) et sur une plus 
grande échelle dans la région côtière du Texas-Louisiane (gulf 
coastal plain). 

2° Les gisements des plis et nappes diapirs. représentés en 
Californie en général et plus spécialement dans la région de 



74 



RÉGION PÉTROLIFÈRR DE SANTA CLARA 



Santa Clara. Dans les zones pétrolifères carpatiques, les gise- 
ments présentent la plus grande complication grâce à la pré- 
sence de massifs de sel à l'intérieur de plis et nappes diapirs. 
La prospection est délicate et demande des levés géologiques 
très détaillés. 

Le trait d'union entre les deux grandes catégories deHARRis 
est donné par de nombreux gisements, distribués universelle- 
ment. Ainsi les îles de la Sonde nous en fournissent un exemple 
typique et simple. Dans ce cas les conditions tectoniques, favo- 
risant l'accumulation, sont souvent d'une simplicité idéale, se 
prêtant admirablement à une prognose certaine et une exploi- 
tation systématique. C'est ici que l'anticlinal fermé présente la 
structure la plus favorable pour l'accumulation des hydrocar- 
bures si ceux-ci sont accompagnés d'une "quantité suffisante d'eau 
salée, ce qui est toujours réalisé aux Indes. Par contre le syn- 
clinal est pétrolifère quand l'eau fait défaut. 

Comme on le voit, le développement qu'ont pris les méthodes 
d'exploration, par exemple en Amérique et dans les Indes néer- 
landaises, est justifié en quelque sorte parles conditions géolo- 
giques. Ici des études détaillées ont généralement précédé les 
travaux d'ingénieurs, là la recherche au hasard — le fameux 
« wild catting » — a été longtemps la méthode favorite. Chose 
curieuse, la « théorie anticlinale », qui a rendu de véritables 
services pratiques pour certains gisements, fut inventée par 
plusieurs géologues successivement en Pennsylvanie, où les con- 
ditions qu'elle réclame ne sont pas réalisées, comme le démon- 
trent les cartes structurales classiques des géologues américains. 
Si ces derniers y voient toujours une confirmation de la « théo- 
rie anticlinale », ils nous paraissent lui donner un sens trop 
général qui ne correspond plus à la définition primitive. Accu- 
mulation des hydrocarbures gazeux et liquides dans les parties 
axiales des anticlinaux, telle est sans autre la formule de cette 
théorie qui n'est pas réalisée universellement. 

En résumé nous voyons que la migration régionale est un 
des facteurs de première importance, déterminant la concentra- 
tion des hydrocarbures en gisements importants. Si nous vou- 
lions nous baser sur des observations de détail qui paraissent 
corroborer cette manière de voir, nous pourrions mentionner 



RÉGION PÉTROLIFÈRE DE SANTA CLARA 



75 



la présence de pétrole exploitable dans le lambeau granitique, 
situé dans le coin SE de notre carte. Cet exemple unique au 
monde a tout particulièrement embarrassé les géologues. Ceux-ci 
sont unanimes — à l'exception toutefois de Hofer — pour le qua- 
lifier de gisement secondaire et nous nous trouvons en présence 
d'une migration de pétrole. En nous basant sur nos considéra- 
tions tectoniques on découvrira facilement la cause de ce phé- 
nomène. Ou ce lambeau granitique a été débordé par une nappe 
de Tertiaire pétrolifère et le liquide s'y est infiltré, ou le lambeau 
est charrié lui-même par-dessus le Tertiaire, contenant du pé- 
trole. Les observations nous manquent pour dire laquelle des 
deux alternatives est la vraie. 

Une autre condition, qui ne s'explique guère qu'en admettant 
une migration, est plus souvent réalisée. Il s'agit de la présence 
de gisements de pétrole, associés à des eaux salées, dans des 
dépôts d'eau douce. 

Mais nous avons la conviction qu'un détail, pris à part, est peu 
fait pour interpréter une grande cause. Si Hofer, une autorité 
en la matière, se cramponne dans ses compilations sur le pétrole 
(13), à des observations locales se prêtant à des interprétations 
multiples, pour en dégager ensuite des lois générales, il nous 
paraît manquer d'esprit scientifique. Nous voyons dans cette 
manière d'envisager les choses la raison pour laquelle il n'est 
jamais arrivé à comprendre que les hydrocarbures — mélange 
de corps liquides et gazeux, si susceptibles de ruptures d'équili- 
bre mécanique — ne peuvent qu'être chassés de certaines ré- 
gions pour pénétrer dans les parties de moindre résistance. 

Nous n'avons rien dit des roches mères du pétrole de la région 
de Santa Clara. Nous ne possédons pas assez de matériel pour 
discuter cette question d'une manière objective. 

Mais ajoutons encore, pour terminer, une observation qui 
nous a souvent préoccupé. Parmi les véritables naturalistes, les 
esprits les plus avisés et les plus critiques nous ont fait entre- 
voir dans la formation des hydrocarbures naturels un des grands 
phénomènes de la Nature. La genèse du pétrole, la migration et 
l'accumulation en gisements exploitables forment un enchaîne- 
ment de problèmes géologiques complexes. Les hypothèses chi- 
miques, si géniales qu'elles soient, n'interviennent qu'en 



76 



RÉGION PÉTROLIFÈRE DE SANTA CLARA 



seconde ligne et les spéculations des profanes sont impuissantes 
à contribuer à un éclaircissement. Que ceux qui écrivent des 
traités sur le pétrole s'en rendent compte. La littérature sur ces 
sujets est très vaste, il s'agit maintenant de trier les observa- 
tions dignes de foi d'un grand nombre de publications, malheu- 
reusement trop souvent dépourvues de quelque valeur scienti- 
fique. Et il s'agit ensuite de coordonner les bonnes observations 
pour en dégager les lois générales. Cette science est encore dans 
son enfance et les errements ne lui ont pas été épargnés. Mais 
le moment est proche où ses défauts vont s'atténuer. Quand on 
voit, dans les traités sur le pétrole, les auteurs se perdre dans 
un fouillis de petits détails, compilés sans critique, et confronter 
sans discernement des recherches consciencieuses d'observateurs 
expérimentés et des spéculations de géologues improvisés, on ne 
peut pas se soustraire à un sentiment de malaise et on est tenté 
de taxer ces méthodes de légèreté. 

Laboratoire de Géologie de l'Université de Genève, 
Décembre 1918. 

Remarques concernait la carte et les coupes 
géologiques. 

Notre carte est une réduction de la carte géologique 1 : 62500% 
levée par Eldrige. Les contacts mécaniques sont indiqués com- 
me de simples failles par l'auteur; nous les avons figurés comme 
étant les traces de plans de chevauchement. Nous avons marqué 
un pareil contact anormal sur notre carte entre les grès n° 2 et 
les argiles sousjacentes de la formation Modelo, contact qui n'est 
pas indiqué sur la carte d'ELDRiGE. Nous avons discuté plus 
haut une autre alternative qui pourrait être envisagée. Elle en- 
traînerait des modifications plus grandes de la carte, mais pré- 
senterait une solution tectonique plus simple. Comme nous 
avons tenu à ne pas trop altérer la carte d'ELDRiGE, nous avons 
solutionné le problème en indiquant le contact anormal, marqué 
du reste dans les coupes d'ARNOLD. Les faciès des deux côtés de 
la vallée de Santa Clara étant différents, il vaudrait mieux sub- 
diviser chaque zone indépendamment, comme on est arrivé à le 



RÉGION PKTROLIFÈRE DE SANTA CLARA 



77 



faire pour chaque nappe dans les pays charriés. L'image tecto- 
nique ressortirait plus clairement en choisissant des couleurs 
ou des signes différents pour les deux parties. 

La carte géologique ne donnant pas beaucoup d'indications 
sur le plongement des couches, nous avons fait correspon- 
dre l'emplacement de nos coupes avec les profils suivants 
d' Arnold : 

Coupe I = Profil A-A' Arnold. 

Coupe II, partie au N de la vallée de Santa Clara = Profil 
E-E' Arnold. 

Coupe II, partie au S de la vallée de Santa Clara = Profil 
D-D' Arnold. 
Coupe III — Profil F-F' Arnold. 

Coupe IV, partie au N de la vallée de Santa Clara = Profil 
G-G' Arnold. 

Coupe IV, partie au S de la vallée de Santa Clara — Profil 
H-H' Arnold. 

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PI I 



jT/f/K r/f CI//X/J V/)LL£y, C/jL /FOR a// a. 

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.1/(7/. îles Sr. p/ii/s. et mil , ■>- pév., vol. 1, janv.-fév. 1919. 




// 



Arch. des Sc.phys. et nat,, 5 m * péi\, vol. 1, janv.-fév. 1919. 



Pl. II. 




COMPTE RENDU DES SÉANCES 

DE LA. 

SOCIÉTÉ VAUDOISE DE CHIMIE 



Séance du 10 mai 1918. 

M. Duboux et Caciro. — Recherches sur le dosage physico-chimique de quelques 
corps par précipitation accélérée. — F. Kehrmann et Christopoulos. Recherches 
dans le groupe des matières colorantes thia/.iniques. — F. Kehrmann, Tynowski 
et Goldstein. Faits nouveaux concernant l'hypothèse récemment publiée de l'hexa- 
valence du carbone. — F. Kehrmann et Goldstein. Synthèse d'une naphtophéno- 
zaxine encore inconnue. 

M. Duboux et Caciro. — Recherches sur le dosage physico-chimi- 
que de quelques corps par précipitation accélérée. 

On sait que la méthode des conductibilités électriques donne d'ex- 
cellents résultats en volumétrie physico-chimique, lorsque la solution 
à analyser est moyennement diluée : ni 50 à n/300 environ. A cette 
dilution, les précipités se forment rapidement et le titrage peut être 
effectué en 10 à 20 minutes. Par contre en solution plus diluée la 
méthode ne s'applique que dans un nombre limité de cas : halogé- 
nures, argent; les précipités se forment si lentement qu'il est néces- 
saire, après chaque addition de réactif, d'attendre plusieurs minutes 
(parfois même plusieurs heures) pour que la conductibilité devienne 
constante. On comprend, dans ces conditions, que la méthode n'offre 
plus d'intérêt pratique. 

Dans le but de remédier à cet inconvénient de la volumétrie 
physico-chimique, les auteurs ont cherché à accélérer la vitesse de 
formation des précipités en introduisant préalablement des germes 
dans les liquides à analyser. Par exemple, le dosage d'un sulfate en 
solution »/3000 est facilement réalisable en présence de 1-2 gr de 
BaS0 4 . Ce procédé ne présente pas de difficultés si l'on prend la 
précaution de préparer des germes chimiquement purs et finement 
pulvérisés. 

Les dosages étudiés jusqu'ici sont les suivants : 



80 



COMPTE RENDU SOCIETE VAUDOISE DE CHIMIE 



1° Les sulfates, titrés avec l'acétate de baryum, en solution m/100 
à m/6000. Précision 1 % . 

2° La chaux, titrée avec l'oxalate de sodium, en solution m/100 
à m/2000. Précision 1-2 °/ 0 . Dosage faussé en présence de magnésie. 

3° La chaux, titrée avec le racémate de Na et NH 3 , en solution 
m/100 à m/1000. Dosage exact et non influencé par la magnésie. 

4° La magnésie, comme oxalate, en présence de 50 °/ 0 d'alcool. 
Solutions étudiées m/100-m/500. 

5° Les phosphates, comme phosphate d'uranyle. Ce dosage ne 
donne des résultats exacts qu'en présence de quantités déterminées 
d'acétate de sodium et d'acide acétique, quantités qui dépendent de 
la teneur en phosphate. 

Le procédé, qui est susceptible de généralisation, élargit donc nota- 
blement le champ d'action de la méthode d'analyse par conductibilité 
électrique. 

Comme application, les auteurs ont mis au point les dosages de 
sulfate et de chaux (à l'état de racémate) dans les eaux potables et 
montré que ces éléments pouvaient être dosés facilement même dans 
des eaux qui n'en contiennent que quelques mgr par litre. 

F. Kbhrmann et Christopoulos. — Recherches dans le groupe 
des matières colorantes thiasiniques. 

Les sels de naphtophénazthionium (F. I) se révélèrent très caracté- 
ristiques et relativement stables ; le perchlorate, le sel double ferrique 



et le perbromure furent isolés sous forme cristalline et analysés. 

/\ /\ X\ 




IV 



V 



COMPTE RENDIT SOCIETE VAUDOISE DE CHIMIE 



81 



En traitant les solutions aqueuses de ces sels par des oxydants 
appropriés, on obtient la phénonaphtazthione (F. II) précédemment 
décrite' ; si, par contre, on fait réagir l'ammoniaque ou des aminés 
on obtient des matières colorantes thiaziniques dont la 6-monoamine 
(F. III) ainsi que ses dérivés acétylé et diméthylé (F. IV et V) firent 
l'objet d'une étude plus approfondie. La preuve que l'attaque a bien 
lieu en position 6 fut fournie par les recherches de M. le D' Stahrfoss 2 , 
qui obtint des corps identiques aux composés ci-dessus en condensant 
l'oxynaphtoquinone (respectivement l'oxynaphtoquinonimide) avec 
l'o-aminothiophénol selon l'équation : 



ir-<x , 

. + 



(NH) 0 / ^^ K/ Y 



+ 2II 2 0 



F. Kehrmann, Tynow,sk[ et Gtoldstein. — Faits nouveaux con- 
cernant l'hypothèse récemment publiée ' 9 de Vhexavalence du carbone. 

On a entrepris dans le but de vérifier cette hypothèse l'étude dé- 
taillée de la C. diphényldihydro-acridine obtenue par hasard par v. 
Baeyer, et brièvement décrite par cet auteur 4 . Les recherches en 
«ours ont montré que le corps ci-dessus ainsi que ses dérivés « amino » 
possèdent le caractère de leuco-dérivés, tout comme la thiodiphényl- 
amine, par exemple (F. I et II) ; ils fournissent par oxydation une classe 
toute nouvelle de matières colorantes très intéressantes, qui, au moins 
en partie, dérivent vraisemblablement du chromogène III analogue 
au phénylphénazonium. 

1 An. d. Ch., 322, 55 (1902). 

- M. le D r Stahrfoss a, sur la proposition de M. Kehrmann, entrepris 
l'étude de l'action des o-quinones et oxy-p-araquinones sur l'o-aminothio- 
phénol et communiquera lui-même le résultat de ses recherches. 

3 Berichte d. D. chem. Ges. 51, 468 (1918). 

4 Berichte, 37, 3202 (1904). 

Archives, Vol. I. — Janvier-Février H>19. G 



82 



COMPTE RENDU SOCIETE VAUDOISE DE CHIMIE 



NH 



C 6 H 5 C 6 H ; 



NH 



II 




F. Kehrmann et Goldstein. — Synthèse d'une napMophénazoxine 
encore inconnue. 

Cette combinaison a été obtenue en condensant la fi naptobydro- 
quinone avec l'o-aminophénol ; elle répond probablement à la for- 
mule suivante : 



O 



N H 



elle est en cristaux jaunes fondant à 127-128° et possède une fluores- 
cence verte en solution alcoolique. 



LISTE BIBLIOGRAPHIQUE 



DES TRAVAUX DE CHIMIE FAITS EN SUISSE 
1918 



Août. 

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Bern. Lab. des schweiz. Gesundheitsamtes. — Mitt. Lebensmit- 
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Lab. des schweiz. Gesundheitsamtes. — Mitt. Lebensmittelunters, 
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84 



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DES TRAVAUX DE CHIMIE FAITS EN SUISSE 



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sen f iïr verschiedene Elemente im Zusammenhang mit dem perio- 
dischen System. Fontanivent sur Clarens. — Zeitschr. anorg. 
Ch. 104. 66. 

174. Laar (J. J. van). Ueber die Geltung von Mathews sogenanntem 
Yalenzgesetz. Fontanivent sur Clarens. — Zeitschr. anorg. Ch. 
104. 77. 

175. Laar (J. J. van). Die Fundamentalwerte der Grôssen b und 

V cl verschiedener Elemente in Yerbindung mit dem periodi- 
schen System. Fontanivent sur Clarens. — Zeitschr. anorg. Ch. 
104. 81. 98. 105. 135. 144. 

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DES TUA VAUX DE CHIMIE FAITS EN SUISSE 



87 



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Physikal.-chem. Inst. der Techn. Hochschule. — Zeitschr. phy- 
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Salicylsaure. Zurich. Physikal.-chem. Lab'. der ïechn. Hoch- 
schule. — Zeitschr. physikal. Ch. 93. 236. 

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bonsâure. Zurich. Physikal.-chem. Inst. der Techn. Hochschule. 
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châtel (Prof. Billeter). 

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naisons aromatiques hydroxylées ou aminées. Genève. Lab. de 
ch. org. de l'Univ. — Helv. 1. 205. 

183. Schoop (U.). Ueber ein neuartiges Prinzip fur die Herstellung 
von Metalluberziigen. Zurich. — Zeitschr. angew. Ch. 31. 204. 

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licher und tierischer Fette und Wachsarten. Zurich. Agrik.- 
chem. Lab. der Techn. Hochschule. — Zeitschr. physiol. Ch. 
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chez les dérivés du styrolène. Thèse. Genève (D r Reich). 



BULLETIN SCIENTIFIQUE 



Botanique. 

Ernst, A. — Bastardierung aïs Ur sache der Apogamie im Pflan- 
zenreich. Eine Hypothèse sur experimentellen Vererbungs- und 
Abstammutigslehre. Iena 1918. 

Ce beau volume de plus de 600 pages est intéressant, non seu- 
lement par l'exposé qu'il renferme des idées de l'auteur sur le rôle 
de l'hybridation dans les phénomènes d'affaiblissement ou de sup- 
pression de la sexualité chez les plantes et dans la formation des 
espèces, mais aussi par l'analyse détaillée de tous les résultats im- 
portants des travaux récents sur la parthénogénèse ou l'apogamie. 

La place nous manque pour examiner les conclusions auxquelles 
l'auteur a été conduit tout d'abord par ses belles recherches sur 
Char a crinita. Sa thèse fondamentale consiste à admettre que, dans 
tous les cas d'apogamie où la cellule-œuf n'ayant pas subi de réduc- 
tion chromatique se développe en embryon normal sans fécondation, 
ce résultat est dû à un croisement entre espèces qui aurait pour effet 
de jeter le trouble dans le développement des organes de reproduc- 
tion. 

L'auteur accumule les arguments en faveur de cette théorie dont 
il entrevoit la preuve expérimentale. 

Il rappelle d'ailleurs le cas signalé ici-même (Archives 1905, 1. 19 , 
p. 251) de certains hybrides d'Alchimilles normaux qui paraissent 
présenter tous les caractères de l'apogamie exclusive. 

A. de C. 



89 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 



FAITES A 



L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 



PENDANT LE MOIS DE 



DÉCEMBRE 1918 



Le 3, forte gelée blanche le matin. 

4, gelée blanche le matin. 

5, forte gelée blanche et brouillard le matin, brouillard enveloppant de 

9 h. 30 à 12 h et de 15 à 22 h. 30. 

6, brouillard enveloppant de 7 h. 30 à 22 h. 30. 

7, brouillard enveloppant de 18 à 22 h. 30. 

8, brouillard de 9 à 14 h. 

9, brouillard de 7 h. 30 à 14 h. 

10, brouillard de 7 h. 30 à 15 h., halo lunaire à 20 h. 

11, pluie de 13 h. 45 à 20 h., à 22 h. 30 et dans la nuit. 

12, pluie de 11 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

14, brouillard enveloppant de 7 h. 30 à 12 h. et de 19 à 22 h. 30. 

15, brouillard de 7 h. 30 à 11 h. 

16, petite pluie de 19 à 22 h. et dans la nuit. 

17, pluie de 19 à 22 h. 

18, pluie de 15 à 19 h., de 20 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

19, pluie de 7 h 30 à 17 h. et dans la nuit, vent fort toute la journée. 

20, pluie de 7 h. 30 à 11 h. et de 17 à 22 h. 30 

21, neige dans la nuit, hauteur de la neige 1 cm. 

22, pluie de 9 à 15 h., de 20 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

23, pluie de 7 h. 30 à 22 h. 30 et dans la nuit, vent très fort de 7 h. 30 à 18 h. 

24, pluie de 8 h. 40 à 14 h. et de 17 à 18 h. 
26, forte gelée blanche le matin. 

28, pluie de 13 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

29, pluie de 8 à 10 h., de 14 à 16 h., de 20 à 22 h. 30 et dans la nuit 

30, pluie de 17 h. 10 à 19 h. 20 et dans la nuit. 

31, pluie de 7 h. 30 à 9 h. et de 18 h. 20 à 20 h. 

Hauteur totale de ta neige : l cm tombé en 1 jour. 



X 

as 



Pluie 


Hauteur Nomb. 
24 h. d'heur. 




îb 

L N 




Durée 
d'inso- 
lation 


^Hcooiooooooooooaiooocooirt-^<f«ooooi"^eoo<Miocr> 

-*#v#O«0OO5^OOOOOO^-iOO«— OOCO(MOOOO<r<MOO(NO 


Nébulosité 


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OOOOOOOOOCTSCTSOOSO00C75OOOO — oooooooooicr- 


00 

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00 


i-THOOOOOOO^OOaïOlCTiOOCnOOfMOOOOO^HfMOOOCTsOCC 
—i «H -rH t-h — ' — - tH ^H-r-l — "H ^ 


ooo-HjioooooioaiaiOO^cr.jioaiaioooo'.xffioaiOiO 

tH r- «rH ,_| ,h t- <^ rH H rH r-l 


Vent 


V. moy. 
km/h. 


f^sfJ)Ol>^<COJirHrHffi«rH^OO(30ffi^<ûû0lflJ>vf^î0Ha)^»H 

^rHOr'OrHrl^O<H.*COO^OrH^(NO(NCOXOO'MHin^'nO(Nvf 

!N — CM 


o 


c 
c 

S 

a 

SM 


NNE 1 

calme 

calme 

calme 

calme 

calme 

calme 

calme 

calme 

calme 

SSVV 1 

calme 

calme 

calme 

calme 

calme 

SSW 1 

SW 1 

SSW 2 

SSW 1 

SW 1 

SW 1 

SSW 2 

va r. 

calme 

NNE 1 

var. 

calme 

calme 

SW 1 

SSW 1 




«rHrHOOOOOOOO-^lOOTHOOr-t^HtM^HO^-— rl O - (OO-^tHth 

5 en !> c« en > > M en > M tf> en m m c/) en !> !> > !> > en > > Z ^ Z > a 
Zcncncncncncncncn^Zcncncncncncncncncncncncn.>cnZcncnZcncn 




'H'rHOOOOOOOOTHOOOOOTHO-rH'rH'^OCCOTH^H^OO— « 

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1— 


T-OOOOOOOOO-r-OOOOO^HO^MTHOO^-^OTHOOOOr^ 

^^HW^W^^^cocfi^M^cfi-^cri 71 en > en en en en en a: en z en 
Z c/) en en en n en en en en en Z en en en Z en en /i c/) ^ en c/} en x en Z co 


+ 

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S* 

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Barographe 
Min. | Max. 


P3MtN»O<tiO05v*00Oi<0 N<H M X ^05 OQ0O1 r\eNOt>0000<OC1 

s 

avtst(Nf)MO)M^riiNCCaîlOOOr\>.f>!HrlO?3 0!DCi5v*<0(NMO'ÛOrH 




SO(NrHOffimiflwîr>oaia>no^-oO(0»Mr.oon(CotCKîv^ 




Moyenne Ecart av. 
8 obs. la norm. 


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92 



MOYENNES DE GENÈVE - DÉCEMBRE 1918 

Correction pour réduire la pression atmosphérique de Genève 
à la pesanteur normale : + 0 mm .02. — Cette correction n'est pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : TOO + 





Heure 


l Va 


'< v« 




10 1/2 


13 Va 


16 Vl 


19 Vs 


22 Va 


Moyenne 








min 




mm 


mm 


mm 


mm 


mm 


mm 


1-e 


déc. 


30.17 


30.22 


30.34 


31.08 


30.12 


30.00 


30.51 


30.47 


30.36 


2e 


» 


30.64 


30.49 


30.50 


31.10 


30.20 


29.95 


29.82 


29.67 


30.30 


3 e 


» 


25.19 


25.08 


25.40 


25.81 


24.72 


24.52 


24.87 


25.05 


25.08 




Mois 


28.56 


28.49 


28.64 


29.22 


28.23 


28.04 


28.28 


28.29 


28.47 










Température 














o 


o 




o 


0 


o 


o 


o 


o 


Ire 


déc. 


1.42 


0.73 


0.63 


1.91 


3.68 


4.04 


2.76 


2. 1 1 


2.16 


2e 




5.74 


5.83 


5.69 


6.58 


7.65 


6.91 


5.85 


5.64 


6.24 


3e 




4.44 


3.40 


3.43 


4.15 


5.88 


5.85 


5.11 


4.51 


4.60 




Mois 


3.88 


3 32 


3.25 


4.21 


5.74 


5.61 


4.59 


4.10 


4.34 








Fraction de saturation 


en % 








Ire 


déc. 


93 


94 


95 


92 


86 


86 


92 


93 


92 


2e 


» 


87 


88 


88 


84 


79 


82 


89 


91 


86 


3e 


» 


86 


88 


89 


84 


78 


79 


82 


86 


84 




Mois 


89 


90 


90 


87 


81 


82 


87 


90 


87 




Dans 


ce mois 


l'air a 


été cal 


me 586 l'ois sur 


1000 










Le r;i 






NNE 


17 


= 0.31 












pport de 


8 venls ssw 













Moyennes des 3 observations 

(7 7*, 13 V*, 21 7*) 



Pression atmosphérique. . . 

Nébulosité 

/ 7 Va + 13 7a + 21 7a 

Terni). < 

/ ? 7a+ 13 72 + 2X21 Va 
( 4 

Fraction de saturation. . . 



mm 

28.38 
8.1 

4°. 42 

4°.38 

87 °/„ 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 

mm 

Press, atmosphérique . (1836-1875' 727 % 

Nébulosité (1847-1875) 8.3 

Hauteur de pluie . . (1826-1875) 51.0 
Nombre de jours de pluie » 9 
Temp. moyenne. . . » 0°.8O 

Fracl. de saturation (1849-1875) 86 °/ 0 



93 



Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations pluviométriques 



Station 


Céligny 


Collex 


(Jhambésy 


Châtelaine 


Satigny 


Athenaz 


Composièrcs 


Hauteur d'eau 
eu mm 


227.4 


196.8 


169.2 


136.5 


239.2 


226.1 


114 0 


Station 


Veyrier 


Observatoire 


Cologny 


l'uplinge 


Jusety 


Hermame 


Hauteur d'eau 
eu mm 


123.1 


154.3 


137.2 


124.1 


148.9 


169.5 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

GRAND SAINT-BERNARD 

PENDANT LE MOIS DE 

DÉCEMBRE 1918 



Les 13, 17, 28, 29, 30, et 31, brouillard une partie de la journée, 
le 13, très forte bise, 
le 19, vent très fort. 



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96 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - DÉCEMBRE 1918 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
ttaint-Beriiard à la pesanteur normale : — 0 n i™.22. — Celte cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression 


atmosphérique : 




m _|_ 


Fraction 


de 


saturation 


en »/ 


Heure 


7 Va 


13 V2 


21 Vï 


Moyenne 


7 V« 1 


3 V 


2 2i Vi 


Moy 




mm 


mm 




mm 










l' e décade 


65.71 


66 31 


66.90 


66.30 


67 


58 


62 


63 


2° » 


65.47 


64.69 


64 64 


64.93 


87 


74 


91 


84 


3« » 


59.35 


59.55 


59.91 


59.60 


90 


88 


84 


87 


Mois 


63.38 


63 39 


63.69 


63 49 


82 


74 


79 


78 



Température 

Moyenne 



Heure 


7 ty, 


13 \'a 


21 Va 


7V«+ I3»/i + 2I 
3 


Va 7 l /a-|- I3V2 + 




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0 


l re décade 


-3.24 


-1 32 


-2.83 


-2.47 


-2.56 


2e » 


-5.47 


-3.66 


-4.86 


-4.66 


-4.71 


3« 


-7.91 


-6.08 


-8.02 


-7.34 


-7.51 


Mois 


-5.62 


-3.76 


-5.33 


-4 90 


-5.01 



Dans ce mois l'air a été calme 280 fois sur 1000. 
NE 64 

Le rapport des vents — — — 3.20 



Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Marti guy- Ville 


Orsières 


Bourg-St-Pierre 


Grand St-Bt 


rnard 






Ane. P. 




Nouv. P. 


liai! en mm . . 


273.9 


99.9 


148.5 


300.1 




459 8 


Neige en cm . . 


18 


50 


103 


363 




516 



97 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A 

L'OBS ER VA PO I R E DE G EN EVE 

PENDANT LE MOIS DE 

JANVIER 1919 



Le 3, pluie de 20 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

5, pluie de 7 h. 35 à 11 h. 20 el dans la nuit, arc-en-ciel à 11 h. 30. 

Le record de baisse barométrique du 7 mars 1917 a été battu le 5 janvier 
1919. La dépression qui régnait depuis quelques jours sur la Manche et la mer 
du Nord a pris une grande extension du côté du sud, le 5 au matin, el a en- 
globé la Suisse jusqu'aux Alpes. Sous son influence, le baromètre est tombé 
au-dessous de 700 mm , cà Genève, le 5, de 1 h. 30 m. à 10 h. et a atteint le mi- 
nimum absolu de l'observatoire à 6 h. 40 m. : 694 mm 9, un millimètre plus bas 
que le 7 mars 1917. Ce n'est cependant pas le minimum absolu historique pour 
Genève. Celui-ci a eu lieu le 24 décembre 1821 à 23 1 / 2 h. : observé par J.-A. 
De Luc neveu, et réduit à la hauteur de l'observatoire, il a dû être de 693 mm .7. 

7, gelée blanche le matin, pluie dans la nuit. 

9, gelée blanche le malin, pluie de 20 h. 30 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

11, forte gelée blanche et léger givre jusqu'à 10 h., halo lunaire à 19 h. 30 

et 21 h. 30. 

12, forte gelée blanche le malin, pluie de 18 à 22 h. 

14, forte gelée blanche le matin. 

15, gelée blanche le matin, halo lunaire de 17 à 22 h., pluie dans la nuit. 

16, pluie de 7 h. 30 à 17 h., de 18 à 20 h. et dans la nuit. 

17, pluie de 8 à 9, de 10 à 11 et de 11 h. 30 à 13 h. 45, pluie et neige dans 

la nuit. 

18, forte bise depuis 17 h. 

19, très forte bise toule la journée, 
les 23 et 24, forte bise de 13 à' 22 h. 

25 et 27, quelques flocons de neige, 
le 28, neige de 8 à 11 et de 15 h. 20 à 20 h., haut. 2 cm. 
les 29 et 30, quelques flocons de neige. 

Hauteur totale de la neige : ? cm. tombés en I jour. 
Neige sur le sol : du 28 au 31. 

Archivas, Vol. 1. — Janvier-Février 1919. 7 



Pluie 


Hauteur! Nomb. 
2'i h. d'heur. 




CO 

ce 

h 

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Durée 
dinso- 
lation 


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* M O t- v+ - ^OOCOOCO^COOvfO — Or>>ClC10CIOOOr-'00-<T-0 


Nébulosité 


■ en 

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oc^oociooooooooooaicr. or^«rHC^<x>o;^ooooooa>ve 


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Vent 




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SW 1 
NW 1 
calme 
calme 
calme 
SSW 1 
NNE 2 
NNE 3 
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calme 
NNE 1 
NNE 2 
NNE 2 
NNE 2 
SE 1 
calme 
var. 

NE 1 
NNE 1 

Inné 1 




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Movenne 
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8 obs. 


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100 



MOYENNES DE GENÈVE - JANVIER 1919 

Correction ponr réduire la pression atmosphérique de Genève 
à la pesanteur normale : -f- 0 mm .02. — Cette correction n'esl pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 700 -f- 





Heure 


i V* 


4 Va 


7 Vl 


io Va 


13 V 2 


16 Va 


19 Va 


22 »/* 


Moyenne 






mm 






mm 


mm 


mm 


mm 


mm 


mm 


\ ie 


déc. 


16.35 


16.16 


16.33 


17.44 


17.08 


17 11 


17.54 


17.47 


16 93 


2e 


» 


27.37 


27.47 


27.48 


27.85 


27.20 


27.08 


27.28 


27.24 


27.37 


3 e 




26.61 


26.42 


26.39 


26.56 


25.92 


26.04 


26.65 


26.71 


26.41 




Mois 


23.55 


23.45 


23.51 


24.03 


23.48 


23.50 


23.91 


23.90 


23.67 










Température 














e 


o 


o 


o 


o 


o 


o 


o 


o 


Ire 


déc. 


3.02 


2.79 


2.77 


3.52 


6.05 


6.19 


4.91 


3 61 


4.11 


2^ 


» 


1.29 


0.62 


0.66 


2.37 


4.90 


4.13 


2.50 


1.63 


2.26 


3« 


» 


-2.09 


-2.65 


-2.86 


-1.67 


-0.56 


-0.48 


-0.96 


-1.46 


-1.59 




Mois 


0.65 


0. 16 


0.09 


1.31 


3.33 


3.16 


2.05 


1.17 


1.49 








Fraction de saturation 


en % 










déc. 


86 


88 


88 


85 


74 


69 


79 


84 


82 


2e 


» 


85 


86 


88 


83 


70 


74 


83 


84 


82 


3e 


» 


86 


88 


89 


85 


82 


82 


83 


85 


85 




Mois 


86 


88 


88 


84 


75 


75 


82 


85 


83 




Da ns 


ce mois 


L'air a 


été cal 


me 360 lois sur 


1000 












pport de 




NNE. 


79 


±= 1.88 












Le ra 


s vents 


ssw 


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Moyennes des 3 observations 
(7 V», 13 V», 21 Va) 



Pression atmosphérique . . . 

Nébulosité 

/ 7'/i + 13 Va + 21 »/« 

, P \ 3 

lemp. < 

1 j 7 Va + 13 Va + 2 X 21 Va 



23.65 
7.1 



1°.55 



Traction de saturation 82 °/ 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 



Press, atmosphérique . (1836-1875) 727 37 

Nébulosité (1847-1875) 7.9 

1°.60 Hauteur de pluie . . (1826-1875) 48.8 
Nombre de jours de pluie » 10 
Te m p. moyenne. . . » -0°.08 

Fract. de saturation (1849-1875) 86 % 



101 

Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations pluviométriques 



Station 


Céligny 


Collex 


Chambésy 


Châtelaine 


Satîgny 


Athena/, 


Compesièrei 


Haute ur d'eau 
en mm 


56.5 


49.4 


51.8 


46.0 


49.0 


47.8 




Station 


Veyrier 


Obsen 


■atoire 


Cologny 


Puplinge 


JuBsy 


Hermanee 


Hauteur d'eau 
eu mm 


50.5 


53.7 


44.8 


35.9 


36.8 


47.0 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

G RAND SA I NT-BERNA R 1) 

PENDANT LE MOIS Dlï 

JANVIER 1919 



Les 1, 2, 4, 5, 6, 8, 17, 18 et 30, brouillard une partie de la journée. 
» 7 et 19, brouillard toute la journée. 
» 4, 5, 6, 7, 9 et 23, vent violent. 
» 17 et 18, forte bise. 

La baisse barométrique du 5 n'a pas constitué le minimum absolu du Grand- 
Saint-Bernard. Le minimum nolé ce matin-là est de 539 mm .9. Il est un peu 
moins bas que celui du 7 mars 1917 qui était de 539 mm .7. 



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S ^a3rHlOffiMM^H>HOO(N^OO^OûOŒ>OJ-.OOv,fiOiNXri^h* 

MM»r*OSO»H^CîMlO(NrN'HlOOn(OXOX«tO(COOC(N^^N 
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S H(Nl>rsX'NX^^OOO>tNM^-Xi(5 0iO>a)Ol!T>v*fîXf)-Mt> 00 
O iO s# *f iO «r >o o o -~c iO O <£> O iO O iO iO uO »o »C vX> O iO iC iO iO iO iO 

XXvOOHOvOtMOiOOXrOCOlNvDvOvOiOMINr'iOlNvOMlNvCrvXvO 

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iO î-C vT lO vJh cO ^-O ^O cO ^D" iO kO *o *0 iO i-O 10 10 *o iO 

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104 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - JANVIER 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
Saint-Bernard à la pesanteur normale : — 0 mm .22. — Celte cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 500 mm + Fraction de saturation en °/o 



Heure 


7 Va 


13 1/2 


21 Va 


Moyenne 


7 V« 


13 Va 


21 Va 


Moy. 




mm 


mm 




mm 










l ,e décade 


54.61 


55.01 


55.69 


55.10 


94 


89 


88 


90 




61.00 


60.62 


60.96 


60.86 


78 


72 


77 


76 


3 e » 


58.03 


57.75 


57.99 


57.92 


71 


70 


81 


74 


Mois 


57.88 


57.79 


58.21 


57.96 


81 


77 


82 


80 



Température 

Moyenne 

Hein e 7 */> 13 Va 21 V» "V»+ »3V»+21 Va 7 '/a + 13 Va + 2 X 

~3 4 

o o o o o 

l. e décade - 7.76 - 6 65 - 8.28 - 7.56 - 7.74 

2e » -10.56 - 8.74 -10.21 - 9.84 - 9.93 

3* » -12.54 -10.56 -13.15 -12.08 -12.35 

Mois -10.36 - 8.71 -10 63 - 9 90 -10 08 

Dans ce mois l'air a été calme 118 fois sur 1000. 

NE 57 

Le rapport des vents — — = — m 0./6 



Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Mai'tigny- Ville 


Orsières 


Bourg-St-Pierie 


Grand St-Bernard 






Ane. P. 


Nouv. P. 


Eau en mm . . 


22 4 


23 0 


64.5 


91.5 


190.4 


Neige en cm . . 


0 


22 


88 


108 


22'. 



1919 



Vol. 1 



Mars- Avril. 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



éopold de SAUSSUKE 

(Avec 2 fig.). 



Dès le début des études sanscritiques, les indianistes consta- 
tèrent dans les livres védiques l'existence de divisions stellaires 
en rapport avec le mouvement de la lune et consacrées par des 
croyances religieuses. Ces divisions, t rès inégale s_entre elles et 
jalonnées par des astérismes, sont appelées nakshat ra. Leur 
usage s'est perpétué jusqu'à nos jours et Colebrooke, en 1807, 
aidé par des pandits hindous, a identifié avec exactitude les 
étoiles fondamentales yogatârâ qui en marquent les limites 1 . 

On reconnut aussitôt la communauté d'origine de ce système 
et de celui des 28 sieou chinois, que les ouvrages du P. Gaub jh, 
missionnaire jésuite, avaient fait connaître en Europe au 
XVII? siècle. 

On admit également cette communauté d'origine avec celui 
des 27 menâzil arabes, qui lui-même semble provenir d'un 
système d'astérismes chaldéens dont on n'a découvert que des 
fragments. Les menâzil arabes sont assimilés au mazzalôt 

1 « Les identifications de Colebrooke se trouvent confirm ées par un 
document qui lui est antérieur de huit siècles. Le voyageur arab<> Albirouni 
avait mis beaucoup d'intérêt à reconnaître dans le ciel les étoiles détermi- 
natrices des mansions lunaires des Hindous, institution qu'il supposait, par 
préjugé national, leur être venue des Arabes. Il trouva, comme Colebrooke. 
les pandits très peu exercés à la connaissance pratique du ciel » (Biot. 
Etudes, 1862). 

Auciiiviis, Vol. 1. — Mars-Avril 1919. 8 



106 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



biblique (Rois. 28, 5) et leur existence paraît être établie dans 
les temps pré-coraniques. 

La civilisation babylonienne étant beaucoup plus ancienne 
que celle de l'Inde et de la Chine, les savants inclinent à penser 
(Weber, 1860; Ginzel, 1906: Oldenberg. 1909) que l'origine 
première du système doit être placée en Chaldée. 

Historique de la discussion. — Le chronologiste allemand 
Ideler ayant, en 1839, appliqué aux sieou chinois le terme de 
«stations lunaires», J.B. Biot répondit dans le Journal des 
Savants en montrant fort justement que dès la haute antiquité 
l'astronomie chinoise est fondée sur le_£Ôle et le méridien, 
que les 28 sieou y sont des divisions équatoriales, sans rap- 
port spécial avec la lune, et qu'ils ont été choisis, aux en- 
virons du 24 me siècle avant notre ère, d'après leur corres- 
pondance avec le passage au méridien des principales cir- 
compolaires, ce qui explique la grande inégalité de ces divi- 
sions. L'évidence de ce fait créa dans l'esprit de Biot l'inébran- 
lable certitude que les nakshatra hindous ne pouvaient être 
qu'une corruption des sieou chinois importés dans l'Inde, thèse 
qu'il soutint jusqu'à sa mort (1862). Dix ans plus tard l'india- 
niste américain Whitney, dans son étude intitulée Lunar 
zodiac, réfuta cette opinion mais crut devoir faire une contre- 
oftènsive : il tourna en dérision la théorie de Biot sur la déter- 
mination circompolaire des sieou chinois et soutint, inversement, 
que ceux-ci n'étaient qu'une corruption des nakshatra hindous 
importés en Chine à une date peu ancienne. Personne, depuis 
quarante ans, n'avait encore répondu à Whitney et les sino- 
logues inclinaient à admettre ses idées, lorsque je fus amené, 
par une circonstance forfuite, à contester leurs vues sur l'ori- 
gine de la science chinoise et à reprendre l'étude de l'astronomie 
antique. 

Après avoir confirmé l'exactitude de la théorie de Biot quant 
au caractère équatorial de la méthode chinoise, j'ai pu montrer 
qu'il s'était trompé en croyant que la correspondance entre les 
sieou et les circompolaires avait été le but recherché par les 
astronomes antiques. Leur intention était d'obtenir l'exacte 
opposition diamétrale des sieou; et pour arriver à ce résultat 
il leur fallait se servir de l'alignement AP et PA (P étant le 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



107 



pôle et A une circompoiaire) en prolongeant cet alignement 
jusqu'aux régions équatoriales opposées, qui ne sont pas visibles 
simultanément 1 . 

Par ce procédé ils obtinrent l'admirable symétrie diamétrale 
que j'ai révélée par le diagramme publié ici même en 1907-. 
Ce document n'a pas créé seulement un fait nouveau en ce qui 
concerne les origines du système astronomique chinois: con- 
trairement à ce que je croyais à cette époque où, encore influencé 
par Biot, je rejetais l'idée qu'un zodiaque lunaire (nécessaire- 
ment écliptique) ait pu intervenir dans l'astronomie équato- 
riale des Chinois, il ouvre de nouveaux aperçus dans le débat 
qui se prolonge depuis plus d'un siècle au sujet du zodiaque 
lunaire. 

C'est ce que je me propose d'exposer ici. A cet effet il convient 
d'abord de compléter les principes généraux que j'avais formulés 
au sujet de l'astronomie primitive. Car le zodiaque lunaire — 
je Tai compris depuis lors — est un procédé rudimentaire. 
resté ignoré des historiens de l'astronomie et dont il est dès 
maintenant possible d'esquisser la théorie. 

Le problème sidéro-solaire. 

Notre zodiaque, d'origine gréco-chaldéenne, évoque avant 
tout Tidéc du soleil et sert à marquer la position de cet astre 
au cours des douze mois de Tannée. Mais cet emploi ne rend 
pas compte de sa genèse lointaine car le soleil, effaçant les étoiles 
par sa présence, ne laisse pas observer directement son lieu 

1 En d'autres termes, pour choisir deux petites étoiles équatoriales a et 
a' opposées en ascension droite (c'est-à-dire en longitude équatoriale) ils 
dressèrent un plan vertical dirigé vers le pôle et, à diverses époques de 
l'année, ils observèrent quelles étaient les étoiles de la région médiane du 
ciel passant au méridien en même temps que la circompoiaire A. C'est 
là un procédé analogue à celui qu'emploient les ingénieurs pour 
obtenir l'exacte opposition de direction des deux amorces d'un 
tunnel: ils établissent sur le sommet de la montagne un jalonnement qui 
se prolonge sur les deux versants. La région circompoiaire, toujours visi- 
ble, est le sommet du ciel et permet, elle aussi, d'établir un alignement 
prolongé sur les deux versants opposés. 

2 Prolégomènes d'astronomie primitive comparée et Note sur les étoiles 
fondamentales des Chinois. Arcli. 1907, Juin et Juillet. 



108 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



sidéral; on ne le devine que par déduction, opération d'esprit 
correspondant à un stade plus avancé de l'évolution. 

Les primitifs observent ce qui tombe directement sous les 
sens et présente une utilité immédiate. Ils constatent que le 
firmament accomplit chaque année une l'évolution de gauche 
à droite, indépendamment de celle (de même sens) qu'il accom- 
plit chaque jour. Et, après avoir été déçus par l'inexactitude de 
Tannée lunaire, ils désirent trouver dans cette révolution sidé- 
rale annuelle un repère fixant approximativement le retour des 
saisons. 

Ils sont ainsi conduits à observer quelles sont les étoiles les 
plus proches du couchant. Car ces étoiles, voisines des feux du 
crépuscule, vont disparaître les jours suivants dans les rayons 
du soleil et ne seront plus visibles à l'occident pendant bien 
des mois. 

Elles reparaîtront environ cinq semaines plus tard, mais à 
l'orient, où elles se lèvent avec l'aurore qui les efface un instant 
après; leur apparition se fera, les jours suivants, de plus en 
plus tôt et de plus en plus longue. 

Cette disparition des étoiles le soir à l'occident (coucher 
héliaque) et leur réapparition le matin à l'orient (lever héliaque) 
se reproduisent chaque année à la même époque et sont faciles 
à observer. Les conditions variables de l'atmosphère ne per- 
mettent pas d'en obtenir un résultat très précis; elles suffisent, 
néanmoins, à repérer à quelques jours près, la date d'une fête 
religieuse ou à rectifier l'erreur, accumulée pendant plusieurs 
années, de l'année lunaire. 

D'autre part l'observation des couchers (ou des levers) 
héliaques amène les primitifs à noter quelles sont les constella- 
tions qui disparaissent successivement dans les rayons du 
soleil, à leur donner des noms et à en dresser la liste qui est 
précisément celle du futur zodiaque. En outre, elle leur montre 
que ces constellations se lèvent et se couchent : les unes à l'ESE 
et à l'WSW ; d'autres à l'E et à l'W, les autres à PENE et à 
l'WNW; constatation qui fait progressivement remarquer 
l'obliquité de la ceinture zodiacale 1 . 

1 Cette genèse automatique de la conception du zodiaque est peut-être 
inédite. Je ne l'ai rencontrée chez aucun historien de l'astronomie. 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



109 



L'observation des couchers héliaques suscite ainsi les progrès 
qui ont engagé les Chaldéens et les Grecs dans la voie de l'astro- 
nomie écliptique, laquelle s'est perpétuée, en Occident, jusqu'au 
XVII e siècle, où le perfectionnement des pendules fit adopter la 
méthode équatoriale. 

En résumé, les primitifs, en certaines contrées, ont utilisé le 
repère naturel formé par l'horizon pour observer le lever ou le 
coucher héliaque des étoiles. Ils obtenaient ainsi la fixation 
d'une date annuelle et ré solvaien t, sans en avoir conscience, le 
problème sidéro-solaire, c'est-à-dire le problème du 1 i f mi sidéral 
du soleil aux diverses époques de l'année physique l . 

Jusqu'ici on pouvait croire que cette observation des levers et 
couchers d'étoiles était le seul procédé dont les primitifs dispo- 
saient pour lire directement une date annuelle dans le ciel, 
sans l'aide d'aucun repère artificiel tel que gnomon, plan méri- 
dien ou division géométrique du firmament. Mais la littérature 
védique révèle un autre procédé qui, lui non plus, n'exige aucun 
repère artificiel , car, il consiste simplement à observer le lieu 
sidéral de la lune. 

Le lieu sidéral de la lune. — Quand la lune est pleine, elle 
se trouve diamétralement opposée au soleil. Comme le soleil 
revient chaque année, au même mois, dans la même constella- 
tion (qui est alors invisible), il s'en suit que le plein de la lune 
se produit chaque année, au même mois, dans la constellation 

1 Je dis physique et non pas tropique ou solaire, car les primitifs ne 
remarquent pas, tout d'abord, les phases tropiques (équinoxes et solstices). 
Ils ne conçoivent même pas que le soleil soit la cause de l'année et de la 
journée. Le premier chapitre de la Genèse montre qu'à une époque déjà 
historique les Syro-Chaldéens considéraient le jour et la nuit comme des 
entités indépendantes du soleil. Les ténèbres et le vent sont préexistants, 
puis l'ordre de création comporte: d'abord la lumière, le jour et la nuit; 
puis la terre et le ciel ; puis les végétaux ; enfin le soleil, la lune et « aussi » 
les étoiles. 

L'année se manifeste aux primitifs d'abord par la révolution physique 
et physiologique: les saisons météorologiques et leurs effets sur les végé- 
taux et les animaux. Puis e nsuite par la révolution sidérale annuelle que 
l'on peut suivre des yeux dans le ciel et qui est bien plus concrète que 
l'année solaire. L'observation des étoiles zodiacales sert donc, à L'origine, à 
établir un lien entre l'année physique, agricole, et l'année sidérale. C'est 
ainsi que le lever héliaque de Sirius annonçait aux anciens Egyptiens 
l'imminence de l'inondation du Nil. 



110 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



opposée. Si les rites, comme c'est le cas dans certains textes 
védiques,'^^scT , îvent d'accomplir tel sacrifice lorsque la pleine 
lune a lieu dans telle constellation, la date annuelle de cette 
cérémonie se trouve ainsi approximativement fixée. 

L'observation du plein de la lune a donc une utilité calendé- 
rique; il constitue un procédé qu'on peut appeler primitif puis- 
qu'il n'exige l'emploi d'aucun repère artificiel. Son invention 
suppose, semble-t-il, un effort de réflexion plus grand que celle 
des couchers héliaques. L'attention est attirée sur ces derniers 
d'une manière automatique et progressive par le fait qu'une 
belle constellation, remarquée le soir à l'occident, ne s'y trouve 
plus un mois après; et qu'ainsi, avant de songer à une obser- 
vation précise à quelques jours près, le primitif sait déjà, depuis 
des siècles, que cette constellation disparaît en telle saison. 
Pour le lieu sidéral de la pleine lune, il n'en est pas de même; 
on n'est pas conduit, automatiquement, à l'observer. Mais cette 
observation n'est nullement hors de la portée des primitifs, non 
seulement aux anciennes époques historiques, mais même dans 
les temps préhistoriques. Depuis que l'astronomie est devenue 
une science mathématique, sans utilité directe pour l'individu, 
absente de l'enseignement scolaire et réservée à des spécialistes, 
on s'est fait une idée fausse de ses origines. Observer la marche 
des astres mobiles parmi les étoiles était autrefois une opération 
concrète, très simple, et à laquelle incitaient des motifs religieux 
et utilitaires. Les primitifs qui, à l'époque du renne, ont buriné 
au silex tant d'admirables dessins d'animaux ont fait preuve 
d'une faculté d'observation bien supérieure à celle qu'exige la 
constatation de la marche rétrograde de la lune parmi les 
étoiles. Mon intention n'est pas, d'ailleurs, de soutenir l'origine 
préhistorique du zodiaque lunaire mais de faire remarquer, 
simplement, que les procédés d'astronomie primitifs peuvent 
remonter dans le passé beaucoup plus loin qu'on ne le croit 
généralement 1 . 

Les levers acronyques. — Une objection pourrait maintenant 

1 L'astronomie naît dans les sociétés sédentaires, agricoles et hiérarchi- 
sées, mais elle ne suppose pas la connaissance des métaux. Les Aztèques et 
surtout les Chinois ont eu des notions très développées quand ils en étaient 
encore à l'âge de la pierre polie. 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



111 



se présenter à l'esprit du lecteur. Lorsque la lune est pleine 
elle se lève acronyquement, c'est-à-dire à l'opposé du coucher 
du soleil et l'observation de la constellation dans laquelle elle 
se trouve fixe une date annuelle. Mais à quoi bon faire inter- 
venir la lune et pourquoi n'observerait-on pas simplement 
quelle constellation se lève acronyquement puisque le lever 
acronyque des étoiles suffit, à lui seul, à fixer une date annuelle ? 

S'il en est ainsi en théorie, il n'en va pas de même en pra- 
tique. Une étoile qui se lève acronyquement était déjà visible 
précédemment ; après s'être levée héliaquement, à 5 heures du 
matin par exemple, plusieurs mois auparavant, son lever a re- 
tardé chaque mois de deux heures : elle s'est levée à 3 h., puis à 
1 h., puis à 11 h. du soir, à 9 h. et enfin au coucher du soleil : 
et les mois suivants elle continuera d'être visible, dès le cré- 
puscule, de plus en plus haute sur l'horizon. Les levers acro- 
nyques ne sont donc pas comparables aux levers héliaques qui 
consistent en la soudaine réapparition, au levant, d'une étoile 
totalement invisible le mois précédent et située auparavant à 
l'occident; ni aux couchers héliaques qui consistent en la 
disparition d'une étoile totalement invisible le mois suivant. Le 
lever acronyque frappe moins le primitif parce que l'étoile étant 
visible avant et après, il n'a de valeur que si l'on observe, par 
un effort d'attention, l'opposition diamétrale de l'étoile et du 
soleil. Cette observation reste d'ailleurs imprécise pour plusieurs 
raisons. 1° Sauf en certaines contrées, plates et de climat très 
sec, les étoiles, vu leur faible éclat, ne percent pas les brumes 
de l'horizon avant d'avoir atteint une hauteur considérable. 
Quand elles apparaissent il est donc difficile de dire quelle est 
celle qui se levait au moment du coucher du soleil. 2° La suc- 
cession des levers acronyques se produisant naturellement avec 
la même lenteur que la révolution solaire, c'est-à-dire à raison 
d'un degré par jour, il sera difficile, dans les conditions si im- 
précises de l'observation, de dire, même à 10 jours près, à quelle 
date Tétoile s'est levée à l'instant du coucher du soleil. 

Le plein de la lune. — L'observation du lieu sidéral lunaire 
supprime cette incertitude parce que la pleine lune marque 
par sa présence le lieu acronyque: il suffit de .regarder quelles 
sont les grandes étoiles qui entourent la lune pour connaître 



112 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



l'endroit du firmament opposé au soleil. Et pour cela il n'est 
pas nécessaire que l'observation soit faite au coucher du soleil ou 
au crépuscule. Elle est tout aussi valable si elle a lieu au cours de 
la nuit ou au coucher de la lune, puisque son exactitude dépend 
du moment du plein, lequel peut se produire à toute heure du 
jour ou de la nuit. 

Pour que l'observation du lieu sidéral soit exacte, il faut donc 
connaître avec une certaine précision le moment où la lune 
atteint son plein. Si on tente de le faire d'après l'aspect du 
disque l'erreur pourra être considérable. Il me paraît difficile à 
l'œil nu de précisera moins d'un jour près, le plein de la lune. 
On aurait donc ainsi une incertitude de 13 degrés sur le lieu si- 
déral et par conséquent de 13 jours dans le repérage de la date 
annuelle \. 

Mais le plein de la lune n'est pas apprécié simplement d'après 
l'aspect du disque. Il est précisé (et c'est là un point essentiel de 
la méthode) par la simultanéité du lever de la lune avec le 
coucher du soleil (ou du coucher de la lune' avec le lever du 
soleil). Car pour la lune il n'en va pas de même que pour les 
étoiles : sa clarté perce les brumes de l'horizon et ne se laisse pas 
efiacer par le soleil couchant ou levant. Souvent, dans les pays 
méridionaux, on aperçoit simultanément les deux disques à 
l'horizon ; et, s'il n'en est pas toujours ainsi, il est du moins 
facile de juger, d'après les quelques minutes écoulées dans l'in- 
tervalle, si les deux astres se trouvaient en opposition. Comme 
le lever de la lune retarde chaque jour d'environ 50 minutes 
sur le coucher du soleil, cette grande rapidité de déplacement 
permet de fixer exactement (disons à un quart de jour près) le 
moment du plein, en comparant pendant deux ou trois jours 
les retards mutuels du lever et du coucher de la lune et du 
soleil. 

L'observation de la lune à l'horizon indique donc le moment 
de son plein. Puis l'observation au cours de la nuit, quand les 

1 La lune parcourant le firmament en 27 jours 32, son déplacement 
moyen est de 13° 10' par jour. Sa révolution synodique étant de 29 jours 5, 
son lever retarde en moyenne de 49 m. par jour sur le coucher du soleil. 
Sa latitude, qui est au maximum de 5°, n'a qu'une influence négligeable 
sur le lever acionyque. 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



113 



étoiles sont bien visibles, indique le lieu sidéral de la lune. 
Comme la lune se déplace de 13 degrés par jour parmi les étoiles, 
il sera très facile d'interpoler à vue et de désigner le lieu sidéral 
correspondant à la pleine lune, ce qui indiquera d'une manière 
assez précise le retour de la date annuelle cherchée. 

Le parti qu'on a pu tirer de cette méthode a dû dépendre de 
la conception plus ou moins nette qu'on en a eue, aux époques 
plus ou moins primitives où elle s'est développée. Remarquons 
toutefois qu'elle ne réclame l'emploi d'aucun repère artificiel et 
qu'elle permet de lire directement dans le ciel une date annuelle 
avec une exactitude supérieure à celle des levers ou couchers 
héliaques. 

Vranographie acrongque. — L' observatio n du lieu sidéral de 
la pleine lune n'est pas lié au coucher du soleil ; mais, comme 
les étoiles qui entourent la pleine lune sont celles qui se lèvent 
aeronyquement, et comme le moment du crépuscule est celui où 
les hommes, après les travaux de la journée, ont le loisir de 
regarder le firmament, il est naturel que les peuples dont le 
repère calendérique était basé sur le lieu sidéral de la pleine 
lune, aient pris l'habitude de considérer chaque soir, au levant, 
la succession des levers d'étoiles et que leur uranographie porte 
l'empreinte de cette coutume. 

Tel est le cas précisément de la Chine où les constellations 
sont en rapport mois par mois avec les événements de l'année, 
en concordance avec les levers acronyques du ciel de l'antiquité. 
Et ce fait, joint à l'existence des 28 stations caractéristiques du 
zodiaque lunaire asiatique, montre que ce dernier fut, dans la 
période primitive, l'institution fondamentale qui présida à la 
naissance de l'astronomie, de l'uranographie et du calendrier 
des anciens Chinois. 

La ceinture zodiacale lunaire. — La découverte et l'emploi 
du procédé calendérique basé sur l'observation du lieu sidéral 
de la pleine lune a dû conduire vraisemblablement à désigner 
sur le pourtour de la route de la lune (c'est-à-dire le long de 
Técliptique) un certain nombre de constellations servant à pré- 
ciser cette observation. 

Il faut remarquer, toutefois, que cette conséquence logique ne 
provient pas du besoin calendérique: car la lunaison satisfait 



114 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



parfaitement les primitifs en ce qui concerne la division de 
l'année. Ce qu'ils cherchent dans le ciel, c'est un jalon annuel 
permettant de rectifier l'inexactitude de l'année lunaire. Pour 
cela il leur suffit de posséder un seul repère, fonctionnant de 
préférence au printemps et lié au début de l'année. Tel était le 
cas. comme nous le verrons, de la Chine primitive, où la termi- 
nologie et le folklore uranographiques concourent à nous 
montrer que le Nouvel-An (au début du printemps) était associé 
à la belle étoile Epi de la Vierge, de l re grandeur, voisine de 
l'édiptique. Cette étoile, princeps signorum des Chinois et qu'ils 
nomment Kio, est une des 28 stations du zodiaque lunaire asia- 
tique. Or elle est précisément opposée au lieu du soleil dans la 
haute antiquité chinoise. C'est dire qu'elle se levait acronyque- 
ment au Nouvel- An ; et puisque les sieou chinois sont une forme 
du zodiaque lunaire asiatique, nous comprenons facilement de 
quelle manière elle repérait la date annuelle ; la pleine lune qui 
se produisait à droite de Kio était la dernière de l'année ; la 
pleine lune qui se produisait à gauche de Kio était la première 
de la nouvelle année. 

Mais les observations astronomiques, dans l'antiquité, n'étaient 
pas limitées à leur utilité calendérique. Elles étaient associées à 
des croyances, des mythes et des coutumes. Le fait qu'un seul 
repère annuel était pratiquement employé n'empêche donc pas 
que les levers acronyques et le lieu sidéral de la pleine lune 
fussent observés, pendant tout le reste de l'année, comme faisant 
partie du système général selon lequel on envisageait le rapport 
de la l'évolution du firmament avec la révolution des saisons. 

On peut donc inférer avec vraisemblance que la coutume 
d'observer le lieu sidéral de la pleine lune entraîne logiquement 
(comme l'observation des couchers héliaques) l'institution d'une 
ceinture de constellations zodiacales, au nombre de douze 
puisqu'il y a normalement douze pleines lunes dans l'année. 
Cette division du ciel en douze parties existe effectivement dans 
l'Inde et en Chine. 

Le zodiaque Jiun-solaire. — L'utilisation calendérique de 
l'observation du lieu de la pleine lune ne réclame nullement 
qu'on en déduise, au préalable, le lieu du soleil. Quand bien 
même on connaîtrait ce lieu du soleil (diamétralement oppose à 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



115 



celui de la pleine lune), on n'en sera pas plus avancé quant à 
l'utilisation pratique de l'observation. C'est pourquoi Je procédé 
basé sur le lieu sidéral de la pleine lune doit être considéré, au 
même titre que les levers ou couchers héliaques, comme un 
procédé primitif: il est empirique et fournit le résultat désiré 
sans l'intervention d'aucune théorie abstraite. Quand la réappa- 
rition d'Isis (Sirius) annonçait l'imminence de la crue du Nil, 
les anciens Egyptiens n'avaient pas à supputer, au préalable, 
quelle était la position du soleil indiquée par ce lever héliaque. 
Ils reliaient directement le fait céleste au fait terrestre, de même 
que les anciens Hindous reliaient directement le plein de la 
lune dans tel nakshatra avec le sacrifice à accomplir à cette 
époque de l'année. 

Mais, à la longue, le besoin de connaître s'éveille. Dans une 
société agricole et hiérarchisée où des fonctionnaires sacerdotaux 
sont préposés à l'observation mi-religieuse et mi-utilitaire des 
phénomènes célestes, les idées progressent, fût-ce d'une manière 
insensible. Quand, pendant des siècles, on a observé le lieu 
sidéral de la pleine lune, la notion s'établit, de plus en plus 
clairement, que le lieu sidéral du soleil se trouve à l'opposé et 
que l'astre du jour séjourne en automne dans les lieux où l'astre 
de la nuit fait son plein au printemps. On conçoit alors, de plus 
en plus nettement, que les astérismes choisis pour repérer les 
mois du printemps doivent être situés juste à l'opposé de ceux 
qui indiquent les mois de l'automne. 

Leur symétrie peut être vérifiée, grosso modo, au cours des 
belles nuits claires, lorsqu'on aperçoit simultanément des étoiles 
zodiacales à l'est et à l'ouest. On peut imaginer encore d'autres 
procédés, plus ou moins rudimentaires ou plus ou moins savants, 
pour constater l'opposition des astérismes. Nous avons vu que 
les Chinois, aux environs du 24 e siècle avant notre ère, ont 
employé, pour la réforme de leur zodiaque, le passage au méri- 
dien des circompolaires. Ils sont arrivés ainsi à cré er des couples 
d'étoiles opposées, divisant le ciel en régions symétriques mais 
non pas équivalentes. Certains de ces sieou ont 5 degrés d'am- 
plitude, d'autres en ont 30. 

Quel que soit le procédé employé, l'opération, pour être 
exacte, devra recourir au choix de très petites étoiles. Car les 



116 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



astres de l ,e , 2 nie et même 3 lne grandeur sont trop rares pour 
que, à moins d'un hasard extraordinaire, on en trouve deux 
s'opposant l'une à l'autre. Aussi dans le diagramme des sieou 
chinois peut-on constater que les couples les plus exacts sont 
composés de petites étoiles évidemment choisies dans un but de 
symétrie. Tandis que les couples les plus inexacts sont ceux dont 
font partie les étoiles auxquelles s'attachent les mythes et 
traditions de la période primitive (Kio, Sin et Tsan). 

A partir du moment où le zodiaque (probablement duodé- 
naire) de la période primitive a été transformé en une série de 
secteurs, inégaux mais exactement opposés par couples, on ne 
saurait plus, logiquement, lui appliquer l'épithète de lunaire. Il 
était lunaire lorsqu'il servait à localiser le plein de la lune; mais 
il est devenu luni-solaire depuis que ses divisions, diamétrale- 
ment opposées, indiquent simultanément le lieu du soleil et celui 
de la pleine lune. 

Le zodiaque hindou. — Il ne me sera pas difficile de montrer 
comment ces inductions théoriques sont vérifiées en Chine par 
les faits qui permettent de suivre la transformation du zodiaque 
préexistant en un zodiaque luni-solaire admirablement symé- 
trique, Mais comme cet exposé fera l'objet d'une étude à part, 
nous passerons de suite au zodiaque hindou. 

Les indianistes ont constaté dans les textes la corrélation de 
ce zodiaque avec le mouvement de la lune, notamment son uti- 
lisation pour localiser le plein de la lune et fixer ainsi la date 
d'un sacrifice rituel. Mais comme cet emploi calendérique du 
zodiaque n'apparaît que dans les textes de beaucoup les moins 
anciens de la littérature védique, ils doutent qu'on Tait connu 
dans la période des Védas proprement dite et, par conséquent, 
ils ne sont pas enclins à croire que cet emploi soit de nature à 
expliquer la destination originelle du zodiaque. 

Ils ont constaté dans les textes l'existence d'une division 
duodénaire du contour du ciel, formée par douze groupes de 
nakshatra, chaque groupe contenant 2 ou 3 des 28 Hakshatra. 
Ainsi que Whitney l'a exposé dans ses Asiatic studies, ces 
groupes ont dû être constitués pour localiser le plein des douze 
lunaisons annuelles ; comme ils ne sont pas non plus mentionnés 
dans les textes archaïques, ce silence confirme les indianistes 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



117 



dans leur opinion au sujet du caractère postérieur de l'emploi 
du zodiaque pour localiser le plein de la lune. 

Par ailleurs ils considèrent comme inexplicable le choix de 
très petites étoiles, souvent de 4 me et de 5 ,,,e grandeur, à peine 
visibles à l'œil nu, pour servir de démarcation aux 28 divisions 
stellaires. Comme le remarque Whitney, ce choix est d'autant 
plus incompréhensible que la clarté de la lune efface les étoiles 
environnantes sauf celles de grand éclat et qu'un zodiaque 
lunaire devrait, par conséquent, constituer ses divisions au 
moyen d'astres plus visibles. 

Cette particularité les étonne d'autant plus que les naksha tra, 
comme les sieou, sont extrêmement inégaux entre eux : les uns 
ont 4 degrés, d'autres en ont jusqu'à 20 et 29. Si l'amplitude des 
divisions leur était ainsi indifférente, pourquoi les créateurs du 
système ne choisissaient-ils pas les plus belles étoiles de la région 
zodiacale ? 

. Cette prédilection pour les petites étoiles est encore plus 
étonnante lorsqu'on voit qu'elle n'est pas spéciale à l'Inde et 
que les Chinois s'y sont conformés. Si ce choix singulier ne 
repose sur aucune raison pratique, comment expliquer qu'un 
système aussi incommode ait eu dans l'antiquité assez de vogue 
pour se répandre d'un bout à l'autre de l'Asie chez les peuples 
les plus divers ? 

Ayant eu l'occasion de constater à quelles méprises sinologues 
et indianistes s'exposent lorsqu'ils s'aventurent dans le domaine 
historique et philologique qui leur est réciproquement étranger, 
je m'abstiendrai d'intervenir ici dans les affaires de l'Inde 1 . Je 
me borne donc à présenter aux indianistes les remarques, 
d'ordre général, qui précèdent, en attirant leur attention sur la 
ligure 2. Ce diagramme, inédit, leur montrera que le systèm e 
des nakshatra n'appartient pas à l'astronomie primitive, qui 
utilise seulement des repères naturels; il fait intervenir des 
repères artificiels, consistant dans une division géométrique du 
contour du ciel au moyen d'une segmentation symétrique, 
comme c'est le cas des sieou chinois (fig. 1, Archives 1917, juil 

1 Les origines de l'astronomie chinoise, Revue sinologique Toung pao, 
Brill. éditeur, Leyde (1909-1914). — Nakshatra und sieou, par H. Olden- 
berg, Wissensch. Geselîsch., Bonn, 1909. 



118 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



let, p.jj), mais avec une exactitude beaucoup moindre dans le 
système hindou. 

Les diverses périodes de l'évolution du zodiaque lunaire. — 
Le nombre des divisions stellaires du zodiaque asiatique étant 




F 1 i g. 2. — Projection des nakshatra (chiffres romains) et des sieou (chiffres arabes) 
sur l'équateur du 24 ine siècle av.-J.-C. 

Quoique la série chinoise commence par Kio, on a conservé ici 
l'ordre de numérotation des tableaux numériques de Biot 
afin de faciliter la comparaison. 

de 28 (ou 27), a été supposé en rapport avec le nombre de jours 
de la révolution sidérale de la lune 1 . Il est possible, en effet, 
qu'on ait essayé tout d'abord de créer des divisions équivalentes 
en les mesurant au moyen de la marche journalière de la lune. 

1 La lune rejoint le soleil en 29 jours 5 environ (révolution synodi- 
que) ; c'est la lunaison proprement dite. Mais elle revient en un même 
point du firmament en 27 jours 32. Son déplacement diurne moyen e»t 
de 13° 10'. 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



Mais cette segmentation du ciel, qui pourrait bien avoir été 
exécutée plutôt dans un but astrologique, ne correspond en tous 
cas pas à la phase primitive, caractérisée, comme nous l'avons 
dit, par l'absence de repères artificiels et par l'emploi de pro- 
cédés rudimentaires permettant de lire directement la date 

■ annuelle dans le ciel. 

L'observation du lieu sidéral de la lune n'exige nullement 
des divisions égales. Elle peut s'attacher à une seule constella- 
tion, pour fixer, par exemple, le début de l'année; ou à diverses 
autres constellations pour repérer des cérémonies religieuses ou 
des travaux agricoles. 

Plus tard, on est conduit logiquement à compléter le système 
en distinguant dans le ciel 12 régions correspondant aux douze 
lunaisons de l'année; mais non pas à adopter 28 divisions, carie 
plein de la lune n'aurait pas lieu annuellement dans chacune 

M d'elles. 

Dans_une phase plus avancée, le désir de diviser le ciel en 
parties égales a pu suggérer d'employer la lune elle-même à 
leur délimitation en observant la distance qu'elle parcourt 
chaque jour. On serait arrivé ainsi, à la suite de nombreux 
tâtonnements, à former 28 segments approximativement égaux ; 
peut-être a-t-on cherché, en observant fréquemment le lieu de la 
lune à 14 jours de distance, à leur donner une certaine symétrie 
diamétrale. Mais ces 28 divisions ne sont pas celles, très inégales, 
du zodiaque asiatique historique. 

Dans une phase postérieure, et alors que le nombre 28 était 
déjà consacré par une longue tradition, la découverte d'un 
nouveau procédé (les alignements polaires, en Chine) aurait 
amené un remaniement de ces 28 divisions, dans le but d'obtenir 
des couples plus précis 1 . 

Cette gradation hypothétique des époques successives, basée 

1 Le fait suivant semble montrer que les sieou chinois dérivent d'un 
système antérieur déjà assez exactement symétrique. Sur les 28 étoiles 
chinoises, 7 sont identiques aux étoiles hindoues et peuvent être consi- 
dérées comme provenant d'un système antérieur. Ces 7 étoiles font partie 
de 6 couples. Parmi ces 6 couples il en est un formé de deux de ces étoiles 
anciennes. En d'autres termes, parmi les 14 couples des sieou chinois, il 
en est un (le 14-28) formé de deux étoiles hindoues. Or ces deux étoiles 
sont diamétralement opposées : leur dissymétrie est inférieure à 3 degrés 



120 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



sur des inductions, devra naturellement être modifiée si les faits 
en démontrent l'inexactitude. En attendant, elle me paraît 
conforme, en ce qui concerne la Chine, aux données historiques 
et astronomiques du problème. 

La question du zodiaque lunaire asiatique ne pourra être 
résolue que par l'association intime de la critique philologique, 
historique et astronomique. En s'en tenant à un point de vue 
unilatéral, on s'exposerait à des erreurs. Mais pour que la 
critique astronomique puisse s'exercer utilement, encore faut-il 
qu'elle dispose de principes directeurs permettant de classer 
les phases successives du développement primitif de cette science, 
de même qu'on a classé en périodes successives les phases du 
développement de l'industrie préhistorique du silex. Faute 
d'avoir élaboré de tels principes, on a dû se borner à enregistrer 
simplement les données extraites des textes et à créer, par la 
succession chronologique de ces données, des stades astronomi- 
ques qui ne correspondent nullement à l'évolution des procédés 
tels qu'on peut les imaginer d'après la comparaison des institu- 
tions primitives et d'après les mobiles dont elles sont nées. C'est 
ainsi que, depuis un siècle, on a discuté sur les nakshatra avec 
l'idée préconçue qu'ils étaient des divisions très primitives et 
irrégulières, alors que la raison d'être de leur diffusion à travers 
l'Asie provient vraisemblablement de la symétrie déjà savante 
qui se révèle quand on en trace le diagramme circulaire. 

Conclusion. — Dans les Prolégomènes d'astronomie primitive 
comparée publiés ici il y a douze ans, j'avais, par ignorance, 
omis d'indiquer le procédé calendérique primitif basé sur l'ob- 
servation du plein de la lune. Ayant eu, depuis lors, l'occasion 
de constater que ce procédé, indiqué par les textes hindous, 
explique l'origine, la diffusion et l'évolution du zodiaque lunaire 
asiatique, j'ai essayé, par ces lignes, de combler cette lacune. 

Après avoir esquissé la théorie du zodiaque lunaire, il me 
reste à en montrer l'application en Chine où, après une période 

selon l'écliptique et selon l'équateur antique. Ces deux étoiles, qui par- 
tagent le firmament en deux parties égales, sont également opposées 
(14-28) dans la numérotation hindoue (c'est ce fait qui m'a engagé à tracer 
le diagramme des nakshatra). Le système chinois antérieur aux sieou 
semhle ainsi avoir eu déjà une symétrie analogue à celle des nakshatra. 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



121 



primitive, le désir de trouver des étoiles fondamentales exacte- 
ment opposées a conduit les astronomes de l'antiquité à faire 
usage du plan méridien, ce qui a provoqué l'adoption de la 
méthode équatoriale, perpétuée au cours des quarante siècles de 
l'histoire chinoise. 

APPENDICE. 
Sur la symétrie des Nakshatra. 

La constatation de la symétrie des nakshatra est un fait 
nouveau de nature à modifier les idées admises au sujet de 
l'origine et de l'évolution du zodiaque lunaire hindou. Les in- 
dianistes seuls sont qualifiés pour combiner l'interprétation de 
ce fait astronomique avec les données historiques. Mais comme 
les nakshatra ne sont qu'une des formes du zodiaque lunaire 
asiatique, on ne peut pas apprécier, à sa juste valeur, le fait de 
leur symétrie si l'on ne tient pas compte de son analogie avec 
la symétrie des sieou ainsi que des inductions suggérées par 
l'analyse astronomique de cette double symétrie chinoise et 
hindoue. C'est pourquoi, sans intervenir dans le domaine de 
l'indianisme, je voudrais présenter ici quelques remarques, 
d'ordre astronomique, au sujet de cette symétrie comparée. 

Projections équatoriale et écliptique. — On peut se demander, 
tout d'abord, s'il convient d'examiner la symétrie des nakshatra 
suivant le plan écliptique, perpétuellement invariable, ou d'après 
le plan équatorial qui se déplace dans le firmament par suite 
de la révolution du pôle. 

La réponse ne paraît pas douteuse; car, autant que j'en puis 
juger, les Hindous, à toutes les époques, ont conçu et utilisé les 
nakshatra comme des jalons zodiacaux disposés le long de la 
•route moyenne de la lune, c'est-à-dire le long de 1 écliptique. 

On les projettera donc sur l'écliptique. Mais il est utile pour 
deux raisons, de les projeter aussi sur l'équateur. D'abord 
parce que le choix d'étoiles symétriques n'a pu être réalisé que 
par certains procédés dont les uns sont écliptiques et les autres 
équatoriaux. Ensuite parte que les Chinois ont établi la symé- 
trie de leurs sieou d'après un procédé équatorial et qu'il est 
utile de comparer les deux systèmes en les plaçant dans les 
mêmes conditions. 

A-RClllVKs, Vol. 1. — Mars- Avril 1919. 9 



122 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



C'est précisément le désir de faire cette comparaison qui 
ma amené à découvrir la symétrie des nakshatra; il ne sera 
pas inutile d'exposer ici les raisons qui m'y conduisaient et les 
constatations qui en sont résultées, car elles sont en rapport 
avec la question des origines. 

Réforme du zodiaque archaïque par les Chinois. — Il est 
incontestable que l es sieo u, les nakshatra et les mânâzil ont une 



commune origine ; d'autre part, il est démontré que la remar- 
quable symétrie des sieou a été établie dès la haute antiquité, 
aux environs du 24 e siècle, c'est-à-dire à une époque où il ne 
saurait être question d'une importation directe de l'Inde en 
Chine. Le système chinois consiste donc en un perfectionnement 
du zodiaque as iatique primitif. 

En étudiant les origines de la symétrie des sieou j'avais à 
• rechercher quelles étaient les étoiles nouvelles choisies par les 
Chinois et quelles étaient les étoiles qu'ils avaient conservées 
du système primitif; et, pour cela, à me demander quelle était 
la composition de ce système. La réponse ne peut être fournie 
que par les autres formes survivantes, arabe et hindoue. Diverses 
raisons font douter que les mânâzil soient une image fidèle du 
zodiaque originel. Restaient les nakshatra, et leur comparaison 
avec les sieou était d'autant plus aisée que Biot (pour soutenir 
sa thèse de l'origine chinoise des nakshatra) a calculé approxi- 
mativement la différence d'ascension droite entre les étoiles 
chinoises et hindoues au 24 e siècle, ce qui me permettait de 
confronter immédiatement les deux systèmes. 

Le résultat me montra que les yogatârâ n'étaient nullement 
choisis irrégulièrement et arbitrairement, ainsi qu'on le 
croyait jusqu'ici; mais bien, comme les sieou (quoique avec une 
précision beaucoup moindre), en vue de la symétrie diamétrale 
rendue manifeste par la fig. 2. 

Cette constatation soulève un nouveau problème. La symétrie 
des nakshatra a-t-elle été réalisée après l'importation du zodia- 
que primitif dans l'Inde ou existai t-t>e 1 je déjà lo rsq ue ce 
zodiaque pénétra chez les Hindous V 

J'attire l'attention des indianistes sur le fait que les argu- 
ments d'ordre astronomique militent en faveur de la deuxième 
solution. 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



123 



D'abord, au point de vue général, comme je l'ai avancé dans 
la théorie du zodiaque lunaire, la raison d'être du zodiaque 
originel et de sa diffusion d'un bout à l'autre de l'Asie, doit déjà 
être cherchée dans la symétrie diamétrale de ses astérismes. 

En second lieu, le nombre des étoiles communes aux sieoit, 
et aux nakshatra exclut l'hypothèse que leur symétrie serait 
indépendante. 

Enfin, une analyse plus approfondie montre que le système 
hindou doit être semblable (à très peu de chose près) au système 
archaïque que les Chinois remanièrent au 24 e siècle dans le but 
de perfectionner sa symétrie. Dans ce sens, on peut dire que le 
système des sieou est issu de celui des nakshatra pour autant 
que celui-ci représente une forme bien conservée du système 
primordial. 

1° Sur 28 étoiles, il y en a 7 qui sont communes aux systèmes 
hindou et chinois. 

2° Il y en a ensuite 3 qui avaient exactement la même ascen- 
sion droite au 24 e siècle (voir plus loin). 

3 e II y en a en outre trois (Kio, Sin et Tsan) qui ont été 
imposées aux Chinois par des traditions uranographiques; sur 
ces trois étoiles, deux sont nouvelles: celles qui représentent 
les deux frères ennemis, Sin et Tsan*. 

Cela fait déjà 12 étoiles sur 28. On accordera qu'il était diffi- 
cile de déplacer moins de 16 étoiles sur 28 pour obtenir, par un 
remaniement général, l'admirable symétrie du système chinois" 2 . 

Symétrie du système hindou. — Quoique bien moins régu- 
lière, la symétrie intentionnelle du système hindou est indé- 
niable. Elle s'exprime dans la formule suivante : tous les couples 
de nakshatra, sauf un, contiennent des lieux diamétralement 
opposés. 

Le seul couple qui. dans la projection équatoriale, fasse ex- 
ception à la règle, la confirme : non-seulement parce qu'il est 
formé des plus petits nakshatra, mais surtout parce qu'il est 
basé sur une étoile elle-même exceptionnelle (Vega), choisie 

1 J'ai fait remarquer ici leur caractère hétérogène (Arch. t907, Juillet 
p. 28) avant même de connaître le rôle de ces deux astérismes dans le 
folklore chinois. 

2 Comparez sur lafig. 2 la symétrie des deux systèmes. 



124 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



bien en dehors de la région zodiacale et bien plus près du pôle 
que de l'écliptique. Le rôle de cette étoile (Abhijit) doit être 
examiné à part. 

Le nakshatra exceptionnel Abhijit. — D'après le résumé 
historique de Ginzel, lorsque le système hindou apparaît expli- 
citement dans la littérature védique il ne comporte, dans la 
plupart des Brahmana, que 27 nakshatra. Dans YAtharv. et le 
Thait Brahmana il en possède 28 ; et ce nakshatra supplémen- 
taire est Abhijit ! . 

Dans la période postvédique les livres classiques mentionnent 
encore, les uns 27 nakshatra, les autres 28 ; et le nakshatra 
« surajouté » est toujours Abhijit, qui prend « habituellement » 
sa place entre UttaraashadJia et Sravana " 2 . 

Cette adjonction d'une division, nous dit M. Ginzel, « est 
résultée manifestement de la nécessité de caser (parmi les 
nakshatra) l'excédent de la révolution sidérale lunaire laquelle 
est un peu supérieure à 27 jours; c'est pour cette raison que 
l'on a attribué à Abhijit la plus faible étendue. Dans l'élabora- 
tion du système, on s'est vu obligé de donner aux nakshatra des 
amplitudes inégales: car, d'une part, chaque mansion doit 
marquer la place de la lune pendant un nychtémère et d'autre 
part les étoiles claires disponibles pour délimiter les mansions 
ne se trouvent pas en nombre suffisant». 

Ces explications montrent combien peu l'on a soupçonné 
jusqu'ici la symétrie des nakshatra. Comment pourrait-on 
croire, après avoir jeté un coup d'œil sur le diagramme circu- 
laire des nakshatra et des sieou, que le nakshatra XX a été 
« ajouté )> au système à une époque postérieure? Quant à l'iné- 
galité des nakshatra ou des sieou, l'expliquer par le manque 
d'étoiles disponibles (alors que les Hindous ont utilisé les étoiles 
de 4 me , les Chinois de 5 me grandeur) c'est aller à rencontre de 
l'évidence. Whitney, il y a un demi-siècle, s'étonnait au 

1 « Dort ist als 28 Abhijit hinzugekommeneu ». Ginzel, Handbuch der 
M. n. H. Chronologie, 1906, p. 317, 321, 327. 

2 Si l'adverbe gewôhnlich signifie ici que la place à? Abhijit est parfois 
différente, ce serait fort intéressant, comme on le verra plus loin ; car le 
rang d' Abhijit, invariable sur l'écliptique, varie au cours des siècles sur 
l'équateur à cause de la forte déclinaison de Vega (Voy. ci-dessous, p. 126). 



LE ZODIAQUE LUNAIRK ASIATIQUE 



125 



contraire, à bon droit, de la grande inégalité des divisions et de 
remploi de petites étoiles, alors qu'il eût été si facile, dans la 
plupart des cas, de choisir des astérismes équidistants et bien 
plus visibles. Mystère aisément éclairci lorsque la constatation 
de la symétrie des sieou fait comprendre qu'il s'agissait (chose 
bien plus compliquée) de trouver des étoiles diamétralement 
opposées. . 

Symétrie équatoriale des yogatârâ an 24 e siècle. — Outre 
l'étoile Vega qui est fort éloignée de la région zodiacale, le 
zodiaque hindou en comporte une autre, Arcturus, qui, sans 




Fig. 3. — Projection équatoriale planisphérique montrant la positiou de Vega 
au 2'» e siècle avant J.-C. 

Les chinois ont remplacé Vega par [j capricorne qui avait alors 
exactement la même ascension droite. 



avoir une aussi forte latitude, est tout de même bien en dehors 
de la zone parcourue par les astres mobiles. 

Quel intérêt les créateurs du système pouvaient-ils avoir à 
choisir des étoiles si éloignées? Je ne le conçois pas, si, comme 
le pensent Whitney et Ginzel, le zodiaque lunaire est une insti- 
tution très primitive servant à jalonner grossièrement la route 
de la lune. Je souhaiterais qu'on m'expliquât de quelle manière 
ces primitifs se servaient de Vega (XX) pour jalonner la lune 
entre les étoiles XIX et XXI (fig. 3); et A' Arcturus (XIII) pour 
la jalonner entre XII et XIV ? Il fallait qu'ils abaissassent, par 
la pensée, une perpendiculaire depuis Vega sur l'écliptique, 
cercle fictif et oblique, nullement indiqué par la ligin» des 



126 



LE ZODIAQUE LUNAIRE ASIATIQUE 



étoiles XIX, XXI, XXII. La chose devient au contraire com- 
préhensible si ces étoiles, comme le montre leur symétrie, indi- 
quaient, par leur cercle de déclinaison, des lieux du ciel diamé- 
tralement opposés. Car alors il suffisait, lorsque la lune se trouvait 
dans la région méridionale, de suivre sa verticale (soit avec un 
fil à plomb, soit en se servant de l'angle d'un mur) pour juger 
de sa place parmi les mansions stellaires. 

On conçoit alors que si ce zodiaque lunaire, œuvre déjà 
savante, a été importé chez un peuple encore arriéré sous le 
rapport des connaissances astronomiques, son utilisation astro- 
logique ait été débarrassée des complications superflues et 
qu'on ait renoncé à la mansion XX, difficile à définir, ce qui a 
réduit à 27 le nombre des mansions. 

Par suite de la grande proximité de Vega au pôle, cette man- 
sion XX, immuable selon Fécliptique, varie très rapidement 
selon l'équateur. Antérieurement à l'an — 3000, elle tombait 
dans la mansion XXI. Postérieurement à Tan + 1000, elle 
est tombée dans la mansion XIX : 

Ordre écliplique (perpétuel) XIX, XX, XXI 



Les Chinois, basant leur astronomie sur le pôle et le méri- 
dien, ont changé les étoiles fondamentales dans le but : 1° de 
préciser la symétrie diamétrale, 2° de les rapprocher de l'équa- 
teur, en modifiant toutefois le moins possible les mansions pri- 
mitives. Ils se sont débarrassés des grandes étoiles Vega Rega- 
ins, Arcturus, pour leur substituer des étoiles mieux placées. 
Or, chose remarquable, ces étoiles substituées avaient, au 
24 e siècle, à peu près la même ascension droite que les an- 
ciennes, ce qui confirme : 1° la date du remaniement opéré par 
les Chinois; 2° que les grandes étoiles Vega, Regulus, Arcturus, 
ne sont pas propres au système hindou, niais existaient dans le 
zodiaque asiatique primitif. 

Telles sont les premières remarques que peut suggérer la 
constatation de la symétrie des nakshatra. Celles qui concernent 
Le système chinois seront développées dans une autre étude. 



Ordre équatorial en — 4000 



XXI, XX, XXII 
XIX, XX, XXI 
XVIII, XX, XIX 



— 1000 
+ 1500 



RECHERCHES 

SUR LES 

SPECTRES DES RAYONS X 

PAR 

Alex Hl ULLEH 

(Avec 1 fig. et 1 pl.). 



1. Introduction. — Les recherches sur les spectres des 
rayons X ont, comme on sait, déjà donné des résultats intéres- 
sants au point de vue de la théorie atomique. Les relations 
numériques existant entre les longueurs d'ondes caractéristiques 
des différents éléments ont été interprétées par la théorie de 
Bohr-Sommerfeld. Par contre, le mécanisme de l'excitation des 
rayons X, le rapport qui existe entre le spectre continu et le 
rayonnement caractéristique, et la répartition d'énergie dans 
les spectres sont encore peu étudiés. Parmi le petit nombre des 
travaux traitant les recherches en question, j'en citerai deux : 
d'abord celui de Lilienfeld 1 ). Cet auteur compare deux spectres, 
qu'il a obtenus en analysant le rayonnement provenant de deux 
anticathodes différentes (molybdène et platine), les conditions 
expérimentales étant exactement les mêmes dans les deux cas. 
Les deux plaques photographiques sur lesquelles les deux spectres 
sont enregistrés ont tout à fait le même aspect; le matériel de 
l'anticathode semble rester sans influence sur le spectre continu 
émis par le tube. — Le deuxième travail est celui d'Ulrey 2 , qui 
a trouvé un résultat différent de celui de Lilienfeld. En mesu- 
rant la répartition d'énergie spectrale avec le spectromètre de 
Bragg, il constate au contraire une influence très prononcée de 

1 Lilienfeld, J.-E. Physik. Zeitschr., 19 Î8, 19, 514. 

2 Ulrey, Clayton, T. Phys. revieiv., 1918, i), 401. 



128 RECHERCHES SUR LES SPECTRES DES RAYONS X 



l'anticathode sur le rayonnement. La question serait de savoir 
en quoi consiste la différence entre les dispositifs employés par 
les deux physiciens. — L'évaluation exacte de l'énergie spectrale 
étant un problème assez complexe et demandant des moyens 
expérimentaux considérables, je me suis d'abord limité à l'étude 
de l'influence du potentiel sur le spectre, telle qu'on l'obtient en 
analysant le rayonnement d'un tube à rayon X par un spectro- 
mètre à cristal tournant, et en l'enregistrant sur la plaque 
photographique. Ce procédé permet en outre de vérifier la loi 
d'Einstein, et de faire différentes observations sur le rapport 
existant entre le spectre continu et le rayonnement caractéris- 
tique. 

2. Description du dispositif. — Le dispositif étant essentiel- 
lement le même que dans un travail précédent \ je me bornerai 
à ne donner ici que les indications strictement nécessaires. 
L'énergie électrique était fournie par une machine électrosta- 
tique à 8 plateaux. (Roycourt, Paris.) Le vide dans le tube a été 
maintenu par la pompe à mercure de Gœde. Pour assurer la 
constance du potentiel aux bornes du tube, j'ai employé le pro- 
cédé suivant, d'ailleurs bien connu. En introduisant continuel- 
lement une petite quantité d'air dans le tube, et en réglant en 
même temps la vitesse de rotation de la pompe, le vide, et par 
conséquant la résistance électrique du tube sont maintenus à 
une valeur voulue, et les variations lentes du potentiel peuvent 
être ainsi compensées. Cette méthode de réglage a permis de 
tenir ces variations au-dessous de 1-2 °/ 0 . Le potentiel était 
mesuré par un électromètre absolu de Bichat Blondlot. (Cet 
instrument est basé sur l'attraction électrostatique de deux 
cylindres coaxiaux de diamètre connu.) La valeur de la cons- 
tante de cet instrument se déduit du calcul de ses dimensions, 
mais la régularité de son fonctionnement aux potentiels très 
élevés n'a pas fait l'objet d'un contrôle spécial. Les rayons X ont 
été analysés par un spectromètre à cristal tournant. La plaque 
photographique qui enregistrait le spectre ainsi obtenu, s» 1 
trouvait dans un châssis muni d'une fenêtre recouverte de 
papier noir. 

1 Mûller, Alex. Arch. 1918, vol. 46, 63. 



RECHERCHES SUR LES SPECTRES DES RAYONS X 129 



3. Discussion des résultats et des causes d'erreur. — 
Les clichés 1 à 7 ( voir planche I) ont été obtenus en employant 
une anticathode de platine, et en variant le potentiel entre 11 
à 36 kilovolts. Le noircissement qui nous intéresse ici, se trouve 
du côté gauche de la planche. Il importe de remarquer que le 
cliché de la planche étant un positif, le noircissement du négatif 
correspond aux parties claires de notre planche. 

L'aspect des photographies est en général celui-ci. Le spectre 
continu, s'étendant du côté des grandes longueurs d'ondes vers 
celui des rayons durs, subit à un certain endroit une chute 
d'intensité très brusque. Cette chute se produit à l'endroit où, 
selon la théorie des quanta, doit se trouver la longueur d'onde 
minimum. Sur le fond continu formé par le spectre indépendant 
apparaissent les raies caractéristiques de Panticathode. 

Cet aspect général des plaques est modifié selon le potentiel 
que l'on emploie. Sur les premiers de nos clichés, correspondant 
à des basses tensions, les raies caractéristiques ne contrastent 
presque pas avec le noircissement provenant du spectre continu. 
En utilisant des potentiels plus élevés, les raies se dessinent 
toujours plus nettement sur le fond, bien que le rapport de 
leurs intensités respectives varie. Toutefois à partir du moment 
où la limite du spectre continu a sensiblement dépassé la lon- 
gueur d'onde la plus courte du spectre « L », ce rapport d'in- 
tensité ne semble plus varier. 

C'est surtout en observant la raie de plus grande longueur 
d'onde du spectre « L » et la raie a de ce dernier que Ton cons- 
tate le phénomène signalé ci-dessus. La raie a étant la plus 
faible des deux pour les basses tensions, devient de beaucoup la 
plus forte pour les tensions élevées. Une autre conclusion se 
déduit aisément de l'aspect des spectres sur nos plaques. Les 
raies du rayonnement « K » ne peuvent, comme on sait, pas 
être excitées séparément; elles apparaissent toutes à la fois des 
que la tête de bande du spectre continu dépasse la raie de la 
longueur d'onde la plus courte du spectre « K ». Il n'en est plus 
de même pour le rayonnement « L ». Sur nos premières photo- 
graphies la tête de bande se trouve entre les longueurs d'ondes 
extrêmes du spectre « L » du platine, mais les raies de grande 
longueur d'onde de ce spectre sont déjà visibles. Cette observa- 



130 RECHERCHES SUR LES SPECTRES DES RAYONS X 



tion s'accorde avec le fait qu'il existe plus d'une bande d'absorp- 
tion dans l'étendue du spectre « L ». 

Les deux dernières plaques ont été obtenues avec une antica- 
thode en cuivre et en plomb, les conditions expérimentales 
étant à peu près les mêmes pour ces deux poses. La comparaison 
des deux spectres continus ne laisse découvrir aucune différence 
appréciable entre les deux; ce fait confirme d'ailleurs les 
résultats obtenus par Lilienfeld 1 . 




Fig. 1. 



Les expériences qui font l'objet de cette note ont en outre 
permis de vérifier approximativement la loi des quanta appli- 
quée aux rayons X. La méthode employée dans ce but étant 
tout-à-fait la même que celle utilisée dans un travail précédent 3 
je me bornerai ici aux quelques remarques qui suivent. — Pour 
mesurer la longueur d'onde de la tête de bande, un trait a été 
tracé sur la plaque de façon à servir de point de repère sur le 
cliché. Ce trait a été fait à l'endroit où le noircissement com- 
mençait à devenir sensible, soit à la tête de bande du spectre 
continu. Dans mon dernier travail j'ai établi une distinction 

1 LlLlEXFELD. L. C. 

2 MÙLLER. L. C. 



RECHERCHES SUR LKS SPECTRES DES BAVONS X 



131 



entre cet endroit et l'endroit où le noircissement paraît devenir 
constant. Cette région de noircissement constant ne semble en 
réalité exister que dans certains cas, qui dépendent d'ailleurs 
en partie des conditions expérimentales. Dans la présente note 
j'ai donc préféré choisir comme point de repère l'endroit où le 
noircissement commence à devenir sensible à l'œil. 

Supposons que. l'on ait tracé la courbe de la répartition du 
noircissement en fonction de la longueur d'onde. (Fig. 1.) La 
distance OA représente alors la longueur d'onde minimum. Soit 
BC le seuil du noircissement perceptible à l'oeil. C et A sont 
alors à une certaine distance l'un de l'autre. Cette distance AC 
dépend de l'accroissement du noircissement en A, elle est d'autant 
plus petite que l'accroissement est plus grand. En principe, il 
n'existe aucune limite pour le rapprochement des deux points 
A et C ; et en augmentant le temps de pose leur distance 
mutuelle devrait diminuer. Dans nos expériences une influence 
du temps de pose n'a cependant pas été constatée, l'erreur qui 
vient d'être discutée étant probablement du même ordre de 
grandeur que les erreurs accidentelles de la méthode. 

La valeur moyenne de la constante « h » déduite de nos expé- 
riences est 

h — 6,60.10"-' erg. sec. 

avec une erreur relative de environ ± '/a %• 

E. Wagner 1 a dernièrement publié un travail dans lequel il a 
déterminé cette constante avec une plus grande précision que 
celle qui a été atteinte dans les présentes recherches. Il donne 
h = 6,49. 10-- 7 . Les physiciens américains (voir pour la littéra- 
ture mon dernier travail "') ont donné récemment la valeur h = 
6,55. 10-- 7 . Le chiffre que j'ai trouvé est donc un peu trop 
grand. Il conviendrait à ce propos de vérifier plus complètement 
les indications de notre électromètre aux divers régimes, avant 
de se prononcer sur la cause de cette petite divergence. Les 
résultats numériques sont résumés dans le tableau ci-après. 

1 Wagner, E. Ann. Phys., 57, 401, 1918. 

2 Mùller, Alex. L. c. 



132 



RECHERCHES SUR LES SPECTRES DES RAYONS X 



Tableau I 



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3,80° 


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100 


3,82 


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12,8 


1,10, 
0,97. 

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6,59 


0,39 




3 


0.870 


14,0 


6,48 






4 


0,698 


18,1 


6.72 






5 


0,486 


25,6 


6.61 






6 


0,385 


31,4 


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31,4 


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31,4 


6.57 






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0,346 


36,3 


6.67 1 





A == anticathode. 

/ — temps de pose en minutes. 

/ 0 = distance entre les centres des deux raies repères (en cm). 
/ — double distance entre la tète de la bande et le milieu de 

plaque (en cm). 
MA = milliampères (courant à travers le tube). 
X — longueur d'onde de la têle de bande en unités Augstrœm. 
V = tension en kilo-volts. 

Longueurs d'onde des raies repères : 

Pt : raie La ; À = 1,313 U. Angstr. 
Cu » Ka ; À = 1,538 » 
Pb » La ; À — 1.175 

Genève, Laboratoire de physique 
de V Université. 



Bande du côté droit de la planche. 



Pl. I. 



Arch. des Se. ph. et nat., mars-avril 1919. 



KXPÉKIKNCE DE COUKS 

POU H 

ILLUSTRER LES PHÉNOMÈNES FERROMAGNÉTIQUES 

DANS UN GRAND AUDITOIRE 

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Je me propose de décrire ici un dispositif destiné à montrer 
les phénomènes caractéristiques du ferromagnétisme, tels que 
l'hystérèse, la saturation et la courbe d'aimantation initiale 
dans un grand auditoire. Le principe général est le même que 
celui du tube de Braun et de l'oscillographe. On mesure le champ 
magnétisant ou bien le courant excitateur et l'induction ma- 
gnétique par deux instruments analogues qui donnent des indi- 
cations l'un dans la direction des abscisses et l'autre dans la 
direction des ordonnées. 

J'ai réalisé ce dispositif en superposant les projections des 
fils de deux galvanomètres à corde, dont l'un est horizontal et 
l'autre vertical. On obtient en projection deux lignes à angle 
droit, dont le point d'intersection décrit la courbe d'aiman- 
tation. L'instrument qui mesure l'induction, que nous appel- 
lerons magnétomètre, est composé d'une corde métallique par- 
courue par un courant constant et placée dans l'entrefer d'un 
anneau coupé formé de la substance dont on veut examiner les 
propriétés ferromagnétiques. L'écart de la corde doit remplir la 
condition d'être proportionnel au champ dans un intervalle 
assez grand, ce qui est difficile à réaliser avec les types connus 
de galvanomètres à corde ; d'autre part notre cas n'exige pas 



134 



EXPERIENCE DE COURS 



une sensibilité aussi grande que celle de ces instruments et il 
est très facile de construire soi-même un instrument possédant 
les propriétés susmentionnées. 

On n'a qu'à placer un fil d'argent d'un diamètre d'environ 
0,03 mm dans un tube de verre en le fixant par une extrémité 
à l'aide d'un ressort à boudin qui le tend avec une force indé- 
pendante de la déviation latérale dans tout l'intervalle. L'étude 
de cet instrument a montré que dans ces conditions l'écart est 
bien instantané et proportionnel au phénomène. 

En se servant d'une lentille d'environ 3 cm de distance focale 
( loupe de Zeiss), on projette une partie de la corde voisine de 
l'entrefer à travers deux fenêtres en verre plan qui sont inter- 
calées dans le tube qui renferme la corde. 

Le galvanomètre ne se distingue du magnétomètre que par la 
position verticale de la corde et par la constance de son champ. 
Il mesure au moyen d'un shunt le courant qui traverse l'enrou- 
lement de l'aimant du magnétomètre. Le champ du galvano- 
mètre est engendré par un petit électro-aimant. 

Le courant excitateur de l'anneau du magnétomètre est fourni 
par une batterie. On la ferme sur une résistance et un commu- 
tateur et on applique un embranchement au moyen d'un cur- 
seur pour faire varier d'une façon continue et régulière le cou- 
rant excitateur entre deux limites, positive et négative. 

Par ce procédé on obtient facilement une image de la boucle 
d'hystérèse d'un à deux mètres d'étendue. Pour que la projec- 
tion double réussisse bien, il est avantageux d'employer des 
sources lumineuses et des systèmes optiques équivalents pour 
chacune des deux projections. Par l'effet de la projection de 
lignes obscures sur une surface éclairée on réalise les avantages 
suivants : 

En préparant l'expérience, on est à même de tracer une fois 
pour toute sur l'écran les courbes à illustrer pour une matière 
donnée. Ceci permet à l'expérimentateur de décrire soit la 
courbe d'aimantation initiale soit celle de l'hystérèse aussi len- 
tement qu'il veut, tandis que le spectateur garde la vue d'en- 
semble des courbes pendant toute la durée de l'expérience. Pour 
répéter cette illustration dans une autre occasion il suffit d'éta- 
blir les sensibilités nécessaires des instruments pour reproduire 



EXPÉRIENCE DE COURS 



L35 



exactement les courbes déjà tracées. A cette fin on n'a qu'à 
faire varier de façon convenable le courant traversant la corde 
du magnétomètre et le courant excitateur de l'électro-aimant 
du galvanomètre. 

On sait que la présente méthode ne donne pas l'induc- 
tion en fonction du champ magnétisant mais en fonction d'une 
grandeur modifiée par l'influence de la résistance magnétique 
de l'entrefer. On pourrait obtenir une courbe correspondant 
mieux à la véritable courbe d'aimantation en inclinant le ma- 
gnétomètre du côté des abscisses négatives. Pour que la boucle 
d'hystérèse se présente sous une jolie forme, on choisira de pré- 
férence un anneau d'acier. 

Il est évident que ce dispositif permet aussi d'illustrer la mé- 
thode de désaimantation par des cycles décroissants et d'autres 
détails intéressants relatifs à l'hystérèse, par exemple n'importe 
quel petit cycle asymétrique, En employant les deux systèmes 
comme galvanomètres, on obtient en outre un moyen propre à 
montrer le changement d'une grandeur en fonction d'une autre 
variable indépendante dans beaucoup d'autres problèmes de 
physique. 

Pour terminer je tiens à mentionner l'avantage que cette 
méthode présente aussi en ceci, quelle ne nécessite que des ins- 
truments simples qui sont usuels dans le laboratoire. 

Zurich, le 4 avril 1919. 

Institut de physique 
de l'Ecole polytechnique fédérale. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AUX 

FORTIFICATIONS DE SAINT-MAURICE 

pendant l'année 1918. 



Juin 1918 à Novembre 1918. 

(ÉTÉ ET AUTOMNE 1918) 



Signes conventionnels. 

= brouillard une partie de la journée. 
= » tout le jour. 
* neige. 

[*) neige sur le sol. 

A grêle. 

A grésil. 

K orage. 

F fœhn. 

H halo solaire. 

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COMPTE RENDU DES SÉANCES 



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SOCIÉTÉ VAUDOISE DES SCIENCES NATURELLES 



Séance ordinaire du 27 novembre 1918. 

Moreillon. Nolices biographiques. — J. Amann. Edaphisme chimique. — Arthur 
Maillefer. Sur le développement delà structure atomique d'Impatiens Roylei. 

M. Moreillon lit des notices biographiques sur Jean- Louis- 
Rodolphe Agassiz. Jules Combe, Marc-Louis Fivas, le ministre Mellet, 
(xeorges du Plessis, Jonathan-Emmanuel Moehrlen et J.-J. Vetter. 

J. Amann fait une communication sur V edaphisme chimique, c'est- 
à-dire les rapports qui existent entre les propriétés chimiques et 
physico-chimiques des terrains et la végétation qu'ils portent. Il expose 
la nouvelle méthode qu'il emploie pour étudier la réaction chimique 
des terrains, soit la présence ou l'absence des ions libres NH' et H', 
au moyen d'un indicateur spécial, X indicateur panchromatique d'A- 
mann, préparé dans son laboratoire. 

Cette étude l'a amené à distinguer, parmi les plantes et les asso- 
ciations végétales, les quatre catégories suivantes : 

Les basiphiles ne croissant que sur des terrains à réaction alcaline 
(ions OH') : 

les oxyphiles ne croissant que sur des terrains à réaction acide 

les neutrophiles ne croissant que sur les terrains neutres ; 

les indifférentes vivant indifféremment sur les différents terrains. 

Relativement aux exigences des plantes par rapport à L'élément 
calcaire, on peut dire qu'en général, les Calciphiles sont des basi- 
philes, les Calcifuges des oxyphiles ou des neutrophiles; mais la coïn- 
cidence entre les deux séries est loin d'être parfaite et souffre d'assez 
nombreuses exceptions. 

L'application de cette nouvelle méthode d'étude des terrains, très 
facile en pratique, est susceptible de fournir des notions exactes sur 



144 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



les exigences des espèces et associations végétales relativement à une 
propriété du sol qui doit être considérée comme très importante poul- 
ie chhnisme vital de la plante. Ces faits sont d'un haut intérêt pour 
la géographie botanique, en ce qu'ils donnent la clé d'une foule 
d'anomalies, jusqu'ici inexpliquées, dans la répartition des éléments 
fi oraux. 

Le détail de cette méthode, ainsi que les principaux résultats obte- 
nus pour l'étude écologique des Muscinées, seront exposés dans le 
travail in extenso qui paraîtra dans le Bulletin. 

Arthur Maillefer. — Sur le développement de la structure anato- 
mique d'Impatiens Boylei. 

Ce travail paraîtra dans le Bulletin. 



Séance ordinaire du mercredi 4 décembre 1918. 

E. Wilczek. Protection du Rusciis aculeatus. — H. Facs. Sur la destruction des 
insectes parasites et sur l'apparition dn coléoptere Niptus hololeucus dans le 
canton de Vaud. — ■ F. Gagnebin. Encore sur les Klippes du Gros-Plané. — Jules 
Courvoisier. Elude sur les Diatomées du massif de Moréles. 

F. Wilczek a reçu du Département de l'Agriculture une lettre lui 
demandant s'il n'y aurait pas lieu de protéger le Basais aculeatus 
dans la région de Villeneuve-Aigle ; il se ferait, paraît-il, une expor- 
tation considérable de cette plante pour la confection de couronnes 
mortuaires. M. Wilczek prie toutes les personnes qui auraient fait des 
remarques à propos de ce commerce de bien vouloir lui en faire part. 

H. Faes présente deux communications : 

I. Sur la destruction des insectes parasites des habitations par 
l'acide prussique gazeux (voir aux mémoires) : 

2. Sur l 'apparition du coléoptere Niptus hololeucus dans te canton 
de Vaud et le moyen de le détruire. 

Le Niptus hololeucus, d'abord décrit d'Asie Mineure par Falder- 
mann, fut signalé pour la première fois en Europe par Bainbridge. 
dans les magasins d'une fabrique de brosses à Londres (1837). En 
France, Reiche le signale pour la première fois en 1855 dans les boi- 
series d'une habitation à Calais. Dès lors il fut retrouvé en Allemagne, 
en Suède, au Canada, etc. 

L'insecte, devenu un parasite presque cosmopolite des habitations, 
est beaucoup plus répandu en Suisse qu'on ne le suppose généralement. 
11 a été signalé dans diverses localités du canton de Vaud, où il s'est 
par place développé en grande quantité, à Martigny et à Berne. 



SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 



L45 



L'article le plus complet paru jusqu'ici sur le Niptns hololeucus a 
été écrit, en 1906, par Eric Mjoberg '. 

Mjoberg avait trouvé à Stockholm une durée d'évolution totale de 
126 jours en moyenne, tandis que les Niptus que nous avons étudiés 
à Lausanne ont parcouru tout leur cycle de développement en 1)1 
jours. Grâce à un abondant matériel, l'auteur a pu étudier soit la 
biologie de l'insecte, soit les procédés de destruction. 

Les insectes parfaits que nous avons récoltés dès le 13 avril 1918 
ont été nourris avec du son et des débris de liège. La ponte des œufs 
commença dès le 18 mai, les éclosions se tirent de 7 à 12 jours après 
la ponte. Nous pûmes vérifier les observations faites déjà par Mjoberg; 
l'œuf d'abord blanc, devenant ensuite jaunâtre, puis laissant appa- 
raître par transparence les mandibules foncées de la larve. 

Eclose, la larve reste encore un certain temps attachée à la coque 
de l'œuf. 

La larve, blanche, est typique d'un insecte coléoptère : arquée, 
couverte de poils, avec de très fortes mandibules foncées. Celles que 
nous avons élevées ont accompli leur vie larvaire en 65 à 70 jours, 
en moyenne ; elles se nourrissaient très volontiers de fragments de 
bouchons dans lesquels elles creusèrent des galeries terminées par 
une loge nymphose. 

La chrysalide laisse reconnaître tous les organes de l'insecte par- 
fait ; durée de la nymphose 18 jours. Nous obtenons des insectes par- 
faits dès le 18 août. 

En général le Niptus hololeucus, qui peut supporter un jeûne 
complet de plusieurs mois, s'est montré très résistant aux différentes 
substances expérimentées pour sa destruction. Nous avons obtenu 
des résultats tout à fait satisfaisants en employant l'acide prussique 
gazeux (H C N), suivant le procédé, classique aujourd'hui, qui consiste 
à décomposer du cyanure de sodium par de l'acide sulfurique étendu 
d'eau. 

Dans les expériences préalables de laboratoire, pour obtenir un 
résultat complet, nous avons dû employer 20 grammes de cyanure 1 
de sodium par m 3 — durée d'action du gaz 24 h. ou 30 grammes 
par m 3 — durée d'action du gaz 6 h. Si l'on diminuait les quantités 
de cyanure ou respectivement la durée d'exposition des Niptus au 
gaz, les insectes paraissaient morts à la fin de l'opération... mais 
n'étaient qu'étourdis et se réveillaient après quelques jours d'immo- 
bilité complète. 

Dans la pratique, eu égard aux pertes de gaz qui se produiseni 

1 Mjoberg. E. Om negra svenska insekters biologi <>clt u'veckiing (Nip. 
p. 11). «Arcliiv. for Zoologi ». Bd. 8. Hft. Cpsalaer Stockholm, 1906. 



146 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



dans les locaux si bien préparés et étanches soient-ils, nous avons 
augmenté de beaucoup les doses reconnues suffisantes en laboratoire. 
Les quantités employées furent de 40 à 50 grammes de cyanure de 
sodium par m :< avec une durée d'exposition aux gaz de 24 heures- 
Pour un gros bâtiment, l'équipe chargée de la désinfection utilisa en 
une fois jusqu'à 100 kg. de cyanure de sodium. 

Disons également que la destruction totale des Niptus peut aussi 
s'obtenir par les vapeurs de sulfure de carbone (CS â ), mais cette 
dernière substance était introuvable dans notre pays durant la guerre. 

E. Gagnebin. — Encore sur les Klippes du Gros-Plané. 

Dans une note antérieure 1 j'annonçais la présence des Couches de 
Wanr/, d'âge maestrichtien parmi les Klippes du Gros-Plané situées 
au N.-E. du Moléson, en pleine zone des Préalpes boidieres. On sait 
que ces couches de Wang n'étaient connues en Suisse que dans la 
plus haute des nappes helvétiques, dans la nappe du Wildhorn. Elles 
sont, près du Gros-Plané, associées à des calcaires du Jurassique supé- 
rieur que j'assimile à l'Argovien des Préalpes médianes. 

Un nouvel examen des lieux me permet de préciser la position 
réciproque de ces deux formations. 

Les couches de Wang reposent sur les calcaires argoviens, con- 
trairement à ce que j'avais annoncé dans ma première note. Et l'Ar- 
govien lui-même domine une série oxfordienne, callovienne, batho- 
nienne, fossilifère, qui s'appuie sur un banc de brèche nummulitique 
faisant partie du Flysch des Préalpes bordières. 

Je maintiens l'attribution de cette série jurassique à la nappe des 
Préalpes médianes ; on a voulu voir du Tithonique de la zone bordière 
dans l'Argovien grumeleux que recouvrent les couches de Wang ; or 
aucune des coupes minces que j'en ai faites ne m'a montré le forami- 
nifère toujours présent dans ce Tithonique, la CalpioneUa alpina Lo- 
rens. De plus, j'ai trouvé dans ces couches grumeleuses un Péris- 
pJiinctes cf. Janus Choffat' 1 qui semble bien être d'âge lusitanien. 
Dans une autre Klippe plus petite, et plus proche du Gros-Plané, ces 
mêmes calcaires — parfois rosés — sont associés à du Lias échino- 
dermique (Lotharingien) identique à celui, tout voisin, des Préalpes 
médianes. 

Jules Courvoisikr présente nue étude sur les Diatomées du massif 
du Mordes. 

Cette étude paraîtra dans le Bulletin. 

1 Gagnebin, E. Les Klippes du Gros-Plané (Molèson). Bull. Soc. vaud- 
Se nat, vol. 51, p. 186. 21 novembre 1917. 

2 Choffat, P. Ammonites du Lusitanien de Torrès Vedras. Pl. VI 1 1, fig. 3- 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 147 

Assemblée générale du mercredi 18 décembre 1918. 



F. Rabowski. Contribution à l'âge dos couches à Mytilus. — .Iules Cauderay. Mé« 
thocles pour rechercher les germes des maladies flottant dans l'air. — L.-P. 
Mcrcanton. L'étoile nouvelle de l'Aigle- Serpent, 1918. — Charles Meylan. Sur 
quatre nouvelles espèces de Myxomycètes. 

F. Rabowski. — Contribution à l'âge des couches à Mytilus. 

L'âge des couches à Mytilus a suscité jadis de nombreuses contro- 
verses. En 1883, MM. de Loriol et Schardt 1 assignent l'âge bathonien 
à ces couches. Mais le caractère si spécial de leur faune et leur posi- 
tion stratigraphique entre le Lias et le Malm laissaient une forte 
marge dans leur attribution à un étage déterminé et des doutes sub- 
sistaient. 

Pourtant, dès 1885, Y. Gilliéron" 2 s'opposait franchement à la ma- 
nière de voir de MM. de Loriol et Schardt. Il attribuait les couches à 
Mytilus au Callovien et à la zone de V Ammonites tr an s ver sur in s. 
Toutefois, la question de leur âge exact n'était pas encore résolue 
pour lui d'une manière définitive. 

L. Rollier 3 plaçait ses couches à Mytilus dans le Séquanien infé- 
rieur. 

La trouvaille heureuse d'une faune d'ammonites dans la partie 
supérieure des couches à Mytilus m'a permis de trancher la ques- 
tion si discutée de leur âge, au moins en ce qui concerne leur 
limite supérieure. 

Sur le versant gauche du Simmenthal, au-dessus de Latterbach et 
dans le flanc méridional et inverse de l'anticlinal de Klus, prolonge- 
ment de celui des Gastlosen, on rencontre dans la forêt, intercalé 
dans les assises tectoniquement inférieures des couches à Mytilus, un 
banc de 3 à 5 cent, d'épaisseur, composé de calcaires dolomitiques 
gris clair, finement gréseux et parfois spatiques. A la surface infé- 
rieure de ce banc (série inverse) on aperçoit un lit de 20 centimètres 
d'épaisseur environ, formé par un calcaire très dur, plus foncé, par- 
fois apathique et finement gréseux, comme le précédent. Il renferme 

1 1883. de Loriol, P. et Schardt, H. Etude pal. et strat. des couches à 
Mytilus des Alpes vaudoîses. Mem. do la Soc. Pal. Suisse, vol. X. 

- 1885. Gilliéron, V. Description géol. des territoires de Vaud, Fribourg 
et Berne. Mat. pour la carte géol. de la Suisse, livr. 18. 

:î Rollier, L. Dictionnaire géographique de la Suisse. Vol. IV, p. 746 
édition allemande). 



148 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



une faune suffisamment caractéristique pour déterminer son niveau 
stratigraphique. On y reconnaît les espèces suivantes : 



Phylloceras tortisulcatum, d'Orb. 
» antecedens, Pomp. 
» zignodianum, d'Orb. 
•> Piazi, de Lor. 
Hecticoceras rauracum. Mayer. 
Oekotraustes scaphitoïdes, Coq. 
Perisphinctes plicatilis, d'Orb. 
» Tiziani, Opp. 

» lucingensis. Favre. 

» perisphinctoïdes Svinz. 
» birmensdorfensis Moesch . 



Peltoceras athktulum, Mayer. 
Ostrea unguis, Mer. 
Plicatula Quenstedti, de Lor. 
Pecten vitreus, Koem. 
Cardderia Thevenini, de Lor. 
Rhynevulla Asteriam, d'Orb. 

» acarus, Mer. 
Terebratula andelotensis, Haas. 
Miïlericrinus Escheri, d'Orb. 
» Studerf. de Lor. 



C'est à la zone à Peltoceras transversarium qu'il faut attribuer 
cette faune, tout en remarquant, sa similitude avec celle de la zone à 
Cardioceras cordaturn. 

Le niveau fossilifère est séparé du Malm par une couche de 0,5 à 
3 m. d'épaisseur de calcaire foncé, brunâtre, tout à fait typique pour 
les couches à Myiilus contenant quelques fossiles, malheureusement 
indéterminables. 

Il résulte de cette trouvaille que la partie supérieure des couches 
à Mytilus est d'âge argovien. Mais l'épaisseur considérable de oes 
couches permet de conclure que d'autres étages, plus anciens, y sont 
aussi représentés, comme l'indiquent les études de M. de Loriol. 

Il nous paraît donc justifié -d'admettre que les assises des couches 
à Mytilus se sont déposées entre le Baihonicn et V Argovien. 

Il nous reste à expliquer dans ces couches la présence d'une faune 
de Céphalopodes, accusant des relations avec une mer profonde. Il 
faut tout d'abord remarquer à ce propos que ces couches s'appuient 
au SE, au Spielgerten, à la Gummfluh et à Tréveneusaz, à une terre 
émergée, constituée par des terrains triasiques. 

Une terre émergée, constituée en grande partie par des couches 
liasiques, a dû également exister au NW. Sa présence est attestée 
d'un côté par des conglomérats, de l'autre par la superposition directe 
du Malm sur les assises liasiques. Cette disposition est visible sur le 
versant gauche du Bas-Simmenthal, puis dans le flanc septentrional 
inverse de l'anticlinal des Gastlosen, ainsi que dans tout l'anticlinal 
des Tours d'Aï et dans l'anticlinal de la Sarse 1 . 

Sur la rive gauche du Rhône, cette zone émergée passe probable- 
ment par l'anticlinal du Pas de Riss et se prolonge au SW dans le 

1 1U18. Jeannet, A. Monographie géol. des Tours d'Aï. Mat. pour la 
carte géol. de la Suisse. Nouv. série, XXXIV livr., 2 e partie. 



SEANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 



149 



flanc inverse de L'anticlinal II de M. Lugeon 1 , à l'W de la Haute- 
Poverte, au col de Chavanettes. 

Des dépôts littoraux qu'on observe au NW de cette bande exondée 
caractérisent son rivage externe. Ainsi au N de la Klus, au-dessus de 
Boltigen, V. Gilliéron 2 signale la présence des galets siliceux et 
des calcaires gréseux avec Perisphinctes plicatilis et PJtylloceras 
tortisidcatum. Il en est de moine dans la chaîne du Yanil Noir-Arvel, 
ou A. Jeannet 3 relève la présence dans le Bathonien de calcaires 
oolithiques, de feuillets de charbon, de calcaires bréchoïdes et l'exis- 
tence des brèches (Molatroix et Sarse) attribuées au Callovien. 

Ces observations nous permettent de déduire que la mer des cou- 
ches à Mytilus était bordée par deux bandes de terre émergées. 
L'intérieure, plus importante, tout en subissant quelques oscillations, 
date du Ladinien supérieur, tandis que l'autre extérieure, large de 
quelques kilomètres seulement, a commencé à s'exonder au Lias 
supérieur, mais ne s'est développée qu'au Bathonien. La bande exter- 
ne, éloignée de la terre située plus au SE d'une quarantaine de kilo- 
mètres au maximum, joue ainsi le rôle d'une barrière allongée, peut- 
être de quelques centaines de kilomètres. Ses extrémités se rappro- 
chent fortement du continent et il se peut qu'elles s'y rattachent. 

La mer des couches à Mytilus, envisagée ainsi comme une mer 
intérieure, nous explique la particularité de sa faune. La barrière a 
intercepté, ou à peu près, la communication avec la pleine mer carac- 
térisée par les faciès bathiaux des parties plus externes des Préalpes 
médianes. La faune bathonienne néritique qui y existait alors près du 
rivage, est restée à l'abri des incursions des formes nouvelles. Les 
conditions générales de la mer restant, d'autre part, sensiblement les 
mêmes, cette faune, tout en subissant des modifications, a pu conser- 
ver pour plusieurs de ses espèces et jusque dans l'Argovien, son 
caractère bathonien. 

Au temps de l'Argovien, une portion de cette barrière a du s'im- 
merger au N du Wildenberg. Les deux mers ont pu alors communi- 
quer par un détroit, et une faune étrangère à celle des couches à 
Mytilus, venant du large, a pu se fixer aux abords du détroit tandis 
que les coquilles flottantes des Céphalopodes venaient s'échouer vers la 
côte. 

Une simple exondation du détroit ayant intercepté pour la seconde 
fois la communication entre les mers, le faciès des couches à Mytilus 
redevint tranché. 

1 Lugeon, M. La région de la brèche du Chaulais. Bull serv. carte géol. 
de la France. T. VII, n° 46. 

2 1883. Gilliéron, V. loc. cit.. p. Kit. 
:! 1918. Jeannet A. loc. cit., p. 509. 



150 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISK 



Il est probable que des conditions semblables se sont produites aux 
Cornettes de Bise, en Savoie. A Favre 1 y a signalé, en effet, à la 
base du Maîm, le Perisphinctes plicatilis. L'absence d'une récurrence 
de faciès des couches à Mytilus prouve que la barrière ne s'exonda 
plus en cet endroit ; mais qu'elle a continué de s'affaisser. 

Il découle de cette constatation que, si le faciès des couches à Myti- 
lus se prolonge généralement jusque dans l'Argovien, il existe des 
endroits où l'Argovien, d'un faciès plus semblable à celui du Malm, 
lui est superposé. 

Il ressort encore de notre exposé que la cuvette des couches à 
Mytilus est à envisager, dans la mer préalpine, comme un petit géo- 
synclinal, au milieu d'une zone géanticlinale, représentée par les 
deux bandes de terre émergées. 

Jules Cauderay. - Méthodes pour rechercher les < fermes des ma- 
ladies flottant dans l'air. 

►Supposons une salle d'hôpital hébergeant des grippeux ; sur le pla- 
fond, je tracerais à la craie une ligne en forme de portion de spire, et 
sur cette ligne je fixerais une cloison formée par une simple bande 
d'étoffe, pouvant avoir, suivant les dimensions de la salle, de 8 à 10 m. 
de longueur sur 50 à 75 centimètres de largeur, et dont une extré- 
mité serait rigide et fixée au mur de la salle. En ce point se trouve- 
rait l'appareil à filtrer, consistant en un ventilateur électrique destiné 
à aspirer l'air de la salle et à le refouler dans un récipient contenant 
de l'eau ou tout autre liquide suivant le but des recherches, ou en- 
core formé par une cloison poreuse. 

P.-L. Mercanton. — L'étoile nouvelle de V 'Aiylc-Serpent . 1918. 

Après avoir exposé l'incertitude relative à la date vraie de la dé- 
couverte de cette Nova et son paroxysme d'éclat du 9 juin. M. Mer- 
canton relate ses observations personnelles : 

Quand, le 13 juin à 0 h. le ciel étant redevenu serein, j'ai pu 
observer l'étoile, elle n'égalait plus qu'Altaïr, de l'Aigle (0,8) et déjà 
sa teinte tournait au jaune clair. Quelques jours plus tard, elle était 
franchement jaune ; le 19. sa grandeur n'était plus que 2,3 pour moi. 
Dès lors son éclat est allé en diminuant graduellement mais avec des 
alternances de renforcement temporaires. Actuellement (XII 1918), 
l'étoile est au-dessous de la cinquième grandeur. 

J'ai estimé celle-ci aussi souvent que possiblo pendant l'été 1918 
jusqu'à ce que l'affaiblissement de l'éclat ait rendu l'observation insuf- 
fisamment précise à l'œil nu; j'observais, en effet, par la méthode 

1 1867. Favrk. A. Ixecherches (jéulog/ques dans les parties de la Savoie, 
du Piémont et de la Suisse, voisines dit Mont-Blanc. Vol. II. p. 97. 



SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOI8E 



151 



des « degrés » par rapport à .un ensemble d'étoiles de comparaison 
voisines de la Nova et de grandeurs peu différentes. Guette méthode 
est excellente si Ton prend la précaution : a) d'habituer son œil à 
l'obscurité: b) de n'observer que par les nuits sereines et sans lune; 
c) de choisir des étoiles de comparaison proches de l'astre étudié et à 
peu près de la même hauteur que lui, en évitant les observations 
trop près de l'horizon. J'ai conscience d'avoir soigneusement pris ces 
précautions, ce qui m'engage à publier la série des valeurs obtenues. 
Elles proviennent soit de Lausanne soit de La Coudre sur l'isle (alti- 
tudes 500 et 800 m). 



1 3 


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23 


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15 


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1,4 


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7 


22 




3,6 


19 


0 


2,3 




8 


22 


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3,8 


24 


1 


2,9 




9 


22 




3,9 


25 


22 


3,0 




13 


22 


h 


4,4 


28 


23 


3.4 




26 


21 




4.0 


29 


23 


3,6 




27 


22 




4,2 


1 


23 


3,0 




29 


22 




4,3 


3 


0 


3,0 




30 


22 




4.4 


5 




2,95 




31 


22 


74 


4.7 


6 


2 % 


3,05 


Sept. 


2 


22 




4,8 


7 


23 h V, 


3,4 




3 


22 




4.8 


9 


1 


3,45 




4 


22 




4,6 


14 


0 


3,6 




6 


22 




4.1 


16 


o v. 


3,6 




12 


22 




4,4 


17 


0 


3,55 




26 


20 


i / 


5,0 


20 


2 


3,9 




29 


20 




4,8 


29 


22 


4,1 













Les heures indiquées sont celles de l'Europe centrale. Ces résultats 
concordent bien avec certains de ceux, très nombreux, que V Astrono- 
mie, le bulletin de la Société astronomique de France, a publiés, entre 
autres avec ceux de notre compatriote. M. Dumartheray, de Nyon. 

Il ressort de cet ensemble de documents que le Nova de l'Aigle a subi 
au cours de son extinction graduelle des fluctuations d'éclat atteignant 
plusieurs dixièmes et montrant une périodicité un peu indécise de 1 0 à 12 
jours; l'augmentation de grandeur était en règle générale plus rapide 
que sa diminution ultérieure. De telles fluctuations semblent être un 
phénomène inséparable des paroxysmes donnant lieu à l'apparition 
des Novae. Elles s'accompagnent toujours de modifications du spectre 
de l'astre; la Nova de l'Aigle n'y a point manqué. Son spectre, très 
beau, a eu une analogie très grande avec ceux de la Nova du Cocher 
(1892) et de Persée (1901) et avec ceux des Novae en général. On y 
voit les raies de l'hydrogène, flanquées, du côté des courtes ondes. 



152 



BULLETIN SCIENTIFIQUE 



d'une raie sombre d'absorption ; on y distingue également le dédou- 
blement des plus brillantes raies d'émission de l'hydrogène. Ces parti- 
cularités caractéristiques sont bien reconnaissables dans les photogra- 
phies spectrales faites à l'Observatoire fédéral de Zurich par M. le prof. 
D 1 ' Wolfer. Elles proviennent d'un télescope de 12 cm d'ouverture et 
2 m de distance focale muni d'un prisme objectif. Le spectre s'étend 
de 500 à 377 millimicrons. On y reconnaît des modifications dans le 
cours du temps, corrélatives des changements d'aspect et d'éclat de 
l'étoile. Ce dernier est maintenant inférieur à la cinquième grandeur 
et décroît lentement sans plus guère fluctuer. 

Le secrétaire présente une note de M. Charles Meylan sur quatre 
nouvelles espèces de Myxomycètes ; ce travail paraîtra dans le Bulletin. 



BULLETIN SCIENTIFIQUE 



D' M. von Laue. — Die Bclativitàtsthéorie, 3 U ' Aufl, erster Band. 
Bas Belativitàtsprincip der LorenU-transformation. — Collection 
die Wissenschaft B r Eilhard Wiedemann. 

L'excellent ouvrage de M. von Laue sur la théorie de la relativité 
est à l'heure actuelle trop connu pour que nous en donnions ici Para- 
lyse. Nous nous bornerons à signaler l'apparition du 1 er volume de la 
3 me édition de cet ouvrage. Cette édition se distingue des précédentes 
par l'adjonction d'un paragraphe concernant le rapport entre le point 
de vue d'Einstein et les idées de C. Neumann et de L. Lange concer- 
nant le principe de relativité restreinte. L'ouvrage rend compte éga- 
lement de quelques expériences, dont la publication était postérieure 
à l'apparition de la seconde édition. 



153 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A 

L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 

PENDANT 1,1? MOIS DE 

FÉVRIER 1919 



Le 1, neige de 7 h. 45 à 10 h. 

5, neige à 15 h. 30, de 16 h. 20 à 20 h., pluie et neige de 20 à 22 1). 30 et 

dans la nuit, haut, de la neige 4 cm. 

6, petites pluies dans la journée, arc-en-ciel à 13 h. 30. 

7, petite pluie de 7 h. 30 à 11 h. et de 14 à 16 h., neige de 19 à 21 h. cl 

dans la nuit, haut, de la neige 2 cm. 
les 8 et 9. violente bise toute la journée, 
le 12, léger givre le malin. 

13, brouillard à 10 h. 

14, brouillard de 7 h. 30 à 11 h., petite pluie dans la nuit. 

15, pluie de 21 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

16, pluie de 7 h. 30 à 15 h., de 17 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

17, pluie et brouillard de 7 h. 30 à 20 h., pluie dans la nuit. 

18, petite pluie de 13 à 14 h. 

19, pluie dans la nuit. 

20, pluie de 7 h. 30 à 20 h. et dans la nuit. 

21, halo solaire à 16 h. 30, pluie dans la nuit. 

22, pluie de 7 h. 30 à 10 h. et dans la nuit. 

23, pluie de 7 h. 30 à 12 h., de 17 à 19 h. et dans la nuit. 

24, pluie de 7 h. 30 à 9 h. et dans la nuit. 

25, pluie de 10 à 11 h. et dans la nuit. 

26, pluie de 14 h. 'i0 à 15 h. 50, de 18 à 20 h. et dans la nuit. 

27, neige de 19 h. 20 à 20 h. 30 et dans la nuit. 

Hauteur de la neige : il cm tombes en 2 jours. 
Neige sur le sol : du 6 au S. 

AitcillVKS, Vol. I. — Mars-Avril 1919. Il 



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156 



MOYENNES DE GENÈVE - FÉVRIER 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique de Genève 
à la pesanteur normale : -{- 0 mm .02. — Celle correction n'est pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 700 -f 





Heure 


1 Va 


4 V> 


7 Va 


io 72 


13 Va 


16 Va 


I!) Va 




Moyenne 






mm 




mm 


mm 


mm 


mm 


mm 




mm 




déc. 


25.95 


25.90 


26.17 


26.58 


25.98 


25 87 


26 33 


26.70 


26.19 


2 e 


» 


21.53 


21.06 


20.47 


20.57 


19.91 


19.42 


19.83 


20.06 


20.36 


.3° 


» 


20.68 


20.46 


20.60 


21.06 


20.76 


20. 40 


20 88 


21.52 


20.79 




Mois 


22.86 


22.62 


22.55 


22.86 


22.32 


22.00 


22.45 


22.85 


22.56 










Température 














o 


0 


o 


o 


o 


o 


0 


o 


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Ire 


déc. 


-1.66 


-2.05 


-2.36 


-1.19 


0.20 


0 22 


-1 40 


-1.50 


-1.22 


2e 


» 


-0.72 


-1.14 


-0.59 


1.36 


3.09 


3.43 


2.06 


1 .68 


1.15 


3« 




5.70 


5.20 


4.78 


6.62 


9.45 


9.19 


7.04 


5.86 


6.73 




Mois 


0 78 


0 35 


0.31 


1.95 


3.87 


3.93 


2.2'. 


1.74 


1.90 








Fraction de saturation 


en % 








Ire 


déc. 


80 


80 


80 


78 


70 


72 


78 


78 


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» 


88 


91 


90 


87 


83 


83 


88 


87 


87 


3e 


» 


80 


80 


85 


78 


62 


62 


7a 


j / 


75 




Mois 


83 


84 


85 


81 


72 


73 


80 


82 


80 




Dans 


ce mois 


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me 244 


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67 


= 0.82 












Le r;i 


s vents 


ssw 


— ~S2 











Moyennes des 3 observations 
(7 Vf, 13 Va, 21 Va) 



Pression atmosphérique . 
Nébulosité 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 

mm 

Press, atmosphérique . (1836-1875) 26.84 
Nébulosité ..... (1847-1875) 6.7 
Hauteur de pluie . .^1826-1875] 36.5 
Nombre de jours de pluie » 8 
Temp. moyenne. . . » 1°.60 

Fraction de saturation 79 °/ 0 Fract. de saturation (1849-1875) 82 •/ 



7 Vl + 13V« + 21 V» 

3 " ' 

7 Va + 13 Va + 2 x 21 Va 



22.52 

7.9 

1°.99 
1°.95 



157 



Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations pluviométriques 



Station 


Céligny 


Collex 


Chain bésy 


Châtelaine 


Satigny 


Athcnaz 


Cumpogières 


Hauteur d'eau 
en mm 


181. 1 


158.9 


136.8 


122.4 


157.2 


124.9 


OC 


Station 


Veyrier 


Observatoire 


Cologny 


Pupliiige 


Jussy 


Hoiniance 


Hauteur d'eau 
en m m 


97.7 


105 5 


J 10',. 6 


90.4 


108.0 


136.7 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITKS AU 

G B AN I) SAINT-BERNA II I) 

PKNDANT LK MOIS Dl 

FÉVRIER 1919 



Les 6, 7, 17, 20 et 28, brouillard une partie île la journée 
le 6, violente bise, 
le 22, vent très forl. 





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1G0 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - FÉVRIER 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
Maint-Bernard a lu pesanteur normale : — 0 mm .22. — d ite cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 5»00" ,m + 



Fraction de saturation en °, 



Heure 


7 Va 


13 Va 


21 Va 


Moyenne 


7 Va 


13 Va 


21 V2 


Mo Y. 




m ni 


mm 




mm 










1«* décade 


56.78 


57 31 


57.71 


57.27 


79 


72 


79 


77 




57.31 


56.85 


57 21 


57.12 


71 


60 


79 


70 


3 e » 


56.95 


57.14 


57.70 


57.26 


91 


72 


82 


82 


Mois 


57.02 


57.09 


57.53 


57.21 


79 


68 


80 


76 



7 Va 



Température 

13 Vî 21 Va ' 



Moyenne 

Va + 1 3 Va + 2 1 Va 7 '/a + 1 3 Va + 3X11 Va 



1-e dw-.au « 
2 e » 
3« 



M 



13 50 
• 8.76 
■ 8 78 



Ol! 



10.46 



-10 74 

- 4.84 

- 5.27 



7.0: 



13.33 

■ 6.80 

■ 8.53 



12.52 

• 6.80 

• 7.53 



9 62 



9 05 



■12.72 

• 6.80 

• 7.78 



9 19 



Dam 



mois l'air a été calme 155 fois sur 1000. 



ippo. 



t des veufs 



ni- 

sw 



r = rô = 1-05 



Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Murtigny-Ville 


Orsières 


Bourg-St-Pierre 


Grand St 
An,. P. 


-Bernard 
Nouv. P. 


Eau en mm . . 


114.6 


95 5 


47.3 


124.0 


201 9 


Neige en cm . . 


14 


'.0 


4 » 


159 


258 



11,1 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FA I TES A 

L'OBSERVÂTO I R E DE G EN ÈV E 

PENDANT LE MOIS DE 

MARS 1919 



Le 1, forte gelée blanche le matin, neige de 19 h. 15 à 22 h. 30 et dans la nuit. 
2. pluie de 7 h. 3(1 à 8 h. 15 et de 19 à 20 h. 

4, petite pluie de 18 h. 20 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

5, pluie de 20 à 22 h. 30 et dans la nuit. 
9, halo et couronne lunaire à 17 h. 30. 

11, gelée blanche le malin. 

12, gelée blanche le matin, pluie dans la nuit. 

14, gelée blanche le matin. 

15, très forte bise depuis 13 h. 

les 16 et 17, très forte bise toute la journée, 
le 17, neige dans la nuit. 

19, forte bise de 7 h. 30 à 16 h., couronne et halo lunaire à 22 h. 30, neige 

dans la nuit, hauteur 1 cm. 

20, neige de 7 h. 30 à 10 h. 40 et dans La nuit, hauteur 6 cm. 

21, neige de 7 h. 30, à 11 h. 10, pluie et neige de 3 h. 50 à 5 h. 20 et dans 

la nuit. 

22, pluie et neige de 7 h. 30 à 10 h. 

23, légère gelée blanche le malin, pluie et neige de 18 à 22 h. 30 et dans la 

nuit. 

24, vent très fort de 13 à 17 h. 

25, pluie de 14 h. 10 à 15 h., de 18 à 22 h. et dans la nuit. 

26, pluie à 13 h. 50, de 16 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

27, pet i l e pluie dans la nuit. 

28, neige de 9 à 11 h. cl dans la nu il. 

29, pluie de 14 à 22 h. 30 el dans la nuit, vent très fort depuis 17 h. 

30, pluie de 8 à 16 h. et de 17 à 20 h.,venl très fort de 7 h. 31) à 15 I.. 

31, neige de 12 h. 30 à 22 h. 30 et dans la nuit, hauteur 32 cm. 



Hauteur totale de la neige : 39 cm tombés eu .? jours. 



T. 

0 



Pluie 


Hauteur Nomb. 
2'i h. d'heur. 


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X 
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3.0 
1.3 

3.6 

8.8 

.... | 
3.5 

0.1 

10.6 

9.2 
0.3 
14.2 

7.0 
7.0 
1.0 

28 8 
11.4 
33.5 


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y to o 

3 3 — 


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Vent 


V. moy. 
km/h. 


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Pression atmosphérique 700 mm + 


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Ecart av. 
la norm. 


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164 



MOYENNES DE GENÈVE - MARS 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique de lieuève 
à la pesanteur normale : + 0 mm .02. — Cette correction n'est pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : TOO + 





Heine 


1 72 


4 1 /2 


7 Va 


10 Va 


13 l h 


16 Va 


lit Va 


22 Va 


Moyenne 






uun 


111111 


mm 


mm 


mm 


mm 




îinii 


mm 




dée. 


27.74 


27.40 


27.44 


27.69 


27.15 


26 72 


27.32 


27.81 


27 41 


2 e 




27.16 


26.43 


26.32 


26.63 


26.13 


25.49 


26.02 


26.00 


26 27 


3« 




18.45 


18.39 


18.22 


18.17 


17.30 


17.22 


1 7 75 


18.38 


17.98 




Mois 


24 29 


23.89 


23.81 


23.97 


23 33 


22.95 


23.50 


23.88 


23.70 










Température 














o 


o 


o 


o 


o 


o 








1 re 


dec. 




4.44 


4.28 


7.92 


10.62 


jlU . OO 


o ZZ 


A f. A 
O. ±0 


j . i j 


2" 




2.99 


2.23 


2.00 


4.49 


6.-18 


6.95 


5.22 


3 81 


4.23 


3 e 




3.74 


3.02 


3.35 


5.75 


7.09 


6.28 


5.10 


4.14 


4 81 




Mois 


3 92 


3.22 


3.22 


6.05 


7.94 


7.81 


6.15 


4.78 


5.39 








Fraction de saturation 


en % 








Ire 


déc. 


84 


86 


86 


71 


55 


56 


71 


82 




2 e 




78 


82 


82 


68 


59 


55 


64 


71 


70 






86 


88 


86 


72 


69 


70 


77 


86 


79 




Mois 


83 


85 


85 


71 


62 


61 


71 


80 


75 




Dans 


ce mois 


l'air a 


été cal 


me 237 1 


ois sur 


1000 










Le r; 






NNE 


90 


= 1.14 












pporl des vents 


ssw 


"~~ "79" 











Moyennes des 3 observations 
(7 V», 13 Va, 21 Va) 



Pression atmosphérique 
Nébulosité 



7 '/ 8 + 13 Vz + 21 Va 

3 " ' 

7 Va + 13 Va + 2 X 21 Va 



Fraction de saturation 



23.64 
6.9 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 

mm 

Press, atmosphérique . il8o6-J875> 25.03 
Nébulosité ..... (1847-1875) 6.1 
»°.47 Hauteur de- pluie . . (1826-1875) 47.3 
Nombre de jours de pluie » 10 
Temp. moyenne. . . » 4°. 60 

5 % Fract. de saturation (1849-1875) 75 % 



165 



Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations pluviométriques 



Station 


Oélîgny 


Collex 


Chambésy 


Châtelaine 


Satigny 


Athenaz 


Composièrei 


11111110111' d'eau 
en m m 


J88.1 


179.8 


151. 7 


150.4 


187.3 


147.7 


134.1 


Station 


Veyrier 




atoire 


Cologny 


Puplinge 


Jussy 


Hérmance 


Hauteur d'eau 
en m ui 


137.4 


146.8 


141.5 

1 


130.9 


145.0 


142.3 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

G R AN D S A I N T - B E R N A II I ) 

PENDANT LE MOIS Dli 

MARS 1919 



Les 1, 7, 12, 14, 17, 18, 22 et 25, brouillard une partie de la journée 
les 13, 15 et 16, brouillard toute la journée, 
les 1. 12, 20, 21, 26 et 31. vent très fort, 
les 17, 18 et 28, 1res forte bise. 



^NrHOOOlXiON^COOtûOOOO^OOOXCOffi^OOhOO 



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co v* ^ r: ■ - x 

I I I 1 1 I I 

00 !T> <J- 



I I I 

r i ri ~ 

I I I 



c c x 



(£3 l v x Ji o 



iO "X l - X ~ X — Ol 



Ol Ol Ol Tl -01 0 1 



168 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - MARS 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique «lu Grand 
Saint-Bernard à la pesanteur normale : — Omm. 22. — Celle cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression 


atmosphérique : 


500" 


,n + 


Fraction de saturation 


en 0 


Heure 


7 Va 


13 Va 


21 Va 


Moyen ne 


~ Va 


13 Va 


21 l /a 


Mov 






mm 


mm 


mm 










l ie décade 


62.69 


6 ! 11 


6 i. G l 


63.14 


83 


75 


78 


79 


2 e » 


60.16 


60.01 


59. 86 


60.01 


90 


89 


91 


90 




54.55 


54 7 4 


54.91 


54.73 


91 


85 


93 


90 


Mois 


58.98 


59 14 


59.31 


59 14 


88 


83 


87 


86 



Henri 



- y. 



Température 



13 Va 



21 Va 



Moyenne 

Va + 1 3 Va + 21 Va 7 '/a -f 1 3 Va + 2 X 2 1 Va 



l re décade 
2^ 

3e 

Mois 



- 7.34 
-10.24 

- 9.20 



8.9' 



3 67 
7.14 
6.07 



5.6' 



6.18 
9.96 
8.16 



- 5.73 

- 9.11 

- 7.81 



8.10 



7.56 



5.84 
9.32 
7.90 



69 



Dans ce mois l'air a été calme 204 fois sur 1000. 

0.64 



NE 56 
Le rapport des vents g-^y — 



Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Marti gny- Ville 


Orsières 


Bourg-St-Pieire 


Grand St-Bernard 
Ane. P. | Nouv. T. 


Eau en mm . . 
Neige en cm . . 


99.3 
18 


68.1 
46 


63.8 
71 


150.4 
205 


258.9 
368 



1919 



Vol. 1 



Mai-Juin 



FERROMAGNÉTISME 

ET 

ÉQUATION CARACTÉRISTIQUE DES FLUIDES 

l'Ait 

Pierre WEISS 

(Avec 8 fig). 



L'interprétation des données ^expérimentales du ferromagné- 
tisme est relativement simple aux très basses et aux très hautes 
températures. Aux très basses températures l'aimantation à 
saturation donne directement le moment atomique, aux tempé- 
ratures élevées la variation linéaire de l'inverse du coefficient 
d'aimantation permet de le calculer en s'appuyant sur la théo- 
rie cinétique et la notion du champ moléculaire. Mais les mo- 
ments ainsi trouvés sont différents. L'atome de nickel a trois 
magnétons au zéro absolu et dans l'intervalle de 440° à 870°, 
de l'échelle ordinaire, il en a huit. Cette constatation suffit à 
poser le problème du ou des changements d'état qui se pro- 
duisent entre les deux régions. Ce problème se précise par le 
fait que le point de Curie déterminé par la disparition de l'ai- 
mantation spontanée est à une quinzaine de degrés au-dessous 
de celui qui résulte de la droite des inverses des coefficients * 
d'aimantation aux températures élevées. Le voisinage du point 
de Curie est donc plus particulièrement le siège de phénomènes 
inconnus. 

La fig. 1 donne un réseau d'isothermes magnétiques du nickel 
clans la région voisine du point de Curie 1 . L'interprétation de 

1 Mesures faites en collaboration avec A. Piccard, travail en voie d'exé- 
cution. 



Archivks. Vol. 1. — Mai-Juin 1919. 



12 



170 FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



ces courbes qui ne paraissait guère abordable à première vue 
s'est simplifiée de beaucoup par l'emploi de la représentation 




0 Champs. 5.000 10.000 1MCC 

Fig. 1. 

graphique de la fig. 2 où ont été portés les champs en fonction 
des températures pour des valeurs déterminées de l'aimantation 



# A 

/ /te/ 


V / 








/ 










/ / / 




A - / 




/ ✓ 

/ 
















Ùi 


/- 














i 





























































360° Températures 370 9 380° 390° 400° W 



Fig. 2. 

spécifique a. Cette représentation a révélé la relation linéaire 
existant entre la température et le champ pour une valeur cons- 
tante de «t. Mais les droites sont souvent coudées et le lieu des 



FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



171 



coudes partage le plan en régions dont chacune, il semble plausi- 
ble de l'admettre, correspondît un état particulier de la matière. 

La relation linéaire entre la température et le champ, pour 
une aimantation donnée, entraîne des conséquences thermody- 
namiques intéressantes. Je rappellerai d'abord la définition que 
j'ai donnée précédemment du champ moléculaire : c'est un 
champ magnétique qui, s'ajoutant au champ extérieur, exprime 
l'action de l'ensemble des aimants moléculaires environnants 
sur l'aimant moléculaire considéré. J'ai fait d'abord l'hypo- 
thèse simple : 

II,,/ = « . a 11 — const. (1) 

c'est-à-dire le champ moléculaire est proportionnel à l'intensité 
d'aimantation et dirigée comme elle. Cette hypothèse a permis 
de rendre compte d'un assez grand nombre de faits du ferro- 
magnétisme jusqu'alors inexpliqués l . J'ai montré plus tard 2 que 
s'il est commode et intuitif de se représenter le champ molécu- 
laire comme un véritable champ magnétique cette hypothèse est 
inutilement spécialisée et qu'il y a même des difficultés très 
sérieuses à admettre que les actions mutuelles d'orientation 
soient de nature magnétique ou électrostatique. Je définirai 
dorénavant le champ moléculaire par 

H,„ = -f ,2, 

U étant l'énergie de l'unité de masse de la substance et la tem- 
pérature T et l'aimantation spécifique c les deux variables. On 
se rend compte facilement que cette définition comprend comme 
cas particulier la définition (1); elle a l'avantage d'être indé- 
pendante de toute hypothèse sur la nature des forces. On a alors 

dU = c^dT ■- \\ m d? |3) 

ou c a est la chaleur spécifique à aimantation constante. Le prin- 
cipe de la conservation de l'énergie donne : 

. ( 4) 



1 Journal de Physique, 4 e série, t. VI, p. 661 ; 1907. 

2 Annales de Physique, 9 e série, t. I, p. 134 ; 1914. 



172 



FERROMAGNETISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



Le champ extérieur H fournit au corps un travail Rdc. La 
chaleur élémentaire s'écrit par'conséquent : 

dQ = c a dT — (H + E m )da (5) 

et, par application du principe de Carnot : 



H 

ô 



De (4) et (6) on déduit : 



et 



ôT 



1 ôc a ù 2 H 



(6) 



(7) 



(8) 



L'équation (8) exprime que dans toute région où les lignes 

d'égale aimantation sont des droites, où par conséquent 

b 2 H A bc a ^ , , , ... - . n . H + H /m 
— 2 - — 0, on a ~ = 0 et que, a cause de (4) et (6), — ^ et 

LU sont des fonctions de la seule variable c : 

H + H,„ /H + H*\ lo , 
— — et inversement : i — f x ( — j (9) 

H m == ?2 (cr) (10) 

(9) est la loi générale de l'aimantation en fonction du champ 
total H + R,n et de la température T. Elle comprend comme 
cas particulier, en faisant H,« — 0. la loi donnée par Langevin 
pour les paramagnétiques. (10) exprime la dépendance du champ 
moléculaire de la variable <r, elle comprend comme cas particu- 
lier l'équation (T). 
L'équation (7) exprime que le coefficient angulaire de l'une 

H -j— H 

des droites de la figure (2) est égal à la valeur de — — - cor- 
respondant à la valeur de <r et que l'ordonnée à l'origine de la 
droite donne le champ moléculaire changé de signe. La connais- 
sance d'une famille de droites résout donc par points le pro- 
blème de la détermination expérimentale des deux fonctions (9) 
et (10) dont dépend l'aimantation de la substance. 



FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



173 



L'étude de la partie gauche de la fig. 2 a montré que le champ 
moléculaire est proportionnel à <r, avec une bonne approxima- 
tion, jusqu'à la limite des expériences (c = 16). Dans la partie 
de droite cette proportionnalité existe aussi avec un facteur 
différent. Les deux états du nickel sont en outre caractérisés 
par leurs nombres de magnétons et des phénomènes magnéto- 
caloriques différents. Ces propriétés feront l'objet de publica- 
tions ultérieures. 



75 








■ 

.4 


S 
















À 












A 

























150° 100" 50° 0* 30* 100 



Fig. 3. — Air ( Witkowski , . <^ 

La méthode de discussion imaginée pour l'étude du réseau 
des isothermes magnétiques s'applique presque sans change- 
ment au réseau des isothermes de compression des fluides. Les 
lignes d'égale aimantation sont remplacées par les isochores ou 
lignes d'égal volume. La controverse au sujet du caractère cur- 
viligne ou rectiligne rigoureux ou approché de ces dernières est 
déjà ancienne 1 . Elle paraissait close parla règle empirique don- 
née indépendamment par Sidney Young et Keesom : les iso- 
chores sont concaves ou convexes du côté de Taxe des tempéra- 



1 Voir Keesom, Comm. Leide)/, Vol. XI, suppl. 23. p. 754. 



174 FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



tures suivant que le volume est plus grand ou plus petit que le 
volume critique. Une révision suggérée par le phénomène ma- 
gnétique m'a permis de reconnaître qu'ici encore les faits sont 
représentés d'une manière frappante par des droites coudées. Je 
vais donner quelques exemples caractéristiques. 



»0 



90 



80 



70 



50 













4 


/ y/ 


.y 














 








y' 










/A 


// 




.-y 


'/ .y 














/ 














iv. 


W 





































0' 10- 20° 30 e 40' 50° 60° 70' 60' 90' 100 



Fig. 4. — Ethylène (Amagat). 

La fig. 3 représente, d'après les expériences de Witkowski, les 
isochores de l'air, remarquables par l'angle notable que font 
entre eux les deux segments. Dans cette figure et dans les sui- 
vantes les volumes ont été exprimés en fractions du volume 
normal à l'état de gaz parfait et les pressions en atmosphères. 

La fig. 4 donne les isochores de l'éthylène déduites des iso- 
thermes d' Amagat. Les angles sont un peu moins grands mais 
les deux segments sont bien déterminés. Sont particulièrement 
caractéristiques les isochores des volumes voisins de 1/90. Les 



FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



175 



points à 40° de la fig. 4 comme ceux aussi à — 103 ,5 de la fig. 3 
indiquent un léger arrondi au coude. Qu'il soit réel ou le résul- 
tat des interpolations, ce qui importe c'est moins la brusquent 
plus ou moins grande du passage que l'existence de part et 
d'autre d'états bien définis. 

La fig. 5 est la représentation des isochores de l'étherà l'état 
liquide, déduites par Ainagat lui-même de ses observations aux 
très fortes pressions. 




0° 10° 20° 30° 4CT 50° 60° 70° 00° 90° 100° 



Fig. 5. — Ether (Aniagat). 

Enfin la fig. 6 donne une partie des expériences si précises 
de Sidney Young sur l'isopentane. Dans ce cas les droites cou- 
dées, et par suite les changements d'état dont ils sont le signe, 
se rencontrent dans une région de volumes peu éloignés du 
volume normal. Cela est assez remarquable puisque, aux grands 
volumes, on attribue volontiers à la substance des propriétés 
voisines de celles des gaz parfaits. En t'ait cette parenté est 
beaucoup plus grande pour la région de droite de la figure, aux 
températures élevées, que pour celle de gauche aux tempéra- 
tures plus basses. 



176 FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 

Le caractère énigmatique du changement d'état révélé par 
les coudes des isochores est une réelle difficulté. Néanmoins 
l'interprétation que je viens de donner paraît s'imposer comme 
reposant sur une large base expérimentale. Elle est appuyée en 
outre par le phénomène magnétique correspondant et par la 
netteté des conclusions que nous pourrons en tirer au sujet de 
l'équation caractéristique des fluides. On peut remarquer dès à 











& «?' 


700 
600 
500 


















400 

30C 


ercure 

.V . . 








t y 

I y 
.i * 

c s 










1 







100* 150* 200 ° 250 

Fig. 6. — Isopentane (Sidney Young). 



présent, qu'elle donne une explication plausible du médiocre 
succès de toutes les tentatives qui ont été faites pour perfec- 
tionner l'équation primitive de van der Waals. Le caractère 
non analytique des lois de compressibilité et de dilatation, con- 
sidérées dans leur ensemble rend le problème insoluble avec les 
moyens mis en œuvre. 

Pour pousser plus loin la discussion, je vais faire appel aux 
principes de la thermodynamique et serai amené à écrire des 
formules bien connues. Mais elles prennent un intérêt parti- 
culier par l'application aux régions d'isochores rectilignes. Le 
parallélisme complet avec les lois thermodynamiques du ferro- 



FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



177 



magnétisme développées ci-dessus mérite aussi d'être sou- 
ligné. 

La pression interne qui joue un rôle analogue à celui du 
champ moléculaire a été définie tantôt comme terme correctif 
de la pression dans l'équation caractéristique, tantôt comme 
dérivée partielle de l'énergie U par rapport au volume v. Il est 
aisé de voir que ces deux définitions ne sont équivalentes que si 
le terme correctif de la pression est indépendant de la tempé- 
rature. J'adopte la seconde définition : 



Elle a l'avantage de donner à la pression interne une signifi- 
cation physique qui en fait un sujet de recherches intéressant, 
indépendamment du rôle qu'elle est appelée à jouer dans la 
construction d'une équation caractéristique. Soient c v la chaleur 
spécifique à volume constant et T la température absolue, on a 



du = c v dT + ïldv , 



(12) 



et la chaleur élémentaire s'écrit : 



dQ = c v dT + (p + ll)dv 



(13) 



où p est la pression extérieure. 
Le principe de la conservation de l'énergie donne : 



ôT 



(14) 



et celui de Carnot : 



1 bc„ _ 
T ~ô7 




(15) 



d'où par combinaison des deux : 



*P _ P + n 

5Ï T 



(16) 



et 



1 bcv _ b 2 p 

T 77 ~ cvn 



(17) 



11 résulte de (17), (14) et (15) que dans toute région où les 
isochores sont rectilignes : 



178 



FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



= 0 (18) 



et 



ou 



P + n _ 

et 



= A M (20) 



U---=f,( v ). (21) 

La détermination expérimentale des deux fonctions f t (v) et 
/" 2 du volume seul donne l'équation caractéristique par élimi- 
mination de n. La relation (21) est la « Loi de la pression 
interne ». Quant à (20). on peut l'envisager comme l'expression 

de la dépendance de v de la variable n . c'est-à-dire de la 

température ramenée par division à la pression totale 1. J'ap- 
pellerai donc (20) la « Loi de dilatation ». 
L'équation (16) montre que le coefficient angulaire d'une 

isoehore donne p ^ 11 et que l'ordonnée à l'origine changée de 

signe donne n. La connaissance d'une famille d'isochores recti- 
lignes équivaut donc à celle des deux fonctions f x {v) et f % (v). 

J'examine d'abord la loi de dilatation. Les isochores de l'hydro- 
gène, déduites des expériences de Kamerlingh Onnes et Braak, 
sont rectilignes avec une grande précision dans l'intervalle de 
température étendu, aussi bien absolument que relativement, 
de T = 68° 3 à T = 109° 4, avec des écarts systématiques au- 
dessous et au-dessus de cet intervalle. Elles donnent pour la loi 
de dilatation : 

où R est avec toute la précision du dessin (un petit nombre de 
millièmes) la constante des gaz parfaits 1/273,1 (unités volume 
normal, atmosphère). Ceci est très remarquable, la pression 
interne atteignant 16,2 atmosphères, plus du quart de la plus 
grande pression extérieure et le eovolume b étant égal au 
cinquième du plus petit volume observé. 



FERROMAGNÉTISME ET EQUATION DES FLUIDES 179 



On peut contrôler l'exactitude de cette loi en admettant 
R = 1/273.1 et en calculant par chacune des isochores la valeur 
de b : 



e obs. 


T » 

; Ol)S. 

P+ M 


b cale. 


0,0052 


1,132 


0,001055 


0,0058 


1,298 


0,00105 


0,0065 


1,492 


0,00104 


0,0100 


2,4 45 


0,00105 


0,0125 


3,122 


0,00107 


0.0150 


3,808 


0,00106 


0,0200 


5,155 


0,00112 



Le co vol urne calculé a une constance remarquable. La dernière 
valeur seule est un peu divergente, mais l'écart est encore faible 
comparé au volume observé 0,0200. 

Ces résultats relatifs à l'hydrogène sont confirmés par les 
expériences plus anciennes de Witkowski qui donnent par le 
même procédé de discussion appliqué à la même région : 

b — 0,00113 

avec une constance comparable, pour un intervalle des volumes 
encore plus grand allant de 0,0057 à 0,0667. 

J'ai examiné de même tous les matériaux à ma disposition. 
Pour toutes les familles d'isochores rectilignes de toutes les 
substances j'ai trouvé, au degré de précision des expériences, 
une relation de la forme (22), mais en général avec un coefficient 
R' = rR où le facteur X a une valeur supérieure à l'unité. Dans 
la fig. 7 a été représentée, d'après les expériences d'Amagat, la 
loi de dilatation de l'anhydride carbonique dans une région 
comprise entre 60° et 100° de l'échelle ordinaire. Cette représen- 
tation est très exactement une droite s'étendant depuis la valeur 
très faible du volume réductible v— 6, égale seulement à la moi- 
tié du covolume b jusqu'à une valeur environ huit fois plus 
grande. L'inclinaison de cette droite donne K = 1,30. 

Les deux autres lois de dilatation représentées dans la même 
figure sont relatives à des familles d'isochores rectilignes de 
l'argon et de l'isopentane. Elles manifestent une nouvelle espèce 
de changement d'état par le fait que la représentation est com- 
posée, pour chacune de ces substances de deux segments recti- 



180 FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



lignes formant une droite coudée. Il y a donc pour chacune 
d'elles deux covolumes différents et deux valeurs de X, qui sont 
pour l'isopentane K = 1,20 et 1,38 et pour l'argon X =± 1,39 et 1. 
Quand une substance, comme l'isopentane dans les expériences 



28 

oo 



£8 

oo 
dd 



v- O 

oo 
dd 



£o 
oo 
dd 



o O 

dd 



oo 
oo 
od 



oo 
oo 



c 

§o 













J 


























y 












/ ^/ 




Ko- 










ci/ 










A 0 / 


7 










— 




* 










O/ 

^ / 














o/ 

^ / 














^7 















0 T/ p . n 0.5 



0.2^ 



1 Jsopenfane et Ar^on 2 
0.5 CO 2 1 



25 
1,25 



3 

15 



3,D 
175 



de Sidney Young, est étudiée dans un domaine très étendu de 
volumes et de pressions (les volumes varient de 0,005 à 12,8, les 
pressions dépassent 70 atmosphères) elle présente un assez 
grand nombre d'états différents caractérisés par les valeurs de 
£ et de 6. 



FERROMAGNÉTISME ET EQUATION DES FLUIDES 



181 



Les coefficients K prennent, senible-t-il, un nombre limité de 
valeurs empruntées indépendamment de la nature de la sub- 
stance à une même série de nombres.... 

1; 1,05: 1,10; 1,20; 1,29; 1,39; ... 1,78; ... 2,65; ... 

et d'autres valeurs plus élevées. En effet : 

1 paraît se rencontrer pour tous les corps à des volumes suffi- 
samment grands et des températures suffisamment élevées ; 

1,05 a été trouvé pour une famille d'isochores de l'hydrogène 
(Amagat), de l'argon (Crommelin), de l'isopentane (Sidney 
Young), etc. ; 

1,10 a été trouvé pour l'azote (Amagat), le chlorure de mé- 
thyle (Kuenen), pour l'isopentane (S. Young), pour l'anhydride 
carbonique (Amagat), etc. ; 

1,20 pour l'isopentane (S. Young), Féthylène (Amagat), l'an- 
hydride carbonique (Kamerlingh Onnes et Keesom) ; 

1,29 pour l'oxygène (Amagat), l'alcool méthylique (Seitz et 
Lechner), l'anhydride carbonique (Amagat) ; 

1,39 pour l'isopentane (S. Young), l'argon (Crommelin); 

1,78 pour l'isopentane (S. Young) et, d'une manière concor- 
dante, pour l'alcool éthylique au-dessus de 0° (Amagat) et pour 
la même substance entre 0° et —100° (Seitz et Lechner). 

Les valeurs élevées de X correspondent en général aux grandes 
densités. Ainsi l'étude de Féther, par Amagat, a donné pour 
deux états de la substance : 

r = 1,98 et 2.66 . 

Le sulfure de carbone (Seitz et Lechner) donne aussi, avec 
une précision moindre, 2,65. 

Dans la région moyenne on trouve aussi quelques valeurs iso- 
lées, peu nombreuses d'ailleurs, ainsi : 

1,43 éthylène (Amagat) 

1,52 isopenlane (S. Young) 

1,60 anhydride carbonique (Amagat) 

mais il semble difficile d'être très affirmatif quant à une valeur 
numérique rencontrée une seule fois. 

Toutes ces valeurs supérieures à l'unité indiqueraient non 
une association des molécules qui a été souvent invoquée pour 



182 



FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



l'explication des anomalies des phénomènes de compressibilité 
et de dilatation, mais au contraire une dissociation. Mais le cas 
de l'argon montre tout au moins que cette dernière hypothèse 
ne saurait avoir une portée générale. 

En général les plus grands covolumes b correspondent à des 
régions de grand volume v. Le cas de l'argon (fig. 7) en est un 
exemple, celui de l'isopentane est un exemple du cas exception- 
nel où le plus petit co vol urne correspond à une région de volu- 
mes v plus grands. 

On rencontre quelquefois des valeurs remarquablement 
grandes des volumes limite b. Ainsi l'isopentane existe dans 
deux états, dont les volumes limite sont 4 et 8,5 fois le volume 
spécifique du liquide à zéro degré sous la pression atmosphérique. 
Pour l'anhydride carbonique et l'éthylène on trouve des états 
dont le volume limite est près du double du plus petit volume 
atteint effectivement par la substance dans un état différent 
sous les pressions extrêmes. 

La « Loi de la pression interne » donne lieu à une discussion 
analogue à celle de la loi de dilatation. Van der Waals a donné 
pour la pression interne : 

n = % (23) 

où a est une constante. Arnagat et Leduc ont montré que cette 
loi est exactement vérifiée par l'expérience pour les gaz suffi- 
samment dilués.En procédant par régions d'isochores rectilignes, 
on retrouve fréquemment ce résultat et l'on marque aisément 
les limites de sa validité. Ainsi, pour une famille de l'isopentane. 
empruntée à la série VI de Sidney Young, entre 180° et 280°, 
on a : 



(vol. norm.) 


Hat. 


a = 1 1 . »' 2 


0,1044 


5,9 


0,0642 


0,1126 


5,1 


0,0648 


0,1206 


4,3 


0,0626 


0.1288 


4,0 


0,066 i 


0,1367 


3,3 


0.0618 


0,1449 


3.15 


0,0661 


0,1529 


2,85 


0,0667 


0,1610 


2,6 


0,0674 



FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



183 



cette vérification est bonne, en égard notamment à ce que II 
résulte de la différence de deux termes plusieurs fois plus grands. 

Il est remarquable que l'on rencontre quelquefois cette même 
loi pour des densités relatives notables. Ainsi les expériences 
déjà citées de Kamerlingh Onnes et Braak sur l'hydrogène 
donnent : 



Les expériences plus anciennes de Witkowski donnent avec 
une constance comparable le nombre voisin a ~ 0,00046. 

Mais le cas de l'hydrogène paraît exceptionnel. Dès que les 
densités deviennent un peu fortes la pression interne obéit, en 
général, à des lois différentes de celle de van der Waals, qui 
sont représentées d'une manière remarquable par la formule : 



où a est une constante. L'exposant rj prend des valeurs très 
diverses dont la fig. 8 donne quelques exemples. Les abscisses 

sont les logarithmes de ~i et les ordonnées ceux de n de telle 

sorte que toutes les lois du type (24) sont représentées par des 
droites et celle de van der Waals par des droites à 45°. 

Les lois données dans cette figure pour l'isopentane et pour 
l'argon se rapportent aux mêmes familles d'isochores que les lois 
de dilatation de la fig. 7. Les changements d'état qui s'étaient 
manifestés dans la fig. 7 par les coudes des lignes brisées se 
retrouvent ici. Chacune des lois de la pression interne est aussi 
représentée par deux segments de droite d'inclinaison diffé- 
rente. 

Le triangle allongé au bas de la fig. 8 est la représentation 
logarithmique de la pression interne de l'éthylène, déduite des 
isochores qui ont été représentés à la fig. 4 à titre d'exemple 



(vol. norm.) 



0,0052 
0,0058 
0,0065 
0,0100 
0,0125 
0,0150 
0,0200 



16,2 
12,9 
10,1 
4,23 
2,73 
1,89 
1,07 



0,000437 
0,000433 
0,000425 
0,000423 
0,000426 
0,000425 
0,000428 



184 FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



de droites coudées. Les deux segments d'isochores donnent 
pour Je même volume deux pressions internes différentes. La 
représentation graphique se compose donc de deux lignes : la 
ligne supérieure, provenant de la région des isochores infé- 



3 3 









/ 


/ 






^ / 








yy 
Jy 


y ' ^ 


\ y 
/ 4 








W J 


W 






y 

A 



















2.75 2,5 



2.5 2 



2,25 1.5 



2 1 



3,25| j_ psopenlane et Efhylène 3,75 4 
MAr£on3 3.5 4 

Fie. 8. 



4.25 
0,5 



4,5 

5 



rieure à 40°, qui est brisée et correspond à deux états caracté- 
risés par rj = 2 et 37 — 1,5. et la ligne inférieure, droite unique 
avec t] = 1,73, provenant des isochores au-dessus de 40°. 

Il n'a pas été possible de reconnaître, parmi les nombreuses 
valeurs de rj qui ont été déterminées, une régularité analogue 
à celle qui a été indiquée pour les £. Il ne semble pas non plus 
qu'il y ait une relation entre les £ et les Tout au plus peut-on 



FERROMAGNÉTISME ET ÉQUATION DES FLUIDES 



185 



remarquer que certaines valeurs, par exemple rj = 1,8 ; y — 2,5, 
ont une tendance à se reproduire pour des substances diffé- 
rentes. 

Lorsque, grâce à l'emploi de très fortes pressions, on réduit 
considérablement le volume des fluides, la pression interne finit 
par décroître et môme par devenir négative (Amagat). A partir 
du moment où la décroissance de II indique l'intervention de 
forces répulsives, la loi (24) cesse d'être applicable. Mais le 
critérium des états définis par les isochores rectilignes conserve 
son utilité pour l'étude de la pression interne. 

La juxtaposition de la loi de dilatation (22) et de celle de la 
pression interne (24) donne l'équation caractéristique des 
fluides : 



à quatre constantes a, b, y, £, valable pour un état de la subs- 
tance caractérisé par les isochores rectilignes et des lois de 
dilatation et de pression interne déterminées. En général, les 
changements d'état atteignent simultanément les quatre cons- 
tantes, mais il arrive aussi que certaines d'entre elles aient des 
valeurs communes à deux états différents. 



Archives, Vol. 1. — iMai-Juin 1-J19. i;t 




LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



PAK 

Léopold de S/\USSUKE 

(Avec 5 fig.). 



Introduction. 

De toutes les anciennes civilisations, celle de la Chine est la 
seule qui se soit perpétuée depuis la haute antiquité jusqu'à nos 
jours, chez un même peuple conservant sa langue, son écriture 
et son individualité politique. L'empire chinois moderne a der- 
rière lui quarante siècles d'histoire ininterrompue. 

Il semble donc que son système astronomique devrait être 
parfaitement connu puisqu'il est directement accessible aux 
investigations de la critique occidentale qui dispose de la litté- 
rature historique et technique, déjà vingt fois séculaire, de la 
Chine dite « moderne ». Il n'en est pas ainsi cependant et Ton 
pourra s'en convaincre en parcourant le chapitre consacré à l'as- 
tronomie chinoise par Ginzel dans le grand ouvrage où il a com- 
pilé tout ce que l'on croit savoir actuellement sur l'astronomie 
et la chronologie des civilisations primitives l . En comparant ce 
chapitre avec le présent exposé, le lecteur se rendra facilement 

1 Ginzel, Handbuch der M. und H. Chronologie, Berlin, 1906, vol. I. 
L'erreur de ce savant astronome est explicable; car un compilateur, si éru- 
dit soit-il, ne peut guère s'assimiler un sujet exigeant des connaissances phi- 
lologiques et historiques très spéciales s'il n'est pas guidé par des exposés 
synthétiques. Or de tels exposés de l'astronomie chinoise n'existent pas. 
Les études fragmentaires ou les résumés qui ont été publiés sont disparates 
et inconciliables. J'ai expliqué dans la revue sinologique Toung pao (Leyde 
1907) les causes de cette divergence de vues. En voici les principales: 1° 
La sinologie se trouve devant une tâche immense dont l'astronomie n'est 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



187 



compte qu'un des deux est entièrement erroné puisque les traits 
fondamentaux de l'astronomie chinoise d'après celui-ci sont 
absents de celui-là, où ils sont remplacés par les traits caracté- 
ristiques de l'astronomie gréco-chaldéenne. En outre, dans l'ou- 
vrage de Ginzel il n'est à peu près rien dit de l'astronomie chi- 
noise antique, alors que la compréhension des origines est essen- 
tielle pour discerner ce qu'il y a de particulier dans la méthode 
chinoise, foncièrement identique à toutes les époques jusqu'à 
l'intervention des Jésuites qui, au XVII e siècle, lui substituèrent 
la méthode grecque. 

Cette connaissance de l'astronomie antique n'est pas seule- 
ment nécessaire pour l'étude des procédés techniques, mais 
encore pour celle des croyances cosmologiques qui sont à la base 
de la civilisation chinoise. L'astronomie est, en effet, l'élément 
primordial de cette civilisation et toutes les idées générales en 
matière religieuse, philosophique, politique, sociale ou scien- 
tifique se sont cristallisées dans le moule fourni par la contem- 
plation du ciel : le pôle, centre immobile trônant au milieu de 
la région circompolaire ; et les quatre quartiers du firmament 
qui correspondent aux quatre saisons et plongent alternative- 
ment sous l'horizon. Le respect religieux inspiré dès les plus 
lointaines origines par ce concept quinaire l'a imposé, comme 

qu'une branche encore peu explorée. 2° 11 est rare que la compétence sino- 
logique et astronomique se trouvent réunies chez un même chercheur. 3° 
La compétence astronomique ne garantit pas la justesse des vues sur l'évo- 
lution des notions primitives. 4° On peut remarquer chez certains mission- 
naires (Chalmers, Legge, etc.) une répulsion pour les notions indigènes 
entremêlées de croyances religieuses qu'ils éliminent, pour cette raison, 
de leurs enquêtes. C'est ainsi que le P. Gaubil au 18 e siècle, a passé 
sous silence la division du ciel chinois en cinq parties. Biot ayant généra- 
lisé d'après les seuls documents de Gaubil, ce trait fondamental est absent de 
ses Etudes, comme aussi des travaux postérieurs à l'exception de YUrano- 
graphie chinoise de Schlegel. 4° Depuis que les sinologues ont appliqué 
à l'histoire chinoise les méthodes de la critique scientifique et se sont l'ait 
une opinion justifiée de ce qu'a été l'antiquité chinoise, ils sourient à la 
lecture des dissertations astronomiques où Biot parle des premiers souve- 
rains légendaires comme s'il s'agissait d'empereurs modernes ; leur confiance, 
au contraire, va d'instinct à celui qui, comme le prof. Russel, écarte en 
quelques mots les « exagérations » antérieures pour leur substituer une inter- 
prétation bien plus vraisemblable en apparence mais basée sur une complète 
méconnaissance du sujet. 



188 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



une sorte de formule magique exprimant le secret de l'univers. 
Ce lien commun aux divers modes de la pensée chinoise a créé, 
dès la plus haute antiquité, le sentiment confus d'un détermi- 
nisme physico-moral universel auquel président d'une part 
l'Etre suprême (Chang-ti, Tai-yi) symbolisé par l'étoile polaire 
gouvernant les quatre régions du firmament, d'autre part le 
Fils du Ciel, son vicaire ici-bas, gouvernant les quatre régions 
de la Terre 1 . 

C'est précisément cette conception déterministe — d'après 
laquelle les rites, à base astronomique, accomplis par le Fils du 
Ciel, jouaient un grand rôle dans le maintien de l'ordre univer- 
sel — qui sert de substraturn à la doctrine de Confucius. C'est 
elle aussi qui a inspiré la théorie des cinq éléments, la chimie 
de l'antiquité, où quatre éléments périphériques (eau, feu, bois, 
métal) se combinent avec l'élément central terre. C'est elle qui 
a inspiré le traité philosophique Rong-fan (12 e siècle avant notre 
ère) où les notions morales et physiques se groupent suivant le 
schéma quinaire. C'est elle qui inspire la théorie musicale, où 
quatre notes périphériques se groupent autour de la note cen- 
trale. Même lorsque la forme n'est pas quinaire, comme c'est 
le cas dans la théorie duaiistique du yin et du yang, qui repré- 
sente la physique de l'antiquité, et comme dans le cycle des 
douze animaux, la doctrine est toujours d'ordre physico-astro- 
nomique 2 . 

1 Cette idée fondamentale, justifiée à l'origine parce que les Chinois 
formaient un noyau civilisé entouré par des barbares, s'est perpétuée à 
travers toute l'histoire chinoise et a été la cause des conflits diplomatiques 
avec les nations européennes soulevés aux siècles derniers par le fait que le 
Fils du Ciel, comme le pape romain, ne pouvait admettre avoir des égaux 
dans l'univers. 

■ Le terme de Royaume du Milieu dérive également de la même idée, la 
Chine jouant sur la terre le même rôle que la région circompolaire dans le 
ciel. La langue chinoise n'a pas d'autre terme pour désigner l'Empire que 
celui de T'ien-hia le Dessous du ciel. Quant aux expressions de « Célestes » 
et de « Céleste-empire » qu'on attribue, même officiellement, aux Chinois, 
ce ne sont que des déformations créées par les Européens. (Cf. La Chine 
et les puissances occidentales dans le Globe de janvier 1895 et La concep- 
tion impériale en Chine, Revue scientifique du 19 janvier 1S95. 

2 Ce caractère cosmologique et astronomique des croyances chinoises 
n'a pas été compris par les sinologues, précisément parce que les princi- 
pes de l'astronomie chinoise ne leur ont pas été exposés. Dans son petit 



LK SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



189 



Il est donc difficile de traiter de l'astronomie chinoise, comme 
on le ferait d'une science occidentale purement objective, sans 
mentionner, tout au moins, sa liaison intime avec les croyances 
philosophiques dont elle est solidaire. Comme, d'autre part, 
cette doctrine remonte à une époque très antique sur laquelle 
on ifa que des renseignements fragmentaires, il est indispensable 
d'indiquer de quelle manière il a été possible de reconstituer 
l'origine du système et son évolution. 

La Chine primitive était confinée dans le bassin inférieur du 
fleuve Jaune. Les traditions nous représentent d'abord une série 
de souverains, les uns mythiques, puis les autres légendaires, 
qui auraient régné environ du 27 e au 21 e siècles avant notre ère. 
On ne connaissait pas encore les métaux, sauf l'or, et l'on se 
servait d'instruments en pierre polie (jade et silex) 1 . Chose 
remarquable, que confirment les données astronomiques, c'est à 
cette époque reculée que les annales postérieures placent la créa- 
tion de l'astronomie et du calendrier. Ces souverains légen- 
daires, surtout Houangti et Yao sont représentés comme les fon- 
dateurs de l'astronomie. Cette science était considérée déjà com- 
me la base du pouvoir impérial. Mettre d'accord les nombres 
de la Terre avec les nombres du Ciel était le premier devoir du 
Fils du Ciel. 

traité des religions chinoises Giles ne mentionne même pas la religion astro- 
nomique de l'antiquité. Dans sa traduction de l'historien Sseu-ma Ts'ien, 
Ed. Chavannes considère le cuite de T'ai yi comme une création de la rai- 
son abstraite (sous les Hari) sans se douter que T'ai yi est l'étoile polaire 
de l'antiquité. Ce même savant (le meilleur sinologue de notre temps) a 
cru que la théorie des cinq éléments et le cycle des animaux étaient d'ori- 
gine turque et peu ancienne. M. Courant a traité de la musique chinoise 
sans soupçonner le caractère cosmologique de sa théorie quinaire. De mê- 
me Forke dans son étude sur les cinq éléments. Aucun sinologue n'a com- 
pris le lieu général qui motive les correspondances de ces diverses théories. 
Lorsque les croyances cosmologiques et déterministes de la haute antiquité 
cesseront d'être méconnues, on s'apercevra que l'étude de la pensée de Con- 
fucius est à reprendre sous un jour nouveau. 

1 Etat de civilisation analogue à celui des Aztèques qui avaient aussi un 
calendrier très remarquable tout en étant restés à l'âge de la pierre polie 
(obsidienne, etc.). 



190 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



Viennent ensuite les deux premières dynasties, qui régnent 
chacune environ cinq siècles. Il n'est plus alors question d'em- 
pereurs astronomes, mais la charge de grand astronome est exer- 
cée par un haut dignitaire. Epoque du bronze. 

Au 11 e siècle commence la dynastie des Tcheou, qui règne 
800 ans, au cours de laquelle le pouvoir central s'affaiblit et ne 
reste plus que nominal. Comme dans l'Allemagne du moyen 
âge, l'Empire est divisé en une multitude de fiefs, grands et 
petits, lés grands absorbant progressivement les petits. Comme 
en Allemagne, les vassaux les plus puissants sont ceux qui ont 
la garde des Marches de la frontière parce qu'ils soumettent, 
colonisent et civilisent les régions barbares circonvoisines. Sim- 
ples barons ou vicomtes dans l'Empire, ils sont rois dans leurs 
possessions. La lutte s'établit entre eux pour l'hégémonie et fina- 
lement c'est Ts'in qui triomphe, fonde la 4 e dynastie et rétablit 
l'unité impériale en détruisant la féodalité. 

Sous la longue dynastie des Tcheou apparaît Confucius qui 
déplore le relâchement de l'autorité impériale et des règles de 
l'antiquité. Il modernise et développe la littérature en révisant 
les anciens livres canoniques et en livrant pour la première fois 
un livre d'histoire à la publicité, ce qui suscite de nombreux 
commentaires fourmillant d'anecdotes où se trouvent aussi d'in- 
téressants détails astronomiques. Cette période est pour les Chi- 
nois celle de l'antiquité classique, car elle est à la fois ancienne 
et bien connue. Le fer succède au bronze. L'astronomie, qui est 
une fonction de l'Etat, décline avec l'affaiblissement du pouvoir 
central. Mais l'économie publique se développe; elle présage 
l'ère moderne qui s'ouvrira dès la fin des luttes féodales. 

En fondant le Nouvel-Empire, le prince de Ts'in veut effacer 
ce qui reste encore de l'esprit féodal et pour cela il ordonne la 
destruction totale de la littérature classique, rempart de l'an- 
cien ritualisme, n'épargnantqueles livres techniques d'astrologie, 
de médecine, etc. Ce radicalisme amène la chute de sa dynastie 
dès la deuxième génération. 

Après une période de troubles apparaît la dynastie des Ha». 
la première qui soit d'origine plébéienne ; elle inaugure l'ère 
moderne de la Chine. Ses premiers souverains rétablissent 
l'ordre, puis s'occupent de recueillir tout ce qui subsiste de l'an- 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



191 



tiquité. Un siècle avant J.-C, l'empereur Won recule les limites 
de l'Empire jusqu'au Turkestan et au Tonkin et prend contact 
avec l'influence grecque en Bactriane. Son grand astrologue 
Sseu-ma Ts'ien écrit la première histoire encyclopédique de la 
Chine (dont trois chapitres astronomiques). Bientôt après, l'in- 
vention du papier, de l'encre et du pinceau (on écrivait aupa- 
ravant sur bois avec un stylet et du vernis), donne un grand 
développement à la littérature. On discute les données astrono- 
miques de l'antiquité et depuis lors les encyclopédies historiques 
de chaque dynastie indiquent en détail les progrès delà science. 

L'incendie des livres ordonnée par Ts'in ne pouvait naturel- 
lement pas annihiler l'ancienne littérature, mais il fit dispa- 
raître beaucoup d'ouvrages secondaires. Les livres astrologiques, 
qui avaient été épargnés, sont intercalés par fragments dans les 
traités nouveaux, mais ne sont pas parvenus à nous en entier. La 
littérature classique et ses commentaires contiennent des ren- 
seignements épars. Quant au système astronomique il subsiste 
naturellement par la continuité professionnelle et se trouve 
d'ailleurs exposé dans les chapitres des nouveaux traités repro- 
duits d'ouvrages anciens. C'est la méthode chinoise: l'œuvre 
immense de l'historien Sseu-ma Ts'ien est une juxtaposition 
d'anciens documents et quand, par exception, l'auteur prend la 
parole, il ne manque pas de le spécifier : « Le duc grand astro- 
logue dit... » 

L'histoire de l'astronomie chinoise se compose ainsi, comme 
l'histoire générale de la Chine, de deux périodes, l'ancienne et 
la moderne, séparée par l'incendie des livres. 

Dans l'ère moderne le service astronomique officiel est réor- 
ganisé. Bientôt apparaissent les premiers instruments gradués 
en laiton, les découvertes se succèdent et la méthode devient à 
peu près scientifique sans cependant approcher jamais de la 
clarté du raisonnement grec. 

Dans l'ère ancienne, l'astronomie a surtout une importance 
métaphysique, politique, rituelle et sociale, en faisant du souve- 
rain le Vicaire du ciel sur la terre, chargé de maintenir ici bas 
l'ordre et la régularité des choses célestes, notamment en pro- 



192 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



mulguant le calendrier. D'après la tradition, cette science des 
« rois sages » est fondée dès la haute antiquité, antérieurement à 
la première dynastie. L'analyse astronomique montre, en effet, 
comme nous allons le voir, que cette période créatrice des envi- 
rons du 24 e siècle a dépassé en ingéniosité et en précision tout 
ce qui a été fait dans le reste de l'ère ancienne ; et que c'est à 
elle que remontent les diverses institutions dont l'ensemble forme 
le système symétrique et bien coordonné de l'astronomie antique. 

I. Description dit système. 

Le système astronomique de la Chine ancienne, qui s'est per- 
pétué sans modification essentielle dans l'ère moderne, apparaît 
pour ia première fois, d'une manière synthétique, dans le Traité 




Fig. 4. — Sphère céleste chinoise. 



des Gouverneurs du ciel, faisant partie des Mémoires historiques 
de Sseu-ma TsHen et compilé, à la fin du II e siècle avant J.-C, 
d'après les traités antérieurs de la dynastie Tcheou. 

Les palais célestes. — Le ciel est divisé en cinq régions appe- 
lées palais. D'abord le palais central comprenant la calotte cir- 
compolaire 1 et quatre palais équatoriaux, correspondant aux 
quatre saisons. 

1 On appelle calotte circompolaire la région centrale du firmament qui 
reste constamment au-dessus de l'horizon. Son rayon est donc égal à la 
latitude et comme la Chine primitive se trouvait sous le 36 e parallèle, le 
palais central du ciel chinois avait environ 72 degrés de diamètre. Voyez 
la fig. 4. 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



193 



Le caractère équatorial, et non écliptique,de ces palais résulte 
déjà du fait que ce système de division est basé sur le pôle. L'équa- 
teur est en effet la jante de la roue dont le pôle est le moyeu. Le 
pôle étant l'élément fondamental dans la conception chinoise du 
ciel, il s'en suit que, pour elle, le «Contoiir du ciel)) signifie 
l'équateur Ce caractère équatorial de la méthode chinoise se 
manifeste, comme nous le verrons, dès la haute antiquité 2 et se 
perpétue jusqu'à l'intervention des Jésuites, au XVII e siècle, 
lesquels entrèrent en faveur en dénonçant à l'empereur de pré- 
tendues erreurs dans le calendrier, provenant de ce qu'ils inter- 
prétaient comme écliptique ce que la méthode chinoise considère 
dans le sens équatorial. 

Il n'y a d'ailleurs pas de raison pour qu'uneastronomie primi- 
tive soit nécessairement écliptique. Car le concept équatorial, 
basé sur la régularité symétrique du trajet des étoiles dans la 
révolution diurne, normalement au plan vertical passant par 
l'étoile polaire, est d'ordre plus concret que la notion d'un cercle 
oblique fondé sur l'observation de la course annuelle des astres 
mobiles. La régularité de la révolution diurne s'impose au res- 
pect des primitifs comme une manifestation de l'ordre de la 
nature, auquel il convient de se conformer pour bénéficier de sa 

1 Dans l'ère moderne l'équateur s'appelle la Voie rouge et Técliptique la 
Voie jaune mais ces termes ne se trouvent pas dans la littérature antique. 
Dans les documents provenant de la dynastie Tcheou, non seulement l'éclip- 
tique n'est pas nommé, mais on n'y trouve pas l'idée du cercle oblique. 
Même dans l'ère moderne l'écliptique n'a pas sa graduation propre; il est 
divisé par les cercles de déclinaison des dodécatémories équatoriales. 
Lorsque les astronomes chinois au II e siècle de notre ère, découvrirent la loi 
de précession, ils la conçurent d'emblée comme équatoriale, ne pouvant 
imaginer que le centre d'un mouvement céleste ne fût pas le pôle. 

Les astronomes occidentaux (tels que Chalmers et Ginzel) qui ont écrit 
sur l'astronomie chinoise sans avoir étudié Biot et Gaubil ont subi une pré- 
vention, analogue mais inverse, qui montre à quel point nous sommes 
imbus de la tradition grecque : ils lui ont attribué le caractère écliptique, 
non pas explicitement et après avoir examiné les deux alternatives en pré- 
sence, mais tacitement et comme si cela allait de soi. 

Le goût de la symétrie, qui est une caractéristique du génie chinois (et 
qui se manifeste notamment dans son art, opposé en cela à celui du Japon), 
est évidemment en rapport avec le caractère équatorial de l'astronomh\ sans 
qu'on puisse dire s'il en est la cause ou l'effet. 

2 Cela est déjà rendu évident par le diagramme équatorial des sieou (fig. 6) 
bien plus symétrique que la projection écliptique. 



194 



LE SYSTEME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



vertu. C'est pour cette raison que les anciens pharaons faisaient 
orienter exactement leurs pyramides funéraires et que le plan 
des palais chinois était soumis à la même règle. 

Les quatre palais équatoriaux sont subdivisés en douze dodé- 
catémories et en vingt-huit sieou, chaque palais contenant trois 
dodécatémories et sept sieou. La dodécadémorie centrale com- 
prend trois sieou et chacune des deux autres en contient deux \ 



Divisions équatoriales. 



Palais 






u ni é ro s 


Hiver (N) 


Sing-ki 

Hiuan-hiao 

Tsiu-tseu 


Teou -J- Nieou 
Niu + Hiu + Wei 
Che -f- Pi 


8, 9 
10,11,12 
13,14 


Automne (W) 


Hiang-leou 

Ta-leang 

Che-tchen 


K'ouei -f- Leou 
Wei -f Mao + Pi 
Tsouei -j- Tsan 


15,16 

17,18,19 

20,21 


Eté (S) 


Chouen-cheou 

Chouen-ho 

Chouen-wei 


Tsing -\- Kouei 

Lieou -f- Sing -j- Tchaug 

Yi -f- Tchen 


22,23 

24,25,26 

27,28 


Printemps (E) 


Cheou-sing 

Ta-ho 

Si-mou 


Kio -f- K'ang 

Ti -j- Fang -f- Sin 

Wei -f Ki 


1, 2 
3, 4. 5 
6, 7 



Correspondance des Palais célestes avec les saisons et les poi nts 
cardinaux de l'horizon. — La principale caractéristique du sys- 
tème chinois, c'est qu'il n'est pas seulement astronomique mais 
cosmologique et qu'il réunit dans une même formule la concep- 
tion unitaire et déterministe de l'antiquité chinoise. La question 
des origines de ce système devant être examinée plus loin, nous 
nous bornons à sa description tel qu'il apparaît au début de l'ère 
moderne. 

1 Ou retrouve ici le goût des Chinois pour la symétrie. Comme d'autre 
part les sieou sont très inégaux (variant de 3 à 30 degrés) il s'en suit que 
ces groupes de deux ou trois sieou sont aussi très inégaux entr'eux. Ces 
dodécatémories inégales n'ont qu'une valeur astrologique, mais elles sont 
vraisemblablement la survivance d'un système primitif de douze mansions 
lunaires ayant servi à localiser le plein de la lune (fig. 6). 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



195 



1° Dans le système astronomique et calendérique des Chinois, 
les solstices et équinoxes ne marquent pas le début maAnle milieu 
des saisons, manifestation très antique du besoin de symétrie 
des Chinois 1 . 

2° Les quatre quartiers équatoriaux du ciel sont mis en rap- 
port avec les quatre saisons, ce qui est facile à concevoir puisque 
ces quatre quartiers ont été établis, à l'origine, d'après la situa- 
tion du firmament au cours des saisons. 

3° Ces quatre palais sidéraux sont mis en rapport avec les 
points cardinaux de l'horizon, d'après une association d'idées 
physico-astronomique. L'hiver, saison du froid, est assimilée au 
Nord, d'où souffle le vent froid; tandis que l'été est assimilé au 
Sud d'où vient la chaleur. 

4° Le firmament n'accomplit pas seulement une révolution 
annuelle, mais encore une révolution diurne. Or le système 
chinois, essentiellement unificateur et symétrique, assimile inti- 
mément la révolution diurne à la révolution annuelle en leur 
appliquant la même notation (de même que nos astronomes 
divisent indifféremment l'équateur en 360 degrés ou en 24 heu- 
res). Et cette notation, qui date de la haute antiquité, s'étend 
également à la révolution azimutale : de toile sorte que les divi- 
sions de l'horizon, de l'année et de la journée sont exprimées 
par les mêmes séries de signes qui constituent le plus an- 
cien système d'unification métrique et la plus ancienne concep- 
tion synthétique des lois de la nature (voir le tableau ci-des- 
sous). 

La théorie dualistique du Yin et du Yang. Les anciens Chi- 
nois ont conçu l'évolution des phénomènes physiques et physio- 
logiques sous la forme de deux principes antithétiques, l'un 
actif Yang, l'autre passif Yin. Le premier chaud et sec, le 
deuxième froid et humide. L'un est mâle, l'autre est femelle. 

Ces deux principes deviennent alternativement prépondé- 
rants dans la révolution diurne et annuelle et sont représentés 

1 Les saisons de notre calendrier sont basées sur la météorologie : le froid 
intense et la plus forte chaleur se produisent environ un mois et demi après 
le solstice, c'est-à-dire au milieu de nos saisons d'origine gréco-romaine. 
Mais l'astronomie étant, en Chine, la considération fondamentale, les sols- 
tices et équinoxes marquent le milieu de chaque saison. 



196 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



par les symboles suivants, appelés trigrammes de Fou-hi, du 
nom du plus ancien des souverains mythiques, auquel les Chi- 
nois en attribuent l'invention. 

On voit que, d'après cette théorie, le zéro de la révolution 
annuelle est au solstice d'hiver (et non pas à l'équinoxe vernal 
comme dans notre méthode grecque); le zéro de la révolution 
diurne est à minuit (et non pas à midi comme dans notre sys- 
tème astronomique). Le zéro absolu est donc au solstice d'hiver 
se produisant à minuit. Et les astronomes chinois se sont repré- 
senté qu'à l'origine des temps les astres mobiles sont partis simul- 
tanément du méridien inférieur, au solstice d'hiver à minuit; ils 
ont cherché, d'après la durée de leur révolution respective, à cal- 
culer la date de ce point de départ. 



Tableau d'équivalence. 

montrant la division en 8 et 12 parties des révolutions annuelle, 
diurne et azimutale. 



Tri- 
gram. 


Hori- 
zon 


Signes 


Journée 


Année 


Dualisme 




N 




Minuit 


Solstice d'hiver 




Max. (lu Yin 




NE 


n 


3» 

4 h 


Début du printemps 








E 


m 


6 h 6h 


Equinoxe du printemps 




Egalité 




SE 


m 


8« 

9^ 

10" 


Début de l'été 








S 




Midi 


Solstice d'été 




Maximum 
du Y an g 




sw 




14h 

15* 

16b 


Début de l'automne 








w 


1 


18h 18ii 


Equinoxe d'automne 




Egalité 




NW 




20 h 

21 h 

22 b 


Début de l'hiver 







Les Chinois concevant l'astronomie comme une fonction de 
l'Etat et la capitale du Fils du Ciel comme le centre du monde, 
le point d'origine des mouvements célestes est pour eux le méri- 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



197 



dien du palais impérial l . Le zéro absolu est donc le solstice 
d'hiver se produisant à minuit, le soleil, la lune et les cinq pla- 
nètes se trouvant en conjonction au méridien inférieur de la 
capitale. 

Interversion des palais équinoxiaux. — Plaçons-nous par la 
pensée au solstice d'hiver à minuit. A cet instant le centre du 
palais de l'été se trouve devant nous, au Sud, passant au méridien 
supérieur, d'où son nom de palais méridional, tandis que der- 
rière nous, sous terre, au Nord, le palais de l'hiver, invisible, 
passe au méridien inférieur, d'où son nom de palais septentrio- 
nal; ces appellations étant corroborées par le fait que l'été est 
associé au yang, donc au Sud, l'hiver au yiu, donc au Nord. 

Mais lorsqu'il s'agit de dénommer les palais équinoxiaux, une 
difficulté surgit qui menace la belle ordonnance du système. Le 
soleil, dans sa révolution annuelle, marche en sens inverse de 
son mouvement diurne. Quand donc le palais de l'été se trouve 
au méridien devant nous, celui où séjourne le soleil au prin- 
temps ne se trouve pas à l'est mais à l'occident et celui où il 
séjourne en automne ne se trouve pas à l'ouest mais au levant. 
Les Chinois n'ont pas tenu compte de cette considération et ils 
appellent palais du printemps celui qui est à l'Est, palais de 
l'automne celui qui est à l'Ouest. De cette manière la concor- 
dance est établie entre les révolutions annuelle, diurne et azi- 
mutale : 



N 


Nuit 


Hiver 


E 


Matin 


Printemps 


S 


Jour 


Eté 


w 


Soir 


Automne 



Les Chinois appellent donc Palais du Printemps celui où se 
trouve le soleil en automne et Palais de l'Automne celui où il se 
trouve au printemps. Ce n'est pas là une anomalie purement 
conventionnelle : le zodiaque lunaire, nous allons le voir, en four- 
nit l'explication 2 . 

1 Le méridien, en chinois, s'appelle ti tchong « milieu de la terre * ce qui 
peut s'entendre au sens local et au sens universel. Dans l'antiquité il 
n'existait qu'un seul observatoire, celui de l'empereur, situé rituellement 
dans un angle de l'enceinte du palais (la Tour des Mathématiques). Le mé- 
ridien de cet observatoire était donc censé diviser l'univers en deux moitiés. 

2 Sur le zodiaque lunaire, voyez les Archives d'avril 1919. — Les auteurs 



198 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



Digression sur la période primitive et sur l'apparition de la 
méthode tropique. — A l'époque où, dans un passé reculé, le sys- 
tème astronomique chinois était basé sur le zodiaque lunaire, la 
révolution sidérale annuelle était mise en rapport — comme 




Fig. 5. — Schéma chinois des divisions équatoriales. 

c'est le cas dans l'Inde — avec les douze mois de l'année, par 
le fait que chaque mois correspondait à la région du ciel où se 



qui ont écrit sur l'astronomie chinoise n'ont pas mentionné la division, cepen- 
dant fondamentale, du ciel en palais célestes. Chalmers, eu a dit quelques 
mots et tourne en dérision leur interversion où il voit une inconséquence 
des Chinois : « This discrepancy, however, does not seem to trouble their 
mind at ail and we may safely leave it unexplained ». Seul, le sinologue 
hollandais Schlegel s'est passionné pour cette question qn'il a cru résoudre 
en soutenant que le système chinois s'était constitué à l'époque où, par 
suite de la révolution du pôle (il y a 17 000 ans), la situation sidéro-solaire 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



199 



produit la pleine lune, c'est-à-dire à la région du ciel diamétra- 
lement opposée au lieu du soleil. A cette époque, comme dans 
l'Inde, le système uranographique était donc continu et par 
opposition. Les astérismes chinois correspondaient aux divers 



N 

O Solstice d'hiver 




»}3 P 33!JS|0Ç o 

S 

Fig. 6. — Projections des divisions sidérales sur l'équateur du 24""= siècle. 



mois de l'année d'après leurs levers acronyques, chaque mois 
(aussi bien en. hiver et en été qu'au printemps et en automne) 

était intervertie et où les constellations du palais oriental se levaient héli;»- 
quement au printemps. Cette hypothèse, basée sur des raisonnements fan- 
tastisques, a eu le mérite d'inciter son inventeur à écrire son remarquable 
ouvrage sur Y Uranographie chinoise où l'on peut constater que, même 
dans l'ère moderne, la succession des astérismes chinois continue à rester 
astrologiquement en rapport mois par mois avec les événements de l'année, 
cela dans l'ordre discontinu des palais célestes et conformément à L'état du 
ciel tel qu'il existait lors de la création de ces palais. 



200 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



étant marqué par le lever successif d'une constellation à l'opposé 
du soleil couchant. Et le début de l'année était repéré, comme 
nous l'avons vu dans le précédent article sur le zodiaque lunaire, 
par le lever acronyque de Y Epi de la Vierge, probablement 
contrôlé par le fait que la dernière pleine lune de l'année était 
celle qui avait lieu à droite de cette belle étoile écliptique, tandis 
que la pleine lune se produisant à sa gauche était la première 
de la nouvelle année. 

Dans cette période primitive, où le calendrier était basé sur 
des repères sidéraux, il ne saurait être question de solstices et 
d'équinoxes ; car l'emploi des repères sidéraux, si imparfaits, pro- 
vient précisément de ce qu'on ne conçoit pas encore les phases 
tropiques. Aussitôt que l'on s'avise d'observer la longueur de 
l'ombre pour déterminer son maximum, fût-ce avec une erreur 
de plusieurs jours, on entre dans une nouvelle phase, celle de 
l'astronomie et du calendrier tropiques. Cette phase qui, pour 
les Grecs, ne commence qu'avec l'école d'Alexandrie, est mar- 
quée, dès la haute antiquité chinoise, par deux documents : les 
trigrammcs de Fou-hi et le texte du Yao-tieh qui définissent 
l'année tropique avec une incomparable précision l . 

Dorénavant, et pendant quarante siècles, le calendrier chinois 
reste basé sur la date du solstice d'hiver. Toutefois, les traditions 
uranographiques qui associaient la succession des levers acro- 
nyques d'étoiles aux événements de la vie agricole n'allaient pas, 
à cause de cette réforme, disparaître radicalement. Elles subsis- 
tèrent, mais elles ne furent maintenues que dans les deux quar- 
tiers du ciel correspondant aux saisons équinoxiales (printemps 
et automne) tandis que l'avènement de l'astronomie tropique 
les fit supprimer dans les deux quartiers solsticiaux (hiver et été). 
Un compromis (tout-à-fait conforme au génie chinois et dont j'ai 
montré d'autres exemples analogues) s'établit entre l'ancien sys- 
tème et le nouveau, entre l'ancienne méthode lunaire et la nou- 
velle méthode solaire. Ce compromis était d'ailleurs imposé par 
la force des choses : on ne pouvait pas continuer à associer à Tété 
la région du ciel où on observait le solstice d'hiver et d'autre 

1 Ce texte sera étudié plus loin. Sur la distinction des phases primitives, 
voyez Prolégomènes d ? astronomie primitive comparée. Arch. Ph. et Xat.. 
Juin 1907. 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



20 1 



part il semblait impossible d'attribuer à l'automne la constel- 
lation printanière du Dragon, inébranlablement attachée aux 
réjouissances du Nouvel-an et au symbolisme du renouvellement 
annuel de la vie l . L'avènement de l'astronomie solaire n'extirpa 
donc pas l'astronomie lunaire traditionnelle et les quatre quar- 
tiers équatoriaux du firmament furent attribués, en part égale, 
aux deux grandes puissances métaphysiques qu'étaient la Lune 
et le Soleil. La lune conserva les quartiers équinoxiaux Printemps 
et Automne, le soleil reçut les quartiers solsticiaux Hiver et Eté ' 2 . 

Pour confirmer cette interprétation de l'interversion des palais 
célestes, il était désirable de pouvoir l'appuyer sur un texte 
mettant en rapport les saisons solsticiales avec le soleil et les 
saisons équinoxiales avec la lune. Une pareille trouvaille n'était 
guère à espérer, car les Chinois ont perdu, bien avant l'ère chré- 

1 Devant me limiter, ici, aux considérations proprement astronomiques, 
je renvoie le lecteur à mes Origines de V astronomie chinoise dans la Revue 
sinologique T'oung pao où il trouvera les développements d'ordre éthique, 
et me borne aux renseignements indispensables. Sur le palais céleste du 
printemps s'étend la longue constellation du Dragon (sans rapport avec 
notre constellation de même nom) qui se levait acronyqucment, d'une ma- 
nière progressive, au cours de cette saison. En premier lieu apparaissait La 
Corne (Kio) du dragon (l'Epi de la Vierge, l re grandeur) puis le Cou 
(Rang) le Cœur (Sin) et la Queue (Wei). Le lever acronyque de Kio, 
comme on peut le voir sur la figure 6, correspondait au primum ver, un 
mois et demi avant l'équinoxe, et marquait le Nouvel-an comme nous 
l'avons dit à propos du zodiaque lunaire. Tous les mythes sidéraux, le sym- 
bolisme politico-religieux et l'étymologie des appellations stellaires du Palais 
oriental roulent sur ce thème de l'association du Dragon au printemps, dont 
il est l'emblème. 

2 Si mon hypothèse est exacte, il doit s'ensuivre que l'uranographie des 
deux palais sidéraux de l'hiver et de l'été a été complètement remaniée 
puisqu'elle a cessé de correspondre à la saison qu'elle représentait dans la 
période primitive. Or cela se vérifie, comme je le montrerai ailleurs. Remar- 
quons simplement ici que les noms des dodécatémories de l'été (voy. p. 199) 
sont systématiques et artificiels, de même que celui de la division solsticiale 
( Hiuan-hiao) qui signifie Le tronc d'arbre creux et pourri, symbole du 
solstice d'hiver et du maximum du Yin parce que l'élément froid et humide 
est censé pourrir le côté des arbres tourné vers le Nord. Les astérismes des 
palais solsticiaux représentent les symboles philosophiques de la saison, 
mais non plus les occupations civiles et agricoles telles qu'on les trouve 
dans le palais de l'automne où on voit défiler : la Pêche, les Tas de foin, 
les Paniers à récolte, la Chasse, la Foire, les Châtiments, la Guerre (les éxe- 
cutions capitales avaient lieu en automne, ainsi que les expéditions mili- 
taires), etc. 

Archives, Vol. 1. — Mai-Juin 1910. l'« 



202 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



tienne, le souvenir de cette réforme, de même qu'ils ont oublié 
la symétrie originelle de leurs sieou f . Mais le ritualisme chinois 
conserve, sinon l'explication, du moins les vestiges du passé : 
j'ai découvert, non sans une vive satisfaction, le texte désiré, 
aussi net qu'on pouvait le souhaiter, dans le rituel de la troi- 
sième dynastie (Tcheou li) où il est dit à propos des devoirs du 
Grand astrologue : « Aux solstices d'hiver et d'été [il observe] le 
soleil, aux équinoxes du printemps et d'automne [il observe] la 
lune,SLÛn de pourvoir au règlement des quatre saisons ». Un des 




représentant le yin et le yang. 

commentateurs ajoute : a Sous la dynastie Tcheou le soleil, aux 
solstices, se trouvait dans Nieou et Kouei, la pleine lune, aux 
équinoxes, se trouvait dans Kio et Leou « (fig. 6). Ce texte, on 
le voit, ne corrobore pas seulement mon hypothèse au sujet du 
caractère solaire des palais solsticiaux et lunaire des palais équi- 
noxiaux ; il atteste encore, grâce à la tradition révélée par le 
commentaire, que cette association de la lune avec les palais 
équinoxiaux reposait sur l'observation du lieu sidéral de la pleine 
lune. Il confirme ainsi ce que j'ai avancé au sujet du principe 
du zodiaque lunaire et de l'application de ce principe dans la 
période archaïque de l'astronomie chinoise -. 

1 Cf. Arch. ph. et nat., Juillet 1907, Avril 1019. 

2 En dehors de ce texte précieux, je ne connais que deux autres docu- 
ments conservant la tradition du principe du zodiaque lunaire : 1° l'idéo- 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



203 



Interversion des palais célestes. — Après cette digression expli- 
cative, nous pouvons revenir à la corrélation des palais et des 
saisons. Mais remarquons tout d'abord que l'expression « inter- 
version des palais équinoxiaux (p. 197) est inexacte si Ton se place 
au point de vue des origines ; car, en réalité, comme nous venons 



N 




Fig. 8. — Ordre discontinu des saisons sidérales chinoises. 



de le montrer, ce sont précisément les palais équinoxiaux qui 
n'ont pas varié et ce sont les palais solsticiaux qui ont été inter- 
vertis par suite de l'adoption de la méthode solsticiale. 

Le maintien des quartiers du printemps et de l'automne dans 
leur ancienne fonction lunaire n'a pas seulement permis de 

graphie du mot lung signifiant « lever de la lune » et qui s'orthographie 
avec les signes de la lune et du Dragon, allusion à la pleine lune pi inta- 
nière se levant avec les étoiles du Dragon ; 2° le fait que le Dragon est 
souvent représenté avec une boule rouge devant sa gueule ouverte. Cette 
boule représente évidemment la pleine lune qui, à la fin de l'hiver, venait 



204 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



conserver le symbolisme du Dragon printanier et des deux 
frères Sin et Tsan qui se poursuivent dans le ciel ; il a présenté 
aussi l'avantage de concilier la révolution annuelle avec la révo- 
lution diurne en lui donnant le même sens, celui des aiguilles 
d'une montre : 

E Matin Palais du Printemps (J (par opposition) 

S Jour Palais de l'été Q 

W Soir Palais de l'automne ({ ( par opposition) 

N Nuit Palais de l'hiver 0 

Toutefois cette conciliation n'est que partielle. Elle se mani- 
feste si l'on considère les quatre dates cardinales de l'année, mais 
elle est mise en défaut si Ton entre dans le détail des mois, car 
elle ne saurait empêcher le soleil et la lune de parcourir leurs 
palais en sens inverse de la révolution diurne. L'année civile 
commence au SE, à l'étoile Kio,princeps signorum, d'après la 
méthode du zodiaque lunaire, à l'opposé du soleil ; viennent 
alors les trois mois du printemps 1, 2, 3 où la pleine lune a lieu 
dans le Dragon. Puis arrive l'été, soumis à la méthode solaire et 
l'on doit alors sauter du NE au S W, pour continuer jusqu'au SE 
et bondir ensuite au NW, au début de l'automne dont les trois 
pleines lunes ont lieu en 7, 8, 9; pour sauter encore du SW au 
NE au début de l'hiver, saison solaire qui se termine, avec 
l'année civile, au NW, d'où l'on revient au Nouvel-an recom- 
mencer le cycle au SE. 

Si donc nous numérotons de 1 à 12 les dodécatémories à partir 
de Cheon-sing \ le princeps signorum, les douze mois de l'année 
suivront les dodécatémories suivantes : 

Printemps Eté 

Mois .... 1 2 3 (4) (5) (6) 
Dodécatémories 12 3 10 11 12 
Palais .... ~~~E * S 




se présenter devant la gueule du Dragon sidéral. « Quand le Dragon tient 
enfin sa perle, dit le poète, il cesse de dormir». Le sommeil du Dragon 
sous terre en hiver, son réveil au printemps lorsqu'il apparaît au ciel, tel 
est le mythe développé dès la première page de l'antique Yi-king. La boule 
rouge qui réveille le Dragon ne peut donc être que la pleine lune. 

1 Voyez le tableau de la p. 199. Cheou sing signifie : l'étoile de la Longé- 
vité. C'est un surnom de l'étoile Kio (la Corne du Dragon) repère archaïque 
du Nouvel-an ; il fait allusion aux souhaits rituels de longévité exprimés à 
l'occasion de la nouvelle année. 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



205 



Tel est l'ordre sidéral que suivent les ouvrages d'astrologie 
chinois en indiquant, saison par saison, les astérismes corres- 
pondant à la succession des douze mois de l'année, ordre auquel 
Schlegel s'est conformé, avec raison, dans son Uranograp/tie. 

Les signes chinois. — Les noms de nos constellations zodia- 
cales grecques ont un double emploi : dans le sens sidéral, ils 
désignent des régions du firmament; dans le sens 
tropique, ils représentent les douzièmes de la 
course annuelle du soleil. Ce sont à la fois des 
constellations et des signes. A leur acception en 
tant que signes est attachée l'emploi des figu- 
rations idéographiques T \f K, etc. Autrement 
dit, les noms des constellations sont devenus des 
noms de mois solaires. 

Ce dualisme se trouve également en Chine, 
mais il est inverse. Ce ne sont pas les constella- 
tions qui ont donné leur nom aux divisions men- 
suelles de la révolution solaire. Ce sont au con- 
traire les signes idéographiques affectés dès la 
haute antiquité aux douze mois lunaires qui ont 
servi à marquer le rang des constellations. 

Les signes chinois diffèrent encore des signes 
grecs par des particularités (invariablement méconnues par les 
auteurs occidentaux, Ginzel, par exemple) qui dérivent des 
principes généraux de la méthode chinoise. 

1° Ils ne sont pas écliptiques mais équatoriaux. 

2° Leur point de départ n'est pas à l'équinoxe mais au solstice. 

3° Ce point de départ ne fait pas coïncider les points cardi- 
naux tropiques avec Y origine du signe mais avec son milieu. Ceci 
résulte du fait que les dates cardinales de l'année chinoise 
marquent le milieu et non Y origine des saisons, et que chaque 
saison (ou palais céleste) contient trois dodécatémories (fig. 5). 

4° Les signes grecs ont été détachés de leur région sidérale 
par la loi de précession et ne correspondent plus aux constella- 
tions homonymes. Il n'en est pas ainsi en Chine. Les signes sont 
rivés aux dodécatémories et aux palais célestes. Ils sont immuables 
comme nous le verrons à propos des preuves de l'antiquité du 
système. 



m 
m 

m 
* 



= \Y 



206 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



5° Ils s'appliquent indistinctement, d'après le principe unifi- 
cateur du système chinois, à l'équateur et à l'horizon. C'est dire 
qu'ils désignent aussi bien les heures-doubles de la journée que 
les divisions azimutales et les douzièmes de l'année. Les signes 
équinoxiaux, par exemple, qui, à l'origine, figuraient une porte 
ouverte et une porte fermée, désignent aussi bien 6 h. du 
matin et 6 h. du soir, l'Est et l'Ouest, ou l'équinoxe du prin- 
temps et de l'automne. Les 12 signes servent ainsi de figuration 
commune à la division homogène de l'équateur, de l'horizon, de 
l'année et du jour l . 

IL Preuves de l'antiquité du système. 

La quadrature tropique. — Le système chinois, par sa divi- 
sion en quatre palais équatoriaux subdivisés en 12 dodécatémo- 
ries et en 28 sieou, est un bloc solidaire, immuablement attaché 
à la situation sidéro-solaire telle qu'elle se présentait à l'époque 
de sa création. Les dodécatémories et les palais comprennent, 
en effet, des groupes déterminés de sieou, c'est-à-dire des asté- 
rismes remontant à une haute antiquité et dérivant du zodiaque 
lunai re asiatique. Il suffit donc de regarder quel est le sieou central 
de chaque palais pour savoir (dans la limite de l'exactitude des 
observations antiques) où étaient, à l'origine, les équinoxes et 
solstices, par conséquent pour savoir à quelle époque il fut créé 2 . 

1 L'analyse de leur idéographie montre qu'à l'origine ils représentaient 
les douze mois de l'année dualistique, par conséquent tropique. Les Chinois 
se servent de ces douze signes, comme nous le faisons de nos lettres et 
chiffres (A, B, C, 1°, 2°, 3°....) pour toutes les énumérations, par exemple 
pour désigner les sommets d'un triangle, etc. 

A côté de cette série duodénaire existe une autre série de 10 signes 
correspondant aux cinq palais, que nous étudierons à propos de la théorie 
des cinq éléments. Ces deux séries existaient déjà dans la haute antiquité. 

2 Une situation analogue existe dans notre astronomie: nos douze signes 
zodiacaux ont été institués par l'Ecole d'Alexandrie en utilisant onze 
constellations déjà existantes auxquelles on ajouta celle de la Balance sur 
l'emplacement de l'équinoxe d'automne; Hipparque égalisa cette division 
en donnant 30 degrés de longitude à chaque dodécatémorie. Mais après 
qu'il eût découvert la mobilité du pôle et de l'équateur, il fallut se décider 
à fonder la division précise du ciel, ou bien sur la graduation stellaire de 
Pécliptique ou bien sur la graduation tropique. On se décida, avec raison, 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



207 



Ces sieon cardinaux, qui forment ce que j'ai appelle la qua- 
drature tropique du système, sont : Hiu (N) ; Fang (E) ; Sing (S) ; 
Mao (W); ils sont marqués, d'une manière indélébile, par les 
signes cardinaux (voy. p. 199), qui désignent en Chine les phases 
tropiques aussi clairement que la foudre et le caducée dési- 
gnaient aux Grecs Jupiter et Mercure. 

Aussitôt que les Chinois furent en possession d'une formule 
à peu près exacte pour la précession des équinoxes, ils s'occu- 
pèrent de calculer la date de l'époque créatrice et, après de 
longues discussions qui mettent en lumière la pauvreté de leur 
logique, ils la fixèrent au 24 e siècle avant notre ère, supputation 
que nous contrôlerons plus loin 1 . 

Identification des étoiles. — Nous avons vu dans un précédent 
article comment les étoiles hindoues avaient été identifiées selon 
notre nomenclature. L'Arabe Albirouni, l'Anglais Colebrooke et 
autres, se sont adressés à des pandits qui leur ont montré les 
Yogatârâ dans le ciel (avec quelques variantes d'ailleurs peu 
importantes). 11 en va autrement en Chine où la tradition astro- 
nomique n'est pas d'ordre privé mais officiel. A partir de l'année 

pour cette dernière solution. Il en est résulté que la limite stellaire des 
mois et des saisons varie dans le firmament suivant la rétrogradation des 
points équinoxiaux et que rien ne rappelle à notre œil leur situation origi- 
nelle au temps des Alexandrins. Il n'en est pas de même en Chine : les 
étoiles qui marquent le milieu et les limites des palais (c'est-à-dire le milieu 
et les limites des saisons antiques) sont restées les mêmes; l'astrologie et la 
métaphysique leur attribuent toujours l'influence correspondant à leur rôle 
originel. Et ce rôle est toujours marqué par les douze signes qui symbo- 
lisent leur situation tropique. 

1 La découverte de la précession montre bien la différence qui sépare le 
génie grec de l'esprit chinois. Il suffit à Hipparque d'une seule observation 
antérieure, celle que Timocharis avait faite 122 ans avant lui, pour 
comprendre qu'il s'agissait d'une loi de la nature, envisager les deux hypo- 
thèses de la mobilité de l'écliptique ou de l'équateur, rejeter la première et 
déterminer à peu près les conditions de la deuxième. En Chine, au contraire, 
où l'ingénieux système des palais célestes marquait dans le ciel l'état origi- 
nel des saisons, les astronomes constatèrent passivement pendant plus de 
vingt siècles la discordance entre la situation réelle et celle du système, 
sans songer ni à modifier les palais célestes ni à analyser leur déplacement 
progressif. Ils se contentèrent, d'après le déterminisme physico-moral de 
leur philosophie, d'admettre que les cieux se dérangeaient, attribuèrent 
cette altération à la décadence des mœurs et en conclurent qu'il fallait 
révérer dans la haute antiquité l'âge d'or où, grâce à l'omniscience et à la 



208 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



104 avant J.-C, où les sieou furent mesurés à la clepsydre par 
la commission impériale chargée de rétablir le calendrier sous 
la forme antique et normale de la l re dynastie, nous possédons, 
dans l'histoire canonique de chaque dynastie de l'ère moderne, 
la définition des sieou, d'abord indiqués par leur amplitude 
équatoriale et le lieu sidéral du solstice d'hiver, puis, après l'in- 
vention des instruments gradués, par leur intervalle sur l'éclip- 
tique. Lorsque les Jésuites entrèrent en faveur sous Rang hi, 
l'un d'eux fut nommé président du Tribunal des Mathéma- 
tiques. Sous sa direction furent construits les beaux instruments 
de bronze emportés par les Allemands lors de l'occupation de 
Pékin en 1901. L'empereur le chargea de mesurer les coordon- 
nées des 28 étoiles déterminatrices pour les insérer dans son 
grand dictionnaire encyclopédique \ Ce travail est donc officiel ; 
il réunit les données de la tradition chinoise et la rigueur des 
méthodes européennes. Le P. Gaubil,avec l'aide de lettrés chré- 
tiens, renouvela cette opération en 1726 avec des instruments 
plus perfectionnés. Ces déterminations concordantes suffisent 
déjà à établir le diagramme antique des sieou sans qu'il soit 
nécessaire de connaître le nom de ces étoiles, car le calcul de 
précession peut aussi bien s'appliquer à un point fictif qu'à un 
astre réel. Mais si l'on veut en outre préciser le nom occidental 
des sieou il peut subsister un doute entre de petites étoiles très 
voisines; il est alors utile de consulter les croquis uranogra- 
phiques des traités chinois, où l'on voit la position des détermi- 
natrices dans les groupes stellaires. L'identification est alors 

sainteté des empereurs, le Ciel et la Terre se trouvaient en parfaite concor- 
dance. 

C'est seulement au début de l'ère moderne, sous les Han, lorsqu'on 
constata de siècle en siècle la rétrogradation continue du lieu solsticial, que 
le phénomène fut signalé officiellement à l'empereur (en l'an 85 de notre 
ère) mais il fallut encore une centaine d'années pour qu'on y vit une loi 
permanente et, chose incroyable, on discuta ensuite pendant six siècles 
avant d'arriver à une évaluation satisfaisante de la précession. 

Une fluctuation analogue se produisit, d'ailleurs, chez les Grecs de la 
décadence et chez les Arabes qui, au lieu de préciser les constatations 
d'Hipparque, crurent voir la précession changer de sens et la supposèrent 
alternante. 

1 Je rectifie à ce propos une erreur dans mon article des Archives, 
Juin 1907, p. 551, note 1. Au lieu de « avant J.-C. », lire : « après J.-C. ». 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



209 



d'autant plus aisée que les Jésuites ont indiqué la grandeur des 
étoiles. Biot et Schlegel sont ainsi parvenus à des résultats 
concordants sauf quelques variantes insignifiantes. 

Documents historiques de l'antiquité. — Si nous ne possédions 
absolument aucun document ni aucune tradition sur l'histoire 
de la Chine ancienne, en dehors de la description du système 
astronomique tel qu'il apparaît sous les Han, nous saurions tout 
de même qu'il provient de la haute antiquité puisque la date de 
son origine est inscrite dans la répartition sidérale de ses sai- 
sons. Mais un doute subsisterait toujours, dans l'esprit judicieux 
des historiens, peu enclins, comme on sait, à se confier aveuglé- 
ment aux preuves déduites des mathématiques. Avant de faire 
état des preuves astronomiques, il convient donc de montrer 
qu'elles sont légitimées par les textes et la tradition. 

Documents des Tcheou. — Sous cette longue dynastie qui 
dura huit siècles (1050-250) le système astronomique est celui-là 
même qui est décrit dans les traités des Han. Ces traités, d'ail- 
leurs, relèvent de la dynastie TcJieou puisqu'ils sont la repro- 
duction des ouvrages astronomiques des 4 me et 3 mo siècles Mais, 
au-delà du 4 rae siècle, nous ne possédons plus que des documents 
fragmentaires. Toutefois, grâce à l'unité du système chinois 
dont toutes les parties sont solidaires et symétriques, ces textes 
partiels suffisent à reconstituer l'ensemble. 

1° En ce qui concerne le nombre des sieou (28), il est indiqué 
dans le rituel de la dynastie - et dans le traité Tclieou-pi qui 
explique la manière de mesurer leur amplitude, fixe le lieu sidéral 
du solstice dans Nieou, décrit le gnomon à trou et la méthode 
pour orienter le méridien d'après les élongations de la polaire. 
D'autre part, comme je l'ai montré dans le Toung pao, la répar- 
tition des 28 sieou dans les dodécatémories, à raison de 3 sieou 

1 II est donc inexact de prétendre, comme l'ont fait les indianistes Weber 
et Whitney qu'il n'existe pas de liste des sieou chinois antérieurs à l'incen- 
die des livres. 

2 II est indiqué, non pas à propos d'astronomie mais à propos des règles 
rituelles de la construction du char de l'empereur, vestige très intéressant 
de la religion d'Etat, astronomique, de la haute antiquité. La caisse de ce 
char doit être carrée pour représenter la Terre, et surmontée d'un dai rond 
pour représenter le Ciel, divisé en 28 rais. Autour du char sont quatre 
bannières représentant les quartiers du ciel. 



210 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



dans celles qui sont cardinales et de 2 sieou dans les autres, est 
spécifié dans un traité du 4 e siècle et impliqué par des fragments 
bien antérieurs. En outre, il se trouve, à l'état latent, dans des 
listes astrologiques tellement anciennes que l'orthographe de 
leurs termes est déformée au point que les sinologues, faute de 
connaître le symbolisme astronomique, y voyaient des formules 
incompréhensibles, d'origine exotique, probablement hindoue, 
transcrites phonétiquement en chinois 1 . 

2° La correspondance entre les palais célestes, les points car- 
dinaux de l'horizon, les dodécatémories et les sieou cardinaux se 
trouve indiquée dans une multitude de textes (plusieurs cen- 
taines), soit directement, soit par l'intermédiaire de la théorie 
des cinq éléments et du symbolisme zoaire (que nous avons lais- 
sés provisoirement de côté parce qu'ils ne font pas nécessaire- 
ment partie du système essentiel et primitif). Je me bornerai ici 
à quelques exemples typiques, faciles à saisir. 

a) Une anecdote astrologique du Tso tcliotian, se rappor- 
tant à l'année 532, prédit une famine parce que la planète 
Jupiter se trouvait «irrégulièrement» dans la dodécatéinorie 
Riuan-hiao. L'association de cette dodécatéinorie (dont le nom 
est solsticial, comme nous l'avons vu) à l'idée de famine provient 
de ce que le solstice d'hiver marque l'apogée du principe néga- 
tif Yin. Et le texte ajoute: « Hiu (le sieou solsticial) est au mi- 
lieu de Riuan-hiao. » Si l'on se reporte au tableau de la p. 199, 
on verra que ce texte confirme que la dodécatéinorie Hiuan-hiao 
se composait de trois sieou et que le sieou central Hiu était 
considéré, astrologiquement, comme solsticial, quoique I on sut 
fort bien à cette époque que le lieu actuel du solstice était dans 
Nieou. 

b) Le philosophe Ho kouan-tseu dit que le Phénix réside dans 
la dodécatéinorie Chouen-ho et qu'il est le symbole du principe 
yang. Chouen-ho est en effet au centre du palais méridional qui 
correspond au solstice d'été et au maximum du principe yang. 

c) L'antique dictionnaire Eul ya dit que Mao s'appelle la 

1 Ces listes se composent de 12 termes et de 5 termes symbolisant les 
dodécatémories et les divinités des palais célestes. Dans celle de 12 termes 
les appellations sont formées de 2 ou de 3 mots suivant que la dodécaté- 
inorie comprend 2 ou 3 sieou, an total 28 mots. 



Liï SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



211 



Voie de l'ouest. Le sieou Mao est en effet au centre du palais de 
l'automne, et représente l'ouest. On voit par là que la division 
du firmament, en palais, dodécatémories et sieou, correspondant 
à la fois aux saisons et au tour azimutal de l'horizon, est bien, 
sous la dynastie Tcheon celle que nous voyons décrite sous les 
Han. On pourrait multiplier ces exemples. 

3° Ce système, basé sur la quadrature tropique, est essentielle- 
ment solsticial; nous pourrions l'affirmer alors même qu'aucun 
texte ne nous renseignerait sur la méthode d'observation 
employée. Tel n'est pas le cas; l'usage du gnomon est spécifié 
dans le rituel de la dynastie Tcheoit qui indique également les 
longueurs de l'ombre aux solstices d'hiver et d'été l . Le traité 
astronomique Tcheon pi, qui spécifie le lieu sidéral du solstice 
dans Nieou, décrit en outre le gnomon à trou 2 . Dans les anec- 
dotes du Tso tchouan on voit un prince honorer de sa présence 
l'observation du solstice parce que sa date tombait sur un jour 
faste. Confucius, dans son ouvrage d'histoire, note la négligence 
par suite de laquelle, faute d'avoir intercalé, le solstice d'hiver 
tomba en dehors du mois solsticial, etc. 

Documents des première et seconde dynastie. — Nous savons 
fort peu de chose sur les dynasties des Hia et des Yin (2100 à 
1050). On n'en a conservé que le nom des souverains et quelques 
documents (Tribut de Yu, Harangue à Kan, Traité Hong-fan, 
etc.) insérés dans le Chou-king. D'autres chapitres de ce livre 
canonique (qui existait bien avant Confucius mais fut revisé par 

1 Le P. Gaubil (dans le recueil de Souciet publié en 1732) remarque que 
ces longueurs d'ombre ne s'accordent pas exactement avec la latitude de la 
capitale des Tcheou et il suggère (vue prophétique digne d'être notée par 
les historiens de la science) que peut-être l'écliptique n'avait pas autrefois 
la même inclinaison. Laplace, après avoir déduit théoriquement de la méca- 
nique céleste la nécessité de cette loi, cherchait avidement quelque docu- 
ment historique témoignant de sa réalité. On devine sa joie en découvrant 
le renseignement de Gaubil sur le solstice du Tcheou-li. Cette ancienne 
observation chinoise fut consacrée par la discussion qu'en fit le grand 
mathématicien et par son insertion dans la Connaissance, des Temps. 

2 Le Tcheou pi a été traduit par Ed. Biot dans le Journal asiatique de 
juin 1841. Le gnomon percé d'un trou fut ensuite oublié par les Chinois 
jusqu'au jour où l'astronome Kouo Tcheou-king réinventa ce procède (fera 
l'an 1300) en munissant son gnomon d'une plaque métallique percée d'un 
trou qui précise l'indication de l'ombre. 



212 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



lui) montrent l'idée que Ton se faisait, vers le XIII e ou X e siècle, 
de la période antérieure. Nous possédons en outre un calendrier 
de la première dynastie. De ces divers documents résultent les 
constatations suivantes : 

1° La théorie des cinq éléments existait déjà sous les premières 
dynasties. 

2° La direction du service astronomique était réservée à de 
très hauts dignitaires, princes féodaux. Sous prétexte de les 
punir d'une négligence à accomplir les rites lors d'une éclipse 
de soleil, on dirige contre eux les troupes impériales. Dans une 
autre occasion, une armée est envoyée contre un prince auquel 
on fait grief de mépriser les Cinq éléments et les règles calendé- 
riques. 

3° Le calendrier de la l re dynastie est le calendrier normal 
correspondant au système astronomique des Chinois, où le milieu 
des saisons marque les équinoxes et solstices. Confucius désap- 
prouvait les changements introduits par les 2 e et 3 e dynasties 1 . 

4° La religion d'Etat astronomique, vénérée mais démodée et 
mal comprise sous les Tcheou et les Han, était encore vivace. La 
résidence du Chang ti, Etre suprême auquel le Fils du Ciel ren- 
dait un culte ancestral, résidait au pôle céleste. L'empereur 
terrestre, l'homme Unique, résidait au centre du monde et 
l'Empire était représenté par une série de carrés concentriques 
formant des zones successives d'autant plus barbares qu'elles 
s'éloignaient de la capitale. 

Documents de la haute antiquité. — Au-delà des dynasties 
régulières se place une période légendaire (du 28 e ou 22 e siècle), 
antérieure au bronze d'après une tradition chinoise, où régnent 
une série de souverains dont les premiers semblent mythiques 
tandis que les derniers, quoique entourés de légendes, ont une 
certaine consistance historique. Fait •extrêmement remarquable, 
ces monarques sont présentés comme s'occupant spécialement des 

1 Le début de l'année civile fut avancé : d'un mois par les Y/w, dedeux 
mois par les Tcheou, de trois mois par les Ts'in. Lorsque les Han, (l'an 
104 avant J.-C.) eurent enfin le loisir de restaurer l'astronomie et le calen- 
drier, négligés au cours des siècles d'anarchie féodale, ils rétablirent le 
calendrier de la haute antiquité qui subsista jusqu'à LHntervention des 
Jésuites. 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



213 



choses du ciel. Houang ti et Yao, surtout, sont considérés connue 
omniscients en astronomie, comme les créateurs de la science 
et du calendrier. D'après la chronologie traditionnelle qui avait 
cours sous les Tclieou, ils vivaient aux 24° et 23 e siècles avant 
notre ère, précisément à l'époque où les équinoxes et solstices 
coïncidaient avec le milieu des quatre palais équatoriaux du 
système chinois. 

Pour que la démonstration fût complète il faudrait un texte 
mettant explicitement en rapport le milieu des quatre saisons 
avec le milieu des quatre palais. Mais comment pourrait-on 
espérer une pareille trouvaille, alors que les documents antiques 
sont si rares et si peu objectifs? — Ce hasard prodigieux s'est 
cependant réalisé. Le seul texte qui nous soit parvenu de cette 
époque reculée est ce débris de calendrier qui a été enchâssé 
dans la légende de Yao, au premier chapitre de Chou king: 

Le jour moyen et l'astérisme Niao servent à fixer le milieu du 
printemps. 

Le jour maximum et l'astérisme Ho servent à fixer le milieu 
de l'été. 

La nuit moyenne et Vastérisme Hiu servent à fixer le milieu 
de Vautomne. 

La nuit maxima et l'astérisme Mao servent à fixer le mil ira 
de l'hiver. 

L'année a 300 + 60 -f- 6 jours. Au moyen du mois interca- 
laire on règle les quatre saisons 1 . 

En dehors de ce texte, merveilleusement explicite dans sa 
symétrie bien chinoise, nous possédons d'autres documents non 
moins précieux de la période créatrice. 

1° Les trigrammes de Fou-lii, dont on ne conteste pas la 
haute antiquité car, à une époque où l'on connaissait leur origine 
déjà lointaine, ils ont été amplifiés par le roi Wen, père du fon- 
dateur de la dynastie Tcheou, qui les développa en G4 hexa- 
grammes dont il fit la base du livre de divination Yi king. 

1 Ho désigne l'ensemble des deux petites divisions Sin et Fang (n os 4 
et 5) et plus spécialement l'étoile Antarès. 

L'astérisme Niao (oiseau) désigne l'astérisme central de V Oiseau qui 
s'étendait sur tout le palais méridional (dont les dodécatémories indiquent 
la tête, le cœur et la queue), c'est-à-dire le sieou Sing (n° 25, fig. 5). 



214 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



Ces tri grammes qui symbolisent, comme nous lavons vu, 
révolution annuelle, diurne et azimutale des principes yin et 
yang, sont considérés par les Chinois comme antérieurs à Yao. 
Le texte vérifie cette tradition, car il implique la théorie dua- 
listique en opposant la nuit moyenne g — de l'automne au 
jour moyen — — du printemps. L'automne correspond en 
effet au soir et au principe yin, tandis que le printemps corres- 
pond au matin et au principe yang. Ainsi . apparaît, dès la haute 
antiquité, cette équivalence entre la révolution diurne et la 
révolution annuelle, qui caractérise le système équatorial des 
Chinois 

2° La liste et les coordonnées des 28 étoiles telles qu'elles 
figurent, par exemple, dans le dictionnaire de K'ang hi. C'est 
là un document bien moderne; mais c'est précisément ce qui en 
constitue la valeur : car si l'on reporte ces 28 étoiles, par le cal- 
cul, sur l'équateur de l'antiquité, on voit se manifester l'admi- 
rable symétrie révélée par le diagramme publié ici en juil- 
let 1907. Cette symétrie, comparée à celle des nakshatra, révélée 
ici en avril 1919, jette un jour nouveau sur la question du 
zodiaque lunaire asiatique et sur la phase primitive de l'astro- 
nomie chinoise. En ce qui concerne la période créatrice, elle 
établit plusieurs faits importants : 

1 Cette équivalence et ce caractère équatorial se manifestent encore 
d'une autre manière dans le texte par le fait qu'il met en rapport le milieu 
des saisons et le milieu des palais d'après leur situation à 6 heures du soir. 
Aux dates cardinales (équinoxes et solstices) les points cardinaux de 
l'équateur (qui ont une ascension droite de 0 h , 6 h , 12 h , 18 h et que nous 
désignerons par les signes °f\ 69, lqj, ^0) se succèdent au méridien à 0 h , 
6 h , 12 h , 18 h . — Aux dates cardinales, ces signes passent respectivement au 
méridien à midi; les signes 69, loj, fô, np, à 6 h du soir, les signes lhj, 
/5> T) @j à minuit» et ainsi de suite. Le texte, débris d'un antique ai- 
ma nach, indique la situation à 6 h du soir parce que c'est dans la soirée 
que le public suit du regard le progrès de la révolution sidérale. Il ne faut 
pas prendre à la lettre de la traduction les mots « servent à fixer ». L'année 
solsticiale se détermine par le gnomon et il est impossible de découvrir la 
date tropique par un procédé sidéral. D'ailleurs le texte dit : « Le joui- 
moyen et l'astérisme Niao» ; on ne supposera pas que les Chinois avaient 
des chronomètres pour déterminer l'équinoxe ou le solstice d'après la durée 
du jour. Il ne s'agit pas ici d'un moyen pratique de déterminer les saisons 
(voyez les Archives de juin 1907, p. 537). Le texte exprime l'idée mystique 
d'après laquelle ces quatre astérismes sont prédestinés à marquer le milieu 
des saisons sidérales. 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



215 



a) Dès Ja haute antiquité les sieou sont délimités par des 
étoiles isolées, non par des astérismes l . 

b) La précision des astronomes antiques, inspirée par un pro- 
fond sentiment religieux, est bien supérieure à celle de leurs 
successeurs. On ne trouve rien de comparable sous les Tcheou. 
Cela justifie Ja haute idée que l'on eut alors de l'astronomie 
antique. 

c) Le lieu sidéral des solstices et équinoxes (dont la connais- 
sance à permis aux créateurs du système de désigner les asté- 
rismes centraux des palais célestes) a été déterminé, grâce à cette 
symétrie diamétrale, d'après l'observation du lieu sidéral de la 
pleine lune, la date tropique étant fournie par le gnomon. 

d) L'opposition des sieou a été établie d'après leur passage au 
méridien avec les circompolaires, ce qui permet de créer une 
symétrie diamétrale mais non pas quadrantale. Le diagramme 
montre qu'on n'a pas cherché la symétrie quadrantale 2 , ce qui 
explique pourquoi Péquinoxe d'automne sort déjà delà division 
cardinale au 24 e siècle. 

e) Au point de vue chronologique il faut donc se baser sur le 
couple des sieou solsticiaux, qui indique franchement le 24° siè- 
cle, et non sur celui des sieou équinoxiaux qui indique le 25 e et 
le 24 e siècle 3 . 

Le palais central et l'étoile polaire antique. — Il existe encore 
une autre source de documentation au sujet de l'époque où fut 
créé le système astronomique des Chinois. 

Nous avons vu, en effet, que ce système se compose de cinq 

1 Si j'ai traduit, dans le texte du Yao-tien le mot chinois sing par asfé- 
risme c'est parce qu'il signifie à la fois étoile et astérisme, et qu'il n'y a 
pas d'inconvénient à concéder philologiquement le sens astérisme puisque 
celui à.' étoile est démontré par la symétrie. 

2 Voyez tig. 6. — Si l'on avait recherché la symétrie quadrantale, on se 
serait dispeusé d'introduire le couple hétérogène 4-16. 

3 Ajoutons que la date ainsi indiquée est celle de la création du système 
et non pas celle du lègue de Yao, comme l'ont cru les astronomes chinois 
modernes par suite de leur vénération pour le premier chapitre du Chou 
king. Le contexte, dans lequel le précieux document astronomique a été 
enchâssé, représente en eftet l'empereur Yao, omniscient, révélant à ses 
astronomes la connaissance des quatre astérismes cardinaux. Mais depuis 
que Chavannes a montré qu'il s'agit d'un fragment de calendrier incorporé 
à la légende de Yao, il est devenu évident que la création de la quadra- 



216 



LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DES CHINOIS 



palais célestes : un palais central et quatre palais équatoriaux. 
Nous n'avons considéré jusqu'ici que ces derniers et constaté que 
la quadrature de leurs milieux représente les équinoxes et sols- 
tices du 24 e siècle. Mais le palais central, lui aussi, a un milieu, 
marqué par l'étoile polaire, Or le mouvement qui déplace les 
équinoxes et solstices dans le firmament provient^de la révolu- 
tion du pôle et amène au cours des siècles l'avènement et le 
détrônement successifs des étoiles dites polaires. Le traditiona- 
lisme méticuleux des Chinois a conservé intact le système où 
sont inscrits les équinoxes et solstices de la haute antiquité. Mais 
il a conservé également les noms des étoiles qui marquèrent 
autrefois le centre du ciel, résidence de Y Empereur d' en haut. 
Et ces noms nous apprennent quelle fut l'étoile polaire de la 
période créatrice. 

ture des palais sidéraux peut être antérieure au règne de Yao. C'est d'ail- 
leurs Houang-ti qui est représenté dans les légendes comme le fondateur 
du système chinois. Or, d'après l'ancienne chronologie traditionnelle, en 
faveur au temps des Tcheou, ce monarque régnait au 24 e siècle avant notre 
ère. La chronologie combinée au 11 e siècle de notre ère, qui place Houang-ti 
au 27 e siècle, est basée sur un calcul astronomique faussé par l'idée pré- 
conçue que la quadrature tropique date de Yao. 



OBSERVATIONS GÉOLOGIQUES 

SUR LA 

RÉGION PÉTROLIÈRE DE RYPNE 

EN GALLCIK 

P A It 

\!î\(M I) H El M 

Zurich. 
(Avec 3 planches). 



Introduction. 

Au courant de l'été 1918 l'auteur a eu l'occasion d'étudier en 
détail le bord septentrional des Carpathes (études commencées 
en 1913) et surtout la région productive de Rypne-Perehinsko, 
de laquelle les publications géologiques existantes ne donnaient 
pas une idée nette. On sait que la plupart des feuilles de l'Atlas 
géologique au 1 : 75000 de la Galicie sont inutilisables; cela est 
surtout le cas pour la région de Rypne-Perehinsko et sa prolon- 
gation vers le SE. Pour ne pas s'égarer il est préférable de 
n'employer sur le terrain que la carte topographique au 1 : 75000, 
ou, si possible, celle de l'état major au 1 : 25000. Aucune carte 
géologique à cette dernière échelle des régions compliquées du 
bord carpathique galicien n'a été encore publiée. Tout récem- 
ment, Julius Noth a terminé un livre sur la région pétrolifère 
des Carpathes qui contient de nombreuses observations intéres- 
santes concernant les forages et les productions, sans éclaircir 
cependant d'une manière précise et moderne les conditions géo- 
logiques. La méthode suisse de dessiner systématiquement sur 
le terrain n'est encore introduite que par quelques grandes 
sociétés privées d'exploitation (Premier, Opiag, etc.) qui ne pu- 
blient pas leurs rapports géologiques. 



1 Julius Noth, Vei'breitung der Erdôlzone in dcn Karpathenlàndern, 
etc., Verlag Hans Urban, Wien, 1917. 

Auciiiyks. Vol. 1. — Mai-Juin 1919. 15 



218 



OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIFERE DE RYPNE 



La région de Rypne est située au SE de la Galicie, à 20 km 
au SE de la ville de Dolina, près du bord frontal de la chaîne 
des Carpathes. 

A une distance de plus de 50 km, entre le champ pétrolifère 
moderne et magnifique de Bitkow 1 (forages profonds) et la ville 
de Dolina existent trois vieux champs productifs dans des condi- 
tions géologiques très différentes : 

1. Majdan,où l'on a pratiqué des forages peu profonds, dans 
l'Eocène chevauché qui prend la forme d'un dôme anticlinal 
fermé, étroit, dirigé vers le SSE-NN W (voir fig. 3). 

2. Perehinsko, au bord de la grande plaine, dans des conditions 
et à des profondeurs variables qui ne sont pas éclaircies. (Les 
profils de forages déjà rares ont été détruits par l'invasion russe). 

3. Rypne, le seul endroit où la production a pu être mainte- 
nue jusqu'à ce jour. On arrive depuis Dolina (station du chemin 
de fer Stryj-Stanislau) en voiture, ou depuis la station de 
Krechowice par chemin de fer à voie étroite au village de Duba, 
d'où l'on se rend à pied en 40 minutes à Rypne (planche I). 

Stratigraphie. 

Profil spécial de V Eogène de Rypne. — Le profil éogène nor- 
mal de la série chevauchée affleure nettement vers le Horodynski- 
Potok, directement au SE de l'église du village de Rypne où se 
trouve le champ pétrolifère productif, et plus au SE dans le 
ruisseau qui coule au NW du point 802 ; les 2 affleurements, qui 
se complètent, permettent d'établir la coupe suivante : 

2. Eocène 2 . — b) Série avgUo-siliceuse, en bancs minces de 
silice, jaunâtres ou verdâtres, alternants avec des marnes ver- 
dâtres, environ 400 m. 

c) Grès vert en bancs épais (en . aval du petit pont près du 
puits Wladislaw n° 3), avec des couches marneuses, 100 m? se 
terminant vers le haut par un banc de 1 m de conglomérat 
grossier à galets de quartzite verte. 

d) Marnes vertes et bleues, tendres, 30 à 50 m. 

1 Voir l'étude détaillée de E. Siegfried, Die Naphtalagerstàtten des 
Umgebung von Solotwina, Verlag fur Fachliteratur, 1912. 

2 Les mêmes numéros se trouvent sur les planches et sur les figures. 



OBSERVATIONS SUR LA RÉGION P ÉTROLI FERE DE RYPNE 219 



e) Marnes jaunâtres en plaquettes, environs 10 m., passant à 
dos marnes verdâtres claires (1-2 m), qui forment le passage de 
TEocène à l'Oligocène. 
3. Oligocène inférieur. — a) Complexe inférieur, composé de: 
a Schistes bitumineux noirs (Schistes ménilitiques), 5 m; pas- 
sant à 

/? Silex en bancs noirs (opale ménilitique), 6 m, donnant lieu 
à une chute d'eau remarquable, passant à 

/ Couches siliceuses, denses, peu calcaires, brunâtres à l'inté- 
rieur, blanches ou jaunâtres à l'extérieur, visibles sur 5 m, 
épaisseur totale de peut-être 10 m. 

b) Schistes sableux à mica, bitumeux, brunâtres ou noirs à 
l'intérieur, environs 40 m. 

Grès clair en bancs durs, recouverts par des schistes ménili- 
tiques, 50-100 m, ensuite série principale de grès ménilitiques 
en bancs compacts de 1-20 m, à gros grains de quartz et de 
glauconie, séparés par des schistes non ou très peu pétrolifères, 
environ 100 m. 

Schistes ménilitiques à bancs de grès rarement pétrolifères, 
200 m ? 

c) Marnes grises, contenant quelques bancs de calcaire dolo- 
mitique dense à surface jaune (à 50 m à l'ouest du point 793, et 
se prolongeant vers Lecôwka-Dubszara). 

Stratigraphie générale de la région Rypne-Spas. 

Crétacique. — Dans la région entre Dolina et Perehinsko je n'ai 
observé le Crétacique que sous la forme des couches deRopianka 
bien connues, qui constituent une masse chevauchante vers 
Lecowka, à 3 km à l'ouest de Rypne ; ce sont des calcaires gris, 
sableux, roux, en bancs durs et irréguliers, alternant avec dos 
marnes grises, faciès du Flysch. Le grès de Jamna n'a été observé 
nulle part dans la région bordière indiquée. 

Eocène. — L'éocène étant chevauché sur la série ménilitique, 
on ne connaît pas la base primaire de cette série si importante 
aux environs de Rypne 1 ; sa puissance est de 600 m au moins. 

1 Le contact de ces deux étages est bien exposé dans la région plus 
interne de Skole, par une carrière au NE de ce village. Là les bancs épais 



220 OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIFERE DE RYPNE 



a) La série commence par des marnes rouges et vertes 
(comme, par exemple, dans le ravin au N des puits Polonia et 
dans les forages voir Bela, pl. Il, pr. 4). 

b) Ensuite vient une série argilo-siliceuse importante, décrite 
p. 218, qui prend une grande extension dans la zone bordière des 
Carpathes galiciennes. A Majdan, au SE de Perehinsko, elle 
forme cœur de la voûte anticlinale du champ productif. (Pl. III, 
fig. 3). C'est à la surface anticlinale de ces couches queHempel a 
ouvert le puits célèbre de Grabownica de la Société Galicia, qui 
est de venu productif à 390 m, après avoir traversé cette série. A 
Rypne l'épaisseur est aussi de 300-400 m. La perforation par le 
trépan est très facile et rapide. 

L'étude microscopique en coupe mince faite d'un banc siliceux 
de Rypne-Homotôwka a permis d'établir la diagnose suivante : 
Calcédoine fibreuse, qui s'éteint entre 2 niçois presque simulta- 
nément dans toute la coupe. Dans la masse de calcédoine se 
trouvent de nombreux grains de quartz anguleux et arrondis, 
jusqu'à 0,l mm , parfois avec une marge sombre, corrodée; de petits 
grains de giauconie et quelques microorganismes siliceux mal 
conservés (Agglutinantia, Radiolaires?). 

c) Série des Ores verts et conglomérats, atteignant à Rypne 
100 à 200 m. (Pl. III, fig. 1). Le contact exact avec b n'est pas dé- 
couvert. Au sommet se trouvent des bancs conglomératiques, 
faciès qui domine à la Czeczwa et qui donne par places une 
faible odeur de pétrole. 

d) Série des Marnes bleues ou verdâtres, parfois schisteuses 
par pression latérale (Boryslaw). Ces couches tendres n'affleurent 
que dans les ruisseaux. Dans la série chevauchée de Rypne elles 
ont une épaisseur de 30 à 50 m, de même à la Czeczwa au SE de 
Spas, où elles contiennent des galets d'un aspect exotique et 
reposent directement sur le conglomérat c. A Boryslaw. ces 
marnes bleues atteignent 150 m environ, peut-être à cause d'em- 
pilement tectonique; elles contiennent de nombreux blocs de 
grès, provenant de bancs broyés, et de quartzites vertes. 

e) Marnes en plaquettes (Plattchcnmcrgel), jaunâtres ou blan- 
châtres à la surface sèche, et marnes verdâtres. 10 à 15 m. Malgré 

du grès de Jamna passent rapidement à un banc de C> m de marnes ver- 
dâtres et rouges. 



OBSERVATIONS SUR LA RÉGION PETROLIFERE DE RYPNE 221 

l'épaisseur faible cet horizon semble s'étendre jusque clans la Ga- 
licie occidentale, on il a été retrouvé par le D r Max Mûhlberg 1 
exactement à la même place, sans qu'il soit mentionné dans la 
littérature. Chaque fois que 1 eocène supérieur est visible dans 
les ruisseaux des environs de Rypne, on retrouve les marnes en 
plaquettes caractéristiques en dessous du Silex ménilitique. 

Sous le microscope on observe dans la pâte marno-calcaire 
dense quelques grains de quartz anguleux de 0,01 m, de glau- 
conie et des foraminifères mal conservées (Globigérina). 

Oligocène (Série ménilitique). — Le profil de Rypne (p. 219) 
nous a montré que la sédimentation marine de l'Eocène a 
changé rapidement sans interruption. Les couches de passage 
ont même l'aspect de dépôts profonds. 

a) La sédimentation oligocène commence à Rypne avec le 
faciès caractéristique de la série importante mélinitique de 
l'Oligocène inférieur : 

a Schistes ménilitiqaes bitumineux épais de quelques mètres, 
faciès bien connu. Ils passent rapidement à 

§ Silex (Menilitopal), un des horizons les plus constants et les 
mieux caractérisés des Carpathes galiciennes. D'après une coupe 
mince il semble que l'opale s'est transformée en calcédoine gre- 
nue. 

Le vrai Silex noir, formant des bancs de quelques centimètres 
à 30 cm. au plus, se transforme vers le haut en : 

y Couches siliceuses claires, peu bitumineuses, qu'on ne peut 
distinguer à V œil nu du célèbre « Monterey shale » du Miocène 
inférieur de la région pétrolifère de la Californie. L'étude de 
plusieurs coupes minces de ce Shale de Rypne et de l'Oporau 
NE de Skole, où ce niveau présente exactement le même aspect, 
permet la dia gnose suivante : silice dense, peu calcaire, avec 
petits grains de quartz, de glauconie de 0,07 ,u "\ de pyrite, des 
traînées de calcite à grains très fins, d'un minerai jaune ferru- 
gineux, rarement de mica, et quelques fois de niicroorganismes 
(foraminifères). 

Ces trois horizons a-y forment le groupe inférieur de la série 
ménilitique. 11 esta remarquer qu'à Rypne l'horizon pétrolifère 

1 Je remercie mon collègue de cette intéressante communication. 



222 OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIFERE DE RYPNE 

désigné par K. Tolwinski comme « Grès de Boryslaw » en dessous 
du Silex fait complètement défaut 1 . 

b) Au-dessus du groupe siliceux, à Rypne aussi bien qu'à la 
Czeczwa, se trouve d'abord un complexe de 30 à 50 m. de schistes 
mélinitiques bruns et bitumineux, ensuite vient le premier 
complexe de grès au-dessus du Silex. Dans la série chevauchée 
de Rypne les bancs de grès sont gros et grossiers, glauconieux. 
Ce faciès gréseux atteint son maximum de 100 à 200 m au-des- 
sus du Silex. Tandis que dans la série chevauchée de Rypne je 
n'ai pu observer aucune imprégnation pétrolifère à ce niveau, 
celui-ci est nettement pétrolifère à la Czeczwa. A 3,5 km au S 
de Spas ce niveau gréseux est composé de 80 m environ de 
bancs de grès de quelques décimètres à 1 mètre chacun, séparés 
par des schistes bitumineux. Parmi ceux-ci il en est qui sont 
nettement pétrolifères, tandis que la plupart contiennent à peine 
des traces de pétrole. Le niveau gréseux apparaît de nouveau 
dans le noyau anticlinal à Spas, où il forme des bancs épais 
compacts, nettement pétrolifères (voir pl. II, pr. 2 et pl. III, fig. 2). 

Le faciès sableux décrit ci-dessus est remplacé vers le haut 
par une série épaisse de 200 m au moins de schistes bitumi- 
neux bruns ou noirs. 

L'épaisseur totale des couches ménilitiques inférieures a-b de 
Rypne à Spas semble varier de 300 à 500 m. 

c) Au-dessus des deux groupes inférieurs ménilitiques a-b se 
trouve partout une série de marnes grises qui contiennent des 
bancs gréseux et des bancs durs de calcaire dense, probablement 
dolomitique, de 1 à 5 dm, gris-bleuâtres à l'intérieur et souvent 
d'un jaune frappant à l'extérieur. Ceci les distingue des couches 
de Dobrotôw. Je désigne provisoirement ces couches peu con- 
nues sous le nom de Couches de Lopianka (Lopiankaschichten) 2 
d'après le village à l'ouest de la Czeczwa où elles sont excellemment 
exposées dans le lit du Potok Maniawka au-dessus de l'embou- 
chure du Potok Krzywa à l'ouest du village, intercalées norma- 

1 Voir Arnold Hem, Boryslaw, Arch., en cours d'impression. 

2 Rudolf Zuber, dans son récent volume Flisz i Nafta, Lwôw 1918, 
p. 140, semble connaître ces couches grises en les nommant « Warstwy 
polanickie » (couches de Polanica). Cependant il les dessine au-dessus des 
schistes mélinitiques et les synchronise avec les couches de Dobrotôw de 
l'avant-pays autochtone. 



OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIFÈRE DE RYPNE 223 



lement dans le liane SW de l'anticlinal entre la série inférieure 
et la série supérieure des schistes bitumineux mélinitiques. 
L'épaisseur normale est de 100 à 200 m. 

J'ai rencontré les Couches de Lopianka vers la rivière Opor où 
elles forment le noyau du synclinal de Pobuk 1 , à Engelsberg, 12 
km au SW de Dolina, à Lopianka, Spas, Dubszara et Lecôwka, tou- 
jours dans le même niveau stratigraphique et dans la même zone 
tectonique bordière. Sans cela il serait difficile de les distinguer 
des couches oligocènes de Dobrotow ou des couches crétaciques. 

d) Série supérieure des Schistes ménilitiques. Elle peut être 
particulièrement bien observée entre Lopianka et Grabôw, où 
l'épaisseur visible est de 200 m environ. On ne peut pas dis- 
tinguer ce faciès des schistes ménilitiques inférieurs. Quelque- 
fois il y a des couches grises entre les couches bitumineuses 
brunes et noires, de même qu'il existe des schistes noirs inter- 
calés dans les couches grises de Lopianka. La coupe mince de 
schiste noir de Grabôw n'est presque pas transparente. On 
peut cependant y distinguer quelques petits grains de quartz, 
de calcite et de glauconie, ce qui démontre de nouveau le faciès 
marin de toute la série ménilitique. 

Les couches d représentent le niveau le plus élevé intracarpa- 
thique de la région Rypne-Spas-Dolina que j'ai trouvé. 

La totalité de la série ménilitique à Rypne-Spas peut être 
estimée à 700 à 1000 m, dont plus de la moitié sont formés de 
schistes bitumineux, faciès sapropélique marin caractéristique de 
la base jusqu'au sommet. Il est difficile de se rendre compte des 
masses énormes de matière organique accumulée! 

Miocène. — Pour étudier les formations susménilitiques il faut 
connaître l'avant- pays carpathique en dehors de notre région. 
C'est au SE de la ville de Dolina que j'ai trouvé, à deux endroits, 
le contact extérieur des schistes ménilitiques : marnes grises 
avec quelques bancs de grès gris, en superposition normale et con- 
cordante avec passage de 0,5 m au-dessus des schistes méniliti- 
ques, plongeant au contact 60 à 80° NE ! Trois questions se posent : 

1. Est-ce là déjà la vraie argile salifère miocène, célèbre par la 

1 Là, d'après Zuber, elles offrent une source de pétrole que je n'ai pas 
réussi de retrouver. Dans la feuille Skole N° 17 de l'Atlas géologique delà 
Galieie 1901, Zuber prend ces couches grises pour « Menilitschiefer ». 



224 OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIFERE DE RYPNE 

grande saline de Dolina, déposée directement sur la série méni- 
litique? 

2. S'agit-il de couches de Dobrotôw prenant le faciès d'argile 
salifère? 

3. Les couches ménilitiques moyennes et supérieures c-d sont- 
elles l'équivalent des couches de Dobrotôw de l'avant-pays au- 
tochtone suivant l'idée de R. Zuber? 

Le problème est encore compliqué par le fait que le contact en 
question semble appartenir au flanc NE de l'anticlinal de Spas, 
anticlinal chevauché comme nous verrons à Rypne. 

Origine du pétrole. 

Dans son travail très important de 1912, après avoir reconnu 
le grand rôle des chevauchements, Siegfried 1 déduit la théorie 
(émise il y a plus de 50 ans par Fôtterle) que les schistes méni- 
litiques bitumineux sont la seule source primaire du pétrole 
de la Galicie, qui a émigré de là sous la pression tectonique, 
dans les autres formations superposées. D'autres géologues, 
comme Hôfer et Zuber, maintiennent, par contre, l'idée que 
d'autres gisements primaires existent encore, dont les plus im- 
portants sont ceux de l'Eocène. 

D'après mes recherches sur le terrain et le résultat des forages 
profonds de Boryslaw faits ces dernières années, par lesquels on 
a rencontré des horizons très riches dans l'Eocène autochtone à 
1200-1700 m de profondeur, l'idée de Siegfried ne peut être 
maintenue. Je doute même que le pétrole des grès si riches de 
la série ménilitique dérive des schistes bitumineux qui les accom- 
pagnent, pour les raisons suivantes : 

1. Les schistes bitumineux ménilitiques fournissent beaucoup 
de pétrole par la distillation destructive artificielle, mais ne 
contiennent guère du pétrole primaire. Le chloroforme se colore 
très peu ou pas du tout. 

2. La plupart des grès poreux intercalés dans les schistes 
bitumineux sont stériles. 

3. Le gisement le plus productif de la série ménilitique est le 

1 Erich Siegfried, Die Naphtalagerstàtten der Umgebungvon Solotwna, 
Verlag fur Fachliteratur, 1912, p. 42. 



OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIERE DE RYPNE 225 



grès puissant situé à la base de la série oligocène autochtone, 
appelé grès de Boryslaw (Tolwinski) entre les marnes éocènes et 
le silex, tandis que dans la partie supérieure (niveaux c-d) je ne 
connais aucun grès pétrol itère commercial. 

Ces considérations m'ammènent à la conclusion qu'il existe 
dans la série ménilitique des grès pétrolifèr es primaires (comme 
dans la molasse aquitanienne suisse où des schistes bitumineux 
n'existent pas 1 ), dérivés de sables sapropéliques, sans que leur 
pétrole soit émigré des couches schisteuses qui les encadrent. Le 
pétrole s'est déplacé seulement le long des couches gréseuses en 
se concentrant dans les parties anticlinales sous la pression tec- 
tonique. 

Tectonique. 

Rgpne. — En allant de Dubavers Rypne, on traverse d'abord 
^a série des schistes ménilitiques, verticales ou plongeant forte- 
ment vers le SW, qui forment la colline 565 et le tlanc NE du 
Bahoniec 633 m. Puis, à l'entrée du village de Rypne, sur la 
pente W du Bahoniec on rencontre des couches éocènes typiques 
avec des marnes rouges, aussi plus ou moins verticales. A Rypne 
même se montrent de nouveau des schistes ménilitiques contour- 
nés ou plongeants WSW sous la seconde zone d'éocène qui 
forme le côté W de la vallée de Rypne sur plus d'un kilomètre 
de largeur, plongeant de plus en plus régulièrement (10 à 30°) 
W. Voici un profil normal des plus complets, où la série éocène 
de 600 à 700 m d'épaisseur est régulièrement recouverte par la 
série ménilitique (voir p. 219). 

Il semble donc que la seconde zone éocène est chevauchée sur 
les schistes ménilitiques de Rypne. Evidemment tousles forages 
productifs du côté W de ta vallée ont traversé la série éocène pour 
entrer dans les schistes ménilitiques sousjacents. Le pétrole a son 
origine non dans l'ensemble des séries éocènes et oligocènes comme 
indiqué dans la littérature, mais seulement dans les grès de la 
série ménilitique oligocène. Les échantillons de forage 2 ne laissent 
aucun doute à ce sujet. Non seulement ils correspondent avec la 

1 Arnold IIeim et Ad. Hartmann, Unters. ùber die petrolfiihrendr Mo- 
lasse derSchweiz, « Beitrage » , geotechnische Set ie, Lfg. 6, 13 pl., 36 fig., 1!» 1 9. 

2 Mon collègue Max Frey de Zurich, Géologue employé par la Société 
« Premier » a eu la bonté de me montrer quelques séries d'échantillons. 



226 OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIFÈllE DE RYPNE 

géologie de la surface, en montrant que le plan de charriage 
s'approfondit de plus en plus vers l'ouest, mais aussi on est 
frappé de trouver des fragments broyés à surfaces lustrées de 
glissement aussitôt que l'éocène est dépassé. 

Mais ce n'est pas un chevauchement normal. La zone des 
schistes ménilitiques de Rypne s'amincit vers le NW. Dans un 
ravin qui traverse la forêt de hêtres au S de la Duba (Sloboda 
Dubenska), on voit les couches ménilitiques plonger avec leurs 
axes d'ondulation de 10° vers le NW pour disparaître sous le 
fond de la vallée de la Duba. 

Les zones éocènes des deux côtés, par contre, se joignent au 
NW de la Duba. Directement vers le NW du forage Triumph 
(pl. I et II) dans un ravin on traverse le contact éocène-oligocène 
avec les marnes en plaquettes (2 é) et le Silex, les 2 formations 
ayant une direction W 25° N et plongeant de 50 à 70° au SSW. 
Voilà donc un contact normal de la série légèrement renversée. 
Or, dans la direction du NW, ce flanc renversé se redresse à la 
verticale vers la montagne de l'Ozenowata (706 m), et de là les 
couches de contact éocènes-oligocènes forment une voûte nor- 
male et régulière, avec un flanc NE cependant plus raide. En 
outre, dans un ravin passant à 603 m. au SE du sommet Pohary 
(703 m) on peut mesurer directement l'inclinaison axiale sur le 
dos anticlinal formé par le grès vert éocène c qui plonge de nou- 
veau 8 à 10° vers le NW ! De cette manière régulière l'Eocène 
compre nant les deux zones de Rypne, sur la pente SE du Pohary, 
s'enfonce définitivement sous sa couverture ménilitique normale. 

Le ravin au NW du sommet 703 se trouve exactement sur la 
prolongation de l'axe anticlinal, les schistes ménilitiques (ni- 
veau b) plongeant de nouveau 10° vers NW (pl. III, fig. 2). 

Il résulte de ces observations que la zone axiale des schistes 
ménilitiques de Rypne est enveloppée par V éocène chevauchée for- 
mant un faux anticlinal. 

C'est un synclinal renversé qui produit le pétrole, cas si ngu- 
lier, encore inconnu dans les régions pétrolifères. mais semblable 
d'une manière frappante à rencapuchonnement de la Marwies au 
Sàntis dans les Alpes Suisses \ 

1 Albert Heim, Das Sàntisgebirge, « Beitiiige » 1905 : Atlas, pl. III 
( Mémoires carte géologique Suisse). 



OBSERVATIONS SUR LA RÉGION PETROLIFERE DE RYPNE 227 



Prolongation vers SE. — En considération de l'élévation 
axiale il faudrait supposer que vers le SE la zone éocène du 
Bahoniec devrait disparaître par érosion. Malheureusement les 
affleurements deviennent très précaires, et mes courses rapides 
à Perehinsko ne suffisent point à élucider la question de pro- 
longation. Il faudrait parcourir d'abord tous les ravins de la 
montagne de Holiza (912 m) entre le Potok Radowa et la Lom- 
nica. A 1300 m. au NE de ce sommet, près de son pied, dans 
une tranchée, j'ai vu l'Eocène plongeant de 25° au NW. 

Est-ce l'anticlinal productif dit autochtone de Bitkow au-des- 
sous du grand chevauchement Bitkow-Majdan, plongeant là vers 
SE, qui correspond à la couverture oligocène-miocène de la nappe 
encapuchonnée de Rypne ? 

Prolongation vers NW. — Pour qui ne connaît pas Rypne, la 
structure tectonique de la vallée transversale de la Czeczvva 
semble être un anticlinal autochtone assez simple. L'inclinaison 
axiale est encore bien visible, quoiqu'accidentée par des « chutes» 
(Schnellen) et vraisemblablement aussi par des failles transver- 
sales (pl. III, tig. 2). Au genou de la Czeczwa de Spas le noyau anti- 
clinal, formé par des grès gris compacts pétrolifères, plonge de 
5 à 20° NW; on y observe des ruptures longitudinales, dont la 
plus importante passe exactement par l'axe, le flanc SW étant 
abaissé. (Pl. II, pr. 2). A l'ouest de la Czeczwa on voit de nouveau 
des ruptures semblables au NE du Krasenka, avec un plonge- 
ment axial de 10 à 15°, et de 6° au Potok Losoczny. Une chute 
d'axe extraordinairement forte intervient à l /a km. au S de 
l'église détruite de Lopianka, où les couches ménilitiques plon- 
gent irrégulièrement de 20 à 50° vers NW et sont redressées à 
un point même jusqu'à la verticale (flexure axiale). Cet accident 
semble être la dernière inclinaison axiale vers le NW. Au NW du 
village de Lopianka, l'axe anticlinal semble plutôt se relever 
légèrement, en se déplaçant en même temps en une sorte de 
flexure horizontale vers le N (pl. II, et pl. III, fig. 2). 

Le flanc NE de l'anticlinal de Spas se poursuit de Duba à Strutyn 
Wyzny et Dolina, le plongement principal des schistes ménili- 
tiques passant de 60 e au SW à 60° au NE. Vu l'épaisseur formi- 
dable, de 2 à 2,5 km., des schistes ménilitiques, il faut se deman- 
der, s'il n'y a pas là des paquets entassés sans charnières visibles. 



228 



OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIFERE DE RYPNE 



De plus on peut se demander si à Spas et du côté SW de Dolina 
le noyau éocène est encore enveloppé en profondeur. A la sur- 
face rien de ce phénomène est visible, et sans l'existence de la 
fenêtre de Rypne, causée par l'élévation axiale, il serait impos- 
sible de déterminer la forme singulière du noyau anticlinal. 

Autres anticlinaux enveloppés. — On trouvera probablement 
encore d'autres enveloppements sur le flanc N des Carpathes 
comme dans les Alpes. 

Après une visite trop rapide dans la région dite autochtone 
de Sloboda Rungurska au SW de Kolomea, je me suis posé la 
question, si ce gigantesque anticlinal répète, dans mie zone plus 
externe, le phénomène tectonique de Rypne. En effet, comme à 
Dolina-Spas, l'axe de l'anticlinal de forme normale (Dobrotôw) 
s'élève de 10° environ vers le SE, où il s'ouvre jusqu'au noyau 
éocène et se couche fortement vers le NE (Sloboda). A Lucza 
enfin, dans la prolongation de l'axe, on rencontre une grande 
masse d'argiles bleuâtres, indiquées comme éocènes sur l'atlas 
géologique au 1 : 100000 (Zuber), mais que je ne peux distin- 
guer de l'argile salifère miocène. Dans la série des protils sché- 
matiques récents 1 de Zuber on est frappé par sa figure 87 qui 
indique de V argile salifère sous le noyau anticlinal éocène au 
village de Sloboda Rungurska même. 

Peut-être trouvera-t-on encore des encapuchonnements dans 
la région de Kosmacz-Akreszory au SE de Kolomea. 

Nappe de Bitkow. — On sait d'après les recherches de Sieg- 
fried (loc. cit.) que la région de Bitkow chevauche sur Pavant- 
pays dit autochtone sous la forme d'une grande nappe de recou- 
vrement, que je propose d'appeler nappe de Bitkow, et dont la 
partie frontale se continue vers le NW jusqu'aux montagnes 
isolées de Majdan. Mes courses rapides dans ce' pays m'ont per- 
suadé que dans leurs grandes lignes les observations de Siegfried 
sont justes 2 . Le chevauchement atteint une largeur visible de 
10 km. à Maniawa, ce qui est probablement une petite partie du 
chevauchement total (pl. III, fig. 3). 

1 R. Zuber, Flisz i Nafta, Lwôw, 1918. 

2 On peut noter ici que l'idée du chevauchement de Bitkow a été suggé- 
rée à M. Siegfried, alors assistant, sur le terrain par les géologues suisses 
D r Jos. Erb et I) r Max Mûhlberg. 



OBSERVATIONS SUR LA RÉGION PÉTROLIFÈRE DE UYI'NK 229 



En effet, à Liwce, 2 km au NE de la station de chemin de fer 
de Dolina, on trouve un bel affleurement artificiel de schistes 
noirs et gris ménilitiques plongeants de 40-50° au ENE. Il s'agit 
ici 1 d'un lambeau chevauché sur l'argile salifère miocène autoch- 
tone qui de son côté repose dans le forage actuel N° 2 de la Société 
« Galicia» à 550 m. normalement sur les couches de Dobrotôw. 
Les schistes méni litiques au N de Dolina représentent donc pro- 
bablement une klippe isolée, prolongement de la nappe de 
Bitkow-Majdan. 

D'où vient cette nappe? C'est à Maniawa que la nappe de 
Bitkow se divise par érosion en deux régions qui s'éloignent de 
plus en plus vers le NW. A Porohy on voit une série très puis- 
sante et régulière de couches rouges éocènes faiblement incli- 
nées vers WSW, rappelant un peu la série chevauchée de 
Rypne. Mais derrière la nappe de Rypne, vis-à-vis de l'église de 
Lecôwka, au Potok Lecôwka, on voit des bancs roux de grès cal- 
caire, contournés, du Crétacique, chevauchés sur les couches 
grises de la série mésoménilitique (couches de Lopianka) avec- 
un morceau de grès vert éocène à traces de pétrole de 3 m 
d'épaisseur à la base de la série chevauchée (pl. I-II). Le plan 
de chevauchement plonge de 40° vers le SE. 

On peut se demander s'il s'agit à Lecôwka de la partie interne 
de la nappe de Bitkow-Majdan. 

Production. 

Tout le pétrole de Rypne provient des couches ménilitiques 
enveloppées en faux anticlinal. Les grès pétrolifères intercalés 
dans les schistes noirs se trouvent à différents horizons qui ne 
peuvent guère être parallélisés régionalement. Il est possible, 
mais non visible, que les horizons supérieurs montent vers le 
SE jusqu'à la surface. 

Le pétrole cru est noir-verdâtre et d'une densité de 0.89. 

Parmi les puits on distingue le vieux groupe à l'Est du Rypne- 
Potok, avec le puits abandonné « Hannibal 17 » de 28 ans, et le 

1 M. le Prof. D r C. Schmidt de Bâle, qui avait visité quelques semaines 
après moi cet endroit est arrivé à la même conclusion. 



230 OBSERVATIONS SUR LA REGION PETROLIFERE DE RYPNE 



puits profond « Edouard » qui était pompé à 1050 m, «Johann » 
qui date de 18 ans est encore pompé chaque jour à main et 
fournit un wagon par mois; le dernier est le seul puits du côté 
Est encore productif. 

Le groupe nouveau se trouve à l'ouest du vallon, où les tra- 
vaux de forage avancent encore rapidement. Les meilleurs 
résultats ont été obtenus à des profondeurs de 600 à 800 m, 
comme par exemple « Wladislaw N° 3 » qui, à l'aide d'éruptions 
périodiques, pompe encore 2 tonnes par jour. Le puits le plus 
profond « Bela » a traversé le plan de charriage à 550 m et pro- 
duisait à 600 et 689 m ; puis on l'a approfondi à 903 m où se 
fait actuellement le pompage sans que le niveau de l'eau soit 
atteint (pl. II, pr. 4). 

En été 1918 la production totale de 7 puits était d'une 
dizaine de tonnes par jour. On travaillait au vallon voisin de 
Homotôwka et on avait obtenu quelques résultats encourageants 
dans la prolongation NW à la Duba, où les horizons productifs, 
conformément à l'affaissement axial, sont déjà plus profonds 
(pl. II, pr. 3). Un forage récemment commencé sur l'axe anticli- 
nal à Lopianka montrera si les horizons de la couverture nor- 
male ménilitique y sont productifs. Il ne sera guère possible 
d'atteindre le faux anticlinal ménilitique, si même cet envelop- 
pement là existe encore en profondeur. 



Arch. des Se. ph. et nat., mai-juin 1919. 



PI I. 




ESQUISSE TECTONIQUE DE L'ANTICLINAL 

SPAS-RYPNE 

TGalicie-Est) 
I : I 00 000 
levé sur le terrain et dessiné 

PAR 

ARNOLD HEIM 
1018 



820 



RTnTI c Argile salifere et couches de 

t"'- y-! DobrotÔW (Miocène et Oli- 
- gocène sup.) 

M Série ménilitique, Oligocène 

inf (L — Couches de Lopianka) 
E Eocène. 



Couches de Ropianka. Cré- 
tacique. 



Anticlinaux. 

< — Plongement axial. 
Synclinaux 

Limite normale des forma 

tions 
Plan de charriage. 
Forages productifs. 

° Forages abandonnés ou corn' 
mencés 




Arch. des Se. ph. et nat., ma 



sw 

0 



Vont 

J/emka 



Czeczu/a 



5-io* 




C 



Pr.2 Czeczwa 



• Crétacique. 

2 Eocène. 

a) Marnes rouges. 

b) Couches de Ma|dan. 
t) Orès vert ei conglo- 
mérat 

d e) Marnes bleues et en 
plaquettes 

3 Oligocène inférieur (sé- 

rie ménilitique). 

a) Groupe du silex. 

t>) Schistes b<tumlneux 
et grès. p p. pétro- 
lières 

t) Couches grises de Lo- 
pianka 

d) Schistes ménll sup 

4-5. Oligocène sup et Mio- 
cène. 



Leco 

520 



Rypne 1 



Pr.4 




3 




Profils de "l'Anticlinal de Spas-Rvpne, 1 : 35,000 
levés et dessinés par Arnold Heim, 1918. 



Arch. des Se. ph. et nat., 



NW 

Lopîanka 




Arch. des Se. ph. et nat., mai-juin 1919. 



Pl. 111. 



NE 

Rypnfc-- Kypne 



Puits Homotôwka 



sw 

HomotowK.a 
7J5 




Profil spécial de Rypne-Homotôwka 1 : 15.000. 



Duba Kypne &J 



SE 

Radowa Perehmsko 




ow toch1hone 



Fig. 2. — Profil longitudinal suivant l'axe de l'anticlinal de Spas-Rypne, 1 : tOO.000 
2. Eocène ; 3. Série ménilitique (Oligocène inf.) ; a. Silex ; * Grès pétrolifère ; 4-5. Oligocène sup. et Miocène. 



SW 



Lecôwka Rypne Perehmsko Sliwki fliebylow 



Majda 



NE 

Kj-Q.snu 











" Nappe. ''de Rypne', 


• S Nappede Bi'Kow 










/fty ... 











Fin. 



Schéma tectonique des environs de Perehinsko. Galicie, 1 : 125000. 
1. Couches de Ropianka (Crétacique). 2. Eocène. 
3. Série ménilitique (Oligocène inf'.). 4. Couches de Dobrotôw (olig. sup.). 
5. Argile saliféro, Miocène. 



COMPTE RENDU DE LA SÉANCE 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 

tenue à Berthoud (Burgdorf) le 10 mai 1919. 

Président: M. le Prof.-D 1 ' P. Gruner (Berne). 
Secrétaire : M. le D r Ed. Guillaume (Berne). 



Partie administrative. — A ug. Hagenbach. Une nouvelle répartition de raies dans 
le spectre du fer. — H. Zickendraht. 1. Recherches à l'ondemétre ; 2. Sur la 
théorie des circuits détecteurs de rondemètre. — P. Gruner. Sur la théorie 
des colorations crépusculaires. — R. Bar. Sur une méthode pour déterminer 
la densité de particules ultramicroscopiques. — Paul Epstein. Sur la cohérence 
des lignes spectrales du point de vue de la théorie des quanta. — Franz 
Tank. Sur l'atome d'hélium selon la théorie de Rohr. — F. Biirki. Sur une 
relation entre la loi de Dulong et Petit et le système périodique des éléments. 

— Edgar Meyer. Influence des impuretés sur le potentiel explosif dans l'air. 

— Albert Perrier. Sur la transformation directe de la chaleur en énergie élec- 
trique par d'autres voies que les couples thermo-électriques ; les limites de 
rendement de cycles pyroinductifs et pyroélectriques. — Edouard Guillaume. 
Sur la théorie de la relativité. — Alex Millier. Recherches sur les spectres 
des rayons X (le spectre continu du carbone). 

Partie administrative. — M. le prof. P. Gruner, président, ouvre 
la séance à 10 i / i heures. Sur la proposition de M. le D r Guillaume. 
secrétaire-trésorier, l'assemblée modifie le paragraphe III, alinéa 3, des 
statuts, en portant à fr. 3. — la cotisation annuelle, et à fr. 40. — la 
cotisation unique de membre à vie. 

Il est procédé à l'élection de six nouveaux membres. 

Aug. Hagenbach (Baie). — Une nouvelle répartition de raies 
dans le spectre du fer. 

Ayant pris avec du verre optique un spectropliotogramme d'un arc 
entre électrodes de zinc contenant du fer comme impureté, l'auteur 
constata un groupe de lignes du fer dans le voisinage de 500 p/i, qui 
frappait par sa régularité. Des recherches plus précises sur ce groupe 
conduisirent aux résultats suivants : 

Si l'on dessine le spectre en fonction des fréquences au lieu des 



232 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



longueurs d'onde, on trouve deux ensembles de lignes formant des 
séries qui sont ordonnées de la même façon mais sont disposées symé- 
triquement à partir d'un certain endroit du spectre. Autrement dit, 
si l'on rabat la partie gauche du spectre en fonction des fréquences, 
autour de cet endroit, on recouvre exactement la partie droite. L'un 
des côtés est ainsi l'image de l'autre. 

Les lignes situées vers l'intérieur, à l'exception de la première, sont, 
des deux côtés, des doublets avec la même intensité à peu près pour 
les deux composantes. Comme on le voit sur le tablean 1, l'auteur a 
effectué le calcul avec la valeur moyenne des doublets. La disposition 

i 



2Ô5 

2Q0 

j 

195. 

190 

185 

tfii L '• i : : : 

: n 2* 3 <F ~ -5" 6" 7 8 9 

Fig. 1. 





symétrique se constate le plus facilement en déterminant l'axe de 
symétrie pour chaque paire de lignes correspondantes (ligne et son 
image), et en comparant à chaque valeur particulière, la moyenne 
arithmétique de toutes les valeurs à l'aide de la valeur probable. 

Dans le tableau 1, on trouve : dans la première rubrique, la numé- 
rotation (numéro d'ordre) des lignes; dans la seconde, les doublets; 
dans la troisième, les longueurs d'onde d'une série, utilisées pour le 
calcul ; dans la cinquième, les intensités d'après Kayser {Handbuch 
der Spektroscopie, t. 6); dans la sixième, les intensités évaluées par 
l'auteur sur le spectrophotogramme. Les rubriques 7, 8, 9 et 10 con- 
tiennent les nombres correspondants des raies de la partie droite. 

Une comparaison complète des estimations des intensités indiquées 
dans les diverses publications sur le spectre du fer, montre que les 
intensités apparaissent de grandeurs très différentes, vraisemblable- 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



283 



ment selon les temps de pose. Des lignes faibles rattrapent des lignes 
plus fortes avec des expositions plus longues, parce que le noircisse- 
ment atteint une limite. 

Dans le tableau, on a indiqué les fréquences sous v e et v r , ainsi que 

v H- v 

l'axe de symétrie ^ — - . La moyenne a été calculée avec les lignes 

comprises entre 2 et 9 ; les deux lignes portant le numéro 1 n'ont pas 
été utilisées, parce qu'elles n'ont été trouvées qu'à l'aide de la cons- 
truction graphique. L'emploi des erreurs ô et ô i donne pour l'erreur 
probable zfc 5,7, c'est-à-dire 0,15. U. A. 

Dans ce groupe de lignes s'en emboîte un second, que l'on a pu 
trouver en faisant systématiquement des photogrammes avec des temps 
de pose différents. 

Le tableau 2 contient ce groupe avec des désignations analogues. 
L'axe de symétrie se trouve à une distance de 2,45 U. A. de celui de 
l'autre groupe. L'exactitude de la loi est la même. Les lignes 8 et 9 
du coté gauche n'ont pas été trouvées, peut-être parce qu'elles sont 
trop faiblement lumineuses. La marche de l'intensité dans ce groupe 
a une allure différente ; les intensités maxima se trouvent au milieu 
des deux branches, aux numéros d'ordre 4 et 5, tandis que l'intensité 
maxima du premier groupe se trouve en 2 et 3. 

La figure 1 représente la loi graphiquement ; les fréquences sont 
portées en ordonnées et les numéros d'ordre en abcisses. Les courbes 
sur lesquelles se trouvent les points possèdent une courbure comprise 
entre celles de la parabole et de la chaînette. Les parties gauches 
des courbes sont très voisines de paraboles. A l'aide des points 2, 3 
et 4 du premier groupe, considéré comme parabole, on a calculé les 
valeurs pour le numéro d'ordre 1, et l'on a déterminé des valeurs qui 
ont été trouvées dans la table des longueurs d'onde de Kayser, et qui 
sont indiquées dans le tableau. 

On ne peut savoir encore avec-quelque certitude si l'on a affaire à 
des séries au sens habituel et où l'on devrait poser le numéro d'ordre 
égal à l'infini pour obtenir la fin de la série, ou bien s'il ne s'agit pas 
d'un nombre fini de lignes. L'auteur penche pour la seconde hypo- 
thèse. Ce qui parle en faveur de cette dernière, c'est l'aspect d'un 
troisième groupe, dont il est encore question plus bas. 

La répartition décrite ici est tout particulièrement digne de remar- 
que, parce que c'est la première fois que l'on découvre des combi- 
naisons de séries distribuées des deux côtés du spectre. 

Que les lignes envisagées doivent avoir une certaine relation, c'est 
ce qui ressort des travaux de Gale et Adams 1 d'une part, et de Kin<; 8 

1 Gale, G. et Adams, W. S., Astroph. Journ. 35, p. 10, 1005. 

2 King, A. -S., Astroph. Journ. 41, p. 373, 1915. 

AncuiVKS, Vol. I. — Mai-Juin 1919. 16 



234 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



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SOCIÉTÉ SUISSE DE .PHYSIQUE 



235 



d'autre part, dans lesquels des lignes ont été groupées selon l'étincelle 
et la pression d'une façon correspondant à leurs élargissemonts (Asy- 
métriques. Une comparaison avec les groupes envisagés ici montro 
que les lignes de la branche gauche présentent une même allure, et 
qu'il en est ainsi également de la branche droite. Il faut renoncer ici 
à entrer dans les détails. 

Ces jours derniers l'auteur est parvenu à mettre en évidence un 
troisième et quatrième groupes de lignes fortes dans le spectre du fer, 
entre 360 et 377 ; ces groupes présentent les mêmes régularités. 
Ici aussi l'exactitude n'est pas absolue, mais elle est également bonne. 
On ne peut reproduire dans cette note les nombres trouvés. 

En terminant, l'auteur exprime encore ses remerciements à 
M. Schumacher, pour l'aide précieuse qu'il a apporté dans l'établis- 
sement des calculs. 

Tableau II. 





Il 


me Groupe 














» 


\ ' 


suivant 








v _ 


v e + v r 


8 








Fabry 
Perot 








r 


•2 






I. 


5068,79 


5 


3 


5198,72 


3 


197285 


192355 


194820 


0 


0 


2. 


4994,14 


3 


4 


5281,81 


5 


200235 


189329 


194782 


38 


1444 


3. 


4938,83 


4 




5341,03 


5 


202477 


187230 


194853 


33 


1089 


4. 


4903,325 


5 


5 


5383,38 


6 a 


203943 


185757 


194850 


30 


900 


5. 


4878,225 


4 


6 


5415,19 


6« 


204992 


184666 


194829 


9 


81 


6. 


4863,66 


1 


2 


5434,527 


5 


205606 


187009 


194807 


13 


169 


7. 
8. 


'4855,69 


1 


2 


5445,04 
5456,48 


5« 
1 


205944 


189653 
183268 


194799 


21 


441 


9. 








5464,29 


2 




183006 




















Moyenne v' = 


194820 


Xo 2 


= 4124 



w=±2 /V^= ±6 ' 6 

x «. = = 5132 > 943 x »>' = îôïkë = 5132 ' 769 

C-C = °.«4V.A. 
Les deux axes de symétrie sont éloignés l'un de l'autre de : 
5135,395 — 5132,942 = 2,453 U. A. 

H. Zickendraht (Baie). — 1, Recherches à Vondcmètre. 
L'auteur a décrit il y a un an, à Neuchâtel, un ondemètre construit 
par lui pour la maison Klingelfuss & 0 :c , à Baie ; cet appareil corn- 



236 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



portait deux champs de mesure : l'un de de 300 à 800 m et l'autre 
de 800 à 2500 m 1 . D'autres études effectuées sur cet instrument et 
des comparaisons avec un grand ondemètre de la Telefunhen ont trait 
aux désaccordements du circuit de mesure produits par les appareils 
auxiliaires interposés. Ces auxiliaires étaient soit des indicateurs : 
lampe à incandescence, tubes à vide, instruments à fils chauffés, 
détecteur et téléphone ; soit des générateurs : Summer (buzzer) avec 
élément. Tous désaccordent le circuit d'une façon sensible, de sorte 
que pour tous les circuits oscillants employés comme ondemètres, il 
faut poser en principe que les appareils auxiliaires utilisés doivent 
être étalonnés chacun séparément. Un accroissement de l'onde propre 
du circuit se produisit avec le détecteur et le téléphone (de 2,5 jus- 
qu'à -J 8,3 °/ 0 ), avec le Summer et l'élément (-\- 0.9 jusqu'à 4,8 °/ 0 ), 

et avec le tube à vide (environ 1 °/ 0 ). Une diminution de l'onde propre 
se manifesta avec l'emploi de la lampe à incandescence (froide de 
3 °/ () ; incandescente, d'environ 0,3 °/ 0 ) ; avec l'emploi de l'instrument 
à fil chauffé (d'environ 0,3 °/ 0 ). Enfin, on a déterminé les capacités 
qui s'ajoutent au condensateur de mesure ensuite de l'emploi des ap- 
pareils auxiliaires. Les valeurs sont comprises entre 5 et 40 cm. 

2. Sur la Théorie des circuits détecteurs de V ondemètre. 

Supposons qu'on ait appliqué aux pôles d'un circuit de mesure 
une soupape oscillante — détecteur — ayant une caractéristique 
asymétrique donnée 2 . Si l'on suppose que cette dernière, établie avec 
du continu très faible (de 1 à 6 . 10- (; amp.), se maintient aux hautes 
fréquences, la forme de la courbe d'un courant alternatif constant 
pouvant traverser la soupape sera déterminée. L'analyse harmonique 
de Fourier d'une semblable courbe de courant montre alors à côté 
d'une série d'ondes partielles, une composante continue, qui est seule 
déterminante pour les indications de l'instrument de mesure dans le 
circuit auxiliaire. La grandeur de cette composante continue a été 
mesurée dans un cas spécial et s'élève à 22 . 10 -7 amp. dans les condi- 
tions de la réception radiotélégraphique faible. L'amplitude maxima 
de la tension au condensateur de l'ondemètre se monte à 0,4 volt. 

Enfin, l'auteur indique encore la Théorie de la diminution de l'onde 
propre du circuit de mesure par une lampe à incandescence ou un 
instrument à fil chauffé, diminution signalée dans la première des 
communications précitées. Une relation valable pour le transforma- 
teur sans noyau de fer permet de calculer à l'avance les désaccorde- 
ments y relatifs. Pour les détails, voir le mémoire qui paraîtra 
prochainement 3 . 

1 Arch. (4), 46, p. 41, 1918. 

2 Arch. (4), 37, p. 25, 1914. 

3 Verhandlungcn der Basler Naturforsch. Gesell., T. XXXI, 1920. 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



237 



P. Gruner (Berne). — Sur la tliéorie des colorations crépusculaires. 

L'auteur cherche en premier lieu à donner une expression générale 
de l'intensité de l'illumination de l'atmosphère pour une distance zéni- 
thale du soleil quelconque et pour toutes les directions des rayons 
visuels. On établit cette expression en considérant l'atmosphère ter- 
restre comme un milieu optique trouble, dont les particules exercent 
une influence de diffusion optique d'après une loi indéterminée. 

Afin d'appliquer ces formules à une atmosphère absolument pure, 
il suffit de calculer la diffusion optique, des molécules elles-mêmes, 
s'effectuant d'après la loi bien connue de Rayleigh. En faisant des 
hypothèses un peu spéciales sur la structure de l'atmosphère pure, 
l'auteur parvient à déterminer en particulier l'illumination atmosphé- 
rique après le coucher du soleil. Ces calculs faits obligeamment par 
M. Heinrich Kleinert pour la lumière rouge (650 f.*^) et verte 
(550 fifi\ démontrent en effet que l'atmosphère pure doit présenter 
après le coucher du soleil des colorations rouges qui correspondent, 
au moins qualitativement, aux colorations crépusculaires au-dessus 
de l'horizon, à l'est et à l'ouest. 

Mais l'apparition de la lumière pourprée exige nécessairement une 
cause superposée à l'effet de l'atmosphère pure. Il nous semblait inté- 
ressant de démontrer qu'ici aussi la seule loi de Rayleigh était suffi- 
sante pour produire une pareille illumination, sans recourir, comme 
le fait la théorie classique, à un effet de réfraction. Notre théorie 
montre effectivement qu'il y a un phénomène du genre de la lumière 
pourprée lorsqu'on admet simplement une couche troublée dans 
l'atmosphère. 

R. Bar (Zurich). — Sur une méthode pour déterminer la densité 
de particules idtramicroscopiques. 

On sait que Millikan et Ehrenhaft utilisent dans leurs détermina- 
tions de la charge électrique de particules ultramicroscopiques la loi 
de frottement de Stokes-Cunningham ; 

X = Gn*av(l + — Y"' , 

V a pJ 

où X est la force agissant sur la particule supposée sphérique, a le 
rayon de celle-ci, le coefficient de frottement intérieur du gaz, v la 
vitesse, p la pression du gaz en mm Hg, et B une constante numé- 
rique. Pour savoir si la relation entre la vitesse et la pression résul- 
tant de cette loi est véritablement exacte, on a commencé par mesurer 
la vitesse de chute d'une particule dans un condensateur de Millikan 
à la pression atmosphérique; puis, suivant une méthode indiquée par 



238 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



Meyer et Gerlach 1 , on a retiré avec précaution l'air du condensateur, 
de façon que la particule reste constamment dans le champ de la 
lunette, et l'on a ainsi déterminé la vitesse de chute de la particule à 
différentes pressions. On a effectivement trouvé, pour des particules 
de Pt, Au, Ag et Al pulvérisés électriquement dans l'air atmosphé- 
rique, la relation linéaire exigée par la loi entre la vitesse et V inverse 
de la pression. 

La loi de Stokes-Cunninghani étant ainsi reconnue exacte, on peut 
déterminer le rayon d'une particule de densité inconnue, et, de là, la 
densité même de cette particule, en procédant comme suit. Soient 
p i = 1 : q i et p 2 — 1 : g 2 , deux pressions pour lesquelles les vitesses 
de chute sont v x et on a: 

/ B X- 1 / B X- 1 

X = fc\xa\\ ( 1 + — <7, j — 6;:;j.at' 2 ( 1 -|- -- r/ 2 j 

ou : 

: e 2 = (a + Bq t ) : (a -f Bq 2 ) , 

donc : 

V \ — V % 

La densité g de la particule résulte alors de : 

v 4 3 9 1 

X = T xa*,g. q = -^- fll + gBg 

Si l'on prend pour B les valeurs de Millikan ou d'Ehrenhaft, on 
trouve les résultats suivants : les particules provenant d'un seul et 
même métal ont toutes des densités différentes, et, en général, des 
densités très inférieures à celle du métal lui-même. En particulier, les 
particules de Pt présentaient des densités descendant jusqu'à 0,6. Ces 
faibles densités ne sont propablement qu'apparentes pour les métaux 
nobles et proviennent soit de ce que les particules ne présentent pas 
une forme sphérique, soit de ce qu'elles possèdent une structure 
essentiellement spongieuse. 

Paul Epstein (Zurich). — Sur la cohérence des lignes spectrales 
du point de vue de la théorie des quanta. 

L'émission de lignes spectrales s'effectue, suivant les idées de Niels 
Bohr, pendant le passage d'un électron d'une trajectoire stationnaire 
à une autre. Dernièrement, Bohr et A. Eubinowicz ont essayé indé- 
pendamment l'un de l'autre, de pénétrer plus profondément dans le 
mécanisme même du phénomène. A cet effet, Bohr. procédant d'une 
façon purement phénoménologique, se base sur l'équivalence de l'Elec- 

1 E. Mkyer et W. Gerlach, Elster- und Geitél-Festschrift, p. 196. 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



239 



trodynamique et de la théorie des quanta dans le domaine des grandes 
longueurs d'onde, tandis que Kubinowicz part des principes de la 
conservation de l'énergie et de la quantité de mouvement. Si l'on 
cherche à réunir à la fois les hypothèses de Bohr et de Rubinowicz 
admises simultanément, on tombe sur l'hypothèse simple suivante : 
dans le cas limite des grandes longueurs d'onde, V Mectrodynamique 
reste valable (avec certaines restrictions) dès le début du passage de 
Bohr, et le mouvement de V électron se poursuit avec émission d'énergie 
conformément aux règles, jusqu'à ce que l'énergie afférente à la tra- 
jectoire stationnaire la plus proche soit atteinte. 

Mise en calcul, cette hypothèse conduit aux expressions suivantes 
pour la longueur de cohérence d'un train d'ondes et la largeur des 
lignes, en admettant une résolution complète par un appareil optique 
idéal : 

2 

1 = ^.1 ; AX = — X ; 

avec 

k = 2,27 . 10 9 cm- 1 , 

où x représente la charge du noyau de l'atome hydrogénoïde. (Ces 
expressions sont valables pour les lignes fondamentales d'une série et 
doivent être modifiées d'une façon correspondante pour les autres 
lignes). 

Ces relations qui ne sont rigoureusement valables que pour les 
grandes longueurs d'onde, ont été également étendues, par extrapo- 
lation, aux longueurs d'ondes plus courtes. Dans le champ du spectre 
visible, on obtient pour l un nombre si grand, qu'il n'est nullement 
accessible à l'expérience, et se trouve complètement caché par l'effet 

thermo-cinétique. Par contre, les valeurs de la durée de l'émis- 
l 

sion t = - peuvent être comparées aux nombres observés récem- 
ment par J. Stark : 

Lignes , , . ' , 

° calcule observe 

H a 1.59.10" 8 sec < 2.10- 7 sec 

1.29.10- 8 >» < 2.10- 7 » 
H y 0,58. 10- 7 » 2.10- 7 » 

Hg 9.08.10- 7 »» 4.10- 7 » 

Eu égard à l'incertitude de l'extrapolation théorique aux courtes 
longueurs d'onde, et aux difficultés expérimentales qu'offrent les 
mesures, on ne peut s'attendre qu'à une concordance dans Tordre de 
grandeur seulement. 



240 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



La théorie est susceptible d'un examen plus minutieux dans le 
domaine des fréquences de Rôntgen. 

Franz Tank (Zurich). — Sur Vatome d'hélium selon la théorie de 
Bohr. 

Des considérations générales sur la structure des termes des séries 
spectrales conduisent à l'hypothèse que, lors de l'émission des séries, 
un électron se détache du lien atomique proprement dit et se meut 
en dehors des autres électrons sur une trajectoire stationnaire. Ce mou- 
vement s'effectue dans un champ qui peut être considéré comme un 
champ de Coulomb, modifié par des termes correctifs provenant de 
Faction des électrons intérieurs. Si la disposition de ces électrons est 
radiale-symétrique, ou, tout au moins, s'il est possible de la ramener 
à l'être par une distribution convenable des charges sur. les trajec- 
toires, on peut résoudre le problème des mouvements de 1' « électron 
de série » du point de vue de la théorie des quanta, jusqu'à la seconde 
approximation. 

On se convainct facilement par le calcul qu'on peut donner une 
valeur approchée du potentiel du système « noyau -}- électrons inté- 
rieurs » en un point éloigné, à l'aide de potentiel de deux charges 
E' et E" situées à une distance de 2 c, si l'on choisit celles-ci conve- 
nablement. Le mouvement de 1' « électron de série » est donc appro- 
ximativement un mouvement qui a lieu sous l'action de deux centres 
attractifs fixes ; il peut être traité au moyen de coordonnées ellipti- 
ques suivant la règle de quantification donnée par M. Epstein 1 . 

Dans le cas de l'hélium neutre, il convient de prendre un noyau 
de charge + 2 e ; alors, des deux électrons, l'un est l'électron de série 
détaché, tandis que l'autre se meut sur un cercle correspondant au 
nombre n 0 de quanta. Aux trois directions de l'espace correspondent 
trois nombres » 1? w 2 , n s dans la quantification du mouvement de 
l'électron de série. Pour les énergies, c'est-à-dire h fois un terme de 
série, on obtient par le calcul, en faisant abstraction d'une constante 
additive : 

_ 2-W(E / + E " )* 
/i 2 (// x + n 2 + /? 3 An) 2 

où 

l6rJc 2 m 2 e 2 E'E" ( _ 3 "' \ 
Sn ~ /,> 8 + n 3 )* \ (», + *,)■/ 

m et e sont la masse et la charge de l'électron. En outre, on a : 
E> = E" = + \ 
1 Epstein, P.-S. Ann. de Phys., 50, 489, 1916. 



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241 




r 0 étant le rayon du cercle intérieur. 

Si, maintenant, on fait varier n { en donnant à n 2 , n s et n 0 des 
valeurs fixes, on obtient en divisant par h, le terme de série sous la 
forme de Rydberg. Les résultats quantitatifs pour les nombres de 
quanta les plus simples sont les suivants : 



Tablkau I 
An pour l'Hélium neutre 



«0 


„,/"' 


o 


î 


2 




0 




+ 0,060 


+ 0,0077 




1 


— 0,030 


— 0,00096 






2 


— 0,0038 






2 


0 






+ 0,122 




l 




— 0,015 






2 


— 0,061 







On obtient donc le terme de la série principale de Parhe et de l'hé- 
lium, ainsi que leurs séries de différences, comme le montre la com- 
paraison suivante : 

Tablkau II 











ù 






"o 


"2 


"a 














calculé 


observé 


Parhe 


1 


0 


2 


+ 0,0077 


-f 0,009 


Hélium 


2 


2 


. 0 


— 0,061 


— 0,063 



Il est remarquable que chez Parhe, l'anneau interne est niono- 
quante, alors qu'il est biquante pour l'hélium, ce qui doit être en rela- 
tion avec la structure simple, respectivement la structure en doublet 
des séries de Parhe et de l'hélium. 



F. Bùrki (Berthoud-Berne). — Sur une relation entre la loi de 
Dulong et Petit et le système périodique des éléments A . 

Il y a tantôt un siècle que fut découverte l'importante loi reliant 
les masses atomiques aux chaleurs spécifiques, et qu'on désigne 

1 Cf. les travaux de l'auteur dans les Helv. Chem. Acta, II, 27 (1919) 
et la Schiveiz. Chemiker-Zeitung, 1919, p. 101. 



242 



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aujourd'hui par loi de Dulong et Petit 1 , suivant les noms des savants 
qui Font énoncée les premiers. Selon cette loi, les chaleurs atomiques 
des éléments chimiques sont à peu près toutes les mêmes, à savoir 
6,4 cal. environ. Cette loi a donné lieu à une grande quantité de 
recherches fécondes, parmi lesquelles il faut citer avant tout celles de 
Regnault, Neumann, Joule et Kopp. On reconnut bientôt qu'on n'avait 
pas affaire à une loi rigoureuse, mais simplement à une règle valable 
avec plus ou moins d'exactitude. Regnault, déjà, croyait pouvoir 
attribuer la cause des écarts dans le fait qu'on devait prendre comme 
chaleur spécifique « vraie » non point la chaleur spécifique à pression 
constante, mais celle à volume constant. Or, les deux principes de la 
Thermodynamique nous donnent la relation : 

C p — O ç — — — 

où y est le volume atomique ; a le coefficient de dilatation cubique ; 
x le coefficient de compressibilité et T la température absolue. 

L'auteur a calculé à l'aide de cette formule la différence C p — C t - 
des chaleurs atomiques pour quelques éléments. Il a trouvé que pour 
les éléments d'un même groupe du système périodique, cette différence 
augmente constamment, mais en n'offrant qu'wwe faible variation 
pour les éléments inférieurs, comme le montre le tableau suivant : 





Elémenls 


C P - c . 




Eléments 


C P - c„ 


la 


Li 


0,3 


IV 


Si 


0,26 




Na 


0,5 




Sn 


0,33 




K 


0,6 




Pb 


0,33 


U 


Cu 


0,23 


V 


As 


0,01 




Ag 


0,27 




Sb 


0,07 




Au 


0,27 




Bi 


0,08 


II 


Mg 


0,15 


VI 


S 


0,29 




Zn 


0,34 




Se 


0,32 




Cd (liquide 


» 0,36 


VIII 


Fe 


0,13 




Hg 


0,92 




Ni 


0,25 


III 


Al 


0,26 




Pi 


0,22 




Tl 


0,38 









Edgar Meyer (Zurich). — Influence des impuretés sur le potentiel 
explosif dans l'air. 

Dans un précédent travail (Ami. de Phys., 58, 297, 1919), on a 
montré qu'il fallait prendre des précautions toutes particulières lors- 
qu'on voulait déterminer le potentiel explosif dans l'air. On a constaté, 

1 Ann. de Chim. et de Phys., X, 395, 1819. 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



243 



en effet, qu'il était absolument indispensable d'employer toujours du 
gaz frais pour obtenir des valeurs du potentiel, constantes et suscep- 
tibles d'être retrouvées. On avait alors exprimé l'opinion que le 
potentiel explosif est probablement très sensible aux moindres impu- 
retés. C'est cette hypothèse que l'auteur a examinée, et il a recherché 
l'effet de petites quantités de vapeur d'eau, d'acide carbonique et 
de vapeur de mercure. Le résultat est le suivant. 

Alors que de petites quantités d'acide carbonique (jusqu'à 
0,05 °/ 0 en volume environ) n'agissent pas d'une façon sensible sur 
le potentiel explosif dans l'air, l'influence de faibles quantités de 
vapeur d'eau et de mercure produisent des effets très appréciables. 
On procédait, par exemple, de la manière suivante : on faisait 
le vide dans les appareils qu'on venait d'utiliser, et on laissait 
pénétrer de la vapeur d'eau non saturée à une pression de 5 mmHg; 
puis on introduisait de l'air sec jusqu'à ce que la pression atmosphé- 
rique soit atteinte; alors on refaisait le vide jusqu'à 0,2 mm de Hg 
et on remplissait ensuite avec de l'air sec à la pression désirée 
(3-5 mm Hg). Dans ces conditions, le nouveau potentiel nécessaire 
était de 70 à 80 volts plus élevé que l'ancien, où l'air était parfaite- 
ment sec. 

L'exclusion de vapeurs de mercure (pression de saturation à la 
température ordinaire) donna une augmentation du potentiel de 
30 volts pour une pression du gaz de p — \ mm (longueur de l'étin- 
celle toujours : 4,93 mm). 

De plus, on observa que des électrodes (laiton et Ag) tout fraîche- 
ment travaillées au tour produisaient un potentiel plus élevé (pour 
l'argent et p _= 1,16 mm, jusqu'à 54 volts). Cette élévation avait 
disparu après peu de temps. Seules des recherches plus complètes 
pourront dire s'il s'agit là d'un effet nouveau inconnu de la matière 
de l'électrode. 

Pour les détails, voir le travail complet qui paraîtra ailleurs. 

Albert Perrier (Lausanne). — Sur la transformation directe de la 
chaleur en énergie électrique par d'autres voies que les couples thermo- 
électriques; les limites de rendement de cycles pyroinductifs et pyro- 
électriques. 

Le présent travail est consacré à deux principes différents basés 
respectivement sur les dissymétries magnétique et électrique de la 
matière et à la discussion de leurs possibilités de rendement. 

I. — Considérons un corps cristallin ferromagnétique, c'est-à-dire 
doué à' aimantation spontanée. On sait que cette valeur est une fonc- 
tion bien déterminée de la température, plus précisément qu'elle 
décroît au chauffage jusqu'à disparaître (point de Curie) et que cette 
variation est réversible. En disposant sur un tel corps un enroulement 



244 



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fermé, on réalise un générateur de courant électrique par voie ther- 
mique. En effet, chauffons et refroidissons alternativement : les varia- 
tions périodiques de l'aimantation provoquent dans l'enroulement des 
courants d'induction alternatifs; nous les qualifierons de pyroinduits 1 . 

IL Considérons de même un cristal pyroélectrique : ici, la produc- 
tion de courants alternatifs par oscillations périodiques de température 
est évidente: il suffit de munir les extrémités opposées d'axes polaires 
d'armatures et de les réunir par des conducteurs. 

Les rendements peuvent affecter une infinité de valeurs suivant les 
enroulements ou armatures; j'ai cherché s'ils demeurent nécessaire- 
ment au-dessous de limites inférieures à celles exigées par le principe 
de Carnot, j'ai trouvé : 

III. — Phénomènes pyroinductifs. — Le maximum d'énergie que 
l'on peut tirer par induction d'une variation A<1> de flux a pour valeur 

^~£Ï7~ ' c ' e8 ^"^" (ure Vé ner gi£ électrocinétique de ce circuit pour un flux 

de valeur égale. L représente le coefficient de selfinduction du même 
circuit calculé dans le vide. On démontre cette proposition en compa- 
rant avec un circuit de résistance nulle et de même configuration. 
Appliquant au cas le plus favorable d'un tore, on obtient pour l'ex- 
pression du rendement limite : 

_ (AH) 2 

J — équiv. mécanique ; o = densité ; c =: chaleur spécifique ; 
\t z=z amplitude de 1 oscillation de température. 

IV. - — Phénomènes pyroéltctriques. — L'énergie maximum corres- 
pond ici à une résistance infinie entre les deux armatures. Pour une 
plaque pyroélectrique à deux faces perpendiculaires à un axe polaire, 
on trouve : 

■'' = -j7^- 

p — constante pyroéleclrique ; £ = constante diélectrique 
(relatives à la direction de l'axe). 

Exemples numériques : 

a) Soit du nickel dont on fait osciller la température de 340° à 
360° (disp. du ferromagnétisme; A/ = 20°); on trouve tous calculs 
faits 

1 Par analogie avec la pyroélectricité. Je remarque à ce propos qu'un 
clément cristallin dont l'aimantation spontanée serait apparente constitue- 
rait au premier chef un corps pyromagnétique, c'est-à-dire le correspondant 
magnétique des pyroélectriques. 



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245 



1 = 0.02 7 0 

b) Cristal de tournaline; ±t = 100°, on trouve 
^ = 0,006 % 

Ces deux valeurs sont très petites, mais d'ordres de grandeur assez 
différents; la première est comparable à ce que donnent des couples 
thermoélectriques simples ; dans les mêmes conditions un cycle de 
Carnot donnerait 3,2 °/ 0 . 

Le débit d'énergie est à proportion de la vitesse avec laquelle les 
échanges de chaleur peuvent être effectués ; il serait certainement 
fort petit dans les conditions d'une expérience ordinaire. 

V. — On peut généraliser beaucoup : on transformera en principe 
de la chaleur en énergie électrique (ou électrocinétique) avec tout 
dispositif tel que l'on puisse produire dans des champs magnétiques 
ou électriques des oscillations de température de corps dont respecti- 
vement les perméabilités ou constantes diélectriques sont fonctions de 
la température. Ces conditions ne correspondent toutefois pas exacte- 
ment aux précédentes où les corps actifs agissent seuls (action simul- 
tanée d'un champ pas nécessaire) 1 ; en outre les rendements et débits 
seraient d'ordres encore beaucoup plus petits. 

YL — On notera comme caractères principaux des cycles considé- 
rés : Ils fournissent de l'énergie durant tout\e\\v parcours. Us n'ont ainsi 
pas de correspondants dans les cycles des fluides de la thermodynamique 
classique ; on trouverait des correspondants chez les solides. L'énergie 
libérée n'est pas du tout identique à l'énergie d'aimantation ou de 
polarisation diélectrique. Us sont irréversibles. 

VII. — Modifie niions possibles des rendements. — Au lieu d'un 
corps actif, utilisons une série de corps dont les températures sont 
échelonnées entre celle de la source chaude et celle de la source 
froide, chacun d'eux servant successivement de source froide au pré- 
cédent et de source chaude au suivant. On peut démontrer : 

Que le rendement d'une telle machine (pyroinductive ou pyroélec- 
trique) sera plus grand ou plus petit que celui d'une machine à un 
seul corps actif suivant que l'intensité de polarisation des substances 
utilisées varie plus lentement ou plus vite que la proportionnalité à 
l'oscillation de température. Ce cas limite correspond à un rendement 
proportionnel à l'écart de température. 

Les lois connues de la pyroélectricité excluent donc l'application 
du procédé : au contraire, la variation quasiparabolique de l'aiman- 

1 Les corps ferromagnétiques que l'on peut trouver demandent cependant 
une action extérieure qui peut être très faible si l'on atteint le point de 
Curie. 



246 



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tation spontanée dans la région du point de Curie est particulièrement 
favorable ; il suffirait de s'adresser à des corps (alliages) avec points 
de disparition échelonnés convenablement. 

VIII. — Les difficultés pratiques rendent ce principe à peu près 
irréalisable dans la forme ci-dessus ; on l'adaptera par exemple en se 
servant de corps immobiles et isolés à travers lesquels on fera circuler 
de la chaleur par mouvement alternatif d'un fluide. Cela présenterait 
en particulier le très grand avantage de n'exiger aucune pièce mobile 
dans la machine proprement dite et de pouvoir monter les enroule- 
ments en série dans un seul circuit, les cycles partiels étant parcourus 
simultanément. 

Il ne semble pas absolument impossible d'atteindre un rendement 
comparable à celui d'un cycle de Carnot pour des intervalles de tem- 
pérature appropriés, en faisant appel à un grand nombre de cycles 
intermédiaires ; mais alors la question de la puissance se complique. 

Adjonction au moment de V impression. — Une aimable communi- 
cation de M. C.-E. Guillaume me met en mesure de signaler les anté- 
riorités suivantes qui m'étaient inconnues lors de la séance. M. M. 
Deprez et avant lui M. Nodon 1 ont indiqué la possibilité d'engendrer 
des courants au moyen d'un ferromagnétique chauffé dans un aimant 
en fer à cheval sans cependant calculer les limites de rendement don- 
nées ci-dessus ni aborder les phénomènes symétriques du côté élec- 
trique. M. Edison avait aussi indiqué la même possibilité à propos de 
son moteur pyromagnétique. 

Je me propose de publier un travail plus détaillé sur ces sujets et 
d'autres connexes et je reviendrai sur les conclusions de M. Deprez, 
lesquelles s'appliquent surtout à la transformation de chaleur en éner- 
gie mécanique par voie magnétique. 

Edouard Guillaume (Berne). — Sur la Théorie de la Relativité. 

Ayant montré l'an dernier les résultats auxquels conduit l'intro- 
duction d'un paramètre unique t pour représenter le temps dans la 
Théorie de la relativité 2 , l'auteur se propose maintenant d'examiner 
l'éclaircissement que ce nouveau point de vue apporte à l'ancien, où 
le temps est représenté par autant de variables r, , r a , ... qu'il y a de 
systèmes de référence en présence S, (x i , y x , tfj, S 2 (# 2 , y 2 , # a ), ... 
A cet effet, il s'appuie sur l'axiome suivant, jamais encore contesté : 
Différents temps ne peuvent être simultanés 2 , et va montrer qu'il est 

1 C. R., 125, 1897, p. 511 et Rev. gén. des Sciences, IX, 1898, p. 71. 

2 Arch. (4), 46, p. 281 et suiv., 1918. 

:i Kant, Critique de la raison pure, Esthétique transcendentale. 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



247 



violé par les relativistes. Si l'on tient à conserver ce principe, on sera 
tout naturellement conduit à représenter le temps — continu à une 
dimension — par une droite unique. La difficulté commence sitôt 
que Ton veut exprimer par des nombres des segments de cette droite, 
segments représentant, par définition, des intervalles de temps. On 
doit alors se souvenir que ce n'est qu'en vertu d'un postulat (postulat 
de Cantor-Dedekind) qu'à tout point d'une droite (vecteur), on peut 
faire correspondre un nombre. Par analogie, on énoncera ce nouveau 
postulat : A tout instant, on peut faire correspondre un nombre. Mais 
ces postulats n'indiquent que des possibilités et ne donnent aucun 
moyen pour établir les correspondances, qui restent arbitraires. 
Portons sur une droite OT des segments égaux à un même segment 
AT, de façon à réaliser une certaine échelle temporelle. Désignons 
par T, , T 2 , ... Tt, ... les divisions marquées sur la droite. Toute la 
question est de savoir quel ou quels nombres nous assignerons à la 
marque T;. Si, dans une théorie, le temps est représenté par un seul 
paramètre il n'y aura aucune difficulté: on attribuera à T £ un 
nombre et un seul, et l'on identifiera t avec T. Par contre, dans la 
Théorie de la relativité, on établit une correspondance entre les points 
de deux systèmes S, et S 2 à l'aide de la transformation de Lorentz : 

x x = Pto + a <v 2 ) ; 7i = r» ; *i = h ; <Vi = P( c o T 2 + ^2) - 

où /S 2 = 1 : (1 — a) 2 est une constante et c 0 la vitesse de la lumière 
dans le vide, et nous avons deux paramètres, T i et t 2 , pour repré- 
senter le temps. Il s'offre alors deux possibilités : ou bien r, et r, 
représentent numériquement deux instants (points) différents T i et T 2 , 
ou bien t x et t 2 sont deux nombres distincts afférents à un seul et 
même instant T. Même remarque en ce qui concerne des intervalles 
Aïj et Ar 2 . Cela posé, il faut distinguer deux cas, selon qu'on envi- 
sage la transformation comme transf. ponctuelle ou comme transf. de 
vitesses. 

Dans le premier cas, l'on dit : « A l'indication r l de la montre de 
l'observateur placé en P 1 (x x , y, , z x ) sur S, , correspond l'indication r 2 
de la montre de l'observateur placé en P 2 (# 2 , # 2 , # 2 ) sur S 2 . » Evi- 
demment, il faut entendre par là que i x et r 2 désignent des instants 
différents d'un même temps OT ; autrement dit, les indications t, et 
r 2 , comptées sur la même échelle, ne sont pas supposées simultanées. 
C'est là une assertion toute platonique. Pour le physicien, les indica- 
tions de deux horloges n'ont de relation que si l'on dispose d'un agent 
de communication entre elles; mais alors x x et x. 2 deviennent des 
fonctions du temps et l'on tombe sur le second cas, examiné ci-après. 
Nous sommes donc ici dans l'arbitraire ; en particulier, on peut poser 
à la fois t j = 0, r 2 7^ 0, ou vice versa, sans qu'il en résulte de 



248 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



contradiction. Selon la correspondance choisie, les points se groupent 
différemment à un même instant pour former la configuration d'en- 
semble des systèmes, et ce groupement dépendra du système où l'on 
se place pour regarder l'ensemble. Pour retrouver la « contraction » 
de Lorentz, par exemple, il suffit de définir la simultanéité de la 
façon suivante : pour tout observateur d'un système S/, les points 
P t , P t , ... sont, par convention, envisagés simultanément lorsqu'on 
pose t\ = t" = ... == T. 

Tout autre est la question dans le second cas, lorsqu'on considère 
un phénomène déterminé ; celui-ci se déroule dans le temps, qui 
devient l'unique variable indépendante. Prenons par exemple le phé- 
nomène même de propagation que l'on se donne pour établir la trans- 
formation de Lorentz. Soient u l =c 0 i l et u. 2 = c 0 t^ les chemins 
parcourus dans chacun des systèmes par un ébranlement lumineux 
produit aux origines 0 4 et 0, de ceux-ci au moment où r 1 = t., = 0. 
Cet ébranlement se propage dans chacun des systèmes suivant les 
sphères ; 



Pour tout physicien, les accroissements Aw, et Aw 2 des rayons des 
deux sphères — accroissements qui satisfont à la relation : 



ont nécessairement la même durée l . 

cela ressort encore du fait qu'il n'est pas possible de poser àu i = 0 
sans poser en même temps A% 2 = 0 , car alors on aurait : 



mesures différentes d'un même intervalle de temps AT, contrairement 
à la première possibilité envisagée. 

Or, que font ici les relativistes ? Restant en partie fidèles au premier 
point de vue, ils comparent At, et A* 2 en utilisant la même échelle 

1 En toute rigueur, on ne peut affirmer a priori que A", et A'/ 2 sont 
simultanés. On pourrait imaginer par exemple que Ah, soit La cause phy- 
sique de A" 2 , et que de ce fait, co dernier soit légèrement en retard sur le 
premier tout en ayant même durée. 



2 3 2 2 . 

x \ + y\ + ~i = "i ' 



* a 2 2 

x -4- y + z — u . 

î I 2 1 2 2 



Am, = p (A?/ 2 + aAr 2 ) 




ce qui signifierait que x 2 se meut avec une vitesse , — , plus grande 

I a [ 

que c 0 . Il en résulte donc que et ne peuvent être que des 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



249 



temporelle numérique; mais, pour tenir compte de ce que nous venons 
de voir, ils admettent que les intervalles sont, malgré cela, simul- 
tanés! On arrive donc à cette conclusion que des intervalles de temps 
de grandeurs différentes sont néanmoins simultanés, autrement dit, 
on viole l'axiome que nous avions admis. C. q. f. d. 

Si, comme il est naturel, nous supposons que et — - sont si m- 

plement des mesures différentes d'un même intervalle de temps, nous 
scions conduits à admettre que la « contraction » de Lorentz n'a 
aucune existence, ni réelle ni apparente. Lorsqu'on écrit : 

X — x — (x — x ) Y/ 1 — a 2 , 
i i 1 2 r y ' 

on ne fait qu'assigner deux nombres différents à un seid et même 
segment. Mais, — et ceci est l'essentiel, — s'il en est ainsi, il esl plus 
simple de représenter le temps par un paramètre unique t, et de 
poser : 

Nous tombons alors sur le point de vue que nous avons exposé dans 
le mémoire précité, et la « contraction » s'évanouit automatiquement. 
A ce propos, l'équité exige que nous relevions que Poincaré a été le 
premier à signaler la dualité suivante 1 : maintenir la vitesse de la 
lumière constante et contracter les longueurs ; ou bien maintenir ces 
dernières et faire varier la vitesse lumineuse. Soit une règle de lon- 
gueur d placée sur S. 2 ; mesurons sa longueur parle temps qu'emploie 
la lumière à la parcourir. On obtient 2 : 

- = d j d'où d 1 = ^d=z j^ï^rj ; 

c 2 c x V\ — a 2 c i 

d i est une autre mesure de la même longueur ; on retrouve la formule 
delà «contraction ». L'expérience de Miclielson et Morley possède 
une interprétation corrélative. Supposons que les miroirs sont sur S. 2 , 
et soit d leurs distances réciproques. On a pour les temps de parcours 
des rayons lumineux entre les miroirs : 

— — 2d — At 
f a ~~ c x l/l — a 2 ~ 

Ces temps sont donc bien les mêmes et pour S 2 et pour S, , comme 

1 Science et Méthode, p. 99 et 100. 

2 Voir Arch., loc. cit., p. 303, formule (1), et p. 308 l'expérience de 
Miclielson et Morley. 



Archives, Vol. 1. — Mai-Juin 1919. 



250 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



il est naturel puisqu'il s'agit d'un même phénomène. Mais rien ne 
nous empêche de définir un nombre At, de la façon suivante : 



Ce nombre sera simplement une mesure différente de la même 
durée At. 

Pour terminer, l'auteur dit quelques mots de l'important problème 
de la propagation de l'énergie dans le vide. Il a montré que lorsqu'on 
fait usage du paramètre t, la signification physique de la Théorie 
s'exprime par une aberration généralisée, provenant de l'addition des 
vitesses qui se fait selon la règle d'Einstein. Dans toutes les Géomé- 
tries, euclidiennes ou non-euclidiennes, la composition des vecteurs 
s'effectue suivant un polygone fermé. La règle d'Einstein, par contre, 
conduit à une figure ouverte, d'où aberration. Pour connaître les 
vitesses « vraies », il faudrait trouver des fonctions des vitesses 
« apparentes », qui s'additionnent suivant une figure fermée. On peut 
déjà citer deux possibilités : 1° privilégier un système et lui attribuer 
le repos absolu \ 2° prendre pour vitesses vraies les arguments des 
tangentes hyperboliques représentant les vitesses apparentes. Les 
trajectoires vraies seraient alors les géodésiques de surfaces à cour- 
bure négative. La vitesse vraie de la lumière aurait une valeur limite 
infinie. 

Alex Mùller. — Recherches sur les spectres des rayons X (le 
spectre continu du carbone). 

Le spectre continu des rayons X est encore peu étudié. Cependant 
une loi de grande généralité a déjà été découverte il y a quelques 
années ; c'est l'existence d'une longueur d'onde limite dans le rayon- 
nement émis par un tube à rayons X. 

Admettons que l'on ait une ampoule radiogène, fonctionnant avec 
un potentiel constant Y. La longueur d'onde limite À est alors donnée 
par l'équation bien connue : 



h = constante de Planck ; c = vitesse de la lumière ; e = charge 
de l'électron. 

Cette équation est l'expression de la loi des quanta telle qu'elle se 
présente dans le domaine des rayons X. Elle exprime en outre que 
la longueur d'onde limite ne dépend pas de la matière de l'antica- 
thode. Les recherches exécutées jusqu'à présent ont toujours été 
faites avec des anticathodes de poids atomique relativement élevé. 



A-, = — At =z 



At 



c. 



[/l — a 2 ' 



SOCIÉTÉ SUISSE DE PHYSIQUE 



251 



Yu la grande importance de la loi en question, il y avait donc un 
intérêt de la vérifier pour les poids atomiques bas. Les difficultés 
techniques étant assez grandes, je me suis d'abord limité à des essais 
avec une anticathode de carbone. Le dispositif expérimental était à 
peu près le même que dans les travaux précédents 1 ; la pompe à 
mercure de Gœde servant à faire le vide dans le tube à rayons X a 
dû être remplacée par la pompe moléculaire, le dégagement de gaz 
étant trop grand pour obtenir le vide nécessaire en peu de temps. 

Les résultats sont les suivants. Sur les quatre plaques photogra- 
phiques sur lesquelles les spectres ont été enregistrés, il existe une 
chute de noircissement située vers les courtes longueurs d'ondes. La 
longueur d'onde correspondant à cette chute a pu être évaluée sur 
deux plaques, la limite du noircissement y étant suffisamment nette 
pour être mesurée. Les chiffres donnés ci-après montrent que la lon- 
gueur d'onde en question est, dans les limites d'erreur, à l'endroit où 
elle doit se trouver selon la loi des quanta. 

Temps de pose Kilo-volts X e . V.. _ 

c 

120 m ) 0,41 UA 6,8 • 10" 27 erg. sec 

270 m I 61 r 0,42 7,0 

Ce résultat est intéressant au point de vue de la théorie de la 
transformation de l'énergie des rayons cathodiques en rayons X. Les 
essais faits auparavant avaient montré que, dans les conditions expé- 
rimentales dans lesquelles nous nous trouvions, le spectre continu se 
produit à peu près indépendamment de la matière de l'anticathode. 
Les expériences exécutées avec une anticathode en carbone semblent 
indiquer qu'il en est de même pour les anticathodes de poids atomique 
bas. Il sera cependant encore nécessaire de comparer la répartition 
d'énergie dans le spectre du carbone avec celle d'un corps de poids 
atomique plus élevé. 

1 Mùller, Arch. de mars-avril 1919. 



COMPTE RENDU DES SÉANCES 

DK LA 

SOCIÉTÉ VAUDOISE DES SCIENCES NATURELLES 



Séance du 15 janvier 1919. 

L. Horwitz. L'Age des calcaires à entroqties liasiques dans les Préalpes médianes. 

— Arthur Maillefer. Sur les mouvements hygrométriques de l'ombelle de ca- 
rotte. — Ch. Linder. Sur le fleuron pourpre des ombelles de carottes sauvages. 

— E. Wilczek. Le charbonnier Hygropohorus Marzuolus. — P.-L. Mereanton. 
Le barogramme de janvier 191'.». 

L. Horwitz. — L'âge des calcaires à entroques liasiques dans les 
Préalpes médianes. 

M. H. Schardt se demandait, il y a vingt ans déjà, quel est l'âge 
précis de ces couches, si caractéristiques pour l'unité tectonique en 
question 1 . 

Grâce à la découverte de plusieurs niveaux fossilifères dans mon 
champ d'études (région de Charmey, dans les Alpes fribourgeoises). 
je suis en état de serrer un peu plus le problème. 

J'ai eu l'occasion d'indiquer 2 qu'il y a lieu de distinguer plusieurs 
bandes liasiques dans la région de Charmey. 

Dans la première, la plus extérieure, la situation est claire. Au- 
dessus de quelques mètres de calcaire à entroques se trouve une cou- 
che très fossilifère d'âge lotharingien supérieur (niveau à Arietites 
raricostatum 3 ). Le calcaire siliceux qui vient au-dessus est donc du 

1 Schardt, Stratigraphie du calcaire du Mont Arvel. Bull. Soc. Vaud., 
vol. XXXIV, p. 21-23, 1898. 

2 Horwitz, L. Sur le Lias d5 massif des Brons et de ses annexes (Alpes 
fribourgeoises). Les procès-verbaux, séance du 21 janvier 1914. 

3 Dans un travail précédent sur Quelques résultats d'un levé géologique 
dans les Alpes fribourgeoises. Ext. des comptes rendus de la Soc. des 
Sciences de Varsovie, VI e année, fac. 5, 1913). j'ai attribué faussemetit ce 
niveau à la zone à Oxynoticeras oxynotum... 



SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 



253 



Pliensbachien. Ainsi dans cette bande (massif Arsajoux et ses équi- 
valents), le calcaire à entroques est sûrement du Lotharingien. 

Dans la deuxième bande le calcaire à entroques se trouve au- 
dessous d'un banc fossilifère à Aegoceras biferum : il est donc lotha- 
ringien inférieur et probablement en partie sinémurien. 

Dans la troisième bande (environs de Jaun, Bellegarde), les choses 
se compliquent, Au-dessus d'un complexe très épais de calcaire à en- 
troques, appartenant en entier probablement au Lotharingien, puis- 
qu'on y constate un banc fossilifère à Asteroccras obtusum, viennent 
des couches de calcaire siliceux, surmontées par un complexe supé- 
rieur de calcaire à entroques. Or, vu la ressemblance frappante du 
faciès du calcaire siliceux avec le même calcaire, sûrement pliensba- 
chien, des deux premières bandes, j'ai soupçonné depuis longtemps 
que le calcaire à entroques supérieur appartenait au Lias moyen : soit 
au Pliensbachien, soit même au Domérien. Mais l'argument paléonto- 
logique manquait. 

Or, à part les principales bandes basiques mentionnées, il y en a 
une autre, beaucoup plus courte, intermédiaire entre la seconde et la 
troisième, qui affleure très bien au voisinage immédiat de Char- 
mey, sur la rive gauche de la Jogne, en amont de l'usine électri- 
que. 

En remontant le torrent depuis l'usine, on arrive bientôt aux cou- 
ches du Sinémurien (calcaire à entroques avec intercalations de lits 
de silex) et du Lotharingien (calcaire à entroques), couronnées par 
un banc fossilifère de Lotharingien supérieur (zone à Arietites 
raricostatmn). Bientôt viennent des couches de calcaires s : liceux, 
suivies à leur tour par un complexe de calcaire à entroques supérieur . 
Dans ce dernier, j'ai découvert quelques bancs remplis de Brachio- 
podes. 

On voit que la coupe de la Jogne est très semblable à celle de la 
troisième bande. Dans cette coupe, tout ce qui se trouve en dessus du 
niveau à Arietites raricostatum est sûrement pliensbachien et plus 
récent. Donc, le calcaire à entroques supérieur près de Charmey est 
probablement aussi celui de la coupe près de Bellegarde est pliensba- 
chien ou même domérien. 

Nous pouvons donc conclure : Les calcaires à entroques dans le 
Lias des préalpcs médianes des environs de Charmey (et probable- 
ment ailleurs) caractérisent essentiellement le Lotharingien, mais sou- 
vent ils descendent dans le Sinémurien et montent jusqu au Pliensba- 
chien et peut-être même jusqu'au Domérien. 

Arthur Maillefer. — Sur les mouvements hygrométriques de 
l'ombelle de carotte. 

Ce travail paraîtra dans le Bulletin. 



254 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



Ch. Linder demande aux botanistes des renseignements sur le 
rôle biologique du fleuro?i pourpre, stérile qui occupe souvent le mi- 
lieu des ombelles de carottes sauvages. 

Il a fait quelques statistiques concernant la fréquence des ombelles 
avec ou sans fleuron pourpre, ainsi que l'attraction que ce fleuron 
pourrait exercer sur les insectes ; il donne ces chiffres à seule fin 
d'amorcer une étude plus complète. 

15 août 1909. Pied du Pilate. 10 a m. Coteau ensoleillé. Pendant 
une demi-heure, quatre insectes visitent une ombelle à fleuron pour- 
pre. Pendant la demi-heure suivante sept insectes visitent la même 
ombelle dont le fleuron a été enlevé. 

18 août 1909. Pré au bord de l'Aa. 10 7 2 a m - Nuageux. 

a) De deux ombelles, distantes de 10 cm, celle avec fleuron pour- 
pre est visitée par 8 insectes, celle sans fleuron pourpre par 11 
insectes, toutes deux dans l'espace de la même demi-heure. Plusieurs 
fois, le même insecte visite les deux ombelles successivement, le plus 
souvent la blanche avant celle piquée de rouge ; 

b) Le fleuron pourpre ayant été coupé, puis planté sur l'ombelle 
jusqu'ici unicolore, 6 insectes visitent l'ombelle devenue blanche par 
amputation, 13 celle piquée artificiellement du fleuron pourpre, toutes 
deux dans le même quart d'heure. 

Fréquence relative des ombelles. 

avec sans 
fleuron pourpre 

16 août 1909 près d Alpnach 11 19 

18 août 1909 près de l'Aa . 23 27 

14 août 1910 près de Coire 50 23 

E. Wilczek annonce que le charbonnier (Hygropohorus M.arzuolus) 
a été récolté le 14 janvier 1919 dans les bois de Bussigny. 

P.-L. Mercanton présente le barogramme de la baisse barométri- 
que de janvier 1919 ; il fait circuler une canne de justicier neuchâ- 
telois ayant un cadran solaire dans le pommeau ; cette canne lui a été 
donnée par M. Jules Courvoisier. 

Séance du 29 janvier 1919. 

F. de Loys. Lambeanx de Flyseh exotique dans le massif des Dents du Midi. — 
M. Duboux et L. Parchet. Sur la microanalyse du sang. — Maurice Lugeoo. 
Lambeau de recouvrement du sommet des Diablerets. 

F. de Loys. — Des lambeaux de Flyseh exotique dans le massif 
des Dents du Midi. 

On sait que le grand pli couché des Dents du Midi, front de la 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



255 



nappe de Mordes, repose par l'entremise d'une lame de granit écrasé 
sur un simple coussin de Flysch autochtone. En réalité ce Flysch, (jiii 
devait autrefois s'étendre sur le socle hercynien des Aiguilles rouges, 
a été arraché de son substratum, entraîné vers le nord par la nappe, 
et replié en un vaste et multiple synclinal. Il n'est donc strictement 
autochtone que dans sa partie septentrionale, où stratigraphiquement 
le recouvre la molasse rouge du Yal d'Illiez, sur laquelle viennent 
s'empiler les nappes préalpines. 

Au nord des Dents du Midi, la masse synclinale du Flysch est pro- 
fondément érodée par les affluents de la Yièze, qui laissent entre eux 
des arêtes dentelées. C'est sur deux de ces arêtes, à la Dent de Yalère 
et au sommet qui domine Soix, que sont conservés des lambeaux de 
Flysch exotique. 

Les grès et menus conglomérats qui en forment la base tranchent 
sur les couches plus schisteuses du Flysch autochtone, tandis qu'à leur 
partie supérieure reprend l'alternance de marnes feuilletées et de 
grès en plaquettes. 

Ces lambeaux de recouvrement reposent en discordance angulaire, 
par un plan de chariage bien caractérisé, sur les replis du Flysch 
autochtone. Le contraste entre les deux unités est accentué encore 
par la présence de nombreuses nummulites dans les grès et conglo- 
mérats des masses exotiques. 

La présence de nummulites permet de rattacher avec certitude ces 
lambeaux à la nappe inférieure des Préalpes, dont M. Lugeon a de- 
puis longtemps signalé les ultimes écailles triasiques, jurassiques et 
crétacées dans les rochers du Culet et de Savonnaz, à l'ouest de Chani- 
péry. Il est intéressant d'en trouver des débris en liaison immédiate 
avec un pli des Hautes Alpes calcaires, en ce point où elles sont 
réduites à la seule nappe de Mordes, dont l'action encapuchonnante 
ne semblait pas s'être manifestée ici. 

La découverte de ces lambeaux permet aussi de préciser la limite 
méridionale de la mer molassique oligocène ; on pouvait supposer, en 
effet, que cette molasse, repliée en double synclinal avec le Flysch 
entre Troistorrents et Massongex, se prolongeait autrefois dans les 
terrains enlevés par l'érosion de la Yièze, jusque peut-être au-dessous 
de la nappe de Mordes. Le fait qu'on ne trouve pas la moindre 
trace de molasse entre le Flysch exotique et le Flysch autochtone 
montre bien qu'elle ne s'est pas étendue vers le sud. au-delà de la 
Dent de Valère, On ne connaît, en effet, aucun témoin d'action érosive 
qui eût pu la faire disparaître avant le recouvrement des nappes 
préalpines. 

M. Duboux et L. Parchrt. — Sur la microanalyse du sang. 

M. L. Parchet expose les progrès réalisés par la chimie dans le 



256 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



domaine de l'hémologie et fait ressortir l'importance des analyses de 
sang en clinique, qui n'est reconnue que depuis peu d'années. Le pro- 
blème est très difficile : le plasma sanguin charie un grand nombre 
de composés qui s'y trouvent pour la plupart à des concentrations assez 
faibles ; c'est pourquoi les anciennes méthodes de dosage portaient 
généralement sur 50-400 ce de sang, quantité qu'on ne pouvait obte- 
nir pour ainsi dire qu'accidentellement. Les renseignements fournis 
étaient incomplets et ne présentaient qu'un intérêt purement docu- 
mentaire, puisque isolés. 

Le clinicien a aujourd'hui à sa disposition des méthodes de dosage 
s'appliquant à des quantités minimes de sang (quelques gouttes à 
quelques cm 3 ) et appelées pour cette raison « microméthodes ». 
Celles-ci lui permettent d'étudier les oscillations quantitatives que subit 
le composé chimique qui l'intéresse et l'analyse peut être répétée aussi 
souvent que cela lui paraît indiqué. 

Pour faire ressortir la valeur de ces microméthodes mentionnons, 
à titre d'exemple, l'importance qu'à prise le dosage de l'urée dans 
les néphrites, suivant la méthode adoptée d'abord par Widal. — Le 
pronostic de durée du mal de Bright ne peut être établi que par le 
dosage de l'urée dans le sang (Pasteur Valléry-Radot). Un autre 
exemple est celui du dosage de glucose dans le sang qui prend toute 
sa valeur lorsque le sucre a disparu de l'urine. La recherche du sucre 
dans celle-ci ne pourra plus renseigner le médecin sur l'évolution du 
diabète et seule la teneur du sang en glucose lui fournira des indica- 
tions utiles. Même cas dans certaines névralgies dont la cause pre- 
mière serait l'hyperglycémie. Signalons en passant la maladie bronzée 
d'Addison, où le dosage du sucre dans le sang pourrait devenir, peut- 
être, un des éléments du diagnostic différentiel. 

Le Service de chimie de l'hôpital, qui existe depuis deux ans à Lau- 
sanne, a non seulement utilisé et perfectionné les « microméthodes » 
déjà existantes, il a en outre élaboré un certain nombre de dosages 
nouveaux : ceux de potasse, chaux, phosphate, chlorure, glucose, 
albumines, urée, graisses, etc. La plupart de ces dosages s'effectuent 
par volumétrie physico-chimique, dont le principe est dû à MM. Du- 
toit et Duboux. 

M. Parchet expose ensuite les recherches qu'il a effectuées en col- 
laboration avec M. Duboux sur l'application de cette nouvelle 
méthode à la détermination des acides faibles du sang. Les auteurs 
ont établi un dosage de l'acide lactique par conductibilité électrique. 
Ce dosage consiste, en principe, à éliminer les albumines, graisses, 
phosphates, etc., et à déterminer l'acide lactique au moyen dîme 
« courbe de déplacement ». L'avantage de ce nouveau procédé est 
qu'il peut être effectué sur 10-20 ce, alors que les anciennes méthodes 
exigeaient 200-300 ce. 



SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 



257 



Maurice Lugeon. — Sur le lambeau de recouvrement du sommet 
des Diablerets. 

On sait que la nappe des Diablerets est recouverte par la nappe 
du Wildliorn. Celle-ci, sur le versant nord du Creux-de-Champ, forme 
un pli plongeant plus ou moins complexe, mais qui possède toujours 
son flanc renversé urgonien, parfois aminci jusqu'à l'extrême. 

Par le fait du faible plongement axial de la nappe des Diablerets, 
plongement légèrement plus accentué que l'arête de la montagne, le 
flanc renversé de la nappe du Wildliorn occupe presque toute l'arête 
là où, sous la neige, la roche est visible. 

En s'approchant du sommet, ce flanc renversé, jusqu'alors continu, 
se morcelle ; il forme tout d'abord un petit lambeau isolé d'Urgonien, 
dit la « Tour Ruinée » en repos direct sur les schistes nummulitiqu.es. 

Enfin, le sommet rocheux lui-même des Diablerets (3213 m) est 
constitué par un dernier lambeau d'Urgonien, reposant sur les mêmes 
schistes. 

Le sommet neigeux (3222 m) distant d'environ 200 mètres du som- 
met rocheux appartient à la nappe du Wildliorn. C'est sur ce lam- 
beau de recouvrement que repose le totalisateur installé par M. le pro- 
fesseur Mercanton. 

De la Yallée des Ormonts, le lambeau de recouvrement est, du 
reste, très nettement visible. Nous l'avions deviné : mais l'ascension 
du sommet des Diablerets nous a seule permis de vérifier ce que l'on 
voit de la vallée. 

Il est intéressant de signaler ce reste ultime d'une vaste nappe 
qui jadis devait, de son énorme niasse, recouvrir toutes les Alpes 
vaudoises. 

Séance du 5 février 1919. 

Henri Blanc. Spécimens d'Epongés siliceuses marines. — Paul Pochon. L'abri sous 
roche du Vallon de Vaux. 

Henri Blanc, professeur présente quelques beaux spécimens 
d'Epongés siliceuses marines du groupe des Hexactinellides prove- 
nant des mers du Japon (Baie de Sagami) et acquis récemment pour 
le musée zoologique. Ce sont : Euplectella imperialis, Euplectella 
Oeveori. Semporella Scheelza Hyalonema apertum et Periphragella 
elèdne. 

Paul Pochon fait une conférence accompagnée de projections sur 
Vabri sons roche du Vallon de Vaux. 



258 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 

Séance du 19 février 1919. 



F. Mûrisier. Sur la division nucléaire des cellules à pigment (mélanophores) de la 
peau des poissons. — Lucien Jeanneret. Héliothérapie et pigmentation. — 
Fr. Messerli. Les mensurations corporelles des recrues tuberculeuses. — 
Fr. Messerli. Détermination de la fréquence des vices de réfraction selon les 
professions. 

P. Murisier. — Sur la division nucléaire des cellules à pigment 
(mélanophores) de la peau des poissons. 

Les mélanophores des poissons possèdent en règle générale deux 
noyaux, quelquefois plusieurs. Il persiste un doute sur le mode de 
division du noyau primitif de ces éléments pigmentaires, aucun auteur 
n'y ayant observé des figures de caryocinèse. 

En suivant le développement des tissus pigmentaires chez les 
embryons de la truite (Trutta lacustris L.), j'ai pu constater que tous 
les mélanophores au moment de leur différenciation sont uninucléés et 
le restent jusqu'à un certain stade de leur évolution du reste rapide. 
Les premières cellules noires à deux noyaux apparaissent peu de 
jours avant l'éclosion. 

Malgré un abondant matériel, il m'a tout d'abord été impossible d'y 
découvrir des figures de mitose ou d'amitose. Cependant, les noyaux 
néoformés étant toujours strictement égaux, l'idée d'une division 
directe ne s'impose pas. 

Enfin, dans l'hiver de 1916-1917, en examinant de très près un 
grand nombre d'embryons pendant les dix derniers jours précédant 
l'éclosion, j'ai pu observer toutes les figures d'une caryocinèse typique 
dans les mélanophores passant de l'état uninucléé à l'état binucléé. 
La caryodiérèse est suivie d'une cytodiérèse incomplète, les deux cel- 
lules filles restant largement soudées par la région correspondant à 
l'équateur du fuseau de division, région où réapparaît une centro- 
sphère. 

Cette mitose semble s'opérer par crises et très rapidement ; tandis 
que la plupart des individus examinés ne présentent rien, on trouve 
chez quelques-uns, dans un fragment minime de la peau, un nombre 
élevé de mélanophores en division. J'ajoute que le phénomène n'est 
nullement caractéristique de la période embryonnaire ; je l'ai retrouvé 
plus tard chez de jeunes truites d'une longueur de dix centimètres. 

Je n'ai pas eu l'occasion d'étudier la formation des noyaux mul- 
tiples. 

Lucien Jeanneret. — Héliothérapie et pigmentation. 

Ce travail a paru dans la Revue médicale de la Suisse romande. 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



259 



Fr. Messerli. — Les mensurations corporelles des recrues tuber- 
culeuses; la fréquence de la tuberculose chez les étudiants. 

Fr. Messerli. — Détermination de la fréquence des vices de 
réfraction selon les professions. 



Assemblée générale du 5 mars 1919. 

E. Wilczek, Impuretés du cacao. — Paul-L. Mercanton. Les variations des glaciers 
et l'enneigement des Alpes suisses. — Henri Sigg. Le minerai de molybdène de 
la vallée de Baltsehieder (Valais). — E. Wilc/.ek. Institut géobotanique Rûbel. 

E. Wilczek. — Impuretés du cacao. 

La Société des chocolats au lait Peter et Kohler, à Orbe, m'a en- 
voyé en 1917-1918 un certain nombre d'impuretés triées dans des 
cacaos de différentes provenances et consistant en fruits et en graines 
diverses. J'ai réussi à en identifier la plus grande partie. Je me suis 
demandé si ces impuretés ne pourraient pas servir à déterminer la 
provenance d'un cacao donné, comme cela a été fait pour diverses 
graines, auxquelles se trouvaient mêlés des débris de mauvaises herbes. 

Pour le cacao, les fruits, très grands, sont récoltés directement sur 
l'arbre et le mélange des impuretés doit s'opérer dans les fermes à 
cacao ou dans les entrepôts, alors que la marchandise « terrée » se 
trouve amoncelée en grands tas qui voisinent avec des tas d'autres 
fruits ou graines, tels que les arachides, le cola, les fruits du palmier 
à huile, les fèves, etc. 

Il importe de faire remarquer que la détermination de l'origine d'un 
cacao d'après les impuretés qu'il contient se heurte à une difficulté. 
Les plantes utiles des pays tropicaux ont été largement répandues par 
la culture dans toutes les colonies intertropicales. De nombreux pro- 
duits coloniaux ont cependant une provenance parfaitement détermi- 
née. J'attribue une plus grande importance aux impuretés qui n'ont 
pas de valeur commerciale ou qui ne proviennent pas de plantes cul- 
tivées. 

Cette étude mérite d'être continuée; la bibliographie que j'ai pu 
consulter à ce sujet ne m'a fourni aucune indication. Je serai recon- 
naissant aux fabriques de chocolat qui voudront bien m'envoyer les 
impuretés triées dans les cacaos en indiquant la provenance vraie ou 
supposée de ces derniers. 

Paul-L. Mercanton. — Les variations des glaciers et l'enneige- 
ment des Alpes suisses en 1918. 

Le régime de crue qui a débuté en 1913 chez les glaciers des 



260 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



Alpes suisses semble bien avoir atteint un maximum de généralité en 
1916; en 1917 déjà la proportion des appareils en crue avait dimi- 
nué un peu; cette diminution s'est accentuée encore en 1918. Le 
tableau suivant le montre : 



muée». (,rue. . .. „ . 

Rationnement. Décrue. 

1912 45 4 51 

1913 33 8 59 

1914 36.5 10 53.5 

1915 39.5 10.5 50 

1916 63.5 8 28 5 

1917 50 5.5 44.5 

1918 46 5 14 39.5 



La légère diminution du nombre des glaciers en décrue et l'aug- 
mentation correspondante du nombre des stationnaires s'expliquent 
par les conditions de l'été 1918, spécialement défavorables à l'abla- 
tion; un été normal eût sans doute accentué la tendance à la décrue. 

Cette statistique ne saurait signifier que de nouveaux glaciers ne 
se soient pas mis en crue. Ainsi celui de Lôtschen, qui s'est allongé 
de 61 m, chiffre énorme ; celui d'Orny (7 m), celui de Prapioz 
(12 m) et le glacier de Grindelwald-Inférieur. Pour la plupart des 
appareils déjà en crue décidée cependant l'allongement a continué et 
même s'est accentué; tels ceux du Rhône, de Rossboden, de Roseg, 
de Trient, de Saleinaz, du Grindelwald-Supérieur. Ce dernier avan- 
çait même tout récemment de quelque 30 centimètres par jour. 
D'autre part, nos plus grands glaciers, l'Aletsch, le Morteratsch, 
l'Unteraar, le Gorner n'ont pas cessé de décroître. 

Une fois de plus s'affirme l'extrême individualisme des glaciers et 
par là même la nécessité de poursuivre leur contrôle. Les études 
nivométriques inaugurées en Suisse par l'installation en 1902 de 
notre premier nivomètre d'Orny, ont pris maintenant, surtout par 
la collaboration de l'active Commission glaciologique zuricoise dont 
notre collègue M. de Quervain fut le promoteur, un tel développe- 
ment qu'il n'est plus possible d'entrer ici dans le détail des résultats 
obtenus. Le rapporteur se bornera donc à résumer seulement deux 
des groupes nivométriques qu'il soigne : 

Col d'Orny. L'échelle nivométrique (ait. 3100 m a indiqué les 
résidus d'enneigement ci-après, en automne : 

1916 -f I m ; 1917 — î m ; 1918, 0 m. 

Les mesures sur l'emplacement de la balise ont également indiqué 
une variation de niveau négligeable. A ce même endroit il a été pra- 
tiqué des prélèvements du névé au moyen de la sonde de Church et 
nous avons réussi à retrouver la couche d'ocre marquant la surface 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOI8E 



du névé le 27 septembre 1917 ; le glacier s'est incorporé 155 cm. de 
neige tassée, soit 68 cm d'eau depuis ce moment-là. Quant au totali- 
sateur, il a emmagasiné, du 27 septembre 1917 au 29 septembre 
1918. 286,5 cm d'eau, savoir 236 cm du 27 septembre 1917 au 
9 juin 1918 et 50,5 cm depuis. A Orsières, il n'est tombé que 
31 cm pendant la première période et 33 cm. dans la seconde, soit 
en tout 64 cm. 

Diablerets. Le résidu automnal au nivomètre (3000 m) a été en 
1916 — 0,5; 1917 — 4 m; 1918 — 2 m. Il y a donc eu encore 
déchaussement du rocher. La balise, perdue, a été remplacée. Le 
totalisateur du sommet (3250 m) a emmagasiné 204 cm d'eau, tandis 
qu'on en mesurait 145,5 au village même des Diablerets. 

Eiger et Aletsch. Au nivomètre (3100 m), le résidu automnal a 
été : 1915 + 4 m. ; 1917 — 9 m. ; 1918 + 11 m. 

Les nivomètres de la Place de la Concorde ont marqué un abaisse- 
ment moyen de 3 m. Le totalisateur a mesuré 209 cm. d'eau (Service 
fédéral des eaux). 

En 1918, l'enneigement hivernal a été, somme toute, médiocre et 
même inférieur à l'ordinaire, mais le début de l'été, froid, a davan- 
tage encore réduit le désenneigement estival, d'où un enneigement 
résultant plutôt progressif. 

Henri Sigg. — Le minerai de molybdène de la vallée de Baltschieder 
(Valais). 

Dans un travail complet, qui paraîtra dans le prochain numéro du 
Bulletin de la Société vaudoise le gîte de molybdénite (MoS 2 ) de la 
vallée de Baltschieder, massif du Rotlauihorn, sera étudié tant au 
point de vue pétrographique et descriptif qu'au point de vue métallo- 
génèse. Cette petite note a pour but de décrire plus spécialement le 
minerai. 

La molybdénite se rencontre essentiellement dans une aplite en 
relation directe avec la protogine de l'Aar, et injectant le faciès élas- 
tique du granit de Baltschieder, celui-ci supposé plus ancien que le 
granit de l'Aar (protogine). Cette aplite est absolument normale au 
point de vue pétrographique et les phénomènes de métamorphisme 
de contact sont à peu près nuls, macroscopiquement et raicroscopi- 
quement parlant. Les salbandes n'existent pas, et le passage du 
régime filonien aux encaissants se fait sans à-coup, quoique rapide- 
ment. Le minerai, gris d'acier, éclat métallique très vif, forme soit 
des feuillets parfois largement développés, de plusieurs centimètres 
carrés de surface, soit des mouches finement et inégalement réparties 
dans la masse de remplissage filonienne. Cette molybdénite ne semble 
pas avoir subi d'altération secondaire, car elle est presque théorique- 



262 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



ment pure. Tout au plus, et après un examen très minutieux, peut-on 
parfois remarquer au voisinage des encaissants une légère teinte 
jaune, toute superficielle, de molybdine (Mo0 3 ). D'autres taches bru- 
nâtres, plus ou moins foncées, sont dues au fer libéré par la roche 
environnante. 

Le minerai est pur, si on l'envisage au point de vue industriel, et 
répond presque strictement à la formule MoS 2 . Mais le microscope 
montre que, souvent, entre les différents feuillets micacés de MoS 2 
vient s'intercaler un peu de matière étrangère, que nous avons dosée 
comme gangue, et il semble bien difficile de se débarrasser de cette 
gangue d'interposition par simple lavage. 

La gangue n'est pas essentiellement formée de silice, comme on 
aurait pu le supposer. L'acide fluorhydrique enlève la presque tota- 
lité du résidu insoluble, mais il reste un peu d'alumine. 

Le minerai n'est pas exclusivement cantonné dans le faciès apli- 
tique, mais passe latéralement dans les encaissants, sous forme de 
fines mouches largement disséminées. Le phénomène de départ est 
ici très net, et nous sommes en présence d'un gîte qui présente pro- 
bablement deux temps : un premier temps qui comprend la montée 
aplitique, puis, et immédiatement après, le second temps, fumerollien. 
minéralisant la roche filonienne par pneumatolyse. Il semble, en effet, 
au microscope, que le minerai a rempli de petites fentes et fissures 
préexistantes dans la roche. Le caractère à deux temps n'est cepen- 
dant pas suffisamment net pour permettre d'être absolument affir- 
matif. 

Au point de vue pétrographique, on voit que la montée aplitique 
n'a amené qu'une transformation insignifiante sur les encaissants. II 
y a pourtant, au voisinage de la zone de contact, qui n'est qu'un 
passage rapide de l'aphte au granit de Baltschieder (faciès élastique) 
une concentration anormale de microcline. Puis, si l'on se rapproche 
de la région granitique et des bandes foncées de biotite, apparaît en 
assez grande quantité Yépidote. La moascovite est également large- 
ment représentée. Au voisinage de la zone de contact, la cristallisa- 
tion du quartz et du feldspath est diffuse et très finement micro- 
grenue. 

La veine aplitique comporte du quarts, en grandes plages allotrio- 
morphes, extinctions roulantes, inclusions rares. Comme éléments 
feldspathiques, il faut noter le microcline, Yorthose rarement maclée, 
la perthite et la microperthite, puis des plagioclases voisins de Voligo- 
clase. Jj albite est également présente, à côté du quartz, dans la masse 
finement grenue. Comme éléments accessoires, citons encore la mous- 
covitc, un peu de biotite fortement cloritisée. On observe, pour ce 
minéral, des formes centro-radiées, avec ceinture opaque de magné- 
tite et passage à l'hématite. 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUDOISE 



203 



Composition chimique de la montée aplitique. 







Analyse 
brute. 


Anal v se 
ramenée à 
100 parties. 


Quotients 


Si0 2 


— 


76,32 


75,50 


1,2600 


A1 2 0 3 


— 


10,98 


10,84 


0,1080 


Fc 2°3 




Z,o 1 


L , O i 


U , U 1 / / 


FeO 




1,17 


1,16 


0,0161 


MnO 




traces 






MgO 




0,31 


0,31 


0,0077 


CaO 




1,68 


1,66 


0,0296 


Na 2 0 




3,86 


3,82 


0,0615 


K 2 6 




3,91 


3,87 


0,0412 


H 2 0 




0,57 










101,67 


100,00 





0,0534 RO 



0,1027 RO 



0,1561 RO 



Coefficient d'acidité a — 4,98. 
Coefficient de basicité [3 — 22,37. 
Rapport R 2 0 : RO = 1,92 : 1. 

Formule magmatique = 10,02 R0 2 : R 2 0 3 ; 1.24 RO. 

M. E. Wilczek entretient l'assemblée d'une fondation intéressante 
que vient de faire M. le D r E. Riïbel, à Zurich, sous le nom d'Ins- 
titut géobotanique Bïibel. Le but de cet institut est l'avancement de la 
géobotanique en général et en Suisse en particulier. Les revenus ser- 
viront à encourager tous les genres de travaux se rattachant à la 
géobotanique. L'institut conservera des liens étroits avec la S. H. S.N. 
et cela grâce à son comité qui comprendra des membres de la com- 
mission géobotanique de cette dernière. 

M. Wilczek rappelle que la commission géobotanique a été créée 
au sein de la S. H. S. N. en 1914 grâce à un don de 25,000 francs 
fait dans ce but par M. Rïïbel. Malgré la guerre, cette commission a 
déjà à son actif plusieurs publications importantes qui auront une 
portée internationale. 



Assemblée extraordinaire du 2 avril 1919. 



H. Faes. La culture du Pyrèthre. — Antonio Dias. Sur quelques gites de la vallée 
d'Hérens. — Maurice Lugeon. Sur le Sidérolithique de la Cordaz. 



H. Faes. — La culture du Pyrèthre (Pyrethrum cinerariaefalium) 
en Suisse. 

L'auteur énumère les diverses espèces de Pyrèthres cultivées pour 
l'obtention de la poudre insecticide. Il rappelle les difficultés rencon- 
trées pour se procurer une poudre de bonne qualité régulière, les 



264 



SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ VAUDOISE 



falsifications, les mélanges, le broyage de fleurs trop âgées et par 
suite inactives. Les semis donnaient en général une très mauvaise 
réussite à la germination, les graines fournies par le commerce étant 
souvent trop vieilles, rôties ou même ne méritaient pas le nom de 
graines, étant parfois représentées uniquement par les fleurons dessé- 
chés de la composée... 

La Station viticole de Lausanne sème et élève actuellement le 
Pyrèthre avec plein succès. La poudre obtenue se montre d'une effi- 
cacité insecticide supérieure aux poudres ordinaires du commerce, 
soit dans la lutte contre le Ver de la vigne (Cochylis) où elle donne 
des résultats remarquablement complets, soit dans les emplois divers 
où on a coutume de l'utiliser. 

La Station viticole a établi jusqu'ici 154 plantations, spécialement 
sur territoire valaisan et vaudois, pour lesquelles elle a distribué 
57,695 plantes. Ce sont surtout les anciennes vignes désafectées, en 
sol quelque peu caillouteux ou léger, qui paraissent particulièrement 
convenir à cette composée. 

Un certain nombre d'envois de graines et de plantes de Pyrèthre 
ont aussi été effectués en France, où les travaux de la Station viticole 
de Lausanne ont suscité un vif intérêt. 

Antonio Dias. — Sur quelques gîtes de la vallée d'Hërens (Valais). 

Le présent travail est un simple aperçu d'un sujet que nous som- 
mes en train d'étudier. Il concerne les mines du val d'Hérens. La mine 
« de Comtesse », située sur la rive gauche de la Borgne, cote 1130 m, 
au-dessus de Prazjean, est encaissée par les schistes de Casanna, 
variété micacée. C'est un gîte de blende et galène, de caractère nette- 
ment filonien et hydrothermal. La gangue est formée de quartz dans 
lequel le minerai se concentre, et cette concentration est telle qu'elle 
prouve une formation en un temps : dépôt simultané des sulfures Zn S 
et Pb S et du quartz. La minéralisation est variable en direction et 
suivant le pendage et présente fréquemment l'allure « en colonnes ». 
Les salbandes sont formées d'une argile très siliceuse et chargée de 
soufre. Ce sont des produits de lessivages des épontes, car ici les élé- 
ments ferromagnésiens ont été complètement dissous par les eaux de 
circulation et précipités ensuite partiellement à l'état de limonite. 
Ces salbandes argileuses montrent fréquemment soit un miroir de 
faille bien net, soit même des stries de friction. Ces stries sont pro- 
bablement dues à des mouvements postérieurs à la formation du gîte, 
quoique la question d'Age puisse peut-être être vérifiée sur le terrain, 
dans la suite. On peut, en outre, assez bien suivre la décomposition 
des épontes en argile siliceuse. C'est dans les endroits où les salbandes 
sont les plus décomposées que nous trouvons les plus fortes propor- 



SÉANCES DE LA SOCIETE VAUD018E 



205 



tions de terre rouge, dues à mi enrichissement du minerai de fer et 
transformation des sulfures en carbonates. 

Ce qu'il faut noter c'est la transformation de la galène à la partie 
haute du filon, position que n'explique pas sa plus forte densité de 
vapeur vis-à-vis de la blende. Pour expliquer la formation du gîte de 
Prazjean nous supposerons qu'elle est due à des émanations fumerol- 
liennes sulfureuses liées à un batholite profond qui nous échappe 
grâce à l'empilement des nappes. L'âge du gîte est encore imprécis ; 
nous pouvons, en tout cas, entrevoir qu'il est contemporain des der- 
niers soubresauts du mouvement alpin tertiaire. Un autre travail 
intéressant est le raccordement de la mine « de Comtesse » à la mine 
« de Barma », en face de Prazjean, et à celle de « Six des Fées », 
dans la vallée des Dix. Ce sera pour une prochaine communication. 
La montée des sulfures de plomb et de zinc fut accompagnée spora- 
diquement par le cuivre, car nous trouvons par places des mouches 
de chalcopyrite ou de malachite. Nous avons également rencontré 
dans un éboulis des rognons de chalcopyrite dans le quartz, ce qui, 
entre parenthèse, nous amène à la conviction que le gîte métasoma- 
tique de Saint-Martin, doit jouer avec une genèse semblable : pré- 
sence des sulfures cuivriques dans un régime filonien quartzeux, puis 
déplacement latéral de. ces sulfures. A côté de la blende et de la 
galène cristallisées, se trouve la blende dite « amorphe », ce que nous 
expliquons par une dissolution des sulfures et reprécipitation ulté- 
rieure. Dans le travail complet sur ces gites nous serons plus affir- 
matifs et en mesure de discuter de nouvelles questions. Nous donnons 
pour finir l'analyse intéressant la galène de Prazjean. 

Gangue . . 10 % 

PbS . . . . ••' . . . 84.6 

FeS 2 ........ 1,7 

ZnS 3,2 

9y,5 

Maurice Lugeon. — Su?' fa Sidêrolithîque de la Cordas (Alpes 
vaudoises). 

On sait qu'à la Cordaz, dans le chaînon d'Argentine, Renevier 1 a 
signalé un gisement priabonien qu'il a désigné sous l'expression de 
couche à grosses Natices, et qui est constitué par une couche d'environ 
un mètre de marnes schisteuses à Nummulites striatus supportant la 
couche à Natices épaisse d'environ 5 mètres. Sur elle domine la masse 
des grès nummulitiques. 

Le fait singulier de la localisation du gisement demandait une nou- 
velle étude. 



1 Renevier, Monographie géologique des Hautes Alpes vaudoises. 

Archives, Vol. 1. — Mai-Juin 1919. 18 



266 



SÉANCES BE LA SOCIETE VAUDOISE 



Lorsque l'on monte du col des Essets vers la Cordaz, on constate 
l'absence totale de la couche à Natices. Les grès reposent directement 
tantôt sur le Cénomanien, tantôt sur FAptien. Brusquement le gise- 
ment se présente et on constate qu'il occupe une dépression ancienne 
creusée dans l'Aptien. C'est comme un sillon d'une ancienne vallée ou 
bien le creux d'une ancienne doline. 

Or, en s'approchant du gisement, on constate que l'Aptien se 
sidérolithise, se transforme peu à peu en une superbe brèche à ciment 
rouge sidérolithique, semblable à celle que M. Lugeon a signalée dans 
une précédente communication (21 novembre 1917). 

L'infiltration sidérolithique traverse tout l'Aptien et s'arrête exacte- 
ment à la limite du calcaire urgonien. Sur l'axe de l'ancienne dépres- 
sion, à une quarantaine de mètres des couches de base à Nummulites, 
on constate l'existence en plein Crétacé, d'une poche de fer sidéroli- 
tique d'une quinzaine de mètres de largeur sur trois d'épaisseur. On 
se trouve là devant un gîte de remplissage. 

On peut alors envisager la succession du phénomène qui a donné 
lieu à ce curieux ensemble. Pendant toute la durée de l'Eocène infé- 
rieur et moyen, le pays a subi une dénudation. Sa surface devait pré- 
senter des valonnements et des dolines dans lesquelles avait lieu une 
active dissolution du calcaire. Les produits résiduaires argile et fer, 
ont pénétré dans les fentes des roches et dans les grottes. La poche 
s'est réduite en brèche par une incomplète dissolution. Le fer filtrant 
dans le fond de la doline s'est accumulé à une certaine distance sous 
la surface du pays. Plus tard, la mer, en transgressant, à couvert le 
territoire, pénétrant tout d'abord dans le vallon ou doline, où existent 
seul aujourd'hui les couches à Nummulites et à Natices. Plus tard, le 
tout a été recouvert par les grès. 

L'étude détaillée de la base du Nummulitique des Hautes Alpes 
calcaires montrera certainement une série d'épisodes analogues. 

Séance du 23 avril 1919. 

P.-L. Mercanton. Variations de l'étoile nouvelle de l'Aigle. — Ch. Lindor. L'industrie 
du fer en Suisse. — P.-L. Mercanton. Plasticité de la glace. 

P.-L. Mercanton fait circuler une courbe des variations de V étoile 
nouvelle de V Aigle d'après les observations faites par M. Dumartherav, 
de Nyon. 

Ch. Linder fait une conférence accompagnée de la projection de 
clichés sur Vindustrie du fer en Suisse. 

P.-L. Mercanton présente quelques clichés faits par M. Jost au 
Groenland, sur un phénomène de plasticité de la glace. 



LISTE BIBLIOGRAPHIQUE 

DES TRAVAUX DE CHIMIE FAITS EN SUISSE 



1918 



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16. Dubsky (J. Y.) und Blumer (F.). Zur Kenntnis der Diketo- 
piperazine. Einwirkung absoluter Salpetersâure auf das 3. 5- 
Diketo-l-âthyl-hexahydro-1. 4-diazin. Zurich. Chem. Univ.-Lab. 
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20. Grânacher (Ch.). Die Mikroelementaranalyse schwefel-, halo- 
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273 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A 

L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 

PENDANT LE MOIS DE 

AVRIL 1919 



Le 1, neige de 7 h. 30 à 22 h. 30 et dans la nuit, haut. 10 cm. 

2, neige dans la nuit. 

3, pluie dans la nuit. 

4, pluie de 10 h. 40 à 12 h. 20, de 15 à 16 h., de 17 h. 10 à i9 h. et dans 

la nuit. 

5, brouillard le matin. 

7, rosée le m;ilin, pluie dans la nuit. 

8, pluie de 7 h. 30 à 11 h. 10, de 13 à 13 h. 50 et dans la nuit. 

9, pluie dans la Tiuit. 

10, petite pluie de 7 h. 30 à 9 h. et dans la nuit. 

11, pluie dans la nuit. 

12, pluie à 21 h. 30. 

13, pluie de 17 h. 30 à 18 h. 40, orage à 17 h. 45, vent fort depuis 12 h. 

14, pluie de 18 h. 20 à 22 h. et dans la nuit, vent fort depuis 13 li. 

15, pluie à 11 h. 30, orage, pluie et grêle à 14 h., orage à l'W à 19 h. 45, 

pluie dans la nuit, vent très fort toute la journée. 

16, pluie intermittente toute la journée et dans la nuit. 

17, pluie intermittente dans la journée, 
les 18, 19, 20, 21, 22 et 23, très forte bise. 

le 24, pluie dans la nuit, neige sur les montagnes environnantes. 

25, pluie de 7 h. 30 à 10 h. 20. 

26, forte gelée blanche le matin, pluie dans la nuit. 

27, pluie et neige de 7 h. 30 à 9 h. et dans la nuit. 

28, pluie et neige de 7 h. 30 à 10 h. 40, de 18 à 20 h. et dans la nuit, 
les 29 et 30, pluie et neige intermittente toute la journée et dans la nuit. 

Hauteur totale de la neige : 10 cm tombés en 1 jour. 
Neige sur le sol, provenant des chutes du 31 mars au f er avril, du 1 au 5. 



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Pluie 


Hauteur Nomb. 
2i h. d'heur. 


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Nébulosité 


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Limni- 
mètre 


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1 de satura 


Moyenne 
8 'obs. 


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Températu 


Moyenne 
8 obs. | 


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276 



MOYENNES DE GENÈVE - AVRIL 1919 

Correction ponr réduire la pression atmosphérique de Genève 
à la pesanteur normale : + 0 m «i.02. — Cette correction n'est pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 700 + 





Heine 


i Va 


4 vu 


7 Ht 


10 Va 


13 Vt 


16 V2 


i'.) v> 


22 »/a 


Moyenne 






Hua 




ni m 


mm 


mm 


mm 


mm 






\ le 


déc. 


22.94 


22.98 


23.39 


23.93 


23.67 


23 40 


23.77 


24.36 


23 55 


2 e 


» 


27.39 


26.88 


27.08 


27.20 


26.70 


26.32 


26.93 


27.53 


27.00 


3 e 


)> 


24.81 


24.37 


24.86 


25.15 


24.86 


24.43 


24 33 


24.17 


24.62 




Mois 


25 05 


24.74 


25.11 


25.43 


25.08 


24.72 


25.01 


25.35 


25.06 










Température 














0 




o 


o 


o 


o 


o 


o 


o 


ire 


déc. 


3.99 


3.55 


3.40 


5.25 


7.21 


7.48 


6 53 


5.74 


5.39 


2« 


)> 


6.85 


5.98 


6.82 


10.15 


11.22 


11.48 


9.19 


8.25 


8.74 


3« 


» 


3.70 


2.81 


3.33 


5.70 


6.82 


7.02 


5.33 


4.41 


4.89 




Mois 


4.85 


4 11 


4.52 


7.03 


8.42 


8.66 


7.02 


6.13 


6.34 








Fraction de saturation 


en % 








Ire 


déc. 


91 


93 


94 


84 


72 


71 


78 


84 


83 


2e 


» 


78 


82 


81 


63 


59 


56 


68 


74 


70 


3 e 


» 


69 


73 


71 


59 


52 


51 


60 


62 


62 




Mois 


79 


83 


82 


69 


61 


59 


69 


73 


72 




Dans 


ce mois 


l'air a 


été calme 211 


fois sur 


1000 










Le vi 


pport de 




NNE 


133 


= 1.90 












s vents 


ssw 













Moyennes des 3 observations 
(7 Vf, 13 7*, 21 Va) 



Pression atmosphérique . . . 

Nébulosité . . 

/ 7Va + 13 Va + 21 Va 
\ 3 

1 ) 7 V»+ 13Vi + 2X2» Va 
V 4 

Fraction de saturation. . . . 



mm 

25.17 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 



Press, atmosphérique . (1836-1875' 24.77 
6 8 Nébulosité ..... (18474875) 5.8 

6°. 48 Hauteur de pluie . . (1826-1875) 56.8 
Nombre de jours de pluie » M 
Temp. moyenne. . . » 8°. 97 

72 % Frac», de saturation |18'*9-1875l 70 % 



277 



Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations piuviométriques 



Station 


Céligny 


Collex 


Cliambésy 


Châtelaine 


Satigny 


Athenaz 


Compesièrei 


Hauteur d'eau 
en mm 


116.2 


94.1 


90.6 


88.7 


91.6 


81.1 


70.9 


Station 


Veyrier 


Observatoire 


Cologny 


Puplingo 


JusBy 


Herraance 


Hauteur d'eau 
eu mm 


92.7 


81 


.7 


82 8 


88.3 


98.7 


93.9 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

G R A N 1) S A I N T - B E R N A R I ) 

PENDANT I.K MOIS DE 

AVRIL 1919 



Les 3, 6, 10, 12, 14, 18, 20, 21, 22, 24, 25 cl 30, brouillard nue partie He la 
journée. 

les 8, 10, 11, 16 et 17, très forte bise. 



O^OvtOXXOflCO^iOOOXOJiM^ttN 



o o o 



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280 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - AVRIL 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
Saint-Bernard à la pesanteur normale : — 0 mm .22. — Celle cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression 


atmosphérique : 


500 


" + 


Fraction de saturation 


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Heure 


7 Vï 


13 Va 


21 »/« 


Moyenne 


7 Va 


13 y» 


21 Va 


Mov. 




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mm 










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59 99 


60.75 


60.08 


98 


95 


98 


97 


2 e » 


62.56 


62.78 


63.22 


62.86 


88 


72 


93 


84 


3 e » 


58.23 


57.96 


58.04 


58.08 


86 


74 ■ 


88 


83 


Mois 


* 60.09 


60.24 


60.67 


60.33 


91 


80 


93 


88 



Température 

Moyenne 

Heure 7 Va 13 Va -MVa 1 »/■+ 13 + 21 Va 7 l /s + 13Vi + aX«V« 



l" décade - 4.12 - 2.07 - 4.10 - 3.43 - 3.60 

2« » - 5.13 - 1.62 - 4.86 - 3.87 - 4.12 

3« )» - 9.75 - 5.52 -10.51 - 8.59 - 9.07 

Mois - 6.33 - 3.07 - 6.49 - 5 30 - 5 60 

Dans ce mois l'air ;t été calme 189 fois sur 1000. 
NE 79 

Le rapport des vents g-^r — — — 1.97 



Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Martigny-Ville 


Orsières 


Bourg-St-P 


erre 


Grand St-Bernard 








Ane. P. | Nouv. P. 



Eau en mm . . 


106.7 


66.4 


95.0 


175.0 


245.1 


Neige en cm . . 


20 


44 


97 

■ 


185 


273 



281 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A 

L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 

PENDANT LE MOIS DE 

MAI 1919 



Le 1, pluie de 16 à 22 h. 30 et dans la nuit. 

2, pluie dans la nuit. 

3, pluie à 19 h. 30 et dans la nuit. 

4, brise du lac de 11 à 18 h. 

5, forte bise toute la journée. 

7, forte rosée le malin, faible halo solaire à 12 h. 

8, petite pluie à 7 h. 30, couronne lunaire à 19 h. 

9, petite pluie dans la nuit. 

10, orage au SW à 15 h. 45, petite pluie à 16 h. 30. 

12, couronne lunaire à 22 h. 30. 
les 13 et 14, brise du lac de 10 à 20 h. 
le 15, orage au SE à 16 h. 45. 

16, brise du lac de 9 à 19 h. . 

17, brise du lac de 11 à 19 h. 

18, petite pluie à 7 h. 30. 

19, petite pluie à 13 h. 15 et 13 h. 40. 

20, forte bise de 10 à 21 h. 
22, brise du lac de 10 à 18 h. 

26, orage au SW à 12 h. 10 et à l'E à 15 h. 45, petite pluie à 12 h. 30 et 
16 h. 35. 

29, brise du lac de 11 à 17 h. 

30, orage et pluie dans la nuit. 

31, orage à l'E à 17 h. 15, petite pluie à 21 h. 30 et dans la nuit. 

Remarques. — 1° De nouveau cette année, comme en 1918, la nébulosité du 
mois de mai est très faible : 3,3 ; cette fois c'est un record dépassant mai 
1871 avec 3,4 et mai 1918 avec 3,6. — 2° La durée d'insolation est aussi très 
élevée, 276 h à l'ancien héliographe et 309 h au nouveau. C'esl plus qu'en 
1918, mais ce n'est que partiellement un record, car mai 1919 accusait aussi 
276 h à l'ancien héliographe, mais 326 h au nouveau. 

Archives, Vol. 1, Mai-Juin 1919. 19 



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Pluie 


Hauteur Nomb. 
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CD 









284 



MOYENNES DE GENÈVE - MAI 1919 

Correctiou pour réduire la pression atmosphérique de Geuève 
à la pesanteur normale : + 0 mm .02. — Cette correction n'est p;is ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 700 + 



1» 


Heure 
déc. 


l Vs 

mm 

25.18 


4 Vs 

mm 

25.27 


7 Vs 

25.77 


io Vs 

mm 

25.95 


13 Vt 
mm 

25.43 


16 Vs 
mm 

24 83 


19 Vs 
mm 

25.15 


•22 Vs 
mm 

25.91 


Moyenne 
mm 

25 44 


2 e 


» 


27.67 


27.64 


28.00 


27.98 


27.35 


26 80 


27.00 


27.77 


27.53 




» 


OG Q4 


29.74 


30.08 


29.81 


28.97 




O O CC A 

ztfoO 


on on 


on 04 

zy .31 




Mois 


27.63 


27.63 


28.02 


27.98 


27.30 


26 68 


26.94 


27.72 


27.49 










Température 










|,e 


déc. 


o 

7.73 


o 

6.66 


o 

8.38 


0 

11.23 


o 

12.77 


o 

13.64 


o 

12 45 


o 

10 15 


o 

10.38 


2« 


» 


11.44 


9.70 


12.65 


15.64 


17.23 


18.49 


16.36 


14.07 


14.45 


3e 


» 


10.64 


8.66 


12.25 


16.00 


18.77 


19.96 


17.48 


14.22 


14.75 




Mois 


9.96 


8 35 


11.13 


14.35 


16.34 


17.45 


15.50 


12.86 


13.24 








Fraction de saturation 


en % 








[ rc 


déc. 


83 


87 


82 


68 


57 


56 


66 


80 


72 


2e 


» 


75 


81 


74 


58 


53 


50 


60 


66 


65 


3e 


» 


69 


77 


71 


56 


45 


39 


50 


64 


59 




Mois 


76 


81 


76 


61 


52 


48 


58 


' 70 


65 




Dans 


ce mois 


l'air a 


été cal 


me 263 Ibis sur 


1000 










Le ra 


pporl des vents 


NNE 


_ 110 


— 6.47 












ssw 


~ Tt~ 













Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 

mm 

Press, atmosphérique . il 836-1 875 1 725 24 

Nébulosité (1847-1875) 5.8 

13°. 71 Hauteur de pluie . . (1826 1875) 79.2 

Nombre de jours de pluie » 12 
. 13°. 69 T ...o on 

\ 4 lemp. moyenne. . . » lo .20 

Fraction de saturation 65°/ e Fract. de saturation (1849-1875) 70 °/ 0 



Moyennes des 3 observations 
(7 V«, 13 Vs, 21 Vs) 

mm 

Pression atmosphérique. . . . 27.62 
Nébulosité 3.1 

/ 7 »/s + 13 Vs + 21 Vs 



Te m p. 



7 Vs + 13 Vs + 2 X 21 '/s 



285 



Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations pluviométriques 



Station 


Céligny 


Collex 


Chambésy 


Châtelaine 


Satigny 


Athenaz 


Compenièrcs 


Hauteur d'eau 
eu ru tu 


51.0 


42.1 


.32.9 


25.1 


40.0 


26.8 


21.1 


Station 


Vey rier 


Observatoire 


Cologny 


Puplinge 


JllHRy 


Heimance 


Hauteur d'eau 
en mm 


25.0 


21.5 


24.7 

1 


p 


25.2 


28.9 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

GRAND SAINT-BERNARD 

PENDANT LE MOIS DE 

MAI 19 19 



Les 2, 3, 5, 10. 12, 15, 16, 19 et 20, brouillard une parti*- «le la jouriié* 
le 4, brouillard toute la journée, 
les 1, 2 et 3, très forte bise. 



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Neige 


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56.2 


Pluie et 


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•5 § 


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Ilois 1 



288 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - MAI 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
Maint-Bernard à la pesanteur normale : — 0 mm .22. — Coi le cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 500 mm + 



Fraction de saturation en 



Heure 


7 V« 


13 Va 


21 Va 


Moyenne 


7 Va 


13 Va 


21 Va 


Moy. 




mm 


mm 


mm 












l ,e décade 


62.22 


63 17 


63.77 


63.05 


93 


76 


94 


88 


2* » 


66.43 


66.72 


66 92 


66.70 


91 


66 


92 


83 


3" » 


67.92 


68 21 


68.55 


68.23 


79 


60 


87 


75 


Mois 


65.60 


66 10 


66.48 


66.06 


87 


67 


91 


82 



7 V» 



Température 

Moyenne 

13 Va 21 Va 7 V«+ I3V« + 21V» 7 y a + 13 y 2 + 2X2lV2 

3 4 



l re décade 
2 e » 
3 e » 

Mois 



- 3.77 

- 0.16 

0 36 



1.14 



0 22 
4.43 
4.93 



3.25 



2.57 
0.33 
0.81 



2.04 
1.53 
2.03 



0.44 



0 56 



2.17 
1.23 
1.73 



0 31 



Dans ce mois l'air a été calme 247 fois sur 1000. 
NE 71 

Le rapport des vents g-^r = — = 4.17 



Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Marti guy- Ville 


Orsières 


Bourg-St-Pierre 


Grand St-Bernard 
Ane. P. | Nouv. P. 


Eau en mm . . 


8.5 


20.7 


7.8 


30.0 


56.2 


Neige en cm . . 


0 


0 


3 


27 


51 



1919 



Vol. 1 



Juillet-Août. 



REMARQUES GÉOLOGIQUES 

SUK LE 

Profil do champ pétrolière de Borvslaw 

EN GALICIE 

PAIt 

AltNOLI) HEIM 

Zurich 

(Avec 2 planches hors texte). 



Introduction. 

Le champ pétrolifère de Borvslaw, situé sur le bord frontal 
des Carpathes, est le plus important des nombreux champs de 
pétrole de la Galicie. Même après l'invasion russe, en été 1918, 
150 puits y produisaient encore 2000 tonnes par jour. La « forêt » 
des tours s'étend sur une longueur d'environ 5 km avec une 
largeur maximale de presque 3 km (Communes de Borvslaw, 
Tustanowice, Popiele, Mraznica). Le forage le plus profond dé- 
passe 1800 m. Boryslaw est la seule région de pétrole de la 
Galicie où, après le succès catastrophai de Tustanowice en 1907, 
on ait exécuté systématiquement des forages de plus de 1000 m 
de profondeur. Mais ce n'est que pendant la diminution de la 
production des années suivantes que quelques grandes sociétés 
ont commencé à consulter les géologues pour le contrôle régulier 
et scientifique des forages en cours d'opération. Malheureuse- 
ment les géologues qui connaissent le mieux les forages ne sont 
pas autorisés à publier leurs résultats. Les profils publiés ne 

AitCHiVKS, Vol. 1. — Juillet-Août 1919; 20 



290 



CHAMP PÉTROL1FÈRE DE BORYSLAW 



donnent pas les derniers résultats de haute portée obtenus 1 ou 
bien ils manquent de vue d'ensemble et ignorent le grand 
chevauchement qui intéresse la région pétrolifère 2 . 

C'est pour cela que j'ai parcouru en été 1918 pendant quelques 
jours la région de Boryslaw, après avoir étudié plus spéciale- 
ment en 1913 la zone productive plus interne de Schodnica. La 
partie intermédiaire de la planche ci-jointe a été complétée 
par les profils publiés de J. Hempel et de R. Zuber. Il est vrai 
que ce nouveau profil est loin d'être exact. Il faudrait lever le 
terrain au 1 : 25000 et dessiner systématiquement les coupes de 
tous les affleurements afin de les joindre à un ensemble. 

Pendant mon séjour, M. Arpad Csonka m'a offert l'hopita- 
lité dans sa villa des mines de cire et m'a facilité l'entrée dans 
les mines. D'autre part, j'ai été assisté dans mon étude par mes 
collègues et amis MM. D r H. Hirschi, D' W. Bernouilli, Max 
Frey et J. Hempel. 

Remarques stratigraphiques. 

Pour se faire une idée de l'amplitude des chevauchements il 
faudrait connaître avant tout la stratigraphie en détail, les 
changements de faciès et les directions isopiques, or aucun de 
ces points n'est élucidé encore. Dans la série tertiaire c'est la 
zone de passage de l'Eocène et de l'Oligocène qui présente le 
plus grand intérêt soit au point de vue comparatif, soit au point 
de vue de la production en pétrole. 

Le profil de TEogène chevauché à la Tysmierrica. — Dans 
le lit de laTysmienica, à 7 2 km au N du premier pont vers Mraz- 
nica, et surtout sur la pente à côté du puits « Berta I », les 
couches éogènes sont fortement disloquées, mais bien visibles, 
de sorte qu'on réussit à distinguer la succession stratigraphique 
suivante, du S au N (Pl. II, fig. 1) : 

1 Grzybowskt, J., Boryslaw, une monographie géol., Bull. int. Ac. d. Se. 
de Cracovie, 1907. Voir aussi H. Hôfer, Das Erdôl, 1909, p. 301. 

J. Hempel, Ueber die Tektonik von Mraznica, Bopa, t. IV, Dec. 1912. 

2 Noth, Jul., Verbreitung der Erdôlzone in den Karpathenlandern, 
Wien, 1916. 

Zuber, R., Flisz i Nafta. Lwôw, 1918, Fig. 49, p. 77. 



CHAMP PÉTROLIFÈRK DE BORYSLAW 



291 



2. Crétacé supérieur. — Grès de Jamna typique, gris, poreux, 
en bancs épais, 100 à 150 m, renversé, plongeant vers le pont 
de 30 à 35° au S 20° W (pl. 1). Passage graduel par réduction 
des bancs de grès à 

3. Eocène. — a) Grès siliceux en bancs de 1 à 15 cm avec 
intercalations de couches marneuses et schisteuses verdâtres, 
50-80 m visibles, plongeant 60° S. Affleurements interrompus 
à 50 m. 

b) Marnes bleues schisteuses, gréseuses, à mica, contenant 
quelques bancs de grès et de quartzite glauconieux jusqu'à 1 m 
d'épaisseur. Plissement de détail avec axes verticaux. Epaisseur 
environ 150 m. 

c) 20 m de marnes bleues gréseuses, à tâches jaunes à la sur- 
face, contenant des blocs (concrétions ou bancs étirés?) jusqu'à 
2 m de grès glauconieux ; ces couches verticales supportent avec 
une légère discordance : 

d) 12 m de marnes bleues verdâtres. A la limite nette vers 4 
s'intercalent des blocs ronds jusqu'à 1 m d'un calcaire dolomi- 
tique compact, gris bleuâtre à l'intérieur, blanc jaunâtre à la 
surface, contenant des grains fins de glauconie et de rares 
microorganismes (concrétions ?). 

4. Oligocène. — a) 7 m de grès brun, tendre, roux à la partie 
inférieure, marneux au sommet et bien lité, donnant une faible 
réaction pétrolifère avec du CC1 3 H. Discordance tectonique avec 

7,5 m base des schistes bitumineux ménilitiques; 1,5 m 
schistes bruns, feuilletés; 2,5 m de marnes jaunâtres à débris 
de plantes intercalées dans des schistes ménilitiques noirs, 
ensuite 3,5 m de schistes bruns, contenant deux bancs de grès. 
Passage rapide à : 

c) Horizon d'opale (Menilitopal, Hornstein), 10 m ou plus, 
direction W 30° N. Les bancs de silex sont bruns ou noirs, en 
couches minces jusqu'à 20 cm (partie moyenne), alternant avec 
des couches minces de schistes bruns et avec quelques bancs de 
grès ordinaire. Limite nette avec 

d) 5 m de grès à grains de glauconie, bien lités et rubannés, 
avec des parties poreuses, brunes, riches en pétrole asphalté 
(Oelsand); second banc pétrolifère de 1 m intercalé dans des 
schistes ménilitiques. 



292 



CHAMP PÉTROLIFÈRE DE BORYSLAW 



e) Série principale des schistes ménilitiques bitumineux, de 
quelques centaines de mètres, jaunes, bruns, noirs, broyés et 
contournés avec quelques bancs de grès généralement non 
pétrolifères, et blocs de quartzite glauconieux. A la base un 
« dyke » de grès quartzitique gris qui coupe obliquement les 
schistes (Pl. II, fig. 1). 

Comparaison avec des régions voisines. — Tandis qu'à Rypne 
nous étions porté à supposer qu'il existe un passage rapide 
mais graduel de l'Eocène à l'Oligocène, la limite à Boryslaw 
comme à la rivière Opor au N de Skole (Pobuk) est nette avec 
discontinuité sédimentaire. Au lieu des marnes en plaquettes 
de l'Eocène supérieur, qui manquent à l'Opor et à Boryslaw, la 
série oligocène commence par un grès en dessous du silex méni- 
litique. Suivant K. Tolwinski 1 nous appelons cet horizon impor- 
tant grès de Boryslaw. 

En comparant cette série avec celle de Rypne 2 nous consta- 
tons d'abord une grande différence dans l'Eocène. Les couches 
à bancs siliceux sont très réduites, tandis que les marnes 
bleuâtres sont épaissies de plus de 150 m. On pourrait croire 
qu'il y a là un renflement tectonique, mais à l'Opor, dans le flanc 
normal, ces mêmes marnes à blocs de grès épaisses d'une cen- 
taine de mètres s'intercalent seules entre le grès de Jamna et 
le grès de Boryslaw. Le grès de Jamna se termine — il est vrai 
— à l'Opor par un grès conglomératique à galets de calcaire 
récifal du type titonique et semble passer à un calcaire gréseux 
de quelques mètres à surface ondulée (Ripplemarks). Ce niveau 
pourrait représenter la base de l'éocène transgressif. 

Le fait que l'Eocène de l'Opor est primairement réduit à une 
centaine de mètres de couches grises, argileuses, est d'autant 
plus remarquable que cet affleurement se trouve à une dis- 
tance de 24 km seulement, suivant la direction des plis, de 
Schodnica, l'anticlinal au S de Pobuk correspondant à celui de 

1 Tolwinski, K., Archivum wiertuicze (Archives des sondages), Cz;iso- 
pismo gorniczo-Hutnieze, Krakow, 1917, p. 293. 

Il est à recommander d'éviter complètement le terme de « grès de Cienz- 
Jcowice » mal défini, ayant été employé différemment par les géologues et 
ayant causé beaucoup de confusions. 

2 Voir Heim. Arnold, Observations géologiques sur la région pétrolifère 
de Rypne, Archives, 1919. 



CHAMP PÉTROLIFÈRE DE BORY8LAW 



293 



Schodnica. où LEocène, comprenant de nombreux lits de mar- 
nes rouges, a une épaisseur de 800 m. au moins (un puits est 
resté dans l'Eocène d'un bout à l'autre sur 1000 m de profon- 
deur). 

Dans la série autochtone de Boryslaw FEocène semble dé- 
passer 300 m et y est caractérisé par des marnes parfois 
rouges. 

Mais il n'y a pas que la base de l'Eocène qui semble être incom- 
plète par suite de fortes lacunes et d'érosions anciennes localisées. 
Sur la rivière Opor près de Pobuk le contact éocène-oligocène 
est très bien exposé sur le flanc SW du synclinal de Pobuk; ces 
affleurements montrent, au-dessus de l'argile verdâtre éocène 
qui renferme des blocs de grès dur glauconieux et de brèche 
grésocalcaire verte, un contact franc de discontinuité (Pl. II, 
fig. 2 B) : 

6 m de grès en bancs de L à 4 dm intercalés dans des schistes 
gréseux, micacés, madrés, qui donnent une faible réaction de 
pétrole. Le banc de base transgressif est formé d'un grès roux, 
brun, tendre, glauconieux, à petits galets de quartz et nom- 
breux fragments de coquilles (Lamellibranches, Bryozoaires), 
donnant une odeur de pétrole. 

2-3 m de grès plus marneux et plus tendre, madré. Passage 
rapide à 

4.5 m de silex rubannébrun, en bancs minces, alternant avec 
des schistes, passant à 

5-8 m de roche blanche siliceuse (shale). 2 km plus au SE 
cette roche blanche est visible de loin. Elle forme un noyau an- 
ticlinal et passe vers le haut à 

15 m de schistes ménilitiques avec des bancs noirs de silex, 
surmontés par la grande masse des schistes ménilitiques bitu- 
mineux. (Voir Pl. IL fig. 2). 

Le grès de Boryslaw, épais de 7 à S m à l'Opor et à la Tys- 
mienica atteint, d'après les forages, dans la série dite autoch- 
tone de Boryslaw 20 à 40 m d'épaisseur, et représente le plus 
constant et le plus riche des niveaux productifs. 



294 



CHAMP PÉTROLIFÈRE DE BORYSLAW 



Tectonique. 

Schodnica. — D'après les travaux de R. Zuber 1 on sait que 
le vieux champ de Schodnica-Urycz, avec ses trois cents forages 
encore en activité, est situé sur un anticlinal à noyau éocène qui 
fonctionne comme milieu productif. Mes recherches détaillées 
sur le terrain et la revision des journaux de forage ont pleine- 
ment confirmé que le célèbre puits « Jacob », qui, le premier 
jour d'exploitation, en 1895, donnait 200 tonnes de pétrole jail- 
lissant d'une profondeur de 299 m, est situé sur le point le plus 
élevé de l'axe anticlinal. Vers le NW l'affaissement axial est 
encore augmenté de 65 m par une faille transversale non visi- 
ble à la surface, qui passe entre « Jacob » et « Brzozowski N° 30». 
Vers le SE, dans la section de Pereprostyna, à 3 km de distance 
environ, l'axe doit au contraire être relevé brusquement par 
une faille. A mon avis, l'anticlinal de Schodnica est beaucoup 
plus large que ne l'indiquent les profils de Zuber, et n'est pas 
accompagné de synclinaux doux et réguliers de schistes méni- 
litiques des deux côtés, ce qui explique la grande concentration 
axiale du pétrole. 

Dans la série éocène, il y a plusieurs niveaux de grès produc- 
tifs qui ne sont pas continus ; le premier horizon de « Jacob » 
paraît être le plus constant. 

Nappe de Mraznica. — Il est impossible, par l'étude seule de 
la surface, de déchiffrer la tectonique du bord Carpathique: 
heureusement les forages profonds et l'étude de leurs échantil- 
lons viennent d'éclaircir les grandes lignes de la structure 
interne. M. K. Tolwinski a le mérite d'avoir publié quelques 
résultats de ses observations systématiques \ Par suite des son- 
dages V existence du chevauchement du bord Carpathique est 
prouvé aujourd'hui sur presque S km de largeur (pl. I). Je pro- 
pose de donner à cette nappe bordière le nom de Nappe de 
Mraznica. 

Voici, d'après les observations de M. J. Hempel, le résultat 

1 R. Zuber in H. Hôfer. Das Erdôl, n. édit. 1909, p. 311, fîg. 82, et 
« Flisz i Nafta »», Lwow 1918, fig. 53, p. 89. 

2 K. Tolwinski, le, 1917. 



CHAMP PÉTROLIFÈRK DE BORYSLAW 295 

du forage profond « Sofia N° 1 », le plus interne, achevé en été 
1918, dans lequel le grès de Boryslaw donne une production de 
80 tonnes par jour, à 1560 m de profondeur : 

Crétaciquo 0- 100 m environ 

Eocène en synclinal couché (?) 100- 230 » » 

Grétacique 280- 5'*0 » » 

Schistes ménililiques renversés 540- 600 » » 

Plan de charriage 600 » » 

Argile salïfère miocène 600- 660 » » 

Couches de Dobrolôw 660-1300 » » 
Série ménilitique avec silex et 

grès de Boryslaw à la base 1300-1560 » » 

Dans les puits « Brugger I » et « Baron Rally II », Tolwinski 
a constaté d'une façon précise la série renversée de l'Eocène et 
des schistes ménilitiques qui reposent en contact anormal sur 
les couches de Dobrotôw. L'étude des échantillons de plus d'une 
vingtaine de puits ne laisse aucun doute sur le lieu exact du 
plan de charriage qui s'incline dans son ensemble doucement vers 
V intérieur des Carpathes ! 

Le grès de Boryslaw du puits « Sofia » donne une production 
excellente. On peut en conclure que la série autochtone et par 
conséquent aussi le chevauchement se prolongent encore à une 
assez grande distance sous les Carpathes, et la différence de 
faciès de l'Eocène et de l'Oligocène des deux séries confirme 
cette supposition. 

A la surface, dans le lit de la Tysmienica et sur le versant SE 
de la montagne Horodyszcze on peut observer nettement la série 
renversée. Le grès de Jamna en bancs épais, non métamor- 
phisé, plonge de 30 à 35° vers le SSW au premier pont de 
Boryslaw à Mraznica, et de 45° plus haut. Les schistes éocènes 
et ménilitiques sont redressés et fortement broyés par endroits 
(pl. I et II, fig. 1). L'argile miocène sous-jacente, constatée par les 
forages, affleure avec un plongement au SW sur la Tysmienica 
au SE de l'église ruthène. Mes collègues MM. Bernoulli et Frey 
y ont découvert trois blocs isolés de calcaire blanc, remplis de 
fossiles titoniques (pl. I). Le plus grand de ces blocs exotiques est 
arrondi et a une grandeur d'environ 1,5 m 3 . Un autre bloc, 
moins grand, ressemble au Dogger des « Klippes » do Vienne. 

Encore un peu plus au NE, à l'est de l'église ruthène, le bord 



296 



CHAMP PÉTROLIFÈRE DE BORYSLAW 



gauche du ruisseau montre, sur une vingtaine de mètres, un 
affleurement frappant : des schistes ménilitiques avec silex 
broyés et contournés dans une partie moyenne, qui sont bordés 
vers le NE par des schistes ménilitiques ordinaires redressés, 
tandis que vers le S W ils contiennent des bancs bruns chocolat 
de grès riche en yétrole. Il s'agit donc ici certainement du niveau 
inférieur de la série ménilitique. D'après les forages ces couches 
ne se prolongent pas en profondeur; elles forment un lambeau 
de recouvrement, pincé dans le Miocène de l'avant-pays. 

Pli autochtone en profondeur et limite de la région produc- 
tive. — Comparée avec la nappe très compliquée de Mraznica, 
la série autochtone prend en général l'aspect d'un vaste flanc 
d'anticlinal qui plonge doucement vers l'intérieur de la chaîne. 
Les épaisseurs des couches semblent n'avoir été que fort peu 
réduites par la nappe qui les recouvre; elles peuvent être défi- 
nies comme suit : 

Couches de Dobrotôw 600- 650 m 

Schistes ménilitiques typiques 160- 200 » 



La zone externe, à sa limite NE du champ productif et au 
delà, contraste de façon frappante avec cette régularité de la 
zone interne : les couches de Dobrotôw sont fortement et irré- 
gulièrement redressées au NE de Boryslaw sans qu'il soit pos- 
sible de déterminer les anticlinaux. Dans les mines de cire de 
Boryslaw les couches de Dobrotôw, composées d'argile grise 
à plaquettes, de grès pétrolifère (odeur de benzine) et de 
bancs de grès gris sont même tellement broyées et brisées qu'il 
est difficile par places de distinguer la stratification du clivage. 
La cire, si précieuse, s'est déposée sur les miroirs de glissement 
qui coupent les couches en tous sens. Elle représente un résidu 
du pétrole qui a été chassé de la profondeur par le refoulement 
tectonique et qui s'est déposé par suite du refroidissement, de 
la diminution de la pression et de révaporation de la benzine. 
Les forages ont montré que les mines de cire sont placées exac- 



Silex et grès de Boryslaw 
Eocène stérile 
Eocène productif 



30- 50 >» 
60 »; 
250- 300 » 



Oligocène el Eocène autochtone 



1000-1200 » 



CHAMP PÉTROLIFÈRE DE BORYSLAW 



297 



tcment sur le bord externe de la région productive pétrolïfère 
(pl. I). 

Quelques forages, jadis productifs, creusés près du bord dans 
les couches de Dobrotôw et les couches niénilitiques normales 
de 500 à 900 m, ont été approfondis. Après avoir dépassé la 
série ménilitique et la série éocène normale, ils ont traversé des 
schistes niénilitiques renversés, et se terminent dans les marnes 
grises de Dobrotôw qui sont ici stériles. Le puits « Petrunio », à 
Tustanowice par exemple, situé à 400 m au SW de la marge 
productive, au milieu d'une section qui donnait, il y a 10 ans, 
une production excellente à 900 m dans le grès de Boryslaw, 
a atteint en été 1918 une profondeur de 1648 m, mais malgré 
de longs travaux, son approfondissement n'a pu être poussé 
plus loin à cause de volumes de boue grise montant de la pro- 
fondeur. 

Ces faits nous font supposer que la série productive en pro- 
fondeur forme un pli frontal couché et accentué, peut-être même 
chevauchant. C'est ce front tectonique qui limite la région pro- 
ductive vers le NE et c'est pourquoi les puits les plus externes 
ne donnent que des productions très irrégulières dans les hori- 
zons supérieurs seulement (pl. I). 

Les couches de Dobrotôw et le Miocène étant on continuité 
vers l'avant-pays, il semble que le grand pli couché dans la pro- 
fondeur représente ou V autochtone ou un pli par autochtone. 

Dans le profil longitudinal on reconnaît une culmination à 
Boryslaw qui correspond approximativement avec le cours de 
la Tysmienica. Le silex ménilitique atteint vers le front sa plus 
grande hauteur à 400 m environ sous le niveau de la mer (pl.I). 
Plus loin vers ESE l'axe semble être incliné très doucement, 
de 100 m sur 2 km de distance, tandis que le front du pli est 
dirigé encore plus vers l'avant-pays; puis l'abaissement d'axe 
semble s'accentuer en même temps que le front se retire. La 
limite productive vers le SE et le S, où les forages deviennent 
de plus en plus profonds, est causée par l'eau salifère qui 
s'étend de plus en plus dans les grès pétrolifères (Tustanowice). 
Ce n'est que dans le profil culminant de la Tysmienica et ses 
environs que l'eau n'a pas encore envahi ces grès vers le SW. 

La limite de l'ouest est encore énigmatique. On peut supposer 



298 



CHAMP PÉTROLIFKRE DE BORYSLAW 



que le front du pli couché autochtone s'abaisse et se retire à la 
fois brusquement. 

Origine et accumulation du pétrole. 

Il y a peu d'années on ne connaissait comme niveau produc- 
tif à Boryslaw que l'Oligocène. D'après la théorie de Fôtterle 
(1867), reprise et vigoureusement défendue par E. Siegfried 1 , 
en 1912, du point de vue moderne des grands chevauchements, 
tout le pétrole de la Galicie doit provenir des schistes ménili- 
tiques et avoir émigré dans les séries normales ou chevauchés 
superposées. A Boryslaw on ne pourrait donc prévoir aucun ni- 
veau autochtone en dessous des schistes ménilitiques. Les faits 
nous prouvent le contraire, en confirmant une observation de 
R. Zuber 2 qui, déjà en 1904, avait constaté dans le puits « Freund 
N° 8 » de 1315 m, de l'argile rouge éocène et des grès éocènes 
productifs. 

L'état actuel des forages permet de distinguer dans la série 
autochtone de Boryslaw les niveaux pétrolifères suivants, du 
haut au bas : 

1. Dans les fentes et dans les intercalations gréseuses de 
Y argile salifère miocène. 

2. Dans les couches de Dobrotôw, premiers horizons de bonnes 
productions éruptives à 500 m environ (« Sienkiewicz » 530 m). 

3. Grès intercalés dans les schistes ménilitiques. 

4. Grès de Boryslaw (sous les schistes ménilitiques). 

5. Grès intercalés dans les marnes éocènes à plusieurs hori- 
zons sur une épaisseur de 250 à 300 m. 

6. Grès de Jamna (?). 

Dans la nappe de Mraznica il faut noter encore : 

7. Les couches de Ropianka à inocérames crétaciques, qui, à 
Mraznica, ont donné pendant de longues années des productions 
peu profondes (pl. I). 

On sait que le grès de Jamna, complexe gris, très poreux et 
puissant, ne contient généralement que de l'eau. Mais il semble 

1 E. Siegfried, Die Naphtalagerstàtten der Umgebung von Solotwina, 
Verlag f. Fachliteratur, YVien-Berlin-London, 1912, p. 42. 
- D'après H. Hôfer, Das Erdôl, 1909, p. 302. 



CHAMP PETROLIFERE DE BORYSLAW 



29!) 



que dans les conditions tectoniques extraordinairement favora- 
bles de Boryslaw près du front du pli autochtone, c'est le grès 
de Jamna qui a donné les dernières grandes productions érup- 
tives de pétrole qui ont. il est vrai, diminué rapidement pour 
être remplacées par de l'eau (pl. I). 

Les niveaux les plus importants actuellement connus sont le 
grès de Boryslaw et les grès de l'Eocène. Cela a été un grand 
événement pour Boryslaw quand, en été 1918, le puits célèbre 
« Naphta N° 30 », est devenu productif à 1442 m de profondeur, 
dans l'Eocène, donnant régulièrement une quantité de 20 wagons 
de pétrole par jour (pl. I). Peu de puits, du reste, en dehors de 
ceux ouverts près du front du pli, sont entrés jusqu'ici dans 
l'Eocène productif. 

Parmi les 7 horizons mentionnés, on peut distinguer des 
horizons primaires et des horizons secondaires. Il semble que le 
pétrole du Miocène et des couches de Dobrotow au front de la 
région productive se trouve surtout en position secondaire, 
immigré (sur les fentes bien visibles dans les mines de cire) des 
horizons inférieurs. Mais, à mon avis, il existe aussi, par exemple 
dans la région de Dobrotow et de Bitkow-Solotwina,des niveaux 
productifs primaires dans les couches de Dobrotow. 

Quant aux couches de Ropianka du Crétacique, formées de 
schistes et de grès calcaires durs et non poreux, il me semble 
que l'accumulation s'est produite dans les parties les plus frois- 
sées sous la pression tectonique (pl. I). M. J. Hempel a observé 
des gouttes de pétrole sombre incluses dans le calcaire gréseux 
à Fucoides non bitumineux, qui s'évaporent bientôt à la surface. 

Les niveaux inférieurs N os 3-5 de la série autochtone repré- 
sentent aussi, à mon avis, des horizons primaires, dans lesquels 
le pétrole s'est accumulé dans les parties élevées du pli sous la 
pression hydrostatique-tectonique. Les résultats des forages à 
Boryslaw confirment donc pleinement les idées de Hôfer et de 
Zuber, et sont contraires aux théories de la migration à travers 
des séries entières dans le sens de Siegfried. 

Mon collègue M. J. Hempel, de Boryslaw, a bien voulu nfin- 
former encore des faits intéressants suivants : 

Le puits « Kosak » de la société « Flûssige Brennstoffe », à 
958 m, près de la base des couches de Dobrotow. semble avoir 



300 



CHAMP PETROLIFERE DE BORYSLAW 



touché une faille et a produit de ce niveau 5 wagons de pétrole 
pendant une courte durée de temps. Approfondi ensuite, il n'a 
donné aucun pétrole dans la traversée du grès de Boryslaw à 
1250 m, ni des horizons supérieurs de l'Eocène. Ce n'est qu'à la 
base de l'Eocène, à 1600 m environ, qu'il a produit 24 wagons 
d'un pétrole riche en paraffine et accompagné de beaucoup de 
gaz pendant le premier jour ! 

Le puits « Galicia N° 16 » a donné, à 1150 m, 3 à 4 wagons par 
jour, tandis que le puits voisin N° 15, à 70 m de distance et à 
1180 m de profondeur, n'en a donné que des traces, quoique les 
deux puits aient traversé le même grès de Boryslaw épais de 
40 m et composé de bancs de 0.5-1 m de grès poreux (à la base 
le grain est plus gros), séparés par des schistes bitumineux. 
Sous la pression de 100 atmosphères au moins le pétrole n'a pas 
même émigré à travers les schistes minces qui séparent les 
bancs de grès poreux! Le fait qu'il existe fréquemment des 
irrégularités singulières d'imprégnation dans les mêmes niveaux 
sans intercalation de couches non poreuses est connu de beaucoup 
de géologues. Le puits « Galicia N° 1 5 » îut approfondi et a produit 
à 1325 m, dans l'Eocène, 2.5 wagons par jour. Plus tard le puits 
N° 16 a donné un résultat analogue à la traversée de l'Eocène. 

Ces cas singuliers exceptés, la concentration du pétrole, dans 
son ensemble, est certainement due à la grandeur extraordi- 
naire, à la forme en demi-dôme du flanc normal et à la 'profon- 
deur de l'anticlinal autochtone de Boryslaw. Ce pli profond a 
une largeur reconnue actuellement de 3 km et une hauteur 
(Sofia à Sienkiewicz) de 700 m; le flanc normal est donc incliné 
de 25°/ 0 ou 15° en moyenne. Mais ses dimensions réelles sont 
très probablement triples. Vu V importance fondamentale des 
dimensions des plis, il est étonnant de voir publier encore si 
souvent des rapports avec profils sans échelle ! 

Il résulte de cette étude que le bord autochtone des Carpathes 
galiciennes devrait offrir encore d'autres anticlinaux productifs 
semblables à celui de Boryslaw. On a rencontré en effet, à plu- 
sieurs endroits de lavant-pays, de grandes accumulations de 
pétrole, spécialement dans les couches de Dobrotow (Dolina, 
Dzwiniacz, Starunia etc.). mais le champ de Bitkow est resté 
jusqu'à présent le seul qui ait encore été exploité avec un succès 



Pl. I, 



et R. Zubcr). 



lorodyszcie B o r y s I a w 

644 Naphfa N°30 Sienkiewicz Mine de Cire 




Arch. des Se. phys. el nat., juillet-août 1910. 



Pl. I. 



Coupe schématique Boryslaw-Schodnica, Galicie, 1 : 35,000 (partie de Mraznica d'après J. Hempel et R. Zuber). 



s w 



Schodnica 



Jocnb 



Tysmienica Mraznica 



Horodyszcie 
Sofia N°l 644 



Boryslaw 
Naphfa N°30 Sienkiewiez Minp de Cire 




Niveau de la Mer 



1000 




NE 



Jim Heinl 
del 



1 = Couches de Ropianka ) . 

2 = Grès de Jamna j Crétac.que 

3 = Jîocène 



4 = Série ménilitiqiic j 

a) grés de Boryslaw [ 

b) silex J 01 'K 0,:ene 

5 = Couches de Dobrotiiw I 

6 = Argile salifére, miocène 
+ blocs exotiques de calcaire tithonique 




A B c D 




Fig. 2. — Profils stratigraphiques du contact eocéne-oligocéne. 
A. Hypne — B. Opor près Pobuk — C. Borysla\v-Tysmienica — I). Boryslaw en profondeur 

d'après Tolwinski. 



I. schistes marneux bleuâtres. — 2. marnes en plaquettes. — 3. grès de Boryslaw pétrolîfére). — 

4. schistes ménilitiques de base. — 5. silex ménilitique. — 6. shale siliceux blanc, "a schistes 
ménilitiques avec bancs de silex noir. — 'b. schistes méo. gréseux. 7c. grès pétrolifère. — 

5. grand complexe de schistes ménilitiques. 



CHAMP PETROLIFERE DE 1JORYSLAW 



301 



durable. Dans l'avant-pays de plaine les grandes lignes tecto- 
niques sont difficiles à déterminer à cause du petit nombre 
d affleurements et de la fréquence des complications tectoniques 
(froissements). Mais il est hors de doute que des études géolo- 
giques minutieuses combinées avec des sondages profonds offri- 
raient de grandes chances de succès dans des régions autoch- 
tones non productives encore. 

Age du plissement. 

Tandis que les nappes de la Tatra et les nappes austro-alpines 
ont, d'après Lugeon et Uhlig, commencé leur marche dans la 
période crétacique, le plissement et la marche en avant de la 
large zone des Beskides de même que les nappes helvétiques des 
Alpes suisses, se sont produits après l'Oligocène. En effet, la nappe 
de Mraznica a marché sur 2,5 km au moins au-dessus de l'argile 
salifère miocène, et la nappe de Bitkow, plus au SE, sur 7 km au 
moins. Dans la région de Kosmacz, près de la Bukowina, le Mio- 
cène est connu encore plus à l'intérieur dans les Carpathes 1 . 

D'autre part on ne connaît sur le front des Carpathes aucun 
indice de plissement plus ancien que le Miocène, les érosions 
anciennes (Eocène) étant dues à des mouvements épirogéniques 
non toujours correspondants à des fronts de nappes charriées. 

Dans l'avant-pays, sur le ruisseau de Jasienica au N de 
Boryslaw, on peut bien observer une légère discordance entre 
un conglomérat du Miocène supérieur ou du Pliocène, formé en 
majeure partie de galets de quartzite vert, et l'argile salifère 
fortement redressée sous-jacente. D'après Grzybowski et Hôfer 
l'argile salifère elle-même repose en poches discordantes sur les 
couches de Dobrotow, mais je n'ai pas pu vérifier cette opinion. 

En tout cas on peut dire qu'à Boryslaw la nappe beskidiennede 
Mraznica s'est avancée après la fin de l'Oligocène et que le 
plissement a continué pendant le Miocène récent et même pro- 
bablement pendant le Pliocène, comme dans l'avant-pays de la 
Roumanie. 

1 Consulter Jao Nowak, Jednostki tektooiczne polskich Karpat Wschod- 
nich, Archiwum Naukoive, Lwôw, 1914. 



ETUDE 

PHYTOPLANCTONIQUE, EXPÉRIMENTALE 
ET DESCRIPTIVE 

des eaux du Lac de Genève 

PAK 

Louis HEVEKDIN 

(Avec 1 planche hors texte, 1 graphique et 111 figures 
dans le texte;. 



Introduction. 

Ce travail a été effectué au laboratoire de l'Institut de bota- 
nique de Genève sous la direction de M. le professeur Chodat. 
Qu'il me soit permis, en commençant, de lui exprimer toute ma 
reconnaissance pour les bons conseils qu'il n'a cessé de me don- 
ner, pour l'intérêt qu'il m'a témoigné dans mon travail et pour 
l'obligeance inlassable avec laquelle il a mis à ma disposition 
soit sa riche bibliothèque algologique, soit les résultats de sa 
longue expérience en matière algologique. 

Mes premières recherches datent du mois d'octobre 1916. 
J'ai pensé qu'il était nécessaire, eu premier lieu, de me mettre 
au courant de la flore planctonique du lac Léman. Malheu- 
reusement, durant ces années de guerre, il me fut impos- 
sible d'utiliser le fameux bateau « Edouard Claparède » mis à la 
disposition de feu le professeur Yung pour ses recherches de 
zoologie lacustre. Ainsi le territoire d'exploration devenait plus 
restreint. Je devais me contenter d'étudier la flore superficielle. 
Pouvant être appelé à plusieurs reprises au service militaire, il 
m'était difficile d'entreprendre un travail suivi durant une ou 



ÉTUDE DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



303 



deux années. On ne sera donc pas étonné de ne pas voir figurer 
dans ce travail des études se rapportant aux variations quantita- 
tives du plancton ou de certaines espèces durant ces dernières 
années. Je ne disposais pour ces recherches que d'un modeste 
bateau à rames et de quelques filets d'un type très simple. La 
plus grande partie des pêches furent effectuées entre le Port- 
Noir et l'Ariaua, quelques-unes en face d'Hermance; en outre 
M. l'ingénieur Bétant, directeur du Service des Eaux de la ville 
de Genève, a bien voulu me remettre des échantillons de planc- 
ton pris directement sur la conduite d'arrivée de l'eau d'alimen- 
tation de la ville. Je lui adresse ici mes remerciements. On trou- 
vera dans ses travaux 1 d'utiles renseignements sur la répartition 
annuelle du plankton à la profondeur de 15 m, qui est celle de 
l'entrée de la conduite en face de Pregny. J'ai fait aussi quelques 
filtrages directement au robinet du laboratoire, spécialement 
lorsque le temps empêchait toute sortie sur le lac. 

J'exposerai le résultat de ces nombreuses pêches dans la 
deuxième partie de ce travail. Dans la première partie je trai- 
terai le côté expérimental de mes recherches sur les algues 
planctoniques au point de vue de leur survivance, de leur résis- 
tance et de leur culture. 

PREMIÈRE PARTIE 
Chapitre I. — Recherches sur la survivance, la résistance 

ET LA CULTURE DES ALGUES PLANCTONIQUES. 

Jusqu'ici les algologues se sont surtout efforcés de décrire les 
multiples formes rencontrées dans le plancton, d'en tracer la 
biologie et d'en découvrir les courbes de variation. Ainsi, peu 
à peu, la systématique s'est enrichie d'une manière étonnante. 
Malgré tous ces travaux, la partie systématique de la plancto- 
logie est loin d'être terminée; le sera-t-elle du reste jamais? Il 

1 A. Bétant. 1° Observations sur le plankton de lVau du lac de Genève : 
1914 à 1917. Février 1918. 2° Essais de traitement du plankton par le 
sulfate de cuivre. Février 1918. 3° Id. Expériences de 1918. Genève, 
mars 1919. 



304 ÉTUDE P H YTOPL ANC TONIQUE 

me semble qu'aujourd'hui le devoir des planctologues est de se 
tourner du côté de l'expérience, ce qui nous permettra de nous 
orienter un peu plus facilement dans cette multitude de formes 
et de jeter des bases moins fragiles qu'actuellement sur les 
variations soit des formes elles-mêmes, soit de leur répartition 
dans nos eaux. 

Tous ceux qui se sont occupés des algues planctoniques savent 
combien ces organismes sont délicats et combien il est difficile 
de les conserver vivants durant un long laps de temps qui per- 
mettrait de les suivre dans leur évolution complète. Les cultures 
pures des bactéries, des algues vertes et des champignons ont 
rendu à la science de tels services qu'il faut bien espérer que de 
pareils résultats seront un jour ou l'autre obtenus pour les 
algues planctoniques. C'est à cet effet que j'ai entrepris quelques 
expériences qui ont surtout en vue de préparer le terrain dans 
cette voie. 

Mes essais ne datent que du mois de décembre 1918. Pour les 
raisons déjà indiquées, je n'aurais pu les entreprendre avant. 
Je crois que les résultats obtenus jusqu'ici méritent d'être 
signalés dès maintenant. Il s'agissait de récolter du plancton 
frais et de l'ensemencer dans des milieux définis pour se rendre 
compte pour chaque espèce en particulier de sa résistance, de 
sa survivance et de sa multiplication dans ces différents milieux. 
Le matériel se composait d'une série de flacons Erlenmeyer de 
200 cm 3 , de flacons de 400 cm 3 et de boîtes de Pétri avec plaques 
en porcelaine dégourdie. 

Les solutions nutritives stérilisées étaient les suivantes : 
1° eau du lac, 2° Detmer sans fer, 3° Detmer avec fer (0.1 °/ 00 ), 
4° Richter. 

Detmer (sans te r ) : 

Eau distillée 
Azotate de calcium 
Chlorure de potassium 
Sulfate de magnésium 
Phosphate de potassium 

Detmer (avec fer) : 

Idem. -\- 0,1 gr. chlorure ferreux FeCl 3 



1000 gr. 

1 ' » Ca 2 NO s 

0.25 » KCI 

0,25 » MgSO' 

0.25 » KH-'PO 4 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



305 



R i c h t e r : 



Eau distillée 


1000 gr. 




Chlorure de potassium 


0,2 1 » 


KCI 


Nitrate de potassium 


0,2 » 


K 2 N0 3 


Sulfate de magnésium 


0,05 » 


M K S0 4 


Silicate de potassium 


0,01 » 


K 2 Si0 3 


Sulfate ferreux 


traces 


FeSÔ 4 



Les algues planctoniques vivant dans notre lac se trouvent 
dans un milieu extrêmement pauvre en sels dissous. Dans 
1000 gr de l'eau de surface on ne trouve que 0,175 gr de sels 
dissous. 

Les solutions nutritives n'ont pas été employées dans leur 
composition normale mais diluées au Vio* Vso» 7ioo« Ainsi nous 
pourrons nous rendre compte de l'influence de la concentration. 

J'ai pensé aussi que la lumière devait jouer un certain rôle 
dans la vie des algues planctoniques. Pour reconnaître son 
influence, j'ai placé certains milieux à la lumière naturelle, 
d'autres sous des filtres colorés formés par deux cloches à double 
parois (cloches Sénebier) contenant l'une du sulfate de cuivre 
ammoniacal à 1 °/ 0 , l'autre du bichromate de potassium à 3%. 
L'examen spectroscopique montre que sous la cloche bleue ne 
passe qu'une moitié du spectre allant du jaune au violet, le 
jaune étatit très faible; sous la cloche jaune ne passent que les 
rayons allant du vert au rouge. 

Finalement un troisième lot se trouvait à l'obscurité d'une 
chambre noire. 

L'aération de l'eau devant entrer en ligne de compte, j'ai 
réalisé dans ce but le système de cultures que je nomme dès à 
présent les « cultures aérées » pour n'avoir pas à y revenir. 
Dans ce but j'ai employé des flacons de 400 cm 3 ; le bouchon est 
percé de deux trous dans lesquels passent deux tubes de verre: 
le tube d'arrivée plongeant dans le liquide, terminé par une 
sphère percée de plusieurs petits trous dans le but d<> régula- 
riser l'entrée de l'air, et le tube d'aspiration ne plongeant pas 
dans le liquide. Ces deux tubes sont munis d'un bouchon 
d'ouate qui, tout en laissant passer l'air, arrête le> poussières 
qui pourraient être entraînées. 

Ces cultures aérées étaient mises en relation avec une trompe 

Archivks, Vol. L. — Juillet-Août 1919. 21 



306 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



à eau et ceci durant une demi-heure par jour pour chaque 
flacon. 

Les cultures sur plaques ont été faites de la manière suivante- 
La plaque de porcelaine dégourdie était mise dans une boîte de 
Pétri de petite dimension, le liquide nutritif arrivant à mi- 
hauteur de la plaque; le tout est placé dans une grande boîte 
de Pétri avec couvercle, une couche d'eau entre les deux Pétri 
empêchant une évaporation trop rapide. 

En se reportant au graphique ci-joint on trouvera au-dessous 
de chaque lettre D (début des expériences) les milieux sur les- 
quels ont porté ces recherches. J'ai pensé que pour une pre- 
mière orientation, il était inutile de multiplier par trop ces essais. 

Pour ensemencer ces milieux j'ai employé du plancton frais 
péché le 18 décembre 1918, à la surface du lac de Genève, entre 
l'Ariana et le Port-Noir. Afin d'obtenir un ensemencement éga-^ 
dans chaque milieu, j'ai remué activement le sédiment dans 
500 cm 3 d'eau du lac, puis avec une pipette j'ai prélevé 2 cm 3 
de cette solution pour ensemencer chaque flacon ; ainsi la 
concentration était presque rigoureusement la même pour cha- 
cun d'eux. Après l'inoculation on ne voyait apparaître qu'un 
léger trouble au fond de chaque flacon. 

Pour les cultures sur plaques, j'ai ensemencé le même nombre 
de gouttes sur chacune d'elles. 

L'analyse du plancton d'inoculation, celui du 18 décembre 1918, 
fournit les résultats ci-dessous. Je donne la liste des organismes 
rencontrés dans l'ordre décroissant que je divise en trois 
groupes : 

1° Algues dominantes (en très grand nombre). 

2° Algues fréquentes. 

3° Algues plus rares ou même isolées. 

1° Asterionella ; Synedra; Fragiiaria. 

2° Dinobryon diveryens; Coccomyxa ; MaUomonas elongata, 
spec. nov. ; Cymatopleura; Ankistrodesmus yeneveusis; Cosmu- 
rium depressum, var. planctonicum ; Peridinium tabulai a m ; 
Ceratium ; Botryococcus. 

3° Closterium Nordstedtii, aciculare; Oocystis; Pediastrum; 
Sphaerocystis; Melosira; Achnanthes; Mesocarpus ; Ulothrix; 
Scenedesmus , Cryptomoaas. 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



307 



Ce plancton est caractérisé par la forte prédominance des 
Diatomées purement planctoniques accompagnées, il est vrai, 
d'Algues vertes, mais ces dernières, si elles sont variées quant 
à leur genre, sont tout de même peu nombreuses. 

Parmi les Dinoflagellés on ne rencontre guère que le Peridi- 
nium tabulatum et quelques Ceratîum. 

Les Flagellés ne sont représentés que par les Dinobryon, les 
Mallomonas et les Cryptomonas. 

Il est utile de noter la présence de ces Flagellés, car nous 
verrons dans la suite que c'est surtout dans ce groupe que la 
survivance est la plus courte en mettant à part les Cryptomonas. 

La présence des Cymatopleura, des Closterium, des Pedias- 
trum ainsi que des Algues vertes filamenteuses, qui paraît assez 
surprenante à première vue dans une pêche de surface, s'ex- 
plique par le fait que cette pêche a été effectuée quelques jours 
après une bise assez violente; les unes étant ramenées à la sur- 
face, les autres amenées des régions littorales. 

Examinons maintenant ce qui est advenu de ces cultures 
après 30 et 60 jours et pour ceci reportons-nous au graphique. 
Sous les lettres D, comme je l'ai déjà dit, les rectangles noirs 
représentent la quantité du plancton au 18 décembre 1918. Les 
augmentations en algues vertes sont marquées par les rectan- 
gles plus grands noirs ; en Diatomées purement planctoniques 
(Asterionella, Synedra, Fragilaria, Cyclotella) par les traits 
verticaux; en Diatomées non planctoniques (Achnautes) par les 
quadrillés. Les colonnes 30 et 60 indiquent l'état des cultures 
30 et 60 jours après l'inoculation. 

§ 1. — Cultures en solutions a la lumière naturelle. 
A. 30 jours après l'inoculation. 

On obtient pour les différents milieux les résultats suivants : 
a) Detmer (sans fer) 1/10. 

L'augmentation est nulle ; tous les Flagellés ont disparu. Los 
Peridinium sont sous la forme de kystes ou nagent librement 
sous la forme nue (Gymnodinium). 

Les Diatomées planctoniques sont fortement détériorées: la 
meilleure conservation s'observe pour les FragUaria. 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 309 

Les Cymatopleara sont encore bien conservés. 

Parmi les Algues vertes, les Chlorella commencent à se mul- 
tiplier; VAnkistrodesmus yenevensis subit une déformation, sa 
forme est plus courte, les cellules filles deviennent triangulaires 
allongées. Il n'y a plus de grandes colonies. 

Les Sphœrocystis se desagrègent aussi. 

Quelques filaments de Mesocarpus se développent. 

Parmi les Algues filamenteuses apparaissent aussi quelques 
filaments d'Hormospora qui ne sont sans doute que des états 
plus ou moins gélifiés des Ulothrix, et quelques jeunes thalles 
d'un Microthamnium. 

b) De t mer (avec fer) 1/10. 

L'augmentation est très marquée. Les cultures sont d'un 
beau vert. 

Des Flagellés on ne retrouve plus que les Çryptomonas qui 
continuent à se développer et sont très mobiles; cependant on 
trouve aussi quelques stades gélifiés contenant un nombre plus 
ou moins grand de Cryptomonas sans fiagellum. Nombreux 
Gymnodinium accompagnés de quelques kystes du Peridinium. 

Les Diatomées planctoniques sont bien conservées mais ne se 
divisent plus. 

Les Cymatopleura montrent une grande accumulation de 
globules huileux dans le protoplasma, 

Mais, dans son ensemble, l'augmentation est due aux Algues 
vertes et spécialement par les Scenedesmus, les Sphœrocystis 
sous forme de zoospores, les Chlorella et Ankistrodesmus gene- 
vensis modifiés. 

On retrouve aussi : Cosmariam, Oocystis, Closterium acicidare 
et Cl. Nordstedtii, Scenedesmus stade Dactylococcus, Mesocarpus, 
Ulothrix, Microthamnium, Stigeoclouium. Parmi les formes très 
rares au début, signalons le développement d' Ankistrodesmus 
acicidare et fasciculatum, ainsi que celui des Oscïllatoria. 

c) Richter 1/10. 

Comme pour le Detmer sans fer au 1/10. l'augmentation est 
nulle. Plus trace de Flagellés; quelques rares Gymnodinium et 
kystes de Peridinium. Les Diatomées planctoniques sont com- 
plètement détruites. Les Cymatopleura persistent seuls. 

Les Algues vertes sont représentées parles formes suivantes : 



310 



ÉTUDE PHYTOPLAK OTONIQUE 



Ankistrodesmus genevensis, fasciculatum; Sphserocystis encore 
en colonies ; Stichococcus, TJlothrix, Oocystis. 

d) Eau du lac. 

Dans ce dernier milieu, déjà après 30 jours on remarque une 
forte diminution. 

Tous les Flagellés ont disparu ainsi que les Diatomées plane- 
toniques; quelques Cymatopleura remplis de réserves huileuses 
persistent. A côté de kystes de Peridinium, on trouve des Gym- 
nodinium encore mobiles. 

Les Algues vertes sont très rares, ce sont des Chlorella, 
Scenedesmus, Ankistrodesmus genevensis, Closterium acicidare 
et Cosmarium. 

Je signale aussi la persistance d'une chaîne de 10 cellules du 
Tàbellaria fenestrata. 

La description qui vient d'être donnée de l'état des cultures 
après 30 jours dans ces quatre milieux me permettra d'être 
bref dans l'analyse des cultures au bout du même temps pour 
des concentrations différentes, c'est-à-dire pour les solutions au 
1/50 et au 1/100. 

e) Detmer (sans fer) 1/50. 

Le développement est plus accusé que dans les solutions au 
1/10, il y a même une augmentation marquée due aux Algues 
vertes, Se développent activement : les Chlorella, Scenedesmus, 
Ankistrodesmus genevensis, Sphaerocystis soit isolés, soit en 
colonies, Hormospora, Stichococcus, TJlothrix, Mesocarpus, SU- 
geoclonium. 

On retrouve aussi quelques Cosmarium qui n'existent plus au 
1/10, ainsi que de Cryptomonas mobiles. Pour le reste il y a 
concordance avec la solution au 1/10. 

f) Detmer (sans fer) 1/100. 

Là encore nous avons une augmentation mais plus faible 
qu'au 1/50. Ici elle est due au développement des Stichococcus, 
Chlorella, Hormospora, Mesocarpus. Les Scenedesmus et Ankis- 
trodesmus sont plutôt rares. 

g) Detmer (avec fer) 1/50. 

L'augmentation est plus faible qu'au 1/10 ; sa composition est 
la même qu'au 1/10 à part l'absence des Oscillatoria . 

h) Detmer (avec fer) 1/100. 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



311 



Le développement est encore moins accusé qu'au 1/50. Ici les 
Cryptomonas font complètement défaut. Il en est de même pour 
les Cymatopleura. Les Algues vertes qui se multiplient sont les 
mêmes que dans les milieux au 1/10 et 1/50. 

i) Richter 1/50. 

Pas d'augmentation. Les Gymnodinium sont immobiles, les 
Algues vertes sont plus rares qu'au 1/10. On ne trouve guère que 
Ankistrodesmus genevensis et Sphaerocystts. 

j) Richter 1/100. 

Il n'y a aucune différence entre les cultures au 1/50 et celles 
au 1/100. 

Je peux résumer les résultats auxquels conduisent ces cul- 
tures à la lumière naturelle dans les milieux liquides après 30 
jours en envisageant le sort de chaque famille séparément. 

Flagellés. — Dinobryon-Mallomonas. Ce sont les plus déli- 
cats et les moins résistants, nous ne les retrouvons plus dans 
aucun des milieux considérés. 

Cryptomonas. Ils ne se développent que dans les milieux avec 
fer. On les trouve surtout abondants dans le Detmer fer au 1/10 
à l'état libre ou gélifié. Leur développement plus faible au 1/50 
est nul au 1/100. Dans le Detmer sans fer je n'en ai retrouvé 
que dans les solutions au 1/50. Je rappelle ici que, contraire- 
ment à ce qui se passe dans les milieux avec le fer, le dévelop- 
pement général est plus fort ici au 1/50 qu'au 1/10. 

Péridiniacées. — Pour cette famille l'action favorable du fer 
se fait aussi sentir mais d'une manière moins nette que pour les 
Cryptomonas. Dans tous les milieux les Péridinium se retrou- 
vent soit à l'état enkysté, soit à l'état mobile (Gymnodinium), 
ceux-ci se développent surtout sur le Detmer fer 1/10 où ils 
sont très mobiles. Dans le Richter au 1/50 et 1/100 ils devien- 
nent immobiles. 

Diatomées planctoniques. — Partout elles sont en voie de 
régression, elles ont même complètement disparu dans le Richter 
et l'eau du lac. Dans le Detmer sans fer seuls les Fragïlaria 
sont en bon état. Dans le Detmer avec fer la plupart sont con- 
servées pour les solutions au 1/10. 

Cymatopleura. — Ils sont plus résistants que les autres Dia- 
tomées, on les retrouve dans tous les milieux, mais ils sont 



312 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



mieux conservés dans les solutions au 1/10. En général leur 
protoplasma se remplit de grosses gouttelettes huileuses. 

Algues vertes. — Développement très accusé dans les solu- 
tions Detmer avec fer, et diminuant progressivement avec les 
concentrations au 1/10, 1/50 et 1/100. 

Pour le Detmer sans fer l'accroissement est nul au 1/10, bien 
marqué au 1/50, il est plus faible au 1/100. Il n'y a pas d'aug- 
mentation dans le Richter; dans l'eau il y a réduction. 

Oscillatorires. — Les Oscillatoria ne se sont montrées que 
dans le milieu Detmer fer au 1/10 où elles se divisent activement. 

L'examen de ses mêmes cultures au bout de 60 jours donne 
les résultats que voici : 

B) 60 jours après l'inoculation. 

I. Detmer (sans fer). 

a) Solution au 1/10. 

Léger développement dû aux Algues vertes ainsi qu'aux 
Achnanthes. Quelques Fragilaria sont bien conservés ; Gymno- 
dïnium encore mobiles; Cymatopleara se maintient. Les Algues 
vertes se multiplient lentement. 

b) Solution au 1/50. 

L'augmentation continue, grand développement des C/dordla 
en particulier; plus d'état mobile Gymnodïnium. 

c) Solution au 1/100. 

Le développement se poursuit pour les Algues vertes, les 
Mesocarpus perdent leur coloration, Cymatopleara se main- 
tient ainsi qu'au 1/50. Les Gymnodïnium sont aussi enkystés. 

IL Detmer (avec fer). 

a) Solution au 1/10. 

Grande multiplication des Algues vertes. Les Diatomées 
planctoniques ne sont plus représentées que par quelques Fràr 
gilaria et des éléments isolés, désagrégés de V Asterionella. Cyma- 
topleura se maintient. Nombreux kystes de Peridinium, plusieurs 
Gymnodïnium sont encore mobiles, on y voit apparaître une 
forte pigmentation rouge. 

Les Algues vertes sont en pleine prospérité. Sont particuliè- 
rement abondantes les formes suivantes Chlorella ; Ankistrodes- 
mus aciculare, fasciculatum, genevensis ; Scenedesmus ; à côté 
nous retrouvons Closterium aciculare, Nordstedtii; Cosmarium 



DES EAUX DU LAC DE Ci EN EVE 



313 



depressum ■; Oocysiis; Sphaerocystis ; Coccomyxa, Mesocarpus, 
Ulothrix. 

Ankistrodesmus genevensis se montre sous sa nouvelle forme; 
il est fortement vacuolisé. Le Cosmarium depressum se présente 
souvent avec des divisions anormales. 

Les Oscïllatoria se développent aussi. 

b) Solution au 1/50. 

Le développement se poursuit. Les Diatomées planctoniques 
ont disparu. Cymatopleura se maintient. Kystes et Gymnodinium 
mobiles rares. Les Algues vertes se développent bien à part 
Mesocarpus qui jaunit. 

c) Solution 1/100. 

Les Algues vertes se développent. Cymatopleura reste comme 
Diatomées. Absence de Gymnodinium, états enkystés. Mesocar- 
pus est aussi détérioré. 

III. Richter. 

a) Solution au 1/10. 

Légère augmentation due aux Achnanthes. Cymatopleura en 
bon état. Péridiniacées toutes enkystées. 

b) Solution au 1/50. 

Le développement est le même qu'au 1/10. 

c) Solution au 1/100. 

L'augmentation est plus faible encore, on retrouve les mêmes 
formes. 

IV. Eau du lac. 

La diminution s'accentue. Cymatopleura se maintient. A côté 
de quelques Algues vertes isolées comme Scenedesmus Sti- 
chococcus, Sphaerocystis et Ankistrodesmus genevensis on 
retrouve les kystes des Péridiniacées. 

Comme je l'ai fait pour les cultures après 30 jours, je résume 
ici les résultats obtenus GO jours après l'inoculation en milieux 
liquides à la lumière naturelle, sans parler des Flagellés dont 
la disparition totale a eu lieu avant 30 jours. 

Diatomées planctoniques. — Les Fragiiaria ne sont con- 
servés que dans le Dctmer avec ou sans fer au 1/10. Ils sont en 
meilleur état dans le Detmer avec fer au 1/10. Les Astertonella 
ne se retrouvent que dans ce milieu, mais la forme étoilée a 
disparu, on ne rencontre que des éléments désagrégés, grou- 



314 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



pes de 2 ou 3 cellules et en plus grand nombre des cellules iso- 
lées. 

Cymatopleura. — Se retrouvent dans tous les milieux tou- 
jours avec la formation de réserves sous forme de gouttelettes 
huileuses. 

Péridiniaoées. — Les formes enkystées se retrouvent dans 
tous les milieux. Les Gymnodinium mobiles sont encore nom- 
breux dans le Detmer fer au 1/10, plus rares au 1/50 mêlés à 
des formes non mobiles. Dans le Detmer sans fer les Gymnodi- 
nium mobiles ne se retrouvent que dans les solutions au 1/10. 
Il n'y a plus que des formes immobiles au 1/50 et des formes 
enkystées au 1/100. 

Algues vertes. — L'augmentation est sensible dans les 
milieux Detmer fer aux diverses concentrations. Dans le Det- 
mer sans fer le développement est prononcé au 1/50, moins fort 
au 1/100 et très faible au 1/10. Il est presque nul dans les 
milieux Richter ; dans l'eau du lac il y a régression. Le Meso- 
carpns périclite dans le Detmer sans fer au 1/100, dans le Det- 
mer avec fer au 1/50 et au 1/100. Dans le Detmer fer au 1/10 
Cosmariam présente de nombreux états de multiplications anor- 
males. 

Oscillatoriées. — Oscillatoria continue a se développer dans 
le Detmer fer au 1/10. 

§ 2. — Cultures sur plaques. 

Ces cultures ont été faites à la lumière naturelle et dans trois 
milieux. 1° Detmer sans fer; 2° Detmer avec fer; 3° Eau du lac. 
Elles conduisent aux résultats suivants : 

A) 30 jours après l'inoculation. 

a) Detmer (sans fer) 1/10. 

Les Flagellés et Cryptomonas ont disparu ; les Péridinacées 
ne se retrouvent ni sous la forme mobile, ni sous la forme de 
kyste. Les Diatomées planctoniques et Cymatopleura sont 
détruites. Par contre il y a un grand développement en Algues 
vertes fourni par les formes suivantes : Chlorella, très abon- 
dantes se multipliant à l'état libre ou dans les coques des Dhto- 
bryon morts, la présence de matières organiques favorisant sans 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



315 



doute le développement dans ces conditions; Stichococcus ; 
Sphaerocystis soit en cellules isolées soit en colonies sans forme 
définie, nombreux états de zoosporanges; Microthamnium : 
Scenedesmus et Ankistrodesmus sont rares. 

A côté de l'enduit vert formé par les Algues vertes se mon- 
trent des taches brunâtres qui sont dues à des accumulations 
d' Achnanthes. 

b) Detmer (avec fer) 1/10. 

Le Développement général est moins fort que dans le Detmer 
sans fer. Ici on retrouve les kystes des Péridiniacées. Parmi les 
Algues vertes ce sont les Chlorella qui se multiplient le mieux. 
Pour le reste le développement est le même que dans le Detmer 
sans fer, mais plus faible. 

c) Eau du lac. 

L'augmentation est presque nulle. On y retrouve aussi quel- 
ques kystes de Péridiniacées, à part cela seules les Algues vertes 
sont conservées. Tout le reste a disparu. 

On obtient ainsi pour les cultures sur plaques à la lumière 
les données ci-dessous au bout de 30 jours. 

Flagellés et Cryptomonas. — Complètement détruits dans 
les trois milieux. 

Péridiniacées. — Quelques formes enkystées dans le Detmer 
fer au 1/10 et dans l'eau du lac. 

Diatomées planctoniques. — Dans les trois milieux dispari- 
tion totale. Cymatopleiira ne se retrouve nulle part. 

Achnanthes. — Se développe dans les milieux Detmer et 
d'une manière plus intense dans le Detmer sans fer. 

Algues vertes. — Elles se conservent dans l'eau du lac et 
se multiplient dans le Detmer. La multiplication est aussi plus 
forte dans le Detmer sans fer. La forme la plus abondante est 
fournie par les Chlorella. Le Sphaerocystis est à l'état de cellules 
isolées ou en grosses colonies irrégulières. 

B. 60 jours après l'inoculation. 

a) Detmer (sans fer) 1/10. 

Le développement se poursuit ; le Sphaerocystis forme de nom- 
breux zoosporanges ; Stichococcus montre un protoplasma forte- 
ment vacuolisé ; Scenedesmus toujours rare se présente souvent 
sous forme de colonies liniaires à 8 ou 12 cellules juxtaposées ; 



316 



ÉTUDE PHYT0PLANCT0NIQUE 



à côté ftAchnanthes se développent de nombreuses Fragilaria 
gracilis très mobiles. Les kystes des Péridiniacées sont dé- 
truits. 

b) Detmer (avec fer) 1/10. 

Le développement se continue. Comme dans le Detmer sans 
fer Fragilaria gracilis se multiplie. 

c) Eau du lac. 

Léger accroissement en Algues vertes fourni spécialement 
par les Chlorella; Stichococcus se désarticule. 

Les résultats après 60 jours sont les suivants : 

Péridiniacées. — Les kystes ont complètement disparu. 

Achnanthes. — u Le développement se poursuit dans les 
milieux Detmer. 

Fragilaria gracilis. — Apparaît dans le Detmer sans et 
avec fer. 

Algues vertes. — Augmentation forte dans le Detmer sans 
fer, plus faible dans le Detmer fer et très légère dans Peau 
du lac. Sphaerocystis montre de nombreux états zoosporangiaux ; 
Stichococcus se désarticule dans l'eau du lac, dans le Detmer 
sans fer l'état filamenteux se maintient, ces filaments sont plus 
ou moins contournés et les cellules fortement vacuolisées. Sce- 
nedesmus se montre en chaînes de 8 à 12 cellules dans le Detmer 
sans fer. 

§ 3. — Cultures a l'obscurité. 

Ces essais ont porté sur 4 milieux : 1° Detmer sans fer 1/10 ; 
2° Detmer fer 1/10 ; 3° Richter 1/10; 4° Eau du lac. Il était à 
prévoir que le plancton ne pourrait pas se développer dans ces 
conditions, mais la formation de kystes ou de spores durables 
aurait pu se produire pour lutter contre ces conditions défavo- 
rables. Voici les résultats obtenus 30 jours après l'inoculation : 

Flagellés-Cryptomonas. — Complètement détruits, pas de 
formation de kystes. 

Péridiniacées. — Dans le Detmer Ici- et dans le Richter dis- 
parition totale; formation de kystes dans le Detmer sans fer et 
dans l'eau du lac. 

Diatomées. — Toutes détruites. 

Algues vertes. — Dans le Detmer fer et h 1 Richter aucune 



DES EAUX DU LAC! DE GENÈVE 



317 



n'a subsisté. Dans le Detmer sans fer et dans l'eau du lac quel- 
ques cellules isolées se sont maintenues, ce sont les Chlorella, 
Sphaerocystis, Cosmarium. 

60 jours après l'ensemencement la diminution s'accentue. 
Dans le Detmer fer et le Richter on ne retrouve rien du tout, 
Pour le Detmer sans fer seuls quelques kystes de Péridiniacées 
vivent encore. Ils sont détruits dans l'eau du lac où l'on ne 
retrouve que quelques Cosmarium. Comme on le voit la forma- 
tion de kystes n'a lieu que pour les Péridiniacées. 

A l'inverse de ce qui se passe à la lumière, l'action du fer 
semble néfaste au développement ou plutôt à la conservation 
des Algues vertes à l'obscurité. 

§ 4. — Cultures aérées. 

Ces essais ont porté sur les solutions Detmer sans fer 1/10 eî, 
Detmer avec fer 1/10. 

A. 30 jours après l'inoculation. 

a) Detmer (sans fer) 1/10. 

11 y a une légère augmentation qui est due, contrairement à 
ce que nous avons vu jusqu'ici, aux Diatomées planctoniques. 
Absence de Flagellés et Crgptomonas. On rencontre quelques 
Gymnodinium mobiles présentant une forte pigmentation rouge. 

Asterionella garde la forme étoilée, mais de nombreuses cel- 
lules sont mortes; Fragïlaria en rubans se développe ; Melosira 
et Cyclotella se maintiennent en bon état, il en est de même pour 
Cymatopleura remplis de réserves huileuses ; Sgnedra se mul- 
tiplie. 

Les Algues vertes sont en régression, on ne retrouve guère 
que Ankistrodesmus geueveusis plus ou moins modifié, Cosma- 
rium Sticliococcus, Ulothrix. 

b) Detmer (avec fer) 1/10. 

Le développement est beaucoup plus marqué que dans le 
Detmer sans fer, il est dû ici aussi à la multiplication des Dia- 
tomées planctoniques. 

Absence de Flagellés et des Péridiniacées. Cryptomonas se 
maintient mobile mais sa coloration tourne au vert. 

Fragïlaria se développe en rubans droits, en généra! assez 



318 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



courts ; il y a sans doute désarticulation produite par le mouve- 
ment de l'agitation de l'eau due au passage de l'air. Absence de 
rubans tordus dans le plancton frais. 

Asterionella. — Se divise activement. Dans le plancton frais 
du 18 XII. 1918 la composition des étoiles peut se déduire des 
chiffres suivants : 



Les étoiles à 8 cellules sont les plus nombreuses, lorsque ce 
nombre augmente on aboutit à la formation d'une spirale, à la 
superposition de deux étoiles dans le cas des colonies à 16 cel- 
lules ; les angles formés par les cellules ayant atteint leur déve- 
loppement normal sont presque rigoureusement égaux. 

A côté de formes étoilées se trouvaient en petite quantité du 
reste (1,5 °/ 0 ) des formes en chaînes zigzagantes, les cellules 
restent jointes tantôt par la base tantôt par le sommet. 

Il était nécessaire de rappeler ces données pour faire bien 
ressortir les modifications profondes qu'ont subies les Asterionella 
dans les cultures envisagées. Nous retrouvons ici les étoiles nor- 
males bien conservées et à côté de celles-ci de nombreux exem- 
ples d'un type nouveau que je désignerai dès maintenant sous 
le nom d' Asterionella en bande Les figures 1, 2 et 3 montrent 

1 Cette formation en bande chez Asterionella n'a été jusqu'ici rencon- 
trée dans la nature que par Woloszynska, J. Dans son travail « Ueber 
die Variabilitàt des Pkytoplanktons der Polnischen Teiche », Bull, de 
VAcad. des Sciences de Cracovie. Série B. Se. Nat. Mai 1911, il l'a repré- 
sentée à la fig. IV, sous le n° 4 et 5. Ces formations en bande de Asterio- 
nella gracillima (Hantsch). Heib. sont nombreuses au mois de janvier dans 
l'étang Janow. 



Nombre de cellules 
par étoiles 



Cas 
rencontrés 



1 

2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 
10 
11 
16 



16 
8 
14 
28 
10 
lu 
21 
33 
6 
1 
2 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



319 



de quoi il s'agit. Les cellules se divisent activement etl'écarte- 
ment reste faible entre chaque cellule, d'où la formation d'un 
groupe de 7 cellules très rapprochées (fig. 1). La division est 
encore plus rapide, les cellules restent en contact par leurs 




Fig. 1. 



deux extrémités et ne se séparent que tardivement (fig. 2). Le 
même phénomène se reproduit pour la fig. 3, augmenté dans 




Fig. 2. 



ce cas de divisions anormales pour les deux cellules externes. On 
trouvera plus loin une figure (fig. 4, p. 826) qui montre un cas 
fréquemment réalisé. Le cas extrême est celui où la tendance à 
l'écartement des cellules n'existe plus, il y a alors formation en 



320 



ÉTUDE PH YTO PLANCTON I Q U E 



bandes typiques rappelant grosso modo les colonies de Fragïla- 
ria crotonensis, cependant le nombre des cellules y est moins 
considérable, j'en ai compté 12 au maximum. 




Fig. 3. 



Si la formation de ces Asterionella en bandes s'explique faci- 
lement, les causes de cette transformation sont encore obscures. 
Est-elle due à une meilleure oxygénation provoquée par l'aéra- 
tion, à l'agitation du milieu; il est probable que ces différents 
facteurs liés à un certain milieu agissent de pair, vu que dans 
le Detmer sans fer cette modification ne se présente pas. 

Je n'ai jamais rencontré cette formation en bande dans le lac 
où Y Asterionella se présente soit en étoiles soit en chaînes zig- 
zagantes. 

Par la longueur moyenne de leurs cellules, ces Asterionella 
en bandes sont du même type que Y Asterionella formant les 
chaînes zigzagantes. 

Cymatopleura présente les mêmes caractères que dans le 
Detmer sans fer. Synedra se multiplie aussi. Si dans le Detmer 
sans fer les Algues vertes périclitent, dans le Detmer fer elles 
se maintiennent et se développent même légèrement; on y 
trouve : Chlorella; Scenedesmas; Cosmarium ; Ankistrodesmus 
aciculare; Closterium aciculare; quelques Oocystis; Sphœrocystis 
à l'état isolé, faiblement coloré; Pediastrum; puis comme Algues 
vertes filamenteuses Ulothrix? Stigeoclonium f Mesocarpm. 

30 jours après l'inoculation dans les cultures aérées, le sort 
des diverses formes est le suivant : 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



321 



Flagellés. — Disparition totale dans les deux milieux. 

Cryptomonas. — Persiste dans le Detmer fer mais verdit 
tout en restant mobile. 

Péridiniacées. — Formes Gymnodinium avec fort pigment 
ronge dans le Detmer sans fer. Absence de formes mobiles et 
de kystes dans le Detmer fer. 

Diatomées planctoniques. — Très faible développement dans 
le Detmer sans fer; les formes sont normales. Forte augmenta- 
tion dans le Detmer fer, état particulier des Asterionella, formes 
en bandes. 

Cymatopleura. — Maintenu dans les deux milieux avec accu- 
mulation de gouttelettes huileuses. 

Algues vertes. — Diminution pour le Detmer sans fer; 
augmentation dans le Detmer fer; Sphœrocystis se désagrège 
et pâlit. 

B. 60 jours après l'inoculation. 

a) Detmer (sans fer) 1/10. 

Les Diatomées planctoniques disparaissent. Asterionella est 
complètement détruite. Les bandes de FragUaria sont très 
courtes, mais la multiplication continue. Cymatopleura se main- 
tient. Achnanthes se développe ainsi que Synedra. Les Algues 
vertes continuent leur développement. Les Péridiniacées ont 
complètement disparu. 

b) Detmer (avec fer) 1/10. 

Cnjptomonas a disparu, Les Diatomées planctoniques se déve- 
loppent faiblement. La désarticulation des FragUaria s'accentue; 

11 en est de même des étoiles <ï Asterionella; la forme en bande 
subsiste. Cymatopleura persiste; Achnanthes se développe aussi. 
Les Algues vertes sont en forte augmentation fournie par 
Scenedesmus montrant de nombreuses colonies liniaires de 8 à 

12 cellules; Ankistrodesmus aciculare; Pediastrum; Closterium 
aciculare; Ulothrix; Mesocarpus dont plusieurs cellules pré- 
sentent un cbromatophore pariétal spirale analogue aux Spiro- 
gyra à cbromatophore unique; Sphœrocystis a disparu. 

En résumé, après 60 jours. 

Cryptomonas. — Disparaît totalement. 

Péridiniacées. — Disparition totale également. 

Diatomées planctoniques. — Asterionella n'existe plus dans 



Akc.hivus. Vol. 1. — Juillet-Août l'.U9. 



322 



ÉTUDE PHYT0PLANCT0NIQUE 



le Detmer sans fer, et se désarticule dans le Detmer fer. Fragi- 
laria se désarticule dans ces deux milieux. 

Cymatopleura. — Se maintient dans les deux cas. 

Achnanthes. — Commence à se développer dans les deux 
solutions. 

Algues vertes. — Légère augmentation dans le Detmer 
sans fer. Forte multiplication sous Faction du fer, excepté pour 
Sphœrocystis qui disparaît complètement. 

On voit par là que si, au début, les Diatomées planctoniques 
prédominaient, dans la suite ce sont les Algues vertes qui 
prennent un développement plus fort; la forte multiplication 
des Algues vertes à partir d'un certain temps semble nuire au 
développement des Diatomées. 

Dans les cultures à la lumière naturelle, les Diatomées ont 
disparu très rapidement ou du moins leur développement s'est 
très vite ralenti. Ici, au contraire, l'aération a largement favo- 
risé leur multiplication durant les 30 premiers jours. 

Examinons maintenant ce qu'ont donné les cultures sous 
cloches colorées. 

$5. — Cultures sous cloches jaunes. 

A. 30 jours après l'inoculation. 

a) Detmer (sans fer) 1/10. 

Les Flagellés et Cryptomonas ont disparu. Les Péridiniacées 
sont enkystées, plus d'états mobiles. Les Diatomées ne se sont 
pas multipliées, mais sont encore conservées. Parmi les Diato- 
mées planctoniques, ce sont les Fragilaria qui résistent le 
mieux; Aslerionella est le plus souvent désarticulée. Les Algues 
vertes périssent; on ne retrouve que quelques Ankistrodesmus 
genevensis; Cosmarium depressum; Scenedesmus. 

b) Detmer (avec fer) 1/10. 

Les cultures montrent la même composition que dans le 
Detmer sans fer, mais les Diatomées y sont mieux conservées. 

c) Richter 1/10. 

Les Flagellés et Cryptomonas ont aussi disparu; les kystes de 
Péridiniacées sont rares. Parmi les Diatomées planctoniques on 
ne retrouve à l'état vivant que Fragilaria; Asterionella est 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



323 



désarticulée et déjà complètement morte. Cymatopleura per- 
siste. Les Algues vertes sont plus rares. 
d) Eau du lac. 

Les Flagellés et Cryptomonas n'existent plus. Les Péridinia- 
cées sont enkystées. C'est dans ce milieu que les Diatomées 
planctoniques sont le mieux conservées, mais ici aussi Asterio- 
neila est désarticulée. Les Algues vertes sont peu nombreuses. 

Les résultats auxquels conduisent ces cultures après 30 jours 
sont donc : 

Flagellés-Cryptomonas. — Diparition totale dans les quatre 
milieux. 

Péridiniacées. — Formation de kystes dans ces milieux avec 
destruction partielle dans le Richter. 

Diatomées planctoniques. — Persistance marquée. Frayi- 
laria est vivante dans les quatre milieux. Asterionelia, partout 
plus ou moins désarticulée, est détruite dans le Richter. 

Cymatopleura. — Se retrouve partout sans présenter d'accu- 
mulation de réserves huileuses. 

Algues vertes. — Ne prospèrent dans aucun milieu. Les 
plus résistantes sont Scenedesmus ; Cosmarium; Ankystrodes- 
mus; Sphœrocystis. 

B. 60 jours après l'inoculation. 

a) Detmer (sans fer) 1/10. 

Les kystes des Péridiniacées sont conservés. Parmi les Diato- 
mées planctoniques, les Frayilaria sont encore en bon état; 
par contre Asterionelia est complètement détruite. Cymatopleura 
se maintient. Les Algues vertes sont toujours très rares. 

b) Detmer (avec fer) 1/10. 

Le développement des Diatomées planctoniques continue. 
Pour le reste, les cultures se comportent comme dans le Detmer 
sans fer. 

c) Richter 1/10. 

Pas de changement si ce nest la diminution croissante de 
Frayilaria. 

d) Eau du lac. 

Forte diminution en Diatomées; on ne retrouve guère que 
quelques Frayilaria. Cymatopleura et les kystes de Péridinia- 
cées se maintiennent. Les Algues vertes deviennent rares. 



324 



ÉTUDE PHYT0PLANCT0NIQUE 



Laissant de côtelés Flagellés et Cryptomonas, on obtient ainsi 
après 60 jours les résultats ci-dessous : 

Péridiniacées. — Les kystes se maintiennent. 

Diatomées plancton iques. — Asterionella ne se retrouve 
plus que dans le Detmer fer en éléments désarticulés. 

Fragïlaria se multiplie légèrement dans le Detmer sans fer, 
plus fortement dans le Detmer fer et diminue dans le Richter 
et dans l'eau du lac. 

Algues vertes. — Leur diminution s'accentue dans tous les 
milieux. 

Je dirai encore quelques mots concernant les chromatophores 
des Fragïlaria à la fin du paragraphe consacré aux cultures 
sous cloches bleues, ceci en vue d'établir certaines comparai- 
sons. 

§ 6. — Cultures sous cloches bleues. 

A. 30 jours après l'inoculation. 

a) Detmer (sans fer) 1/10. 

Les Flagellés et Cryptomonas ont disparu; cette absence se 
répétera pour les trois autres milieux. 

Les Péridiniacées sont sous forme de kystes; les Diatomées 
planctoniques se développent légèrement. Asterionella garde sa 
forme étoilée. Oymatopleura se maintient dans un état normal. 
Les Algues vertes sont en forte diminution; on ne rencontre 
guère que Chlorella et Ankistrodesmus. 

b) Detmer (avec fer) 1/10. 

Les kystes de Péridiniacées sont rares. On assiste à un fort 
développement des Diatomées planctoniques ; Fragïlaria se 
multiplie en grands rubans droits ou plus ou moins tordus; 
cette croissance est à opposer à celle rencontrée dans les cul- 
tures aérées. Asterionella se divise activement, on retrouve aussi 
de ces étoiles à grand nombre de cellules. Le développement de 
Synedra est aussi marqué ; Cymatopleura est remarquable par 
ses états de division nombreux et sa mobilité. 

Les Algues vertes sont en forte diminution, on ne retrouve 
guère que quelques Spaerocystis plus ou moins bien couservés. 

c) Richter 1/10. 

Contrairement aux cultures dans le Detmer, il y a ici une 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



325 



diminution. Les kystes des Péridiniacées sont mêlés aux Diato- 
mées planctoniques qui sont seulement conservées, Asterionella 
garde sa formation en étoile, mais plusieurs cellules sont vidées. 
Cymatopleura se maintient aussi. Les Algues vertes ne sont 
plus représentées que par quelques Scenedesmus et Ankistrodes- 
mas isolés. 
d) Eau du lac. 

Ces cultures se présentent avec les mêmes caractères que dans 
le Richter; cependant les Diatomées planctoniques sont toutes 
bien conservées mais ne se divisent plus non plus, par contre 
on voit déjà apparaître des taches brunes formées par Acli- 
nanthes. 

Le sort des diverses formes dans les cultures sous cloches 
bleues est le suivant après 30 jours : 

Flagellés-Cryptomonas. — Disparition totale dans les 4 
milieux. 

Péridiniacées. — Formation de kystes dans ces milieux. 
Leur nombre est plus restreint dans le Detmer fer. 

Diatomées planctoniques. — Elles se développent dans le 
Detmer et se maintiennent dans les deux autres milieux, surtout 
dans l'eau du lac, Fragiiaria forme de nombreux rubans plus 
ou moins longs qui sont soit droits, soit tordus. 

Asterionella garde partout sa forme étoilée et montre un 
développement très actif dans le Detmer fer; on assiste à la for- 
mation d' Asterionella en bande comme pour les cultures aérées 
dans le Detmer fer 1/10. 

Cymatopleura. — Se maintient dans les quatre milieux et se 
multiplie activement dans le Detmer fer ; sa mobilité est bien 
marquée. 

Achnanthes. — Commence à se multiplier dans l'eau du lac. 
Algues vertes. — Grande diminution dans tous les milieux. 
B. GO jours après l'inoculation. 
a) Detmer (sans fer) 1 10. 

Les kystes des Péridiniacées sont toujours présents. Les Dia- 
tomées planctoniques n'augmentent que très peu grâce au déve- 
loppement de Fragiiaria ; Asterionella a disparu ; Cymatopleura 
se maintient; Achnanthes se multiplie. Les Algues vertes ont 
encore diminué. 



326 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



b) .D et mer (avec fer) 1/10. 

On ne retrouve plus les kystes des Péridiniacées. Le beau 
développement des Diatomées planctoniques continue à se pro- 
duire. Fragilaria présente le même aspect que précédemment ; 
à côté des nombreuses divisions normales on assiste à la for- 
mation de cellules anormales dues à des divisions irrégulières. 

L'étude de ces formes sera reprise dans un autre chapitre 
intitulé « Des variations brusques chez les Diatomées plancto- 




Fig. 4. 



niques», voir chapitre II (p. 339). Asterionella continue à se 
diviser activement, à côté des étoiles simples, on trouve de nom- 
breux exemplaires à? Asterionella en bande ou à grand nombre 
de cellules comme celle représentée à la fig. 4. A côté de 
Synedra on retrouve Cymatopleura toujours mobile. Quelques 
CycloteUa et quelques chaînes de Melosira continuent à se déve- 
lopper. 

Les Algues vertes ont complètement disparu. 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



327 



c) Richter 1/10. 

La diminution est faible; les kystes de Péridiniacées sont en 
bon état. Parmi les Diatomées planctoniques Aster ionella n'existe 
plus ; quelques cellules de Fragïlaria sont en bonne conserva- 
tion, il en est de même pour Cymatopleura. On remarque un 
développement à' Achnanthes. La diminution en Algues vertes 
s'accentue. 

d) Eau du lac. 

La diminution est marquée. A part les kystes des Péridinia- 
cées, Cymatopleura, Achnanthes et quelques éléments encore 
vivants de Fragïlaria tout le reste a disparu. 

Avant de comparer les résultats fournis par les cultures sous 
les différentes lumières, naturelle, jaune et bleue je donne ici 
les conclusions en ce qui concerne ces cultures sous cloches 
bleues 60 jours après l'inoculation. 

Péridiniacées. — Les kystes se retrouvent dans les milieux 
Detmer sans fer 1/10, Richter, eau du lac. Ils ont complètement 
disparu dans le Detmer fer 1/10; il est vrai qu'ils étaient déjà 
rares dans ce milieu après 30 jours. 

Diatomées planctoniques. — Asterionella disparaît sauf 
dans le Detmer fer 1/10 où son développement est toujours actif. 
Fragilaria s'accroît dans le Detmer avec et sans fer et est en 
train de disparaître dans le Richter et dans l'eau du lac. Dans 
le Detmer fer on constate la présence de formes anormales. 

Cymatopleura se retrouve dans les 4 milieux. 

Achnanthes continue son développement dans l'eau du lac et 
apparaît aussi dans le Richter. 

Algues vertes. — Elles n'existent, pour ainsi dire, plus dans 
aucun milieux. 

Arrivé par ce dernier exposé au terme de la description des 
cultures après un temps donné, il est nécessaire maintenant 
d'analyser ces cultures en tenant compte des différents facteurs 
envisagés. Cette étude sera faite en deux parties ; dans la pre- 
mière j'examinerai l'influence de la lumière sur ces cultures, 
dans la deuxième l'influence de l'aération. Pour ne pas allonger 
inutilement je ne m'occuperai dans les deux cas que des cul- 
tures dans les milieux Detmer sans fer 1/10 et Detmer fer au 



328 



ÉTUDE PHYT0PLAN0T0NIQUE 



1/10, qui présentent le plus grand intérêt ; il sera facile d'après 
les descriptions qui ont été données de déduire l'influence de 
ces facteurs pour les milieux Richter et eau du Lac. 

§ 7. — Influence de la lumière. 
A De t mer (sans fer) 1/10. 

En comparant les cultures obtenues dans la lumière natu- 
relle, la lumière jaune, la lumière bleue et dans l'obscurité on 
obtient les résultats suivants : 

1° 30 jours après l'inoculation. 

En gros l'état est stationnaire à la lumière naturelle; léger 
développement en Diatomées planctoniques et réduction en 
Algues vertes à la lumière jaune ainsi qu'à la lumière bleue; 
forte diminution à l'obscurité. L'analyse du plancton donne: 

Flagellés et Cryptomonas. — Disparaissent partout. 

Périoiniacées. — Formation dekystes dans les quatre milieux ; 
persistance d'états mobiles Gymnodinium à la lumière natu- 
relle. 

Diatomées planctoniques. — Disparition totale à l'obscurité; 
à la lumière naturelle seuls quelques Fragilaria sont conservés; 
à la lumière jaune Fragilaria se développe, Asterionella se 
désarticule, mais demeure vivante; enfin à la lumière bleue il 
y a aussi un léger développement de Fragilaria et Asterionella 
garde sa forme étoilée. 

Cymatopleura se maintient à l'état normal sauf à l'obscurité, 
où il disparaît entièrement. 

Algues vertes. — Elles sont conservées à la lumière natu- 
relle et les espèces suivantes se développent : Cldorella; Anki.s- 
trodesmus; Sphœrocystis se désagrège. Quelques algues filamen- 
teuses croissent : Mesocarpus; Hormospora; Ulothrix; Micro- 
thamnium. 

A l'obscurité on ne retrouve que quelques cellules isolées de 
Cldorella, Sphœrocystis, Oosmarium. Il en est de même à la 
lumière jaune et à la lumière bleue. 

2° 60 jours après l'inoculation. 

11 y a une légère augmentation due aux Algues vertes à la 
lumière naturelle; la diminution s'accentue à l'obscurité : faible 
augmentation dans les solutions à la lumière bleue et jaune. 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



329 



Pérldiniacées. — A côté de formes mobiles Oymnodinium à 
la lumière naturelle se trouvent aussi des kystes; ceux-ci se 
rencontrent dans les trois autres milieux. 

Diatomées planctoniques. — Quelques rares Fragïlaria sont 
conservés à la lumière naturelle; léger développement dans les 
lumières jaune et bleue. Aster ionella a complètement disparu 
partout. 

Cymatopleura se retrouve dans le même état qu'au bout de 
30 jours. 

Achnanthes commence à se multiplier à la lumière naturelle 
ainsi qu'à la lumière bleue. 

Algues vertes. — Léger développement à la lumière natu- 
relle des espèces rencontrées après 30 jours. Disparition totale 
à l'obscurité. On ne retrouve plus que quelques individus isolés 
dans les lumières colorées. 

L'action des diverses lumières est la suivante pour les cultures 
dans le Detmer sans fer à 1/10. La lumière naturelle provoque 
un léger développement en Algues vertes, mais est plutôt néfaste 
aux Diatomées planctoniques; elle maintient la forme mobile 
des Péridiniacées. L'obscurité arrête tout développement et 
favorise la formation de kystes chez les Péridiniacées. Les 
lumières colorées ont une action néfaste sur les Algues vertes, 
qui disparaissent assez rapidement; par contre elles prolongent 
la vie des Diatomées planctoniques, qui montrent même une 
certaine augmentation. La lumière bleue est plus favorable; on 
voit, en effet, qu'après 30 jours Asterionella est désarticulée 
dans la lumière jaune et reste en étoile à la lumière bleue. 

Passons maintenant à l'étude de ces mêmes facteurs de lumière 
dans le cas des cultures dans le Detmer fer au 1/10. 

B. Detmer fer au 1/10. 

1° 30 jours après l'inoculation. 

D'une manière générale, on observe à la lumière naturelle un 
fort développement en Algues vertes ; dans les lumières colorées 
la multiplication presque exclusive des Diatomées planctoni- 
ques, cette augmentation étant plus forte dans le bleu; enfin, à 
l'obscurité une forte diminution due à la destruction des Diato- 
mées et d'une grande partie des Algues vertes. 

Le sort des différentes formes est le suivant : 



330 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



Flagellés. — Disparition totale dans les quatre milieux. 

Cryptomonas. — Ne se maintient qu'à la lumière naturelle 
soit à l'état mobile, soit en stades plus ou moins gélifiés. 

Péridiniacées. — Les formes mobiles ne se retrouvent qu'à 
la lumière naturelle, accompagnées de quelques kystes; ceux-ci 
sont nombreux dans la lumière jaune, plus rares dans la lumière 
bleue et complètement absents à l'obscurité. 

Diatomées planctoniques. — Elles se conservent à la lumière 
naturelle, disparaissent à l'obscurité. Dans les lumières colorées 
il y a développement, surtout dans le bleu. Fragïlaria est en 
bandes droites ou tordues; Asterionella tend à se désarticuler 
dans la lumière jaune; au contraire, dans la lumière bleue, les 
étoiles restent bien formées et les cellules se divisent activement. 

Cymatopleura. — Se conserve à la lumière naturelle et rem- 
plit son intérieur de gouttelettes huileuses; disparaît à l'obscu- 
rité; se maintient à l'état normal dans la lumière jaune et 
continue à se diviser activement dans la lumière bleue. 

Algues vertes. — Elles se développent fortement à la lumière 
naturelle; on trouve à côté des algues unicellulaires plusieurs 
algues filamenteuses; à l'obscurité elles disparaissent entière- 
ment; elles périssent en grande partie dans les lumières colo- 
rées. 

Oscillatoriées. — Les Oscillatoria ne se développent qu'à la 
lumière naturelle. 
2° 60 jours après l'inoculation. 

Le développement des cultures suit la même marche qu'après 
les 30 premiers jours; aussi je n'y reviens pas et je passe immé- 
diatement à l'analyse de détail. 

Cryptomonas. — Disparaît à la lumière naturelle. 

Péridiniacées. — Les formes mobiles se maintiennent à la 
lumière naturelle et montrent une forte pigmentation rouge; 
les kystes sont détruits dans la lumière bleue et persistent dans 
la lumière jaune. 

Diatomées planctoniques. — A la lumière naturelle il y a 
une forte destruction : on ne retrouve que quelques FragUaria 
et quelques éléments désagrégés de Y Asterionella. Au contraire, 
dans les lumières colorées on assiste à des phénomènes remar- 
quables. Il y a un nouveau développement très prononcé dans 



DES EAT1X DU LAC DE GENEVE 



331 



la lumière bleue, plus faible dans la lumière jaune; en outre, 
les différentes formes présentent des caractères spéciaux selon 
la coloration de la lumière. Ces caractères donnés par l'étude 
comparative dans les deux lumières bleue et jaune sont les 
suivants : 

Fragilaria. — Les multiplications sont beaucoup plus nom- 
breuses dans la lumière bleue que dans la lumière jaune. Les 
bandes droites ou tordues sont plus longues dans la lumière 
bleue; on observe aussi dans ce milieu des divisions anormales 
donnant naissance à des individus plus courts que la normale; 
comme il a déjà été dit à la page 326, la question de ces varia- 
tions brusques chez les Diatomées planctoniques fera l'objet d'un 
chapitre spécial; voir page 339. 

Le contenu cellulaire se présente avec des caractères particu- 
liers. Dans les bandes du Fragilaria fraîchement récolté (fig. 5). 
les chromatophores n'occupent que la partie médiane des cel- 
lules, leurs bords internes sont simples, les réserves huileuses 
sont réparties très régulièrement, on trouve dans chaque cellule 
deux grosses gouttelettes indépendantes dans la partie médiane 
et parfois une ou deux à leurs extrémités. Dans la lumière 
jaune (fig. 6), les chromatophores s'allongent et sont plus ou 
moins sinueux à l'intérieur; les gouttelettes huileuses, plus 
nombreuses dans la partie médiane, s'allongent et se fragmen- 
tent et, le plus souvent, elles semblent sécrétées par les chroma- 
tophores; on en retrouve aussi un nombre variable dans les 
extrémités des cellules. 

Les chromatophores prennent un développement considérable 
dans la lumière bleue (fig. 7); ils s'étendent souvent jusqu'aux 
extrémités des cellules, où ils sont en général élargis; leurs 
bords internes sont d'un type intermédiaire entre les deux pre- 
miers cas; les réserves huileuses disparaissent complètement. 

Asterionella. — Dans la lumière jaune le développement 
est faible, on ne retrouve plus d'étoiles complètes, les cellules 
sont soit isolées, soit groupées par deux ou trois. Dans la lumière 
bleue, par contre, la multiplication & Asterionella continue acti- 
vement; on rencontre ici de nombreuses étoiles complètes, dont 
plusieurs montrent un grand nombre de cellules (fig. 4); c'est 
aussi dans ces cultures qu'apparaissent les Asterionella en 




Fig. 7. 



DKS EAUX DU LAC DE GENEVE 



333 



bande, analogues aux formes décrites pour les cultures aérées 
dans le Detmer fer au 1/10 également (fig. 1, 2, 3). 

Je donne ici 4 dessins (fig. 8, 9, 10, 11) qui ont été exécutés 
d'après des photographies; ils permettront de comparer aisé- 
ment les résultats obtenus dans ces cultures. Les fig. 8 et 9 se 
rapportent aux cultures dans la lumière jaune, et les fig. 10 et 
lia celles obtenues dans la lumière bleue. 

Cymatopleura. — L'état est le même qu'après 30 jours, avec 
une légère augmentation dans la lumière bleue. 

Algues vertes. — Forte augmentation à la lumière naturelle 
soit des algues unicellulaires, soit des algues filamenteuses. Je 
relève deux particularités intéressantes : Ankistrodesnius est 
fortement vacuolisé; Cosmarium présente de nombreuses divi- 
sions anormales. A la lumière bleue elles disparaissent complè- 
tement; quelques rares cellules se retrouvent encore dans la 
lumière jaune. 

§ 8. — Influence de l'aération. 

Pour nous rendre compte du rôle de l'aération nous n'aurons 
qu'à comparer les résultats obtenus dans les milieux Detmer sans 
et avec fer au 1/10 dans les trois conditions réalisées à la lumière 
naturelle; 1° Cultures dans les solutions liquides; 2° cultures 
sur plaques; 3° cultures dites aérées. Pour ne pas répéter les 
analyses je donnerai seulement les conclusions concernant ces 
cultures 30 et 60 jours après l'inoculation. 

Je ne parlerai que des cultures sur plaques et des cultures 
aérées; quant aux cultures dans les solutions liquides ordi- 
naires on n'aura qu'à se reporter à ce qui a été dit dans le cha- 
pitre 1 sous les lettres A et B, chiffres 1 et 2. 

A Detmer (sans fer) 1/10. 

1° 30 jours après l'inoculation. 

Flagellés et Cryptomonas. — Disparition dans les deux 
milieux. 

Péridiniacées. — Les formes mobiles persistent dans les cul- 
tures aérées; disparition complète sur plaques. 

Diatomées plancton iques. — On ne les retrouve plus sur 
plaques, au contraire dans les cultures aérées AsterioneUa se 



334 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 




Fig. 9.- 



Cultures sous cloche jaune (d'après photographies). 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 335 




Fig. 11. — Cultures sous cloche bleue (d'après photographies 



336 



ÉTUDE PHYT0PLANCT0NIQUE 



maintient plus ou moins bien conservée en étoile ; Fragilaria 
se développe légèrement, il en est de même pour Cyclotella et 
Melosira. 

Omatopleura. — Disparaît sur plaques ; se maintient avec 
accumulation d'huile dans les cultures aérées. 

Achnanthes. — Ne se développe que sur plaques. 

Algues vertes. — Il y a un fort développement d'Algues 
uni-cellulaires sur plaques, dans les cultures aérées elles sont 
en régression. 

2° 60 jours après l'inoculation. 

Péridiniacées. — Elles ont disparu dans les cultures aérées. 

Diatomées planctoniques. — Dans les cultures aérées Fra- 
gilaria continue à se développer, mais se segmente en colonies 
pauci-cellulaires; Asterioneïla disparaît. 

Cymatopleura se maintient dans les cultures aérées. 

Achnanthes continue son développement sur plaques et appa- 
raît dans les cultures aérées. 

Algues vertes. — Sur plaques la multiplication se poursuit. 
Dans les cultures aérées celles qui avaient subsisté après 30 
jours continuent à se développer après 60 jours. 

D'après ce qui vient d'être dit on voit que l'aération totale 
(culture sur plaques) a une action néfaste sur : les Diatomées 
planctoniques, les Flagellés, les Cryptomonas, les Péridiniacées. 
Par contre elle favorise le développement des Diatomées non 
planctoniques (Achnanthes) et des Algues vertes unicellulaires. 
L'aération partielle intermittente (cultures aérées) favorise la 
persistance de l'état mobile des Péridiniacées, active pour un 
certain temps le développement des Diatomées planctoniques 
et diminue celui des Algues vertes. 

B. Detmer (avec fer) 1/10. 

1° 30 jours après l'inoculation. 

Flagellés. — Disparition totale. 

Cryptomonas se maintient seulement dans les cultures 
aérées. 

Péridiniacées. — Absence complète dans les cultures aérées, 
on retrouve des kystes sur plaques. 

Diatomées planctoniques. — Disparaissent sur plaques, par 
contre beau développement dans les cultures aérées, Fragilaria 



DES EAUX DU LAC DK GENEVE 337 

est en bandes courtes; Asterionella se multiplie activement, 
étoiles à nombreuses cellules et formes en bande. 

Cymato pleura n'est conservé que dans les cultures aérées avec 
accumulation de réserves huileuses. 

Achnanthes n'apparaît que sur plaques. 

Algues vertes. — Leur développement est peu marqué sur 
plaques; on ne trouve que des Algues unicellulaires. Dans les 
cultures aérées, unicellulaires et filamenteuses se maintiennent 
et se développent même, 

2° GO jours après l'inoculation. 

Cryptomonas. — Disparaît dans les cultures aérées. 

Péridintacées. — On ne retrouve plus les kystes sur plaques. 

Diatomées planctoniques. — Leur développement se ralentit 
dans les cultures aérées. Fragilaria et Asterionella te désarti- 
culent, mais on retrouve cependant quelques belles étoiles et 
quelques formes en bande de- V Asterionella. 

Gymatopleura persiste dans les cultures aérées. 

Achnanthes continue à se développer sur plaques et apparaît 
dans les cultures aérées. 

Aloues vertes. — Elles se multiplient aussi bien dans les 
cultures aérées que sur plaques. Dans les cultures aérées les 
Algues filamenteuses augmentent rapidement. 

Dans le Detmer fer au 1/10 nous voyons que l'aération par- 
tielle favorise le développement de Cryptomonas ; des Diato- 
mées planctoniques Asterionella et Fragilaria, les premières se 
présentant soit en étoiles à grand nombre de cellules, soit en 
bandes; ceci pour un certain temps, car après 30 jours les Al- 
gues vertes augmentent, tandis que les Diatomées ralentissent 
leur développement. A ce moment apparaissent les Achnanthes. 

L'aération totale a une influence néfaste sur : les Flagellés ; 
Cryptomonas, Diatomées planctoniques; Gymatopleura; par 
contre les kystes de Péridiniacées ne sont pas détruits. Les 
Algues vertes unicellulaires se multiplient bien et Achnanthes 
s'y montre de bonne heure. 

Pour terminer la première partie de ce travail je récapitule 
les points qui me paraissent les plus intéressants touchant à la 
résistance et à la culture des Algues planctoniques. 



A H C 1 1 1 V K s , Vol. 1 



— Juillel-Août 1919, 



338 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



1° La très faible résistance des Flagellés (Mallomonas, Dino- 
bryon. Diceras). Disparition totale avant 30 jours. 

2° La faible résistance des Cryptomonas. On les retrouve au 
bout de 30 jours dans les milieux suivants à la lumière natu- 
relle: Detmer fer 1/10, 1/50; Detmer sans fer 1/50; dans les cul- 
tures aérées Detmer fer 1/10. Ils disparaissent avant 60 jours. 

3° Lxmkystement des Péridiniacées et la survivance des états 
mobiles Gymnodinium dans les solutions Detmer fer 1/10, 1/50 ; 
Detmer sans fer 1/10 jusqu'à 60 jours à la lumière ordinaire 
seulement. 

4° La faible résistance des Diatomées planctoniques à la 
lumière ordinaire et à l'obscurité. 

5° Le beau développement des Diatomées planctoniques soit 
dans les cultures aérées, soit dans la lumière jaune et bleue et 
spécialement dans cette dernière. 

6° La fragmentation des bandes de Frigilaria dans les cul- 
tures aérées. 

7° Les différences que présentent les chromatophores du Fra- 
gïlaria dans 1<>s diverses lumières. 

8° Le changement brusque dans la longueur des cellules de 
Fragilaria sous la lumière bleue dans les solutions Detmer fer 
au 1/10. 

9° La désarticulation des étoiles de YAsterionella sous la 
lumière jaune. 

10° La formation en bande d 1 Asterionella dans le Detmer fer 
1/10 pour les cultures à la lumière bleue et les cultures aérées, 
accompagnée d'étoiles à nombreuses cellules. 

11° La résistance de Cymatopieura. 

12° Le développement des Algues vertes à la lumière et dans 
les cultures aérées, favorisé par la présence du fer. 

13° Les transformations subies par les Ankistroclesmus, SpJiae- 
rocystls, Cosmarium. 

14° La persistance d'Oscillatoria dans le Detmer fer au 1/10 à la 
lumière naturelle. 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



339 



CHAPITRE IL 

Variations brusques dans la longueur 
de quelques diatomées planctoniques d'eaux douces 

J'ai mentionné dans les pages précédentes la présence de 
formes raccourcies du Fragilaria sous la lumière bleue dans 
le Detmer fer au 1/10. Il est nécessaire de consacrer un chapitre 
à l'étude de ces formes anormales. En examinant le produit 
d'une pêche planctonique faite dans la Limmat à Zurich, le 30 
janvier 1918, je suis resté fort embarrassé devant un exemplaire 
de Tabellaria fenestrata; l'étoile ne comptait que trois cellules 
et, fait curieux, celle du centre était deux fois plus courte que 
ses deux voisines qui présentaient une valve externe normale, 
tandis que l'interne était réduite de moitié. Ne pouvant m'expli- 
quer cette formation je mis de côté mes notes et dessins en 
attendant l'occasion de découvertes d'un même genre. Quelques 
nouveaux faits se rapportant cette fois-ci à Y Asterionella et aux 
Fragilaria me permettent de résoudre ce problème. Les figures 
ci-jointes me permettront d'être bref dans les descriptions. 

Fig. 12. — Exemplaire provenant d'une pêche du 3 jan- 
vier 1919 entre le Port-Noir et l'Ariana à la surface du lac de 
Genève. Une Asterionellak 10 cellules, dont une vidée à gauche. 
La longueur des deux cellules externes est de 65 \ celle des 7 
cellules internes est de 51 ; les deux grandes cellules sont bri- 
sées, le chiffre de 65 ne représente donc pas leur vraie longueur. 
La grande cellule de gauche montre une malformation sur sa 
valve interne ; le sommet de la cellule voisine est aussi irrégu- 
lier ; les autres cellules sont normales mais s'écartent peu les 
unes des autres, on voit même trois cellules encore réunies par 
leurs sommets et plus ou moins séparées à la base. La grande 
cellule de droite présente une valve interne longue de 51, plus 
courte que l'externe mesurant 65. 

Fig. 13. — Pêche du 10 janvier 1919, au même endroit. Cet 
exemplaire est des plus instructifs, car c'est de son examen que 
nous pouvons comprendre la formation de ces cellules brusque- 

1 Toutes les mesures sont exprimées en ;x = 0,001 mm. 



340 



Étude pi i ytopl a ncton iqué 




ment raccourcies chez les Diatomées. Ici nous avons une Aste- 
rionella à 8 cellules groupées 4 par 4. Dans le groupe de droite 
on constate que deux grandes cellules sont séparées sur leur 
plus grande longueur, restant soudées au sommet seulement 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



341 



sur une longueur de 5 et déjà une nouvelle division s'est 
effectuée, mais d'une façon aberrante; les nouvelles cloisons, au 
lieu d'atteindre le sommet de chaque cellule, vont se rejoindre 
au point où la première division s'était arrêtée. Finalement, 
comme le montre le groupe de gauche, les séparations s'effec- 
tuent et nous avons entre deux grandes cellules deux cellules 
réduites. Dans cet exemplaire on passe de la longueur de 62 à 
57. Remarquons aussi que pour les grandes cellules il y a plutôt 
rupture de la cloison médiane que simple division. Il ressort de 
ce cas que le raccourcissement des cellules est dû à un arrêt 
dans la division longitudinale. Les cellules courtes continuant 
à se diviser normalement, on aura des formations analogues à 
celle représentée à la fig. 12. 

Fig. 14. — Pêche du 15 février 1919, à la Jetée des Eaux- 
Vives, Genève. 

A gauche et à droite de deux grandes cellules dont une valve 
au moins est restée intacte, se trouvent des cellules plus courtes. 
Dans les deux cas précédents la formation des cellules courtes 
était due à un arrêt de division localisé au sommet de certaines 
cellules; ici nous avons affaire à deux types de cellules raccour- 




Fig. l'i (d'après pholographi< 



342 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



cies. Les trois petites cellules de droite (dont l'une a perdu son 
contenu) sont placées à la base de la grande cellule; la transfor- 
mation est du même type que dans les deux premiers cas, mais 
ici elle est fortement exagérée; on passe en effet d'une longueur 
de 66, qui est celle des deux grandes cellules, à la longueur de 
30 pour les trois petites cellules. Le second type est fourni par 
les 7 cellules de gauche; là, la division anormale a dû se pro- 
duire à la base de certaine cellule; ce type est donc le complé- 
ment des précédents; les cellules ainsi formées mesurent 40. 
Si dans le premier type la conservation de la forme étoilée se 
comprend aisément vu que la partie basale a été respectée, par 
contre il est très intéressant de voir se continuer la formation 
en étoile dans le second type, car elle est ici une néo-formation. 
Cet exemple tendrait à démontrer que la polarité dans les 
cellules & Aster ionella n'a pas un caractère de fixité absolue; la 
formation d' Asterionella en chaînes zigzagantes en fournissait 
déjà une preuve jusqu'ici. 

L'étude des trois cas ci-dessus nous permet de comprendre 
facilement comment se produisent ces variations de longueur. 
Si la cause primordiale de ces phénomènes nous échappe encore, 
nous en voyons clairement les effets. Nous assistons ainsi à une 
variation brusque, une véritable mutation ; les individus nou- 
veaux sont immédiatement stables; remarquons en passant que 
ces mutations ont toujours lieu dans le sens dïine réduction de 
la forme primitive. Par de nouvelles divisions, ces individus 
réduits donneront naissance à des étoiles plus petites que les 
formes normales. Ces mutations, quoique peu observées jusqu'ici, 
devront être prises en considération dans l'explication des varia- 
tions de longueur dans nos Diatomées planctoniques. 

Le phénomène décrit sous le nom de mutasion par 0. Millier 1 
chez les Melosira me semble assez problématique ; il s'agit sans 
doute de phases évolutives. 

Pour terminer avec les cas concernant ces Asterionella, je dois 
dire que par leurs longueurs primitives oscillant de 62 à 66, 
elles doivent être considérées comme appartenant à VAsterio- 

1 Mùller, 0. Sprungweise Mutation bei Melosirecn. Ber. d. d. bot: Ges.. 
1908, t. XXI, p. 326. 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



343 



neila gracïllima, var. biformis Lozeron, variété se présentant 
comme on sait, soit en étoiles, soit en chaînes en zig-zag. Jus- 
qu'ici je n'ai pas observé dans la nature un phénomène sem- 
blable se rapportant aux Fragiiaria. Les exemples qui vont 
suivre proviennent des cultures dans les solutions Detmer fer 
au 1/10 sous lumière bleue 60 jours après l'inoculation du 




Fig. 15. Fig. 16. 



18 décembre 1918 (voir pages 326-331). Los figures 15, 16, 17 
ne représentent que les parties intéressantes des bandes de 
Fragiiaria crotonensis. Remarquons en premier lieu que les 
individus réduits sont toujours à l'extrémité d'une bande; je 
n'ai jamais rencontré jusqu'ici de petites cellules encadrées par 
des individus normaux comme ce fut le cas pour certaines 
Asterionella, fig. 12>t 13, par exemple. 



344 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



Fig. 15. — Cet exemplaire du Fragïlaria est comparable à 
celui de V Aster ionella de la fig. 13 en ce qui concerne le groupe 
de gauche, mais ici la grande cellule qui devait être à droite 
s'est complètement détachée. Dans ce cas on passe de la longueur 
de 70 pour les grandes cellules à 62 pour les cellules réduites. 

Fig. 1G. — A côté des grandes cellules de 78 on trouve deux 




Fig. 17. 

cellules de 69, dont l'interne montre une malformation sur une 
de ses valves. Contre la valve de la cellule qui a donné naissance 
aux deux individus de 69, s'est formée une autre cellule de 54 
qui occupe une situation centrale. 

Fig. 17. — Dans cet exemple on passe d'une longueur de 70 
à 54. La cellule précédant celle qui a produit les deux petites 
cellules présente une malformation dans le fait qu'une de ses 
valves se creuse démesurément. 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



345 



Comme on le voit, le phénomène étudié chez ces Fragilaria 
ost identique à celui décrit pour Asterionella. Il est certain que 
de semblables faits se retrouveront un jour ou l'autre dans la 
nature pour les Fragilaria et pour d'autres genres sans doute. 
Ainsi ce phénomène de mutation chez les Diatomées planctoni- 
ques pourra se généraliser. Ce phénomène est d'autant plus 
remarquable à constater chez ces algues que jusqu'ici on leur a 
toujours attribué une fixité presque absolue due en grande 
partie à leur forte carapace silicifiée. 

(A suivre). 



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drierung des Oxymethylencamphers mit Wasserstoff und Nickel. 
Basel. Organ. Abt. der chem. Anstalt. — Helv. 2. 205. 

84. Rupe (Hans) und Akermann (Arthur). Die Reduktionsprodukte 
des Oxymethylencamphers. Neue Reaktionen des Methylen- 
camphers. Basel. Organ. Abt. der ohem. Anstalt. — Helv. 2. 
221. 

85. Sandmeyer (T.). Ueber Isonitrosoacetanilide und deren Konden- 
sation zu Isatinen. Basel. Lab. der Anilinfarbenfabrik J. R. 
Geigy. — Helv. 2. 234. 

86. Stettbacher (Alfred). Magnesiazement-Plastik. Schwamendin- 
gen. — Schweis. Chem.-Zëitiuig 1919. 198. 

87. Tsakalotos (A. E.). Sind die mydriatischen Alkaloide der Bel- 
ladonnawurzel bei Gegenwart von Alkohol mit Wasserdampfen 
fliichtig ? Bern. Pharm. Inst. der Univ. — Schiveiz. ApotheJcer- 
Zeitung 57. 291. 

88. Tsakalotos (A. E.). Ueber den Gehalt der Blatter und Blatt- 
stiele von Rheum undulatum an wasserlôslichen Oxalaten. Bern. 
Pharm. Inst. der Univ. — Sclnveiz. Apothcker-Zeitung 57. 303. 

89. Winterstein (E.). Ueber die ^Constitution des Surinamins. Zu- 
rich. Agrik.-chem. Lab. der Techn. Hochschule. — Zeitschr. 
physiol. Ch. 105. 20. 

90. Winterstein (E.). Ueber die Bestandteile des Emmentalerkâses. 
Zurich. Agrik.-chem. Lab. der Techn. Hochschule. — Zeitschr. 
physiol. Ch. 105. 25. 

91. Winterstein (E.). Ueber einen Bestandteil des Fettesvon Bas- 
sia longifolia und Bassia latifolia. Zurich. Agrik.-chem. Lab. 
der Techn. Hochschule. — Zeitschr. physiol. Ch. 105. 30. 



BULLETIN SCIENTIFIQUE 



Norman-Robert Campbell. — La théorie électrique moderne 
(théorie électronique). Ouvrage traduit par A. Corvisy sur la 
deuxième édition anglaise. (Edît. A. Hermann, Paris). 

L'importance que prend dans l'évolution de la physique moderne 
la théorie électronique est chaque jour plus grande. Aussi l'appa- 
rition de la traduction française du livre de M. Campbell, sur la 
théorie électrique moderne sera-t-elle saluée avec satisfaction par 
tous ceux qui désirent se rendre compte du domaine toujours plus 
vaste qu'embrassent les nouvelles conceptions. — Bien que débarrassé 
autant que possible des longues démonstrations mathématiques qui 
sont à la base de la théorie électromagnétique, ce livre n'est nul- 
lement une œuvre de vulgarisation. Il suppose, chez le lecteur, pour 
que sa lecture en soit fructueuse, la connaissance du calcul et des 
bases fondamentales sur lesquelles reposent les diverses théories qui 
sont exposées. Mais, sous une forme relativement simple, il a l'avan- 
tage de donner une idée d'ensemble des modifications profondes que 
la notion de charge discontiuue a introduites dans les divers domaines 
de la physique. Comme le dit d'ailleurs le traducteur dans sa préface 
il faudra se décider un jour dans l'enseignement de la physique à 
classer les phénomènes d'après leur réalité objective et leur nature 
intime et non d'après leur action sur nos divers organes sensoriels. 
Sous ce rapport le livre de M. Campbell nous paraît de nature à pré- 
parer cette transition. 

Nous ne pouvons, dans une aussi brève analyse, passer en revue 
les divers domaines dans lesquels intervient à l'heure actuelle la 
théorie électronique. Nous nous bornerous à rappeler que l'ouvrage 
comporte trois parties. La première est consacrée à la théorie électro- 
nique proprement dite. L'auteur après avoir récapitulé les propriétés 
de l'électricité et introduit la notion de charge discontinue, y traite 



352 , BULLETIN SCIENTIFIQUE 

des diélectriques, de la conductibilité électrolytique et métallique, de 
celle des gaz ainsi que de la susceptibilité magnétique et magnéto- 
optique. — La seconde partie traite du rayonnement sous ses diverses 
formes, dans la théorie des quanta. Les rayons X et les rayons y y 
font l'objet d'une étude particulièrement actuelle, appuyée sur les 
expériences de Barkla et de Bragg. — Enfin la troisième partie est 
consacrée aux relations si délicates entre la matière et l'électricité, la 
structure de l'atome, les propriétés des systèmes en mouvement et 
un court exposé du principe de relativité. 

C. E. G. 



353 



OBSKKVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITKS A 

L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 

PENDANT LE MOIS DE 

JUIN 1919 



Le 1, halo solaire à 10 h. 45. brise du lac de 15 à 17 h. 

La dernière tache de neige a disparu sur le Salève. 

2, brise du lac de 11 à 19 h. 

3, brise du lac de 10 à 15 h. 

4, forte bise toute la journée. 

5, petite pluie à 8 h. 10 et à 13 h. 30, de 15 à 17 h. et à 21 h. 30. 
7, brise du lac de 10 h. 30 à 17 h. 

les 8 et 9, brise du lac de 10 à 20 h. 
le 10, forle bise de 11 à 19 h. 

11, brise du lac de 10 à 19 h., éclairs au SW à 21 h. 

12, vent fort de 11 à 18 h., petite pluie de 20 à 22 h. 
les 14, 15 et 16, brise du lac de 11 à 19 h. 

le 16, orage à 19 h, 15, pluie de 19 à 20 h. 

17, orage à 18 h., pluie de 19 à 20 h. 

18, orage à 15 h. 35 et 19 h. 10, pluie à 16 h. 45 et de 19 à 20 h. 

19, orage au SW à 12 h. 25 et a l'W à 14 h. 30. 

21, pluie de 18 à 20 h. 

22, forte bise de 10 à 19 h. 

24, petite pluie dans la soirée et dans la nuit. 

25, pluie de 10 à 11 h., de 16 h. 40 à 22 h. 30 et dans la uuit. 
les 26 et 27, pluie intermittente toute la journée. 

le 28, brise du lac de 11 à 20 h. 
30, vent fort de 10 h. 30 à 16 h. 



Arcuivks, Vol. 1. — Juillet-Août 1919. 



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356 



MOYENNES DE GENÈVE - JUIN 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique de Genève 
à la pesanteur normale : + 0 mm .02. — Cette correction n'est pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 700 + 





Heure 


1 Vi 


4 Vi 


1 Va 


io Va 


13 Va 


16 Va 


19 Va 


22 Va 


Moyenne 






mm 


mm 


mm 




mm 


mm 


mm 


mm 


mm 


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déc. 


29.29 


29.40 


29.78 


29.80 


29.14 


28 70 


28 91 


29.90 


29.37 


2'e 


» 


31.82 


31.64 


31.89 


31.61 


30.70 


29.74 


30.28 


31.47 


31.14 


3 e 


» 


29.30 


28.86 


29.05 


29.23 


28.86 


28.55 


28.53 


28.92 


28.91 




Mois 


30.14 


29.97 


30.24 


30.22 


29 57 


29.00 


29.24 


30.10 


29.81 










Température 














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déc. 


13.45 


10.92 


14.74 


17.49 


20.78 


21.10 


19.55 


16.24 


16.78 


2« 


» 


16.09 


14.39 


17.51 


21.06 


24.61 


25.23 


22.01 


18.25 


19.89 


3« 




12.28 


10.95 


13.68 


16.27 


18.41 


18.26 


15.32 


13.41 


14.82 




Mois 


13.94 


12 09 


15.31 


18.27 


21.27 


21.53 


18.96 


15.97 


17.17 








Fraction de saturation 


en % 








J re 


déc. 


75 


80 


75 


63 


48 


48 


55 


67 


64 


2« 


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77 


81 


73 


59 


46 


44 


56 


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64 


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72 


55 


45 


49 


65 


71 


64 




Mois 


76 


81 


73 


59 


46 


47 


59 


70 


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Dans 


ce mois 


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= 2.15 












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ssw 


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Moyennes des 3 observations 
(7 V«, 13 Va, 21 Va) 



mm 

29.91 



Pression atmosphérique. . . 

Nébulosité 

/ 7»/i + 13V» + 21 Va 

, r ) 3 

lemp. < 

/ 7 V> + 13 y> + 2 x 21 y» 

l 4 
Fraction de saturation (î2 ^ 



3.3 
17°.83 

17°. 60 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 

mm 

Press, atmosphérique. (1836-1875) 27.19 

Nébulosité (1847-1875) 5.4 

Hauteur de pluie . . (1826-1875) 76.0 
Nombre de jours de pluie » 11 
Temp. moyenne. . . » 16°. 81 

Fract. de saturation (1849-1875) 70 •/„ 



357 



Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations pluviométriques 



Station 


Céligny 


Collex 


Cliambésy 


Châtelaine 


Satigny 


Athenaz 


Coffipefiièrev 


Hauteur d'eau 
en mm 


52.3 


47.2 


45.7 


47.7 


60.5 


44.8 


38.3 


Station 


Vey rîer 


Obser 


■atoive 


Cologny 


Puplingt» 


Jus «y 


Hei mance 


Hauteur d'eau 
en mm 


44.1 


41.8 


1 45 6 

1 

1 




56.9 


44.8 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

GRAND SAINT-BERNARD 

PENDANT LK MOIS DE 

JUIN 1919 



Les 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 22, 25, 26 et 27 brouillard une partie de la journée, 
les 5, 6, 2'», 26 et 27, forte bise. 



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360 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - JUIN 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
Kaint-B? mard à 1» pesanteur normale : — 0 mm .22. — Celle cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 500» 11 " + Fraction de saturation en °/o 



Heure 


7 Va 


13 Va 


21 Va 


Moyenne 


7 Va 


13 Va 


21 Va 


Moy. 




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mm 


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69.91 


69.33 


87 


69 


98 


85 


2« » 


72.58 


72.65 


72.72 


72.65 


81 


60 


89 


77 


3« » 


66.73 


66.99 


66.88 


66.88 


86 


75 


90 


84 


Mois 


69.36 


69.65 


69.84 


69.62 


85 


68 


92 


82 



Heure 



7 V» 



Température 

13 Va 



Moyenne 

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2« » 
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Mois 



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1.43 



3.27 



6 67 
11.32 
4.72 



7.57 



3.06 
6.41 
0.93 



3.47 



3.96 
7.99 
2.36 



4.77 



3.73 
7.60 
2.00 



Dans ce mois l'air a été calme 289 fois sur 1000. 
NE 70 



,e rapport des vents 



SW 



17 



12 



Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Martigny-Ville 


Orsières 


Bourg-St-Pierie 


Grand St 
Ane. P. 


-Bernard 
Nouv. P. 


Eau en mm . . 


54.5 


72.4 


59.6 


59.8 


97.4 


Neige en cm . . 


0 


0 


0 


34 


53 



361 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A 

L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 

PENDANT LK MOIS DR 

JUILLET 1919 



Le I, vent fort de 13 à 22 h., pluie dans la nuit. 
2, orage à 16 h. 30, pluie dans la nuit. 

4, orage à 19 h. 20, pluie de 20 à 21 h. et dans h» nuit. 

5, orage et pluie à 20 h. et 20 h. 45, pluie dans la nuit. 

6, orage à 18 h. 15, pluie de 19 à 20 h., de 21 h. à 22 h. 30 et dans la 

nuit, arc-en-ciel à 20 h. 

7, orage à 18 h. 30 et à 22 h., pluie de 21 h. 40 à 22 h. 30 et dans la nuit. 
Dans la partie orientale du canton, cet orage a été accompagné de grêle. 

D'après les indications de plusieurs observateurs et surtout de M. Jules Micheli 
à Jussy, la colonne de grêle a suivi la direction sud-nord, passant, dans le can- 
ton, sur Veyrier, Troinex, Chêne-Bourg, Puplinge, Jussy, Gy ; Vandœuvres et 
Cologny ont aussi reçu des grêlons mélangés de pluie. 

A Jussy la chute de grêle a commencé à 22 h. 45 et a duré 5 à 6 minutes ; la 
grêle était absolument sèche ; les grêlons, en forme de disques, mesuraient 
plusieurs cm de diamètre et pesaient de 20 à 40 grammes ; la largeur de la 
colonne était de 1800 à 2000 m. Beaucoup de dégâts aux récoltes (vignes, 
céréales, arbres fruitiers) : 50 °/ 0 en moyenne. 

8, orage à 9 h. 45, pluie de 10 h. à 12 h. 20, de 16 h. 15 à 22 h. 30 et dans 

la nuit. 

10, brise du lac de 9 à 21 h. 
13, brise du lac de 12 à 19 h. 

15, pluie de 12 à 22 h. et dans la nuit. 

16, forte bise de 10 à 19 h. 

18, rosée le matin. 

19, orage à 19 h. 15, pluie dans la nuit. 

20, orage à 13 h. 30 et 16 h. 30, pluie de 8 à 11 h. 30 et de 15 h. 30 à 22 h. 

22, rosée le matin, pluie dans la nuit. 

23, petite pluie de 15 h. 10 à 16 h. et dans la nuit. 

24, pluie intermittente toute la journée. 

26, brise du lac de 9 à 19 h. 

27, forte rosée le matin, brise du lac de 10 à 20 h. 

28, forte rosée le malin, brise du lac de 11 à 20 h. 

29, rosée le matin, brise du lac de 10 à 19 h. 

30, brise du lac de 10 à 17 h. 

31, brise du lac de 10 à 16 h. 

Remarque. — Juillet 1919 est, au point de vue de la température , le mois de 
juillet le plus froid de la série genevoise de 1826 à 1919. Juillet 1913 qui dé- 
tenait le record du froid jusqu'ici, avec 15°. 98 et un écart de -2°. 83, esl 
battu par juillet 1919, avec 15°. 88 et un écart de -2°. 93. 



Pluie 


Hauteur Nonib. 
24 h. d'heur. 




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d'inso- 
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364 



MOYENNE DE GENÈVE - JUILLET 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique de Genève 
à la pesanteur normale : + 0 mm .02. — Cette correction n'est pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 









Pression atmosphérique : 












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4 Va 


7 Va 


10 Va 


13 Va 


16 Va 


19 Va 


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26.85 


26.60 


26.70 


26.88 


26.36 


25 74 


25.77 


26.56 


26.43 


2e 


» 


27.78 


27.71 


28.04 


27.83 


27.51 


26.99 


27.20 


27 98 


27.63 


3 e 




28 48 


28.38 


28.56 


28.55 


28.06 




O 1 Oû 


28.74 


28.31 




Mois 


27.73 


27.59 


27.79 


27.78 


27.33 


26.85 


27.02 


27 79 


27.49 










Température 














0 




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déc. 


13.57 


12.86 


14.71 


17.11 


19.14 


19. iO 


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15.62 


16.30 


2 e 


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13.08 


11.47 


13.69 


17.39 


18 96 


18.89 


17.26 


14.89 


15/0 


3e 


» 


12.29 


10.54 


13.41 


17.11 


19.68 


19 71 


17.65 


14.98 


15.66 




Mois 


12.96 


11.59 


13.92 


17.20 


19.27 


19.35 


17.61 


15.14 


15.88 








Fraction de saturation 


en % 








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déc. 


83 


84 


79 


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56 


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75 


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82 


86 


82 


68 


55 


53 


61 


77 






Mois 


80 


83 


79 


65 


55 


55 


63 


76 


70 




Dans 


ce mois 


l'air a 


été calme 226 


fois sur 


1000 









NNE 66 

Le rapport des vents — — — — 1.08 

S o W 61 



Moyennes des 3 observations 
(7 Va, 13 Va, 21 V2) 



Pression atmosphérique . . . 
Nébulosité 

/ 7 Va + Vi 1 /» + 22 Va 

1 < ■ m n . < 

t -i/2+ 13Vl + 2X2lV« 



mm 

27.57 
5.2 

16°. 38 
16°. 28 



Fraction de saturation 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 

mm 

Press, atmosphérique . (1836-1875) 727 G5 

Nébulosité (1848-1875) 4.4 

Hauteur de pluie . . (1826-18751 70.8 
Nombre de jours de pluie » 9 
Te in p. moyenne. . . » 18 81 

Fract. de saturation (1849-1875) 68 % 



365 

Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations pluviométriques 



Station 


Céligny 


Collex 


Chambésy 


Châtelaine 


Satigny 


Athenaz 


Compesière* 


Hauteur d'eau 
en mm 


152.9 


118.8 


102.5 


102.1 


116.7 


100.7 


63.4 


Station 


Veyrier 


Observatoire 


Cologny 


Puplingo 


Jussy 


Hermance 


Hauteur d'eau 
en mm 


89.8 


94 


.9 


88.1 




96.1 


83.4 



Erratum. — Pluie de juin à Satigny, au lieu de : 60.5 lire : 54.2. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

GRAND SAINT-BERNARD 

PENDANT LE MOIS DE 

JUILLET 19x9 



Les 5, 9, 14, 15, 16, 23, 25, 29 et 31 brouillard une partie de la journée, 
les 1, 2, 4, 5 et 7 vent fort, 
les 15, 16 et 22 forte bise. 

Le 25 dégel complet da lac. 



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368 



MOYENNES OU GRANO SAINT-BERNARD - JUILLET 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
Saint-Bernard à la pesanteur normale : — 0 mm .22. — Cette cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 500 mm + Fraction de saturation en °/ 



Heure 


1 Va 


13 Va 


21 Va 


Moyenne 


1 Va 


13 Va 


21 Va 


Moy. 


l rc dôcade 


66.51 


66.66 


67.21 


66.79 


91 


76 


91 


86 


2e )) 


67.00 


67.39 


67. i 7 


67.28 


84 


74 


93 


84 




67.15 


67.33 


67.77 


67.42 


90 


77 


95 


87 


Mois 


66.89 


67.13 


67.50 


67.17 


89 


76 


93 


86 



Température 

Moyenne 



Heure 


7 Va 


13 Va 


21 Va 7V«+ 13Vs+21 Va 
3 


1 Va +13 Va + 
4 




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2.07 


5.22 


2.79 3.36 


3.22 


2« » 


2.27 


6.09 


2.72 3.69 


3.45 


3e » 


1.43 


5.82 


2.18 3.14 


2.90 


Mois 


1.91 


5.71 


2.55 3.39 


3.18 


Dans 


ce mois l'air a 


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[me 269 fois sur 1000. 




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Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Martigny-Ville 


Oisières 


Bou rg-St-Pierre 


Grand St 


-Bernard 








Ane. P. 


Nouv. P. 


Eau en mm . . 


86.5 


53.4 


57.8 


118.1 


162.3 


Neige en cm . . 


0 


0 


0 


4 





1919 



•Vol. 1 Septembre-Octobre. 



SUR UNE NOUVELLE INTERPRÉTATION 

DE LA. 

STÉRÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE 

l'Ail 

C. CAILLER 

(Avec 11 fig.). 



§ 1. — Dans un article paru l'an dernier à cette place 1 j'ai 
démontré comment la Stéréométrie riemannienne se confond 
substantiellement avec la Cinématique des figures solides sphé- 
riques mobiles sur leur propre sphère, ou encore — ce qui 
revient au même — avec la Géométrie des flèches sur la sphère. 

La correspondance dont il s'agit exprime naturellement une 
réalité indépendante de toute considération d'ordre méthodo- 
logique. Mais un fait est d'autant mieux connu qu'on sait le 
contempler sous des aspects plus divers. 

C'est ce qui m'engage à revenir sur le sujet. Je vais l'exposer 
une fois encore, sous une forme synthétique, bien différente de 
celle que j'avais adoptée naguère. Le nouveau mode d'exposi- 
tion, tout abstrait qu'il est, me paraît réaliser un progrès 
marqué au point de vue de la simplicité. On entre dans le sujet 
de plein pied, et pour me suivre il suffira de connaître les pre- 
miers éléments de la Géométrie de la sphère. 

Développer tous les détails de la théorie, équivaudrait à 

1 Sur une interprétation de la Géométrie de Riemann à 3 dimensions, 
etc. Archives. Septembre, 1918, pp. 119-150. 

Ahchivus, Vol. 1. — Septembre-Octobre 1919. 25 



370 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 



refaire la Géométrie de Riemann dans sa totalité: je ne pouvais 
y songer. Les pages qui suivent ne contiennent ainsi que les 
traits qui m'ont paru les plus caractéristiques ; le lecteur 
comblera aisément, me semble-t-il, les lacunes plus ou moins 
voulues que j'ai laissées sur mon chemin. 

I. — Nomenclature. Préliminaires. 

§ 2. — Suivant l'usage, j'appelle figures congruentes, ou su- 
perposables, des figures qu'un mouvement ou déplacement ordi- 
naire peut appliquer l'une sur l'autre en faisant coïncider tous 
leurs points deux à deux. 

Les diverses figures F, F', ... G, G', ... dont il sera question 
plus bas feront toujours partie delà surface d'une sphère fixe; le 
rayon de cette sphère est indéterminé et l'on peut, si on veut, 
le prendre pour unité. 

On sait que si deux semblables figures sphériques, F et F', 
sont congruentes, le mouvement qui transporte la première sur 
la seconde peut toujours se remplacer par une rotation dont l'axe 
passe au centre de la sphère. Cet axe recoupe la sphère en deux 
points, diamétralement opposés, qui sont les centres, ou pôles, 
de la rotation; il suffit d'en considérer un seul. Dans le cas que 
nous envisageons, les trois locutions, mouvement, déplacement, 
rotation (autour d'un axe ou d'un centre) sont synonymes, et se 
remplacent mutuellement. 

Deux arcs homologues ab, a'b', égaux entre eux 1 étant choisis 
à volonté, la correspondance des deux figures congruentes est 
complètement déterminée : l'homologue c', d'un point c, appar- 
tenant à la première, s'obtiendra en construisant le triangle 
c'a'W égal au triangle cab, ce qui n'est possible que d'une ma- 
nière. Le point c' est toujours du même côté de l'arc a'b' que 
son correspondant l'est de l'arc ab ; tous deux sont à gauche, ou 
tous deux à droite. 

1 Les points homologues sont désignés ici par les mêmes lettres accen- 
tuées. 

L'arc ab qui unit les deux points est inférieur à deux angles droits. Dans 
les figures, nous traçons les arcs de grand cercle comme des droites. 



INTERPRÉTATION DE LA STÉRÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE 371 

Il suit de là qu'une figure donnée possède oo :î figures con- 
gruentes. La chose est évidente par ailleurs ; car le centre de la 
rotation qui amène les deux figures l'une sur l'autre peut rece- 
voir oo 2 positions sur la sphère, tandis que l'amplitude de cette 
même rotation est susceptible de oo 1 valeurs. 

Si cette amplitude est égale à 180°, les deux figures sphé- 
riques, congruentes entre elles, sont symétriques par rapport à 
un point de la sphère, et la réciproque est vraie. Nous disons 
dans ce cas que les figures sont conjuguées, ou, pour employer un 
terme plus expressif, qu'elles sont opposites. Une figure possède 
évidemment oo" 2 figures conjuguées (ou opposites) 

§ 3. — La figure G, formée de tous les points diamétralement 
opposés à ceux qui constituent une figure F, est Yantipode de 
cette dernière : la définition est évidemment symétrique relati- 
vement aux deux figures antipodes. 11 est clair que deux figures 
antipodes ne sont pas superposables, bien que les dimensions 
des parties homologues soient égales entre elles. 

Il est clair aussi que les grands cercles homologues dans les 
deux figures antipodes sont toujours confondus et les points 
homologues toujours distincts. 

Deux figures F et G sont dites contraires l'une de l'au- 
tre quand la première est superposable à l'antipode de la se- 
conde ; ici encore il y a réciprocité, et si F est contraire à G, G 
sera aussi contraire à F. 

Un retournement est l'opération par laquelle une figure F se 
transforme en l'une de ses contraires. Un retournement parti- 
culier est défini complètement au moyen de deux segments 
égaux ab , a'b' choisis à volonté dans les deux figures contraires. 
Le correspondant c', d'un point c appartenant à F, s'obtiendra 
en construisant le triangle a'b'c\ symétrique du triangle abc ; si 
c est à gauche de ab, son homologue c' sera à droite de a'b' . 

Il suit de là que le nombre des retournements possibles ou r 
si on veut, que le nombre des contraires d'une figure donnée, 
monte à oo 3 . 

1 Le symbole quaternion d'un mouvement est p. p. Si le mouvement 
équivaut à une symétrie relative à un centre le quaternion p dégénère en 
un simple vecteur. 



372 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIEN NE 



§ 4. — Deux figures contraires F et G sont susceptibles de 
trois dispositions possibles. 

1° F et G peuvent d'abord être antipodes; nous savons que 
dans ce cas, qui à beaucoup d'égards doit être regardé comme 
singulier, tous les points homologues sont différents et tous 
les grands cercles homologues identiques. 

2° F et G peuvent être symétriques par rapport à un certain 
arc de grand cercle, ou équateur E. Nous dirons dans ce cas que 
F et G sont des figures réflexes. 

Il est clair que, pour les figures réflexes, l'équateur est le seul 
grand cercle invariant. Non seulement il se correspond à lui- 
même dans le passage de F à G, mais en outre tous ses points 
restent immobiles, c'est-à-dire qu'ils sont à eux-mêmes leurs 
propres homologues. 

3° Toutes les figures réflexes d'une figure F ne forment qu'une 
bisérie oo 2 ; deux figures contraires quelconques, F et G, ne sont 
donc pas réflexes en général. 

Prenons au hasard deux figures contraires : on démontre 
aisément qu'il existe encore un équateur E doué des propriétés 
suivantes. 

Considéré dans sa totalité, l'équateur est invariant, il est son 
propre correspondant. Seulement ses différents points ne sont 
pas immobiles. Le retournement qui transforme F en G peut 
s'effectuer en deux temps. Une réflexion sur E changera d'abord 
F en une de ses réflexes G'. Un glissement convenable le long 
de E amènera ensuite G' en G. Sans que le résultat soit changé 
les deux opérations composantes peuvent d'ailleurs s'exécuter 
dans l'ordre inverse; elles sont permutables. 

On constate immédiatement d'après cela que, dans le cas géné- 
ral d'un retournement quelconque, tous les points sans exception 
sont différents de leurs homologues. Quant aux grands cercles, 
seul parmi eux, l'équateur possède la propriété d'invariance. 

Si donc on sait de deux figures contraires qu'elles ont un 
point commun, on peut affirmer sans autre que ces figures sont 
réflexes; cette remarque est essentielle. 

Par exemple, soient F, F' deux figures congruentes. a leur 



INTERPRÉTATION DE LA STÉRÉOMÉTRIE RIKMANNIENNE 373 

point homologue commun, ou le centre de la rotation qui amène 
F sur F'. Prenons la réflexe G' de la seconde figure par rapport 
à un grand cercle quelconque passant en a. Les deux figures F 
et G' sont contraires, mais comme en outre elles possèdent un 
homologue commun, à savoir le point a, elles sont réflexes Tune 
de l'autre relativement à un certain méridien issu de a. 

Prenons encore deux figures réflexes F et G. puis faisons les 
tourner toutes deux, indépendamment l'une de l'autre, autour 
d'un point quelconque a appartenant à leur équateur. Pendant 
leur mouvement elles engendrent chacune une couronne; si on 
prend à volonté une figure F' dans la première de ces couronnes 
et une figure G' dans la seconde, F' et G' seront toujours 
réflexes; car ces figures sont contraires et possèdent un homo- 
logue commun, le point a. 

Soient F' une figure quelconque et G' son antipode ; déplaçons 
F' de 180° le long d'un certain équateur E, la transformant 
ainsi en une figure opposite F". Le mouvement (F', F") et le 
retournement (F', G') changent tous les deux un point a de 
l'équateur en un point qui lui est diamétralement opposé a'. 
Ainsi donc, les figures contraires F" et G' sont réflexes relati- 
vement au grand cercle E. 

Autrement dit les diverses figures F", qui sont conjuguées de 
la figure F', sont en même temps les figures réflexes de la 
figure G', elle-même antipode de F'. La réciproque est également 
vraie. 

Considérons en dernier lieu deux figures congruentes F et 
F'; supposons qu'il existe deux points homologues, a dans F et 
a' dans F', qui soient antipodes l'un de l'autre. Je dis que ces 
figures sont opposites. 

En effet F' a le point a' commun avec l'antipode G de la 
figure F; de la sorte F' est réflexe de G, il est donc, en vertu 
de la propriété précédente, opposite de F. 

Il est clair que dans le cas en question, il y a dans F. outre le 
point a, uue série d'autres points jouissant de la propriété d'être 
diamétralement opposés à leurs homologues ; ces points forment 
l'équateur commun à F' et G. 



Il importe en terminant ces préliminaires de remarquer les 



374 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 



propriétés suivantes qui sont presque évidentes et intervien- 
nent à chaque instant. 

Deux figures congruentes, opposites, contraires, réflexes, anti- 
podes, conservent leur relation particulière quand Ton soumet 
l'une et l'autre au même mouvement ou au même retourne- 
ment. 

La composition de deux mouvements, ou celle de deux retour- 
nements, redonne un mouvement. 

Au contraire la composition d'un mouvement avec un retour- 
nement engendre un retournement. 

L'analyse à laquelle il a été procédé plus haut nous a mon- 
tré que tout retournement se décompose en un glissement et 
une réflexion le long du même équateur : c'est un cas particu- 
lier de la dernière propriété mentionnée à l'instant. 

II. — Les trois objets de la Géométrie sphérique. 

§ 5. Dans la Sphérique ordinaire, l'élément primitif est le 
point, et avec lui son élément polaire, l'arc de grand cercle ou 
géodésique de la Sphère. Tous deux, sans disparaître absolu- 
ment, vont passer à l'arrière-plan : de nouveaux objets sont des- 
tinés à un rôle beaucoup plus essentiel et vont servir de maté- 
riaux pour la construction d'une Géométrie sphérique à trois 
dimensions. 

Afin d'éviter de surcharger notre terminologie de néologismes 
plus ou moins mal formés, nous ne désignerons pas les nouveaux 
éléments par des noms communs mais simplement par les initiales 
p, m et ô. Qu'il suffise de noter dès maintenant qu'un p corres- 
pond au point, un us au plan, une S à la droite de l'espace rieman- 
nien à trois dimensions 1 ; cette assimilation se justifiera d'au- 
tant mieux que nous étudierons plus à fond les propriétés mu- 
tuelles des trois éléments fondamentaux p, m et S. 

La Sphérique à trois dimensions que nous allons développer 
a beau imiter la Stéréométrie riemanienne et en fournir une 

1 En cas de besoin on peut employer les termes pseudopohit. pseudo- 
plan et pseudodroite au lieu de p, ro, ou o. Les locutions point, plan et 
droite riemanniens s'offrent aussi d'elles-mêmes. 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 375 

représentation adéquate, elle n'en est pas moins dépourvue de 
tout caractère transcendant; elle appartient tout entière à la 
Géométrie euclidienne ordinaire. 

Les éléments fondamentaux p, m et ô possèdent plusieurs 
définitions différentes, selon qu'on les considère comme des 
êtres indépendants et indécomposables, ou que, au contraire, 
on fait de chacun d'eux un ensemble d'éléments appartenant à 
l'une ou l'autre des deux autres catégories. 

Sous ce dernier aspect, ce sont des couronnes ou des couro- 
noïdes; mais, dans ce chapitre, nous n'avons à faire qu'aux défi- 
nitions autonomes des p, m et â, qui les constituent chacun en 
une espèce distincte. 

1° Un p est l'équivalent d'un mouvement de la sphère; c'est 
donc l'opération qui fait correspondre deux figures congruentes 
F et F', qui associe, d'une manière déterminée, un point a' à 
un point a arbitrairement choisi sur la sphère, de telle sorte que 
la figure formée par les a' soit superposable à la figure formée 
par les a correspondants. Quand les figures superposables F et 
F' sont données, p l'est aussi; nous écrivons, pour indiquer 
ceci, p = (F, F'). 

L'ensemble de tous les p forme une trisérie, car il y a ce 3 
déplacements possibles. On peut dire encore que la multiplicité 
des p est à 3 dimensions. Cette multiplicité est d'ailleurs 
continue. Car si on prend deux de ses éléments 

p' z=z (F, F') et p" = (F, F") , 

il est clair qu'on peut intercaler entre F' et F" une série conti- 
nue de figures F (n) toutes superposables à F. Chacune des opé- 
rations p {n) = (F, F (n) ) diffère infiniment peu de la précédente 
et de la suivante : et l'on vient de réunir les deux éléments 
donnés par une courbe continue d'éléments p. 

2° L'élément analogue au plan de l'espace riemannien sera 
dénoté par le symbole m . 

Un m désigne l'opération bien définie qui fait correspondre à 
une figure F de la sphère l'une de ses contraires G ; c'est donc 
l'équivalent d'un retournement. Une figure F admet oo 3 figures 
contraires G, il existe donc une trisérie d'éléments ût — (F, G). 



376 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 



tous distincts les uns des autres. Parmi ceux-ci on peut remar- 
quer, à cause de son caractère singulier, le m qui associe à la 
figure F son antipode G. 

Il est d'ailleurs évident que l'espace qui est continu quand 
on le considère comme lieu des p est encore continu quand on 
le considère comme lieu des ro . 

3° Le troisième objet de notre Géométrie s'appellera une S ; 
c'est lui qui fait pendant à la droite de la Géométrie ordinaire. 

Une d, c'est un couple de 2 points pris sur la sphère, comme 
m et m' (fig. 1). Le premier de ces points fait fonction d'origine, 
le second d'extrémité de la ô. L'ordre de ces points est donc un 
élément fondamental dans la définition d'une d particulière, et 
la ô = (m, m') est complètement différente de ô' = (m', m) 1 . 
Il est clair par là que la sphère contient ce 4 objets ô . différents 
entre eux, c'est-à-dire autant qu'il y a de droites dans l'espace 
ordinaire. 

Deux ô telles que (m, m') et (n, ri) dont les extrémités cor- 
respondantes sont antipodes l'une de l'autre (fig. 1) sont regar- 
dées comme une seule et même S, décrite tantôt dans un certain 
sens, tantôt dans le sens opposé. 

III. — Eléments polaires. Eléments conjugués. 
Eléments conjoints. 

§ 6. — Nous savons qu'un p fait correspondre à une figure F, 
choisie à volonté, une nouvelle figure F' congruente de la 
première, et que, de même, un m déterminé associe à la même 
F une troisième figure G' contraire à F. 

1° Cela posé, si F' et G', qui sont contraires, sont en outre 
antipodes Tune de l'autre, nous dirons que p est le pôle de co, 
lequel à son tour est le pôle de p ; dans ces conditions, p et ra 
sont des éléments polaires (ou antipodes): 

De la sorte, tout p possède un pôle es. et tout eu un pôle p, 
l'un et l'autre parfaitement déterminés. 



] La relation entre o et o' n'est pas invariante par mouvement. Voir p. 400. 
Une o dont les deux extrémités coïncident n'a pas non pins un caractère 
invariant; ce cas particulier ne mérite donc pas d'attirer l'attention. 



INTERPRÉTATION DR LA STÉRÉOMÉTRIE RIEMANNIKNNE 377 



2° Soient deux p déterminés, commet' = (F, F') et y = (F, F"). 
Lorsque les figures F' et F", qui sont toujours superposables, 
sont opposites (conjuguées), c'est-à-dire ponctuellement symé- 
triques, nous dirons que p' et p" sont conjugués entre eux. 

Il est clair que la figure F' admet oo 2 conjuguées F". D'autre 
part F peut prendre oo 3 positions, d'où au total co 5 systèmes p', 
p" d'éléments p conjugués entre eux. Ce nombre se réduit 
à oo 2 quand l'un des éléments du couple est donné. 

Prenons de même deux m particuliers, m' = (F, G') et 
m" = (F, G") ; ils seront conjugués si les figures congruentes 
G' et G" le sont elles-mêmes. Il y a ainsi o> 5 systèmes (m\ us") 
de us conjugués entre eux parmi lesquels oo 2 éléments us" conju- 
gués à un certain w' donné a priori. 

07 



-. 480°. 

La notion de conjugaison s'étend aussi aux objets ô, voici 
comment. 

Deux S comme (m, m') et (n, m'), ou (m, m') et (m, ri) 
(fig. 2) qui possèdent une extrémité commune tandis que les 
deux autres extrémités sont diamétralement opposées, s'appel- 
lent S conjuguées entre elles. 

Cette notion est donc indépendante du sens de description 
des ê ainsi associées; et toute ô possède une et une seule conju- 
guée. 

3° La notion générale de conjonction correspond à celle de 
rencontre, ou d'intersection dans la Géométrie ordinaire. De 
même que cette dernière elle présente un assez grand nombre 
de cas particuliers. 




378 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE R1EMANNIENNE 

Soient comme ci-dessus p = (F, F') et m = (F, G') deux 
éléments p et m bien déterminés. 

Lorsque les figures F' et G', qui sont contraires, deviennent 
réflexes, les deux éléments p et w se trouvent dans la situation 
de conjonction. On dira encore, à propos des éléments conjoints, 
que es contient p, passe parj?, quep est situé dans m, ou toute 
autre locution équivalente. 

Une figure F' admet autant de figures réflexes qu'on peut 
tirer d'équateurs sur la sphère, c'est-à-dire oo 2 . C'est le nombre 
des m qui sont conjoints h un p donné, ou des p qui sont 
conjoints à un m donné; quant au système total des éléments 
conjoints (p, m), il monte évidemment au chiffre de oo 5 . 

§ 7. — La notion de conjonction appliquée aux éléments S 
présente une assez grande variété ; en effet deux ô peuvent être 
conjointes entre elles, et une S peut aussi être conjointe avec un 
p ou avec un m. Nous devons examiner ces divers cas. 

Tout d'abord, deux â particulières telles que d — (c l5 c[) et 
S 2 = (c 2 . c[) sont dites conjointes (se coupent, se rencontrent, 
concourent, etc....), si on a l'égalité (fig. 3) 

r >• — c c . 
12 î s 

On remarquera que si on intervertit le sens d'une des ô. ou 
de chacune, ces S ne cesseront pas de se rencontrer. 

En effet, si le renversement a converti la ô t = [c t , c[) en {y. y' ). 
nous avons 

yc, == 180° —ce . y' c — 180° — c c . 

i 2 12 '2 12 

si donc la condition de rencontre c t c 2 — c\c[ est satisfaite avant le 
renversement, elle l'est aussi après, car on a encore yc 2 — y'c 2 . 

Un cas particulier de la rencontre de deux ô mérite d'être 
signalé dès maintenant. 

Supposons c x c 2 — c' t c 2 = 90° : en employant les mêmes nota- 
tions que tout à l'heure, nous avons donc aussi yc 2 = y c\ — 90°. 

La<?. 2 qui est conjuguée à S x — {c t . c t ) est (y, c'^ ou (c l5 y) sui- 
vant le sens de sa description; dans le cas qui nous occupe. 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 379 

rencontre non seulemement ô i , mais encore la conjuguée de cette 
dernière, lit il y a réciprocité. 

Deux pareilles ô dont chacune rencontre l'autre ainsi que la 
conjuguée de celle-ci s'appellent perpendiculaires. La condition 
de perpendicularité est donc que les extrémités correspondantes 
des deux ô se trouvent à la distance d'un quadrant; elle est, 
comme il est facile de s'assurer, non seulement suffisante, mais 
aussi nécessaire. 

Nous dirons souvent que deux points a et a' se correspondent 
selon un certain p, ou un certain us, pour exprimer que a' est 
l'homologue de a après qu'on a effectué, soit l'opération soit 
l'opération us. 

Lorsque l'extrémité c' d'une â= (c,c f ) correspond ainsi à 
l'origine c de la même ô, selon p, ou selon us, ô est dit conjoint 
avec V élément p, ou avec V élément us (appartient à p ou us , les con- 
tient, y est contenu, etc.). 

Il est clair que les opérations p et us transforment deux points 
diamétralement opposés en deux nouveaux points qui sont 
encore diamétralement opposés. Donc si p ou us contiennent une 
certaine o\ ils contiendront aussi la même ô décrite dans le 
sens contraire du sens primitif. 

Voici encore quelques remarques évidentes. 

Toutes les S qui passent par un certain p sont concourantes 
deux à deux, il en va de même pour les S qui font partie d'un 
certain us déterminé. Car, dans l'un et l'autre cas, les origines 
et les extrémités de deux de ces ô sont équidistantes. 

Etant donné un certain p il existe oo 2 objets ô qui appar- 
tiennent à cep. Car si S — (a, a') doit faire partie de p, l'ori- 
gine a a peut être été choisie à volonté sur la sphère ; il faut et il 
suffit que l'extrémité a' corresponde à a selon p. 

De même un us donné renferme une bisérie d'objets S qui 
appartiennent à ce us. 

Réciproquement, étant données deux S concourantes, il existe 
un et un seul p qui les contient chacune, et de même, il existe 
un et un seul us passant par l'une et l'autre 1 . 

1 II est clair que deux o non-concourantes n'appartiennent jamais au 
même p y ni au même us . 



380 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEM AN NIEN NE 

En effet, si ô' = (a, a') et ê v = (b, b'). la condition de ren- 
contre de ces ô est 

âb = W . 

Et alors, il y a un mouvement p et un retournement , tous 
deux bien définis, qui appliquent l'un sur l'autre les couples 
homologues (a, b) et (a', b'). 

Nous remettons au chapitre IV la suite des propriétés concer- 
nant la conjonction des figures; elles sont presque aussi immé- 
diates que les précédentes. 

IV. — Intersections et sujets connexes. 

g 8. — Théorème. Une S déterminée ô = (a, a') contient oo 1 
éléments # distincts, et aussi go 1 éléments m distincts. 

En effet pour définir p = (F, F'), il faut connaître, dans F', 
les points a' et b' qui correspondent à deux autres points a et b y 
choisis dans F à volonté. Obliger^ à être conjoint avec S. c'est 
se donner un seul des deux couples, à savoir (a, a'). La figure F 
étant tracée comme on veut, la figure F' pourra tourner d'un 
angle quelconque autour du point a', homologue à a, tout en 
restant congruente à F. 

A chacune de ces ce 1 positions correspond un^> placé sur ô . 
Supposons que F' se déplace d'une manière continue autour de 
a', lep correspondant variera lui aussi d'une manière continue: 
au bout d'un tour entier effectué par la figure F' le p primitif 
sera revenu à sa position initiale en progressant toujours dans 
le même sens. Ainsi, dans la Géométrie riemannienne, quand 
un point décrit une droite sans jamais revenir en arrière, il 
finit par se retrouver à son point de départ. 

Les mêmes propriétés persistent pour les w passant par la 
Adonnée; il suffit, pour la démonstration, de substituer à la 
figure F' une figure G' contraire de F. 

Théorème. Deux éléments^ et co. conduits selon la même 
ô = (a, a') sont toujours dans la situation de conjonction. 

En effet, selon l'opérateur p une figure F se transformera en 
une figure congruente F'; selon c*?, F se changera en une figure 
contraire G'. Mais p et eu contenant tous les deux la ô = {a, a') y 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANN IENNE 381 



l'homologue de a est a', tant par rapport à l'opérateur p qu'à 
l'opérateur m. Et ainsi les deux figures contraires F' et G' 
ayant un point homologue commun, à savoir a\ seront réflexes; 
c'est justement la condition pour la rencontre de p et m. 

Théorème. Deux p distincts étant donnés, comme etp", il 
existe une S, et une seule, appartenant à l'un et l'autre p. C'est 
la S joignant p' à p". 

En effet, p' == (F, F') et f= (F, F") transforment la figure F 
en deux nouvelles figures F' et F" congruentes à F, par suite 
superposables. Il existe donc entre F' et F" deux points homo- 
logues communs, a' et — a', lesquels sont diamétralement 




opposés. Soit a l'homologue de a' dans la figure F, la S cherchée, 
commune à p' et p", est S = {a, a'). Il n'y en a pas d'autre'. 

Théorème. Deux éléments m , différents entre eux, tels que 
os' = (F, G') et m" = (F, G") possèdent toujours une et une 
seule ô commune. C'est Y intersection de m' et ro". 

La preuve est exactement la même que celle du théorème 
précédent; elle s'en déduit en substituant aux figures F' et F" 
les figures G' et G", contraires à F, et congruentes l'une par 
rapport à l'autre. 

§ 9. — Le faisceau de ô. Un p et un m quelconques ne pos- 
sèdent habituellement aucune S commune. Mais s'il existe une 

1 La û — (— a, — a') n'est pas une nouvelle solution; elle redonne la 
même pseudodroite décrite en sens contraire. 



382 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 



ô qui soit en conjonction tant avec un certain p donné qu'avec 
un certain m également donné, il existera alors une infinité de 
ô conjointes à p et à m simultanément. La monosérie que for- 
ment ces ô est un faisceau. 

Faisons comme toujours p — (F, F') et m = (F, G'). Si 
S = (a, a') est une pseudodroite commune à p et m , les trans- 
formées F' et G', obtenues respectivement selon p et selon m t 
auront le point homologue commun a'. Les figures F' et G' 
sont donc réflexes et possèdent une série de points communs l * 
Ceux-ci sont disposés selon un certain arc de grand cercle E\ 
dont le correspondant, dans F, est un autre grand cercle E. 

L'ensemble des ô communes hp et ûj, ô = (fi, b'), s'obtiendra 
en associant les divers points b du cercle E à leurs correspon- 
dants sur le cercle E' et la correspondance est telle qu'on ait 
toujours ab — a'b' . 11 est clair que ces deux arcs sont homo- 
logues aussi bien selon le mouvement p que selon le retourne- 
ment us : c'est en ceci que consiste essentiellement la propriété 
du faisceau. 

Théorème. Par trois p déterminés, à savoir p i = (F, F d ), 
p % — (F, F 2 ). p 3 = (F, F 3 ), passe un m, et un seul, m = (F, G). 
De même trois cr* déterminés, à savoir m i — (F, G t ), ro 2 = (F, G 2 ), 
w 3 == (F, G 3 ), se rencontrent en un p et un seul p. 

Le raisonnement est tout pareil pour les deux parties du 
théorème, et il suffit de prouver la première. C'est l'analogue de 
la propriété d'après laquelle trois plans se coupent en un point, 
ou de la propriété corrélative d'après laquelle trois points 
déterminent un plan et un seul. 

Il suffit évidemment pour la démonstration d'établir l'exis- 
tence d'une figure G, contraire de F, qui soit réflexe des figures 

Marquons en a 3 le centre commun aux figures F, et F,, en 
a[ le centre commun à F 2 et F,, enfin en a t le centre commun 
à F, et F,. 

Tirons, par exemple, l'arc d x d x et soit G la symétrique de la 
figure F 2 par rapport à cet arc. G est donc réflexe de F 8 ; mais il 

1 Si F' et G' sont contraires sans être réflexes, p et co n'ont évidem- 
ment aucune o commune. 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANN IENNE 383 

l'est aussi de F t comme ayant le point a[ commun avec cette 
figure. Enfin G est encore réflexe de F,, puisque le point a x est 
un homologue commun à Tune et l'autre figure. 

La figure G est donc réflexe des trois figures F 15 F a3 F,. C'est 
évidemment la seule qui possède cette propriété, à moins que 
les trois points a[, a t , ne coïncident 1 . Cette circonstance a lieu 
quand les trois figures F l5 F 4 , F s font partie d'une même cou- 
ronne, ou les trois p t , p t , y z d'une même ô. 

Problème. Trouver un us passant par une ô donnée et par un 
p donné (ou, corrélativement, un p situé sur une ô et dans un 
us donnés). 

Cette question n'est qu'une variante de la précédente. Résol- 
vons-la d'une manière indépendante. 

Soient S — (a, a') et p = (F, F'). Marquons en a", dans F', 
l'homologue du point a considéré comme faisant partie de F, et 
soit E l'arc de grand cercle qui coupe a'a" perpendiculaire- 
ment en son milieu (fig. 4). Prenons la réflexe G de la figure F' 
par rapport à l'équateur E : je dis que = (F, G). 

En effet a' est dans G l'homologue du point a!' considéré 
comme appartenant à F'. Ainsi a' correspond à a selon ce>, 
autrement dit us contient la ê donnée, ô = (a, a'). D'autre part 
G et F' sont réflexes, le co — (F, G) est donc conjoint avec 
P = (F, F'). 

La solution est évidemment indéterminée, d'ordre oo 1 , quand 
S contient p. Dans ce cas a' coïncide avec a", l'équateur E est 
un quelconque des cercles issus du point a'. 

Ce qui précède n'est en somme que le décalque de la Géomé- 
trie projective ordinaire ; toutes les relations projectives connues 
entre les points, les plans et les droites se retrouvent telles 
quelles entre les p, les us et les ô de la Géométrie sphérique. 

Et en résumé, nous savons : 
1° Construire la ô commune à deux éléments p' etp". 
2° » l'ensemble de tous les p et de tous les s$, appar- 
tenant à la ô de jonction entre p' etp". 

1 Deux des trois points ne peuvent coïncider sans que le troisième 
coïncide également. 



384 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 



3° Construire l'intersection de deux éléments ri' et g5". 

4° » l'ensemble de tous les p et de tous les apparte- 
nant à Fintersection de ta' et 

5° » l'élément passant par trois _p donnés. 

6° » l'élément |? commun à trois donnés. 

7° » l'intersection d'une S avec un s> donné. 

8° » le qui passe par une J et un ^> donnés. 



V. — Dualité. 



§ 10. — Remarquons en premier lieu que des â qui sont conju- 
guées, ne sont jamais conjointes. Car si l'on a <P = {m, m') et 
ô" = (m , m") , la condition de conjugaison est ni 'm" ' == 180°, 
celle de rencontre est au contraire m' m" = 0. 

Théorème. Deux tels que^' et p" respectivement choisis à 
volonté sur deux ô conjuguées sont aussi conjugués entre eux. 
Et de même, deux cj, tels que co' et menés respectivement 
par deux conjuguées sont aussi conjugués. 

La démonstration étant toute semblable pour les deux parties 
du théorème, ne considérons que la première. 

Soient ô' = (m, m') et <T = (m, m") les deux # conjuguées; 
m et m" sont donc antipodes. Posons p' — (F, F') et p"= (F. F"). 

Puisque appartient à (T et à (T. les points m' et m" sont 
les correspondants respectifs du même point m. Et ainsi les 
figures congruentes F' et F" possèdent un couple de points 
homologues qui sont diamétralement opposés. Dans ces condi- 
tions F' et F" sont opposites, et les éléments p' et p" sont 
conjugués. 

Voici, si on veut, une nouvelle démonstration du même fait. 
Soient ci le pôle de l'arc m' mm", cï l'homologue de ci selon p'. 
Puisque p' est conjoint h ô' = {m. m'), on aura (fig. 5) 

m'd' — nid = m' cl — 90° . 

D'où résulte que l'arc dd' rencontrera m'm" à angle droit au 
nii lieu entre m' et m". 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 385 



Exactement pour le même motif, Tare dd! contiendra l'homo- 
logue d\ selon p", du point d. 

Dès lors si on considère les figures m'd' et m"d" qui corres- 
pondent à md, respectivement selon p' et selon p r \ on voit qu'il 
suffit de faire basculer l'une d'elles, autour du milieu de l'arc 
d'd", d'un angle égal à deux droits, pour l'appliquer sur l'autre. 
Ce qu'il fallait démontrer. 

Théorème. Si un p appartient à une ô, son pôle ta appartient 
à la S conjuguée à la première. Et de même, si un ri passe par 



Fig. 5. 



une certaine la conjuguée de celle-ci contient le pôle p de 
ce ri. 

Car, considérons trois figures, F, F', et G', la seconde congruente 
à F, la troisième antipode de F'. Soient a, a', a" trois points 
homologues de ces figures. Alors l'élément^ = (F, F') contient 
la â' = (a, a'), et l'élément polaire &j = (F, G') contient la 
<T = (a, a!'), laquelle est effectivement conjuguée à S' , puisque 
a' et a" sont antipodes. La réciproque se démontre de la même 
manière. 



Voici des corollaires qui se déduisent immédiatement de là. 

1° Si par un p on fait passer toutes les â possibles, les conju- 
guées â' de ces S appartiennent à un seul et même co, qui est le 
pôle de p. 



Archives, Vol. 1. — Septembre-Octobre 1919. 



386 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 

2° Si dans un ri on mène toutes les ô possibles, leurs conju- 
guées font partie d'un seul et même p, lequel est le pôle de ri. 

3° Si on construit les pôles ri' et ri" de deux éléments p' et p\ 
la § qui unit ri' et ri" est conjuguée de celle qui jointe' à p". 

4° Si un p se meut le long d'une certaine S, son pôle ri' 
décrira la S conjuguée. La propriété corrélative a lieu, en échan- 
geant les lettres p et ri. 

VI. — Couronnes et Couronoïdes. 

§ 11. — Dans tout ce qui précède, nous n'avons guère utilisé 
que les définitions indépendantes des trois objets^?, ri et S. Mais 
il est clair que les propriétés de conjonction et de dualité per- 
mettent de considérer chacun comme un ensemble d'éléments 
appartenant à l'une ou l'autre des deux espèces différentes. 

C'est ainsi qu'un p est la réunion de co 2 éléments ri 5 ou de 
oo 2 éléments ô, que, corrélativement, un ri est la réunion de 
co 2 éléments p, ou de éléments â, et qu'enfin une â est 
l'assemblage suivant une certaine loi de œ l éléments p, ou de oo 1 
éléments ri. Quelques observations suffisent pour donner une 
idée claire de ces ensembles qui sont les couronoïdes et les cou- 
ronnes. Commençons par le dernier cas. 

Considérons deux figures F' et G', réflexes l'une de l'autre, 
dont l'une soit congruente, et l'autre contraire, à une figure F; 
soient a' un point homologue commun à F' et G', et a son 
homologue dans F. Nous savons 1 qu'en faisant tourner d'angles 
quelconques les figures F' et G' autour du point a', elles restent 
réflexes dans toutes leurs positions. 

On engendre ainsi deux couronnes 2 dont tous les éléments 
sont réflexes deux à deux, et qui, par suite, peuvent prendre le 
nom de couronnes réflexes. 

Pour construire les deux couronnes réflexes, il suffit de 
connaître, ou bien deux positions de la figure F', ou bien deux 
positions de la figure G' ; dans les deux cas le point a' est dé- 
fini. 

1 Voir page 373. 

2 Au sens ordinaire du mot. 



INTERPRÉTATION DE LA STÉRÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE 387 

Considérons la ô = (a, a'), il est clair qu'elle appartient à 
tous les p = (F, F') et à tous les ri = (F, G'). 

On peut donc se figurer la ô, d'une manière analogue à la 
droite ordinaire, sous l'aspect d'un ensemble d'éléments p, ou 
d'éléments ri ; et cet ensemble est linéaire dans ce sens que deux 
éléments tels quep' et y, ou deux éléments ri, tels que ri' et 
ri", définiront la d, soit dans sa totalité, soit dans chacun des 
éléments, p ou ri, qui la composent : ces derniers sont évidem- 
ment tous conjoints deux à deux. 

Passons à l'élément ri considéré comme une bisérie, ou cou- 
ronoïde, d'éléments La définition des couronoïdes peut être 
présentée de différentes manières, équivalentes au fond, quoique 
distinctes dans la forme. 

Soient F la figure initiale, <ï> une figure fixe congruente à F, 
et G l'antipode de <I>. 

1° Prenons toutes les figures F' opposites de <I> , elles forment 
une bisérie. 

2° La même bisérie de figure F' s'obtient encore en prenant 
les réflexes de la figure G. 

3° Dans l'ensemble F', prenons une figure quelconque, telle 
que F". Les figures G et F" sont donc réflexes et présentent un 
équateur commun sur lequel nous choisirons à volonté un 
point 0. Faisons tourner F", d'un angle quelconque, autour de 
0. La figure finale obtenue de la sorte possède avec G un homo- 
logue commun, à savoir 0; elle est donc réflexe de G. Et ainsi, 
quand on fait varier le point 0 sur l'équateur et qu'on change 
l'angle de la rotation, on engendre une bisérie de figures F' qui 
est encore la même que celle définie sous les numéros 1 et 2. 

Les oc 2 éléments p = (F, F') forment le couronoïde. Ils sont 
tous conjoints avec l'élément ri = (F, G), lequel est invariable. 

D'autre part tous les p qui appartiennent au couronoïde sont 
opposites (ou conjugués) à un certain p fixe, à savoir (F, <I>); 
c'est lui qui est lepôle du couronoïde 2 . 

Les propriétés du couronoïde sont à peu près évidentes d'après 

1 Inutile de traiter le cas corrélatif d'un couronoïde d'éléments as. 

2 Noter que (F, <I>) est aussi le pôle de œ = (F, G). Voir p. 376. 



388 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 

ce qui précède. Sans revenir sur les démonstrations, je me borne 
à les énumérer encore une fois : 

L'intersection de deux couronoïdes est toujours une couronne. 
» de trois » est un j? 1 . 

Par deux p donnés passent une infinité de couronoïdes qui 
contiennent tous une seule et même couronne. 

Par trois p donnés passent un et un seul couronoïde l . 



VIL — Notions métriques. 

S 12. — Soit f \ et F 2 deux figures congruentes. Par définition 
leur distance est la moitié de l'angle de la rotation qui amène 
l'une sur l'autre; c'est une quantité 9 admettant n comme 
module de périodicité 2 . Par définition encore, la quantité 9 est 
la distance de deux p, tels que les suivants p x = (F, F 4 ), 
2? 2 = (F, F 2 ), ou de deux co comme ^ — (G, F,) et tà 2 = (G, F 2 ). 

De la sorte la distance de deux éléments, tous deux p, ou tous 
deux ri, est toujours la même que celle de leurs pôles. 

Soient deux éléments de types contraires, commet' = (F, F') 
et s$' = (F, G'). Leur distance est définie comme égale au 
complément de celle qui sépare l'un des éléments du pôle de 
l'autre : l'alternative qui s'ouvre ici n'affecte en rien le résultat, 
comme on voit aisément. 

Passons à la distance de deux ô. Dans l'espace ordinaire, la 
disposition relative de deux points dépend d'un seul nombre, 
qui est justement la distance de ces points : au contraire, la 
disposition relative de deux droites dépend de deux nombres, 
qui sont l'angle de ces droites et la longueur de la perpendi- 
culaire commune. Si on continue d'appeler distance des droites 
les éléments numériques qui déterminent la figure formée par 
ces droites dans l'espace, la distance sera un nombre complexe; 
elle équivaut à deux nombres ordinaires. Nous devons attendre 

1 On ne parle ici que des cas généraux. 

2 Pour abréger, je laisse ici de côté les distinctions, faciles à établir, 
relatives au signe de la quantité 0. 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 389 

des phénomènes analogues lorsque des ô viennent se substituer 
à des droites. 

Soient deux ô particulières S t = (a t , a[) et ô u = {a 2 . a % )\ leur 
distance dépend des écarts de leurs deux extrémités, ou des 
longueurs a x a % et a\a\. 

Au lieu de prendre ces nombres même pour définition de la 
distance, nous emploierons de préférence les deux combinaisons 
suivantes : 

j{a t « a + * t a a ) et — «X> . 

parce que, ainsi que nous verrons bientôt 1 , elles expriment les 
grandeurs des deux perpendiculaires communes à nos ô i et d 2 . 

Dans le cas où d, et o% se rencontrent, le second des deux 
nombres précédents est nul ; la disposition relative des deux S ne 
dépend plus que du premier, lequel devient égal à a t a„ = â x â % . 
C'est cette quantité qui sappelle X angle des deux S concou- 
rantes. 

Il est clair, d'après ces définitions, que la distance de deux 
ô dépend de leur sens de description ; par exemple, Xangle de 
deux S concourantes se change en son supplémentaire si on 
intervertit le sens de l'une d'elles. 

§ 13. — Sans nous y arrêter longuement, rappelons en passant 
la formule fondamentale de la Trigonométrie non-euclidienne. 

Soient F 3 une figure donnée, Oj, 0 2 , 0 3 les sommets d'un 
triangle ; faisons tourner F 3 autour de O t , d'un angle égal à , 
ou autour de 0 ? d'un angle égal à 20 2 , nous obtenons deux 
figures congruentes, entre elles et à la précédente, F 2 et F, . 
Elles ont en commun le point 0 3 ,et l'angle de rotation qui 
amène l'une sur l'autre est 20 3 . 

Les trois sommets (),, 0 2 , O a sont homologues communs, 
respectivement dans les figures F 2 et F 3 , F 3 et F, et F, et F 2 . 
Mettons en présence de ces figures congruentes, une nouvelle 
figure F qui leur soit superposable, et soient w t , w 2 , r, h les 
homologues, a u sein de F, des points 0,, 0 2 , 0 3 . On a évidem- 
ment w, co 2 = 0, 0 2 , etc. 



1 Voir pp. 399 et 400. 



390 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANN1ENNE 

Considérons le triangle dont les trois côtés sont les â sui- 
vantes : 

8j = (&>!, Oj) ; 8 2 = (o) 2 , 0 2 ) ; o 3 = ( Wa , 0 3 ) ; 

les sommets de ce triangle sont évidemment 

Pt = (F,F 1 ) ; /> 2 = (F, F 2 ) , ^ = (F, F 3 ) . 

Si donc on appelle a 15 a 2 , & 3 , les grandeurs, et k,, a 2 , a 3 les 
angles du dit triangle, la loi susmentionnée de la composition 
des rotations nous donne la formule de la Trigonométrie 

cos a x — cos a 2 cos « 3 -{- sin a 2 sin a z cos a x . 

Les conséquences en sont suffisamment connues pour qu'il 
n'y ait plus lieu d'insister sur les relations métriques dans la 
suite de nos développements. 

VIII. — Parallélisme. 

§ 14. — Si deux ô ont une extrémité commune nous les dirons 
parallèles entre elles, la même locution est encore valable 
lorsque les deux ô ont leurs origines ou leurs extrémités diamé- 
tralement opposées. Il suffit pour ramener ce cas au précédent 
de changer le sens de description de l'une des deux S données ; 
aussi l'excluons-nous de nos énoncés. 

Il y a deux genres de parallélisme, selon que les extrémités 
communes se trouvent au premier ou au second bout des deux 
S données. Les deux figures (6) et (7) illustrent l'alternative qui 
se rencontre ici. 

Dans (6), ô i = (a t , a[) et <? 2 ~ a 2 ) sont parallèles au pre- 
mier bout, tandis qu'elles le sont au second dans la figure (7). 

Il résulte immédiatement de la définition que deux ô pa- 
rallèles ne sont jamais conjointes ni à un même p, ni à un même 
tô; que deux ô parallèles à une troisième par le même bout, 
sont parallèles entre elles; que. deux à quelconques étant 
données, telles que et ô 2 . il existe un autre élément ô pa- 
rallèle à ô i à l'un des bouts et à d 2 à l'autre: enfin que, si deux 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 391 



sont parallèles, leurs conjuguées le sont aussi et au même 
bout 1 . 

Théorème. Par un p donné, on peut toujours mener une pa- 
rallèle, au premier bout par exemple, à une S donnée et l'on 
n'en peut mener qu'une seule. 

En effet, si S' = (a, a'), et que a" soit homologue du point a 
selon p, la solution unique cherchée est d" = (a, a"). Solution 
toute pareille si le parallélisme doit être de la seconde espèce. 

Théorème. Dans un tô, on peut toujours mener une parallèle, 
et une seule parallèle, à une â donnée ; le sens de ce parallé- 
lisme est d'ailleurs choisi à volonté. 



En définissant a" comme l'homologue de a selon to, la solu- 
tion est identique à la précédente, c'est ô" = (a, a"). Dans ce cas 
le parallélisme a lieu au premier bout. 

§ 15. — Le parallélogramme. — Considérons six points 
c t , c t , c 2 et d' , d t , d t , tels que les égalités suivantes aient lieu 




Fig. 6. 



Fig. 7. 



(fig. 8). 




puis tirons les quatre S suivantes : 



Y, = (c - ej 



o t — [d t , d') 



Y, = ( c - C J . 
8 = (d., d) . 



1 Remarquer que deux ô conjuguées entre elles sont aussi parallèles. Ce 
parallélisme est d'ailleurs de nature singulière, ayant lieu au deux bouts à 
la fois, bien que les 6 soient distinctes. 



392 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 



Parmi ces quatre les deux premières sont parallèles au pre- 
mier bout, les deux autres le sont au second bout. De plus, 
chacune des deux y de la première ligne rencontre les deux S 
qui figurent à la seconde ligne. 

Et ainsi les quatre côtés y l5 y. 2 , J 15 o\ 2 manifestent la pro- 
priété du parallélogramme euclidien ordinaire. Ce qui suit va 
faire ressortir mieux encore la parenté des deux notions 1 . 

Les deux supports opposés du parallélogramme, comme 
y t = (c, c[)et y 2 = (c, c 2 ) étant donnés, les deux autres supports 
dépendent de trois paramètres, comme on voit immédiatement. 




Fig. 8. 



C'est l'analogue de la propriété suivant laquelle il existe or> s 
parallélogrammes euclidiens dont les côtés opposés tombent 
sur deux parallèles données. 

Si, en second lieu, on définit le parallélogramme au moyen de 
deux supports concourants tels que y, et , les éléments de la 
construction (fig. 8) dépendent de deux paramètres. Il y a donc, 
ici encore, ce 2 parallélogrammes dont les côtés tombent sur 
deux ô concourantes. 

Si enfin on prend, à volonté, les trois supports du parallélo- 
gramme 

Y, — (c, c[) ; ^ = (d t , d') ; 8 2 = [d % , d') , 

parmi les six points de la figure (8), un seul reste indétermine 
à savoir c 2 . Et comme il faut que c t d' = cd t , on voit qu'avec les 

1 Ne pas oublier toutefois les différences fondamentales que voici : D'abord 
les côtés opposés du parallélogramme riemannien n'appartiennent jamais au 
même w ; en second lieu, le parallélisme est d'espèce contraire pour les 
deux couples de côtés opposés. 



INTERPRÉTATION DE LA STÉRÉOMÉTRIE RIKMANNIKNNE 393 

trois ô données, dont deux sont parallèles entre elles et concou- 
rantes avec la troisième, on peut construire une monosérië 
composée de oo 1 parallélogrammes. 

Plaçons-nous dans cette dernière hypothèse. Les supports 
y ti S { et ô 2 étant donnés, faisons varier le quatrième côté 
y 2 — (c, Cj), en déplaçant c[ sur le cercle de centre d' et de rayon 
égal à c t ct. Dans chacune de ses positions, / 2 rencontre ô { et d ; 
elle détermine par sa rencontre avec ces deux éléments ô, deux 
éléments p, à savoir p x et p 2 , et deux éléments tô, à savoir t5 t et 
5) 2 . Je dis que la distance entre p l et p 2 est la même qu'entre 
c3 4 et c3 2 , et que cette distance demeure constante quand y 2 varie. 

En effet les opérateurs p i et tf, transforment tous les deux le 
couple de points cd t dans un nouveau couple c 2 d' ; les opéra- 
teurs p 2 et c5 2 transforment l'un et l'autre le couple cd 2 dans le 
même couple c[d' que ci-dessus. 

Les distances qui séparent respectivement p i de p. 2 et c3, de 
c3 2 , sont donc bien égales entre elles, chacune à la quantité 

~ rfjC^. Celle-ci, conformément à l'énoncé, ne varie pas quand 

? 2 se déplace; car elle ne dépend pas de la position du point c 2 . 

Réciproquement, étant données deux ô parallèles entre elles, 
telles que y i et/ 2 , prenons sur la première deux éléments p, 
comme p i et # 15 et sur la seconde deux éléments p 2 et q s . de 
telle sorte que la distance qui sépare les p dans chaque paire 
soit la même ; dans ces conditions, les S de jonction p i p i et q x q^ 
sont parallèles l . 

Employons en effet la notation 

p =à j a, g; a', j 

pour exprimer le fait que l'opérateur p change le couple de 
points «, /? en un nouveau couple a', p' ; et soit (rf, , d') la S com- 
mune aux éléments p i et p^. Nous aurons, d'après les condi- 
tions de l'énoncé, 

p t i= j e, * t j c ;, | . /> 2 = j c, ; <r | . 

1 On suppose g 2 placé par rapport à p s dans le même sens que q 1 l'est 
par rapport à p 1 . Il va de soi que les parallélismes des deux paires de 
côtés opposés sont d'espèce contraire. 



394 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 



D'autre part, si d 2 et e 2 ont pour transformés le point d', res- 
pectivement selon q i et g 2 

q t = j c, ; c], d' } , q 2 =\ c, e a : c^. d j . 

On conclut de là 

c d — cd — cd — c d — ce , 

1 1 2 2 2 ' 

et l'égalité des distances PiP 9 , et fournit de son côté l'éga- 
lité 

d t cd 2 — ^jCe 2 . 

Et ainsi le point e 2 coïncide avec le point ; les conditions 
de la figure (8) sont toutes réalisées, et les deux ô de jonction 
de ftPj, et de g^ 2 , à savoir d') et (d 2 , d') sont parallèles à 
leur seconde extrémité. C. q. f. d. 

A ces propriétés, ajoutons enfin celle des angles du parallélo- 
gramme. Dans tout parallélogramme les angles correspondants 
que forme un des supports avec les deux autres sont égaux. 

Ceci est immédiat, car les quantités égales cd i et cd» par exem- 
ple, mesurent les angles formés par le côté y, respectivement 
avec les côtés et J 2 . 

§ 16. — Qiiadrique de CUfford. — On sait que par trois 
droites données passe toujours une quadrique possédant deux 
systèmes de génératrices rectilignes. Le premier système com- 
prend en particulier les trois droites données, le second est 
formé de toutes les sécantes communes au premier; il y a 
d'ailleurs réciprocité entre les deux systèmes. 

Lorsque les trois droites données sont parallèles en leur pre- 
mière extrémité, il en est de même de toutes les génératrices 
du premier système. Celles du second système sont alors pa- 
rallèles entre elles au second bout, et le lieu des intersections 
mutuelles des droites appartenant respectivement aux deux sys- 
tèmes est la surface connue sous le nom de quadrique de 
CUfford ; elle est divisée par les génératrices rectilignes en une 
infinité de parallélogrammes non-euclidiens. 

Ces phénomènes caractéristiques de la Géométrie rieman- 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 395 

nienne trouvent une interprétation claire dans la Géométrie 
des S sur la surface sphérique. 

Considérons deux cercles de rayons égaux (fig. 9), ayant pour 
centres respectifs les points a et b' ; soient a' un point quel- 
conque du cercle b' et b un point quelconque du cercle a. 

Il est clair que toutes les ô telles que d = (a, a') sont parallèles 
entre elles au premier bout; elles forment une monosérie. De 
même une seconde monosérie de ô parallèles au second bout est 
constituée par l'ensemble ô' = (6, b'). 

Toutes les S de la première monosérie rencontrent toutes les 

appartenant à la seconde, car ab = a'b' ', ce qui est justement 
la condition de rencontre. En tant que lieu ponctuel, la qua- 




Fig. 9. 



drique est formée par les <x 2 intersections des ô avec les ô' ; en 
tant que lieu tangentiel, elle est constituée par les oo 2 éléinents g5 
conjoints simultanément à une ô et à une d'. 

Il est clair que la quadrique est complètement déterminée 
par trois S appartenant au premier système, par exemple 
ê t = (a, a[), ô 2 = (a, a % ), ô s ■— (a, a[). Le cercle b' est en effet 
complètement défini par trois de ses points a[, a'„, a' s . 

La quadrique présente deux axes qui sont A' = (a, b') et 
A" — (a, b"), le point b" étant diamétralement opposé à b' . Ces 
axes sont ainsi conjugués entre eux, et les génératrices de l'un 
et de l'autre système leur sont parallèles, à l'un ou à l'autre 
bout. De plus, la distance qui sépare chaque génératrice de l'un 
des axes est constante, et reste la même pour les deux systèmes 
de génératrices. On conclut facilement de là que les p qui cons- 
tituent la surface, au point de vue ponctuel, sont équidistants 
des axes. La quadrique de Clifford reçoit ainsi une définition 
qui la rapproche du cylindre ordinaire. 



396 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 



IX. — Perpendicularité. 

§ 17. — Si deux éléments ô comme ô i = (a t , a[) et S. 2 == (a 2 , a) 
vérifient la condition 

+ V*î = 180 ° • 

chacune rencontre la conjuguée de l'autre, et réciproquement 
chaque fois que rencontrera la conjuguée de l'égalité ci- 
dessus a lieu. Car en désignant 1 par ^l'antipode de a 2 , cette 
égalité se réduit à celle de rencontre a t a t = a[a" 2 . 

Deux S entre lesquelles existe la relation précédente se nom- 
ment orthogonales. Lorsque d. 2 , non seulement est orthogonale, 
mais de plus concourante avec ô x , nous aurons 

an — a a = 90° . 

12 12 

C'est le cas de la perpendicularité déjà définie au § 7. 

Et l'on voit par là que l'ensemble des sécantes communes à 
une S et à sa conjuguée est identique avec l'ensemble des per- 
pendiculaires élevées sur cette S. On peut se figurer cet ensemble 
de la manière suivante. 

Soit S = (a, a'). Tirons les arcs de grands cercles E et E' 
ayant a et a' pour pôles respectifs et prenons deux points, b et 
respectivement sur E et sur E'. Les œ 2 éléments S = (b, b') 
sont les perpendiculaires cherchées ; elles forment une bisérie 
qu'on appelle recticongruence. 

Problème. Par un p. ou un tô, choisis à volonté, abaisser une 
A — : (c, c'), qui soit perpendiculaire à une autre S donnée 
S — (a, a'). Comme toujours nous ne traitons que le premier 
cas. 

Il faut que ca — c'a' = 90°. Le point c doit se trouver sur 
un arc de grand cercle E ayant a comme pôle, et le point c' sur 
un second arc E' de pôle a'. D'autre part c' est associé à c selon 

1 Des ù conjuguées cumulent les caractères de l'orthogonalité et du pa- 
rallélisme. 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 397 



p ; il doit donc appartenir à la transformée r" du premier de 
ces cercles selon p. Et ainsi c' se trouve à l'intersection des 
cercles F/ et r', c au point correspondant du cercle E l . 

On pourrait aussi obtenir la perpendiculaire comme suit. Par 
le p donné menons deux éléments ri contenant, le premier la S 
donnée, le second sa conjuguée ; la perpendiculaire est à leur 
intersection. 



§ 18. — Une ô = (a, a') est dite perpendiculaire à un certain 
ri, quand la conjuguée de cette à appartient à ri, et récipro- 
quement, dans ces mêmes circonstances, l'objet ri est dit perpen- 
diculaire à l'élément ô'\ Voyons ce qui en est (fig. 10). 



S 9 



Fig. l(). 



Soient a" l'antipode de a f , et (6, b') une â faisant partie de 
ri. La condition de conjonction entre la conjuguée de ô = (a, a'), 
qui est (a, a"), et le ri donné se lit ab = a"b' , ou encore 

âb + 7717 = 180° . 

Donc : Toute perpendiculaire ô — (a, a') à un ri est orthogo- 
nale aux ô f = (b, b') contenues dans ce ri. 

En particulier si S = (a, a') rencontre la ô' = (b, b'), il faut 
que 

ab = a'b' ; 

1 La solution ( — c, — c'), également possible, redonne la même perpen- 
diculaire décrite en sens inverse. 

2 On peut imiter cette notion, en substituant corrélativement un p à 
un ri- 



398 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 

en combinant cette condition avec ab + a'b' = 180°, il vient 

~al) — a'b' = 90° ; 

par suite : toute perpendiculaire à un certain ri est aussi per- 
pendiculaire à toutes les S qui passent par son pied dans le ri. 

Une autre définition, équivalente, est la suivante. Sont per- 
pendiculaires à un élément ri les ô qui passent au pôle p de cet 
élément. 

En effet, si on désigne par b" l'antipode de b' et qu'on emploie 
la notation expliquée plus haut (p. 393), on a 

ri ~ | a, b ; a", b' j d'où p — : j a, b ; a', b" j 

et ainsi toute S = (a, a') perpendiculaire à ri, est conjointe avec 
le pôle p de l'élément ri. 

Par suite, étant donnés un élément ri et un élément p i il 
existe une ô perpendiculaire à ri et conjointe avec p l , et il 
n'en existe qu'une seule 1 . Pour l'obtenir, il suffit de joindre 
p x au pôle p du ri donné. 

Le problème inverse consistant à mener par un p un ri per- 
pendiculaire à une à donnée se résout immédiatement; il suffit 
de joindre p à la conjuguée de la ô. 

Théorème. Etant données deux d, telles que ô 1 = (a l a[) et 
S 2 = (a 2 a 2 ), je dis qu'elles possèdent deux perpendiculaires com- 
munes, lesquelles sont conjuguées l'une de l'autre. 

En effet, pour qu'une ô = (y. /) soit perpendiculaire à ô l et 
à J 2 , il faut qu'on ait 

^ = ^ = 90° , 

yX = ïX = 90 ° • 
Ainsi y occupe l'un des pôles de l'arc a x a. 2 et y' un des pôles 
de l'arc a[a s . Chacun de ces points peut ainsi affecter deux posi- 
tions antipodes l'une de l'autre. Par suite il existe deux per- 
pendiculaires communes telles que (y, y') et (y, — y') ; elles sont 
évidemment conjuguées et chacune peut être décrite dans un 
sens quelconque. 

1 Si du moins p est distinct de p 1 . Le problème consistant à mener 
par une 6 un ri perpendiculaire à une autre o est fort simple à traiter. 



INTERPRÉTATION DE LA STÉRÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE 399 



§ 19. — Lorsque les deux ô sont parallèles, par exemple au 
premier bout, y' seul est déterminé; quant à y il suffit de le 
placer à 90° de distance des points a, et a 2 réunis en un seul. 
Dans ce cas, il existe une monosérie de perpendiculaires com- 
munes qui sont parallèles entre elles au second bout. Cette 
propriété dérive d'ailleurs directement du fait que, dans le 
parallélogramme non-euclidien, les angles correspondants sont 
toujours égaux : si l'un est droit, l'autre le sera nécessairement. 

La perpendiculaire commune r = (y,y'), et la première 
ô 1 — (a t , a[), étant concourantes, déterminent par leur inter- 
section un élément p ; nommons-le p i • Soit de même p 2 l'élément 
p commun à r et à S 2 = (a 2 , a 2 ). Quelle distance sépare ces élé- 
ments p x et p t ? La réponse est aisée. 




En effet, nous avons 
sur le grand cercle a[d t prenons un point /S tel que 

a. S == fl„ à , a' S = a a — a a . 

1 1 12 2 1 12 21 

L'opérateur p t transporte ya t sur y d t et ya % sur /pf. De même 
l'opérateur p s transporte ya 2 sur y d t (fig. 11). 
Donc la distance de deux éléments p x et p. 2 , qui occupent les 

pieds de la perpendiculaire commune sur chaque d, est égale à 
l 

l'angle j?Y ^ lui-même égal à l'arc 



400 INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 

cette quantité mesure la longueur de la première perpendi- 
culaire commune. La seconde a pour grandeur ^ (a 2 a\ -f- a 2 a t ), 
ainsi qu'il est aisé de le démontrer. 

X. — Le MOUVEMENT EN GEOMETRIE RIEMANNIENNE. 

§ 20. — Pour ne pas allonger démesurément ce mémoire, je 
ne consacre que quelques mots à cette importante question : mais 
je ne crois pas pouvoir me dispenser de mettre ici en lumière 
la propriété la plus caractéristique du mouvement dans l'espace 
E s '', à savoir sa constitution binaire 1 . La Géométrie réglée va 
nous en livrer le secret de la manière la plus immédiate. 

Un mouvement dans E 3 ' fait correspondre à un p quelconque 
un nouveau p, à un quelconque un nouveau es, à une S quel- 
conque une nouvelle â, de telle manière que la distance de deux 
éléments transformés, de même espèce ou d'espèce différente, 
soit la même que celle des éléments primitifs correspondants 2 . 
Il résulte facilement de cette notion que le mouvement est une 
transformation projective, par laquelle les relations de conjonc- 
tion ne sont pas altérées. 

Il est donc loisible, dans l'étude des mouvements non eucli- 
diens, de se limiter au cas où les éléments à transformer sont 
de la catégorie ô. 

Supposons donc qu'on imprime un déplacement déterminé, 
d'ailleurs quelconque, à l'origine a de n'importe quelle S = (a, a') 
et un autre déplacement, également bien défini, à l'extrémité 
a' de cette même â. Il est clair que la S se change ainsi en 
une nouvelle ô = (6, &'), et que la condition d'invariance des 
distances est satisfaite. Car si ô l == (a t , a[) et ô t = (a t , a[) se 

1 L'opérateur mouvement a le type analytique p ( ) q, avec les deux 
fadeurs quaternioos non-interchangeables p et q. 

2 II faut ajouter ici que l'ensemble de tous les mouvements doit former 
an groupe contenant la transformation identique. A l'instar de ce qui a 
lieu pour la Planimétrie, l'invariance des distances a lieu, en Géométrie 
réglée, pour d'autres opérations que les mouvements, ce sont les retourne- 
ments : je n'en parle pas ici. 



INTERPRÉTATION DE LA STEREOMETRIE RIEMANNIENNE 401 

transforment respectivement en ô[ = (è t , 6^) et ^==-(6 t , b' t \, 
nous aurons 

«a. — b b. el r/ a = //// 

12 12 12 12 

puisque les a subissent un même déplacement, et les a' un 
autre déplacement (généralement distinct du premier). 

L'opération décrite à l'instant s'appelle un mouvement de 
l'espace EJ"; elle peut se répéter sans changer de nature; et, 
puisqu'elle possède six degrés de liberté, tous les mouvements 
forment dans leur ensemble un groupe à six paramètres. Ce 
groupe est continu. 

Théorème. Etant donné un mouvement quelconque, il existe 
en général deux d, conjuguées l'une de l'autre, qui ne changent 
pas de position quand on exécute ce mouvement. 

En effet, soient (F, F d ) et (F, F'J les déplacements subis res- 
pectivement par les deux extrémités d'une S quelconque, dépla- 
cements qui représentent les composantes du mouvement non- 
euclidien dont il s'agit. 

Prenons le point commun a aux figures F et F 1 , et son anti- 
pode — a ; prenons de même le point commun a f , commun aux 
figures F et FJ, ainsi que son antipode —a'. Les seules S qui 
restent invariantes sont évidemment (a, a'), et (a, — a'), ou les 
opposées de celles-ci ; elles sont d'ailleurs conjuguées comme 
possédant une même origine et deux extrémités qui sont anti- 
podes. 

Il existe toujours go 2 mouvements laissant en place une S 
donnée S — (a, a'). Car si la figure F est choisie à volonté, F i 
est cette figure même tournée d'un angle quelconque autour de 
a ; de même F[ est identique à F après une rotation arbitraire 
autour du point a'. Ceci suffit à définir les deux composantes 
du mouvement. • • 

On reconnaît ici les caractères généraux du mouvement héli- 
coïdal. Il opère un reclassement des p et de-; sj conjoints aux S 
invariantes; et il serait facile de voir qu'à mesure que varient 
les angles de rotation des figures F, et F[ autour de leurs centres 
respectifs, chaque p avance d'une quantité déterminée, et chaque 
«3 tourne d'un angle constant, le long et autour des S inva- 
riantes. 



Archives, Vol. I. — 



Septembre-Octobre 191!). 



2T 



402 INTERPRÉTATION DE LA STÉRÉOMÉTRIE RIEMANNIENNE 

Dans l'énoncé des propositions précédentes, une réserve est 
nécessaire. Supposons que la figure soit identique avec F; 
alors la rotation (F.Fj) est d'angle nul, et son centre a' est indé- 
terminé. 

Seul le point a est défini. On voit que dans ce cas toutes les 
S dont l'origine est en a, se transforment en elles-mêmes, quelle 
que puisse être leur extrémité a'. Toutes ces droites invariantes 
forment une congruence de droites parallèles entre elles au 
premier bout. Le mouvement dont il s'agit fait avancer un p, 
conjoint avec l'une de ces S, le long de cette ô même. Et le glis- 
sement est constant pour tous les p de l'espace : ce sont les 
caractères connus de la translation euclidienne 2 . 

Il existera naturellement une translation, d'une autre espèce, 
qui laisse invariantes les ce 2 droites d'une congruence de S 
parallèles à leur second bout arbitrairement choisi sur la 
sphère. 

1 II est clair que deux 8 qui sont de sens contraire se changent par le 
mouvement en deux nouvelles o qui sont encore de sens contraire. 

2 Tout ceci se vérifie aisément. 



ÉTUDE 

PHYTOPLANCTONIQUE, EXPÉRIMENTALE 
ET DESCRIPTIVE 

des eaux du Lac de Genève 

PAR 

Louis REVERDIN 

(Avec 1 planche hors texte, 1 graphique et 111 figures 
dans le texte). 

(Suite et fin). 



SECONDE PARTIE 

Description de quelques nouveautés rencontrées dans les 
couches superficielles du lac de geneve. 

Au début de mes recherches j'espérais pouvoir arriver à dres- 
ser un catalogue complet de la flore planctonique superficielle 
du lac de Genève. Je m'aperçus bien vite que cette ambition 
n'était pas réalisable. La flore planctonique de notre lac a été 
trop délaissée jusqu'ici. Nos connaissances sur la flore plancto- 
nique du lac de Genève sont dues principalement à Brun 1 et 
Chodat 2 . L'étude des Diatomées est due presque exclusivement 

1 Brun, J. — à) Végétations pélagiques et microscopiques du lac de- 
Genève au printemps 188-4. Bull, des Travaux de la Soc. botanique de 
Genève, III, 1884, p. 17-34; b) Diatomées des Alpes et du Jura, Genève, 
1879 ; c) Diatomées du lac Léman. Bull. Herb. Boissier, seconde série, 1. 1, 
n<> 2, 1901, p. 117-128. 

2 Chodat. — a) Sur la structure et la biologie de deux algues péla- 



404 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



au premier. Par ses « Etudes de biologie lacustre », Chodat 
inaugura une ère nouvelle dans la phytoplanctologie ; on trou- 
vera aussi dans ses « Algues vertes de la Suisse » de précieux 
renseignements sur les algues vertes du plancton. Les Péridi- 
niacées du Léman ont été étudiées avec un soin tout particulier 
par Penard 1 en 1891. Leur étude aurait besoin d'être reprise 
actuellement. C'est à Pittard 2 que nous devons les premiers ren- 
seignements au sujet de la répartition quantitative du plancton. 
11 étudia aussi les variations du Ceratium hirundinella. Blanc 3 
contribua pour sa part à Tétude du phytoplancton par ses 
recherches sur le Ceratium hirundinella et ses pêches pélagi- 
ques. Forel 4 , dans sa « Monographie du Léman », puisa large- 
ment chez ces différents auteurs pour son chapitre sur la flore 
du Léman. Depuis lors, c'est-à-dire depuis 1904, l'étude de la 
flore planctonique n'a pas été reprise. Bachmann 5 dans son 
étude n'ajoute rien de neuf quant à la flore du Léman ; les tra- 
vaux de M. Bétant (voir à l'introduction) sont de nature pure- 
ment quantitative ; on lui doit cependant d'excellentes photo- 
graphies représentant les formes les plus typiques. 

L'établissement d'une liste complète de la flore planctonique 
ne pourra se faire que dans un travail de longue haleine et par- 
la coopération de plusieurs bonnes volontés. J'espère que les 

giques. Journal de botanique, 1896 ; b) Etude de biologie lacustre, Bull. 
Herb. Boissier, t. Y, 1897, n° 5, p. 289-314; t, VI, 1898, n° 1, p. 49-77. 
n° 2, p. 155-188, 431-476 ; c) Recherche sur la biologie lacustre. Le Globe, 
t. XXXVII, 5 m « série, t. IX, 1893 ; d) Algues vertes de la Suisse. Mater, 
'pour la flore cryptogamique de la Suisse, vol. 1, fascicule 3, 1902. 

1 Penard, E. — Les Péridiniacées du Léman. Bull, des travaux de la 
Société botanique de Genève, t. VI, 1891. 

2 Pittard, E. — a) Arch. Se. phys. et nat., 4 e période, III, 1896; b) 
Répartition quantitative en surface du Plankton. Arch. Se. phys. et nat., 
4 e période, t. III, 1897; c) A propos du Ceratium hirundinella, O.-F. 
Millier. Arch. Se. phys. et nat., 4 e période, t. III, 1897. 

3 Blanc, H. — a) Notes sur le Ceratium hirundinella, O.-F. Mùller, 
Bull. Soc. vawdoise Se. nat., t. XX, 1885, n° 91, p. 305-315, 1 pl. ; b) Sé- 
ries de pêches pélagiques dans le Léman. Arch. Se. phys. et nat., -l me pé- 
riode, t. I, 1895, p. 460-462. 

4 Forel, F.-A. — Le Léman, t. III, 1904, p. 132-134, 139-151. 

:> Bachmann, H. — Etude comparative des phytoplanctons des lacs de 
l'Ecosse et de la Suisse. Arch. Se. phys. et nat., t. XXV. 1908, n" 3, 
p. 249-268 ; n° 4, p. 360-372. 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



405 



pages qui suivront encourageront d'autres chercheurs. J'ai été 
moi-même frappé du nombre de nouveautés rencontrées et je 
puis affirmer qu'il y a encore beaucoup de découvertes à faire. Il 
est certain que mon but n'a pas été seulement de trouver des 
formes nouvelles. Ce qui importe avant tout c'est d'arriver à 
connaître la biologie de chaque espèce. Pour parvenir à ce résul- 
tat il y a deux méthodes : l'étude des formes dans la nature et 
en cultures pures. Ces deux études doivent se compléter mutuel- 
lement. Malheureusement la méthode des cultures pures ne peut 
pas être employée pour tous les organismes. Les essais que j'ai 
présentés dans la première partie ont montré la faible survi- 
vance des Flagellés et de certains Dinoflagellés. Pour ces deux 
classes nous en sommes réduits à l'étude dans la nature. Les 
Diatomées planctoniques me semblent plus favorables, on arri- 
vera sans doute à les cultiver plus facilement. Les vastes collec- 
tions d'algues vertes en cultures pures de Chodat montrent que 
pour cette classe il ne s'agit plus que d'une question de temps 
et de patience. 

Je diviserai cette deuxième partie en deux chapitres corres- 
pondant aux deux classes sur lesquelles j'ai recueilli le plus 
grand nombre d'observations. I les Flagellés. II les Algues 
vertes. 

§ 1. — Flagellés. 

1° Diceras, nov. gen. (Lepochromonadinea),L. Reverdin. 

C'est dans le courant du mois de novembre 1916 que j'ai ren- 
contré cette nouvelle forme. L'étude que j'ai publiée 1 était for- 
cément préliminaire, de nouvelles observations m'ont fourni de 
nouveaux faits importants, je reprends donc sa description au 
complet. 

Forme : Une cellule ovoïde lorsqu'elle est vue de face portant 
à ses deux extrémités deux cornes qui vont en s'amincissant 
progressivement ; ces deux cornes ont des longueurs différentes, 
la plus courte faisant suite au petit bout de l'ovale, la plus 

1 Reverdin, Louis. « Un nouveau genre d'algues (Lepoehromonadinca), 
le genre Diceras. » Bull, de la Soc. Bot. de Genève, vol. IX, 1917. 



406 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



grande implantée sur la partie large de la cellule (fig. 18). Les 
deux cornes sont dans le prolongement l'une de l'autre, la cel- 
lule est donc symétrique par rapport à un plan passant par les 
deux cornes. Vue latéralement, la forme ovalaire de la cellule 
est plus marquée, les deux cornes ne sont plus dans le même plan, 
on voit aussi que la grande corne n'est pas rectiligne, elle est 
légèrement incurvée (fig. 19, 20, 21). C'est presque toujours 
dans cette position que l'algue se présente sous la lamelle ; on 
ne peut la voir de face que dans un milieu légèrement visqueux 
ou en tapotant sous la lamelle. 

18 19 20 21 




Fig. 18 à 21. — Diceras Chodati. 



Dimensions: D'après une série de mensurations portant 
sur une cinquantaine de cellules j'ai obtenu les dimensions sui- 
vantes : 

Longueur de l'ovale 13,5 

Largeur de 1 ovale 5,8 

Longueur de la grande corne ... 40 
» » » petite corne ... 24 

Angle compris entre les deux cornes 142° 

Les minima et maxima observés sont : 

Pour la longueur de l'ovale. . . . 11-16 

» » largeur de l'ovale .... 4-7 

» » grande corne 38-42 

» » petite corne 22-28 

» l'angle entre les deux cornes . 140°-144° 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



407 



L'ovale et les cornes sont parfaitement lisses; cependant j'ai 
rencontré plusieurs fois des individus présentant sur l'ovale du 
côté de la grande corne une légère protubérance qui est toujours 
située sur le bord le plus convexe opposé à l'angle formé par- 
les deux cornes (fig. 20, 21). 

Sur des individus morts ou plasmolysés on constate que les 
cornes ne prolongent pas l'ovale mais en sont nettement sépa- 
rées par une cloison, l'ovale étant complet. 

Composition : La nature cellulosique soit de l'ovale soit des 
deux cornes est facilement déterminée par l'action du rouge 
congo ammoniacal ou du chlorure de zinc iodé. J'ai toujours 
obtenu les mêmes résultats que sur les coques des Dinobryon. 

Pro toplasma : La partie vivante de la cellule est limitée à 
l'intérieur de l'ovale, il n'y a pas de prolongements protoplas- 
miques dans les cornes. Dans la grande majorité des individus 
observés, le protoplasma remplit complètement l'ovale. Il est 
très clair et ne montre que quelques petites granulations dont la 
répartition est assez irrégulière. Dans certains cas le proto- 
plasma se contracte, laissant un vide entre lui et la coque de 
l'ovale à une extrémité (fig. 22). En se rétractant davantage il 
s'isole complètement (fig. 23), entouré d'une très fine mem- 
brane il garde une forme ovale ou peut même s'arrondir com- 
plètement (fig. 24). Sur deux individus j'ai remarqué une espèce 
de pied qui rattachait le protoplasma contracté à la coque cellu- 
losique, ce pied était dans un cas du côté de la petite corne (fig. 
25), dans l'autre, du côté de la grande corne (fig. 26). 

Vacuoles: Je n'ai rencontré de grosses vacuoles que rare- 
ment, généralement cette vacuole se trouve aux extrémités de 
l'ovale (fig. 27). 

Vésicules contractiles: Dans mes premières descriptions 
je ne les ai pas signalées, ne les ayant pas constatées sur les 
individus observés, depuis lors j'ai pu me convaincre qu'il y a 
deux petites vésicules contractiles alternantes. Elles sont très 
rapprochées l'une de l'autre, leurs contractions alternent toutes 
les 7 secondes environ. La position de ces deux vésicules paraît 
variable, cependant on les rencontre le plus souvent du côté de 
la petite corne. 

Chromatophore : Il n'y a qu'un chromatophore dans cha- 



408 



ÉTUDE PHYTOPLAN CTO NIQUE 



que cellule, il est en plaque simple à contour arrondi, sa posi- 
tion est variable, tantôt au centre de la cellule en lame recour- 
bée occupant environ la moitié de la circonférence, tantôt dans 
ses extrémités, dans ce dernier cas il forme une petite calotte, 
sa couleur est vert-jaune clair et l'appelle celle des Dinobryon 
et des Mallomonas. 

Noyau: Il n'est pas visible à l'état frais, je n'ai réussi aie 
voir qu'après coloration, sur un individu seulement, il occupe 
la partie centrale du protoplasma. 




26 27 28 29 

Fig. 22 à 29 — Diceras Chodati. 

Flagellum: Pendant longtemps j'ai cru que les cellules 
étaient complètement immobiles et que leurs déplacements se 
faisaient d'une manière toute passive. Je suis certain mainte- 
nant que cette immobilité n'est réalisée qu'à certains stades de 
la vie de ce flagellé. Ce stade est caractérisé par une coque cellu- 
losique paraissant complètement close (fig. 18, 19). La protubé- 
rance, dont j'ai parlé tout à l'heure, montre un petit orifice, 
dans ce cas il y a communication par un court canal entre le 
liquide ambiant et le proto plasma. J'ai eu d'abord beaucoup de 
peine à voir cet orifice, je n'en voyais sortir ni prolongement 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



409 



protoplasmique, ni fiagellum, j'avais pourtant observé plusieurs 
fois que de cette protubérance s'échappaient de petites goutte- 
lettes réfringentes, sans doute quelque sécrétion de produits de 
déchets. Enfin en examinant attentivement certains individus 
présentant de légers mouvements, j'ai réussi à voir un fiagellum 
sortant par l'orifice (Planche 1, fig. a, b, tig. 28) Ce fiagellum 
est très court, ses mouvements sont lents. Je n'ai pas pu trou- 
ver un second fiagellum à l'état frais. Sur un individu seulement, 
après coloration à l'iode, j'ai trouvé sortant de l'orifice deux fila- 
ments plus ou moins contractés (fig. 29). Il est dès lors fort plau- 
sible d'admettre la présence de deux fiagellum dont l'un, celui 
qu'on peut observer à l'état frais, est plus long que l'autre. Ce 
qui est certain c'est que ces fiagellum ne sont visibles qu'à cer- 
tains stades du développement et que leur présence n'influe 
guère sur le genre de vie de ces organismes. Comme je l'ai dit 
plus haut, leur motilité est très faible, ils sont incapables d'en- 
traîner les cellules d'où ils sortent. Le seul mouvement observé 
est une sorte de balancement de la cellule. 

Multiplication: Vu la forme très particulière de ces cel- 
lules, il serait d'un grand intérêt de connaître l'histoire de 
son développement au complet ; malheureusement cette ques- 
tion reste encore pendante. Malgré mes nombreuses observa- 
tions j'ai presque toujours rencontré cet organisme sous les 
aspects décrits ci-dessus. Cependant j'ai trouvé une dizaine de 
cellules présentant des caractères spéciaux qui permettent quel- 
ques remarques sur leur multiplication. Quelques cellules pos- 
sédaient deux chomatophores (planche 1, fig. b, c) situés chacun 
à l'extrémité de l'ovale ; par une division oblique le protoplasma 
se divise en deux parties égales. Remarquons que cette division 
peut s'effectuer soit sur des cellules à ovale complet, soit sur des 
cellules présentant la protubérance décrite. Quel est le sort de 
ces deux cellules? Y a-t-il expulsion à travers le petit orifice de 
la protubérance ou bien la coque cellulosique se disjoint-elle? 
Aucune observation jusqu'ici ne me permet d'y répondre. 
Comment se forme l'individu adulte à partir de ces cellules 
expulsées? Là encore de nouvelles découvertes sont à attendre. 
Pourtant les cellules figurées à la planche I (fig. d et e) permet- 
tent une première orientation. Dans le cas de la fig. e, le proto- 



410 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



plasma remplit la corne et la partie sphérique de la cellule dans 
laquelle se trouve le chromatophore en calotte ; dans le second 
cas (fig. d) le protoplasma est limité à la partie sphérique, la 
corne est séparée de celle-ci par une cloison cellulosique comme 
sur les cellules adultes à deux cornes. Il est probable que la 
seconde corne se forme d'une manière analogue, le protoplasma 
émettant un prolongement, opposé au premier, qui se retire 
peu à peu après avoir sécrété un fourreau cellulosique. On voit 
que d'après ce mode de formation les cornes ne seraient pas 
pleines mais creuses, cette question est du reste difficile à tran- 
cher; il se pourrait aussi fort bien que le lumen tout entier 
soit oblitéré par une masse cellulosique. La formation des 
cornes et de la coque ovale se rapproche évidemment de ce qui 
se passe chez les Dinobryon. Ces états juvéniles sont très 
rares, je n'ai rencontré que trois cellules dans ces stades pri- 
mitifs. 

Position systématique: Le nouveau genre Diceras doit 
se placer dans le groupe des Lepochromonadinées, dans le voi- 
sinage des genres Dinobryon et Kephyriopsis. L'absence d'un 
stigma est sans doute en rapport avec le manque de mobilité 
de cette algue. 

L'espèce qui m'a servi pour la description de ce genre a reçu 
le nom de Diceras Chodati, nov. spec, L. Reverdin. Je suis heu- 
reux d'avoir pu dédier ma première découverte à mon maître 
Chodat. 

Diagnoses : 

Diceras nov. gen. Lepockromonadinearum. L. Reverdin. 

Cellulae libère natantes bisetigerae, parte inflata ovoidea inde 
cellulae asimetricae. Contentus cellulae ovalis in setas haudpro- 
longatus. Chromatophora bina vel saepius chromatophorum 
unicum cochleare luteo-viride ; granula magnitudine varia, 
sparsa. 

Diceras Chodati nov. spec. L. Reverdin. 

Characteres generis. Diam. partis inflatae longius 13,5 ti, 
brevius 5,8 u \ longitudo setarum, brevioris 24 u, longioris 40 u. 
Cellulae vertice visae rectae, latere setis angulum late aper- 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



411 



tum formantibus. Angulus 142° (i. e. lineae a dorso in setas 
prolongatae). 

Habitus : libère natans in lacu genevensi haud procul a super- 
ficie. 

Le Diceras Ghodati n'a été jusqu'ici rencontré que dans la 
couche superficielle du lac de Genève, Soit entre le Port-Noir 
et l'Ariana, soit au large d'Hermance ; il est rare, je l'ai trouvé 
plus fréquemment durant les mois d'hiver. 

2° Styloceras nov. gen. (Lepochromonadinea). L. Reverdin. 
Styloceras longissimus nov. spec. L. Reverdin 
(planche 1, fi g. f). 

Dans le produit d'une pêche effectuée le 20 février 1917 entre 
le Port-Noir et l'Ariana j'ai rencontré trois individus du même 
type que celui figuré à la planche 1, fig. f. 

La longueur totale de la cellule est de 156, la partie centrale 
élargie fusiformea une longueur de 52. Les deux prolongements 
cylindriques droits mesurent aussi 52. Le passage des prolon- 
gements à la partie médiane se fait d'une manière progressive. 
Les deux prolongements se terminent brusquement en gardant 
une forme cylindrique. Les deux extrémités m'ont paru identi- 
ques ; il m'est impossible de dire si elles sont ouvertes ou fer- 
mées. Contrairement à ce qui se passe chez Diceras, ici il n'y a 
pas de cloisons entre la partie centrale et les prolongements. 
€ette coque est aussi entièrement cellulosique. Le protoplasma 
est localisé, au stade observé du moins, dans la partie centrale. 
Il a une forme allongée f.usiforme, il est fixé d'un côté par un 
pied qui vient s'attacher à la base d'un des prolongements. Le 
protoplasma remplit presque entièrement la partie centrale, il 
se termine du côté opposé au pied par une extrémité arrondie. 
Il possède un chromatophore vert-jaune en forme de ceinture 
oblique. Le protoplasma clair renferme plusieurs inclusions 
réparties dans toute sa masse. Je n'ai vu ni vacuole ni vésicule 
contractile ; par contre on trouve un stigma rouge allongé dans 
la partie antérieure et sans contact avec le chromatophore. Je 
n'ai pas réussi à voir de flagellum. Vu sa grande ressemblance 



412 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



avec Dinobryon il est peu probable que cette absence soit réelle. 
Dans l'état où je les ai observées, les cellules étaient complète- 
ment immobiles, les protoplasma cependant exécutaient de fai- 
bles mouvements. La présence de flagellum établirait du même 
coup la présence d'une ouverture à l'extrémité d'un prolonge- 
ment au moins. Déjà la présence d'un stigma ferait incliner pour 
cette solution. Je ne puis malheureusement rien ajouter quant 
au développement de ce nouvel organisme. 

Position systématique: Ce nouveau genre Styloceras 
doit se classer aussi dans le groupe des Lepochromonadinées. Sa 
place est évidemment voisine du genre Dinobryon. 

Habitat: Je n'ai rencontré cette forme qu'à la surface et 
seulement dans une pêche au mois de février. 

Diagnoses : 

Styloceras nov. gen. Lepochromonadinearum. L. Reverdin. 

Cellulae libère natantes fusiformes rectae, appendicibus cylin- 
dricis. Contentus cellulae in parte inllata. Chromatophorum 
unicum luteo-viride, granula magnitudine varia, sparsa. 

Styloceras longissimus nov. spec. L. Reverdin. 

Characteres generis. Diam. partis inflatae brevius 4 u, lon- 
gius 52 il ; longitudo appendicum 52 u. 
Eab. : libère natans in lacu genevensi haud procul a superficie. 

3° Dinobryon campanuliformis nov. spec. L. Reverdin 
(planche 1, fig. g). 

Dans une pêche du 12 juillet 1918 j'ai découvert plusieurs 
exemplaires de cette nouvelle espèce. Il s'agit ici de formes libres 
vivant isolément. La coque est d'une régularité parfaite. Sa lon- 
gueur est de 30-32, la partie large se termine assez brusque- 
ment par une pointe très fine à la base, l'ouverture est très lar- 
gement évasée, son diamètre mesurant 14-16. La partie basale 
atteint environ le tiers de la longeur totale. 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



413 



Le protoplasma est ovale. Il est fixé à la partie postérieure par 
un court filament s'insérant latéralement sur le pied. Le chro- 
matophore simple vert-jaune se trouve dans la partie antérieure 
et est muni d'un stigma court. Le petit flagellum partant d'un 
point voisin du stigma n'atteint pas l'ouverture de la coque, le 
grand flagellum la dépasse légèrement. 

. J'ai pu suivre l'émigration du protoplasma hors de sa coque. 
Les flagellum avaient disparu, le protoplasma quitte la coque en 
s'arrondissant en entraînant le filament fixateur ; cette sortie 
s'effectue en quelques secondes et l'on voit bientôt à côté de la 
coque vidée, une cellule ronde de 8,1 de diamètre munie d'un 
court filament immobile qui n'est que le pédoncule fixateur. 

J'ai trouvé cette nouvelle espèce dans d'autres pêches durant 
le mois de juillet, soit entre le Port-Noir et l'Ariana soit en 
face d'Hermance dans les pêches du 21 et du 23 juillet. 

Diagnose : 

Dinobryon campanuliformis nov. spec. L. Reverdin. 

Lorica campanuliformis regularis. Longitudo 30-32, diame- 
trum oris 14-16 u. Cellulae libère natantes. Cilia quam cellula 
profondius inclusa breviora orem loricae haud superantia vel 
olim vix superans. Contentus cellulae ovalis lateraliter pedicello 
brevi afïixus. 

Hab.: Libère natans in lacu genevensi haud procul a super- 
ficie. 

4° Dinobryon elegans nov. spec. L. Reverdin 
(planche 1, fig. h). 

J'ai rencontré cettenouvelle forme dans une pêche du 18 juillet 
1918 entre le Port-Noir et l'Ariana. 

Comme l'espèce précédente, il s'agit aussi d'un organisme- 
libre isolé dont le contour est très simple. La coque forme une 
trompe qui va en s élargissant progressivement; ses côtés sont 
légèrement concaves, l'élargissement s'accusant vers l'ouverture. 
La longueur est de 3,8, la largeur de l'ouverture est de 11. Le 
protoplasma de forme fusiforme vient se fixer à l'extrémité de 



414 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



la coque par un prolongement très ténu qui va en s'amincissant 
peu à peu. 11 s'arrête bien avant l'ouverture. On y voit un beau 
chromatophore en ceinture diagonale terminé au sommet par 
un stigma. Au centre du pratoplasma se trouvent deux vésicules 
contractiles fonctionnant alternativement toutes les 3 secondes. 
Les deux flagellum ne sortent pas de l'ouverture, le plus court 
part du stigma. 

Cette espèce est plus rare que le Dinobryon campanuliformis, 
je ne l'ai plus rencontrée dans d'autres pêches. 

Diagnose : 

Dinobryon elegans nov. spec. L. Reverdin. 

Lorica auguste infudibuliformis elongata ab ore expenso sen- 
sim et regulariter attenuata. Longitudo 38 u diam. oris 11 u. 
Cilia inclusa i-e quam cellula breviora et loricae orem vix vel 
non attingentia. Cellulae libère natantes. Contentus cellulae 
fusiformis pedicello tenui ad basim loricae affixo. 

Hab. : Libère natans in lacu genevensi haud procul a superficie. 

5° Dinobryon urceolatum nov. spec. L. Reverdin 
(planche 1, fig. i, j, k). 

C'est durant le mois de juin 1918 que j'ai découvert cette 
nouvelle espèce. L'enveloppe cellulosique très fine est en cloche 
largement ouverte, son sommet peut être plus ou moins obtus, 
dans ce cas la cloche devient ogivale ou en forme de pain de 
sucre. Sa largeur est un peu plus faible que sa hauteur qui est 
d'environ 9 à 11. Le flagellé est fixé au sommet de la cloche par 
un pédicelle très fin qui prolonge le corps en forme de mas- 
sue. Les dimensions du pédoncule varient de 6 à 9 ; celles du 
corps lui-même de 6 à 8 pour la longueur sur 4 de largeur. Le 
corps présente un métabolisme particulier ; à côté de change- 
ments lents de la cellule on voit apparaître de temps en temps 
un ou deux courts pseudopodes massifs à sa partie antérieure 
(planche 1, fig, i). 

Le protoplasma est pourvu de nombreuses granulations. Le 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



415 



chromatophore unique est en plaque allongée dans l'axe du corps, 
il présente en avant un stigma rouge en bâtonnet. C'est de ce 
stigma que part le fiagellum court, on voit très nettement dans 
cette espèce que le petit flagellum prend naissance sur le stigma, 
après avoir traversé un petit espace dans le protoplasma, il perce 
la fine membrane pour venir s'agiter à l'extérieur. Le grand 
flagellum est très visible, il sort directement du protoplasma à 
une faible distance du petit llagellum ; il est très long, jusqu'à 
13, il est assez épais et paraît presque cylindrique ; ses mouve- 
ments sont composés d'une série d'ondulations assez rapides. J'ai 
toujours trouvé deux vésicules contractiles placées au milieu de 
la cellule et rapprochées de la membrane du côté opposé au chro- 
matophore. Leurs mouvements alternant s'effectuent toutes les 
4 à 5 secondes. 

Il arrive de temps en temps que le flagellé se contracte brus- 
quement au fond de sa cloche (planche 1, fig. k). 

Le flagellé se présente alors sous une forme sphérique main- 
tenu par le pédoncule rétracté, les deux flagellum ne sont plus 
visibles dans cet état. 

La locomotion de cette espèce est lente, les mouvements du 
grand flagellum sont sans doute moins puissants que chez les 
Dinobryon; la forme en cloche de la coque doit aussi présenter 
une grande résistance relative à la progression en avant. Il me 
semble que cette cloche doit servir sans doute de flotteur à la 
manière d'un parachute. Cette espèce est rare, je ne l'ai pas 
revue depuis. 

Diagnose : 

Dinobryon urceolatum nov. spec. L. Reverdi n. 

Lorica late cupuliformis ore haud expansa basi vix acuta vel 
subobtusa, lateraliter visa ogivalis; longitude .9-11 u: conten- 
tus cellulae pedicello subaeque longo basi affixus, interdum sub 
amoeboideus, a lorica late dissitus ejus apex orem cupulaeattin- 
gens; cilia pro rate longa exserta, majus cellulam pedicello 
adjuncto longius paululum. Cellulae libère natantes. 

Hab. : Libère natans in lacu genevensi haud procul a super- 
ficie. 

Les trois espèces nouvelles décrites: Dinobryon campanuli- 



416 



ÉTUDE PHYTOl'LANCTONIQUE 



formis, elegans, urceolatum rentrent toutes dans la section Di- 
nobyopsis caractérisée par les formes libres et isolées. 

Je les ai toujours rencontrées à l'état d'individus libres. En 
supposant même que des formations en colonies soient rencon- 
trées un jour ou l'autre, cela n'enlèverait rien à ces découvertes, 
vu qu'on ne connaît pas jusqu'ici de formes semblables dans la 
section Eudinobryon. 



6° Hyalobryon cylindricum nov. spec. L. Reverdin 
(pl. 1, fig. I, m). 

C'est dans le courant du mois de juillet 1918 que j'ai ren- 
contré ce flagellé pour la première fois, en face d'Hermance. Ce 
qui m'a frappé tout d'abord c'est la pâleur des individus et la 
grande délicatesse de leurs coques cellulosiques. Sans l'emploi 
de colorant je n'avais vu qu'un tube droit sans élargissement à 
son sommet, par contre à la base il était dilaté pour se terminer 
ensuite brusquement par une courte pointe. 

Ces individus étaient groupés autour d'une petite masse 
mucilagineuse qui leur servait de support. Par l'emploi du bleu 
de méthylène les coques prennent une superbe coloration rouge, 
on voit nettement alors que l'enveloppe n'est pas aussi simple 
qu'on aurait pu le croire sans l'aide d'un réactif ; le contour 
paraît denté, ces petites dents sont bien marquées à la base et 
diminuent progressivement, le sommet de la coque en étant dé- 
pourvu; on en compte environ 12 à 15 sur le côté de l'enveloppe. 
On voit par là qu'on est en face d'un Hyalobryon. La longueur 
de la coque va de 27 à 32. L'ouverture mesure 5 de diamètre, 
la partie la plus large de la base étant une fois et demie plus 
grande. 

Le flagellé est maintenu au fond de sa coque par un fin pédi- 
celle contenu dans la partie basale élargie ; le corps lui-même 
est cylindrique et remplit presque complètement le tube cellu- 
losique dont il atteint à peu près l'ouverture. 

Il est très difficile, vu la petitesse et la pâleur de cet orga- 
nisme de fixer une limite à un chromatophore, tout le contenu 
en effet est coloré en un vert-bleu pâle qui contraste évidem- 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



417 



ment avec ce qu'on s'attendait à voir chez un Hyalobryon. Le 
protoplasma a un aspect granuleux, on y rencontre de nom- 
breuses inclusions ; je n'ai pas réussi à voir un stigma, sur cer- 
tains individus seulement j'ai trouvé une seule vésicule contrac- 
tile effectuant ses mouvements en 3 secondes ; à la partie anté- 
rieure se trouvent deux minces flagellum ; le plus grand dépas- 
sant largement l'ouverture est environ deux fois plus court que 
la cellule sans son pédicelle, le petit très court est difficilement 
visible. A côté des flagellum, qui paraissent des productions fixes, 
j'ai vu plusieurs fois le protoplasma de la partie antérieure 
émettre de fins pseudopodes filiformes momentanés, qu'on pour- 
rait prendre pour des flagellum à première vue (pl. 1, fig. m). 
J'ai retrouvé plusieurs fois ce Hyalobryon dans mes pêches 
planctoniques au mois de juillet jusqu'au milieu d'août. Je l'ai 
toujours rencontré sous la même forme que celle décrite ci-des- 
sus ; dans deux individus cependant j'ai trouvé un chromato- 
phore mieux défini, en forme de plaque pariétale très pâle 
aussi. 

Les individus se trouvent toujours soit isolés, soit par petits 
groupes de 4 à 8 cellules fixées sur un substratum commun. Il 
est difficile de dire actuellement si ces petits flocons mucilagi- 
neux, sur lesquels ils sont fixés, sont sécrétés par eux-mêmes ou 
si ce sont des matières en suspension (pl. 1, fig. m). 
Je ne l'ai jamais rencontré fixé sur d'autres algues plancto- 
niques. 

La forme qui lui serait la plus voisine est le Hyalobryon 
Voigtii Lemmermann ; mais cette espèce en diffère par plu- 
sieurs caractères, elle possède un pédoncule fixateur à la base, 
le tube va en se rétrécissant de la base à l'ouverture, le flagellé 
court est retenu à la base non dans le fond mais sur un côté par 
son pédoncule, le chromatophore simple ou double est muni 
d'un stigma. 

Diagnose : 

Hyalobryon cylindricum nov. spec. L. Reverdin. 

Lorica insconspicua, latere visa cylindrica dein dilatata et 
breviter abrupte attenuata i-e basi rhomboidali dilatata tubum 
cylindricum formans supra basin acutam extus denticulata, 
denticulis inquoque latere 12-15 a basi sensim minoribus in imo 

Archives, Vol. I. — Septembre-Octobre 101*». 28 



418 



ÉTUDE PH YTOPLAN CTONIQUE 



tubo deficientibus. Longitudo 27-32 u diam. 5 u in parte basi- 
lare 7,5 u. Contentus cellulae cylindricus aeruginosus, chroma- 
tophorum obseletum indistinctum pallidum. Cellulae libère 
natantes vel mucilagini consociatim divergentes affixae. 
Hab. : in lacu genevensi haud procul a superficie. 

7° Uroglenopsis apiculata nov. spec. L. Reverdin 
(planche 1, fig. n, o,p, q, r). 

Dans le produit d'une pêche du 8 juillet 1918, faite entre le 
Port-Noir et l'Ariana, mon attention se porta sur un petit groupe 
figuré à la planche 1 (fig. ri). 

A côté d'un groupe de 4 petites cellules se trouvait un indi- 
vidu de dimensions plus grandes, ces 5 cellules réunies dans une 
gelée commune étaient entraînées toutes ensemble dans une 
direction quelconque. La forme de chaque cellule était très ty- 
pique. La longueur est de 8 et la largeur de 6. La partie posté- 
rieure se rétrécit en pointe, la partie antérieure est plus ou 
moins acu minée, le contour de l'extrémité postérieure est par- 
faitement lisse, au contraire le contour de la partie antérieure 
semble un peu granuleux. Dans chaque cellule se trouve un 
petit chromatophore en plaque appliqué sur le côté le plus 
bombé de la cellule dans sa partie antérieure , il se termine par 
un stigma presque cubique. Le protoplasma est divisé en deux 
parties très distinctes; la partie postérieure est complètement 
transparente, on n'y voit aucune granulation. Cette partie cor- 
respond environ au 1 / 3 postérieur de la cellule; dans la partie 
antérieure au contraire se rencontrent de nombreuses petites 
inclusions. C'est sans doute à cette différence de constitution 
que correspond la différence d'aspect de la membrane entre la 
partie antérieure et la partie postérieure. Chaque cellule est 
munie de deux flagellum, un long atteignant la longueur de la 
cellule ou la dépassant légèrement; ce grand flagellum sort 
directement du protoplasma :1e second quatre à cinq fois plus court 
prend naissance au stigma. Les vésicules contractiles font défaut. 
Le grand flagellum bien visible est très mobile. La grande cellule 
présentait les mêmes caractères que les 4 petites. Je ne peux 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



419 



rien ajouter sur le sort de cette colonie et de Ja grande cellule 
en particulier. Il est probable qu'elle devait donner naissance à 
4 zoospores, mais ce n'est là qu'une hypothèse. Je serais demeuré 
fort embarrassé devant cette seule observation si de nouvelles 
recherches n'étaient venues compléter cette découverte. 
Subitement deux mois après, dès le 6 août 1918, j'ai retrouvé 




Fig. 30. — Uroglenopsis apiculata. 



la même espèce en grande abondance ; dès ce moment je l'ai 
récoltée jusqu'au 19 août, depuis lors je ne l'ai plus ren- 
contrée *. 

Durant cette période j'ai observé soit des individus isolés, soit 
de superbes colonies en cercle (fig. 30). 
Au premier abord j'avais cru que j'avais affaire à des colonies 

1 J'ai retrouvé une colonie d'une douzaine de cellules dans le produit 
d'une pêche du 12 mai 1919. 



420 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



sphériques comme celles décrites pour Uroglena et Uroglenopsis, 
Je me suis vite rendu compte que cela n'était point, les colonies 
sont sur un plan ou parfois en forme de vaste calotte. Le dia- 
mètre de ces colonies est variable, j'en ai rencontré qui mesu- 
raient 108, 150, jusqu'à 300. Le nombre des cellules est aussi 
variable, dans quelques colonies jusqu'à 600. 

A côté de ces colonies parfaitement régulières, j'ai trouvé 
plusieurs fois des colonies en plaques irrégulières dont la fig. 
o, planche 1, représente un fragment. L'orientation générale des 
cellules est la même, le chromatophore est presque toujours du 
même côté. Les dimensions des cellules sont un peu plus grandes 
quo chez celles observées au mois de juin, longueur 10,8, lar- 
geur 6,4. J'ai pu observer dans plusieurs colonies des phéno- 
mènes de division. (Planche 1, ûg.p, q, r). On voit tout d'abord 
apparaître un nouveau stigma sur le bord du chromatophore, il 
est le produit d'un néo-formation et apparaît à une place non 
définie (fig. p), après division du chromatophore (fig. q), il y a 
bipartition du protoplasma dans le sens longitudinal. Une des 
cellules conserve les deux fiagellum tandis que deux autres 
naissent à nouveau sur la seconde cellule (fig. r). Peu à peu les 
deux cellules s'écartent l'une de l'autre. Il est probable que cet 
écartement est dû à la sécrétion d'une gelée ou à la transfor- 
mation de la lamelle moyenne de séparation en une couche 
mucilagineuse. Il est nécessaire d'employer un colorant, en l'es- 
pèce une solution de bleu de métylène pour découvrir cette 
gelée dans laquelle baignent les cellules. Par l'emploi de ce colo- 
rant, on voit nettement apparaître un réseau coloré en violet 
englobant les cellules. 

Position systématique: Jusqu'ici on avait signalé dans 
les eaux du Léman, parmi les Ochromonadinées en colonies, que 
le genre Uroglena représenté par l'espèce Uroglena Volvox Ehr. 

Pour ma part, je ne l'ai pas encore rencontrée dans mes 
pêches planctoniques. L'étude de la composition et de la forma- 
tion des colonies de ce genre est encore très discutée, cependant 
la scission du genre Uroglena en deux genres Uroglena Ehr. et 
Uroglenopsis Lemm., due à Lemmermann, semble justifiée. 11 
me paraît logique de faire rentrer l'espèce décrite dans le genre 
Uroglenopsis Lemm. quoique la forme de ses colonies soit diffé- 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



421 



rente de celle des Uroglenopsis décrite jusqu'ici qui sont tou- 
jours en sphères ou en ellipsoïdes. 

Je crois qu'il ne faut pas attacher une trop grande importance 
à la forme des colonies, il se pourrait fort bien que dans mon 
espèce on ait affaire à une disposition spéciale favorisant la flot- 
taison en plein lac. 

Les caractères énumérés ci-dessus en font une espèce très 
distincte de celles décrites jusqu'ici parmi les Uroglenopsis à 
chromatophore unique. C'est dans le voisinage de Y Uroglenopsis 
americana Lemmermann qu'il faut placer cette nouvelle espèce 
sous le nom à' Uroglenopsis apiculata, L. Reverdin. 

Diagnose : 

Uroglenopsis apiculata nov. spec, L. Reverdin. 

Cellulae ovoideae asymetricae basi breviter sed distinte 
acutae. Longitudo 8-10 u, diain. 6-6,5 u. Chromatophorum uni- 
cum parvulum in parte anteriore situm olivaceum ; stigma uni- 
cum, vesicula contractais nulla. Cellulae tum libère natantes 
tum saepius aggregatae, coloniae (4-600 cellulis) planae discifor- 
mes, diam. 20-300 u ambitu variae orbiculares vel aliae irregu- 
lares. Cellulae mucilagine hyalino aggregatae. 

Hab. : in lacu genevensi haud procul a superficie. 



8° Chrysococcus reticulatus ? nov. spec, L. Reverdin 
(planche 1, fig. s). 

J'ai rencontré de la forme délicate représentée par la fig. s, 
planche 1 trois exemplaires dans une pêche du 25 juin 1918 et 
deux exemplaires dans une pèche du 14 août 1918 au large de 
Versoix, les trois premiers récoltés entre le Port-Noir et 
TAriana. 

La cellule est sphérique, son diamètre mesurant de 15-16. 
Elle est entourée d'une enveloppe cellulosique très fine, présen- 
tant à sa surface un épaississement en forme de large réseau 
dont les mailles sont irrégulières, les unes hexagonales, d'autres 
pentagonales, d'autres enfin plus ou moins rectangulaires. Ce 



422 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



réseau ne forme pas d'épaississements spéciaux au point de 
jonction. La cellule est munie d'un petit tube cylindrique d'une 
longueur de 5 et large de 3 ; ce tube est de nature cellulosique. 
Certaines cellules présentaient du côté opposé au tube quelques 
courtes épines cellulosiques dérivant du réseau (fig. s) ; d'autres 
en étaient dépourvues. Le contour de la cellule ne forme pas nn 
cercle parfait mais est légèrement polygonal. Le protoplasma 
remplit complètement la cellule en formant une légère protu- 
bérance à la base du tube ; on y trouve deux chromatophores 
vert-jaunâtres aux contours arrondis situés dans la partie infé- 
rieure. A côté d'une ou deux grosses vacuoles on trouve de nom- 
breuses inclusions de taille variable sous formes de petites gout- 
telettes huileuses. Je n'ai constaté ni stigma ni vésicules con- 
tractiles. A part la saillie du protoplasma à la base du tube, je 
n'ai pas non plus observé de flagellum. 

Position systématique: Parmi les formes décrites jus- 
qu'ici il me semble que c'est dans le genre Chrysocôccus Klebs, 
qu'il faut placer ce nouvel organisme. Je crois pourtant que 
cette attribution n'est pas définitive aussi je fais suivre le nom 
de Chrysocôccus reticulatus d'un gros point d'interrogation. Il 
se pourrait fort bien que ce nouvel organisme ne soit qu'une 
forme enkystée d'une C h ry somonadi née déjà connue ou à décou- 
vrir; la forme des kystes deYUroglena volvox Ehr., rend vrai- 
semblable cette supposition. Si son attribution au genre Chry- 
socôccus se confirme, cette nouvelle espèce se rapprocherait du 
Chrysocôccus Klebsianus Pascher dont la coque cellulosique 
percée d'un pore est munie d'épaississements en perles réunies 
entre elles par un fin réseau ; son diamètre de 13-16 est voisin 
de celui du Chrysocôccus reticulatus, par contre il s'en éloigne 
par la présence d'un stigma, d'un flagellum, de deux vésicules 
contractiles et par la position de ses deux chromatophores. 

Diagnose : 

Chrysocôccus reticulatus? nov., spec. ? L. Reverdin. 

Lorica subsphaerica, regulariter exsculpta. areolis 4. 5, 6, 
gonis, diam. 15-16 a interdum processubus conicis acutis bre- 
vibus sed raris post. spinulosa ; tubo superposito diametrum 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



423 



sphaerae triplo breviori. Contentus cellulae sphaericus loricam 
impleens in basin tubi umbone levi prolongatus. 

Chromatophora binaluteo-viridia olivacea in parte posteriore 
sita ; vesicula hyalina 1-2, contractiles nullae, stigma deext. 

Hab. : Libère natans in lacu genevensi haud procul a super- 
ficie. 

9° Mallomonas elongata nov., spec. L. Reverdin. 

Cette espèce est très répandue dans les premiers mois de Fan- 
née, de janvier à avril. C'est un grand Mallomonas cylindrique 
(fig. 31). Sa longueur va de 54-65 et sa largeur de 11-13,5. L'ex- 
trémité postérieure est arrondie, l'antérieure en cône obtus. 

Le corps est recouvert de nombreuses grandes aiguilles de 
30-70 atteignant ou dépassant même la longueur du corps ; la 
répartition de ces aiguilles est assez stable, en général très 
nombreuses à la partie antérieure; leur nombre va diminuant 
sur la partie postérieure, il n'y en a plus à l'extrémité même. 
Celles qui sont sur les côtés sont les plus longues. Il est néces- 
saire d'employer un objectif à immersion pour étudier le détail 
des plaques recouvrant la membrane, cette étude est rendue 
plus facile lorsqu'on s'adresse à des coques vidées de leur 
contenu protoplasmique. La tig. 31 représente un exemplaire 
examiné sans le secours d'une immersion avec un objectif Leitz 
N° 7 ; l'enveloppe montre un aspect réticulaire à mailles polygo- 
nales, l'orientation de ces polygones est légèrement oblique par 
rapport au grand axe du corps. En travaillant avec une immer- 
sion on voit que cette apparence est due à la présence de pla- 
ques représentées à la figure 32 dans leur position normale. 
Elles sont en forme de larges polygones dont le grand axe me- 
sure environ 4,5 ; la plus grande partie de ce polygone est ins- 
crite dans un ovale, la partie libre du polygone se termine par 
un repli arrondi recouvrant une partie de la plaque. Ces pla- 
ques disposées en séries obliques sont voisines les unes des 
autres, cependant elles ne chevauchent que très légèrement 
entre elles. Le repli est surtout accusé sur les plaques de la par- 
tie antérieure du corps, c'est à eux qu'est dû l'aspect crénelé de 
cette partie. Les figures 33, 34, 35 montrent trois plaques exa- 
minées dans cette région ; une vue de face (fig. 33), on voit sur 



424 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



le repli un petit prolongement cylindrique sur lequel vient se 
fixer l'aiguille ; une latérale à droite (fig. 34), la plaque apparaît 
en coupe, sa section en grisaille montre ses bords légèrement 
relevés, le repli sur lequel s'insère l'aiguille par l'intermédiaire 




Fig. 31 à 36. — Mallomonas elongata 



du petit prolongement signalé est vu du côté interne ; la der- 
nière latérale à gauche (fig. 35), le repli est vu de dos, son petit 
prolongement n'est plus visible et l'aiguille semble partir du 
bord du repli. J'ai représenté à la figure 36 une vue schémati- 
bue figurant la coupe d'une plaque portant une aiguille ; la partie 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



425 



extrême plus mince correspond à l'extrémité de l'ovale, le repli, 
légèrement recourbé à son extrémité est muni de son petit pro- 
longement cylindrique sur lequel vient s'articuler l'aiguille. 

Les aiguilles assez épaisses sont droites ou dans quelques cas 
légèrement courbées, elles sont parfaitement lisses jusqu'à leur 
extrémité, elles viennent se fixer ou plutôt s'articuler sur le petit 
pied dérivant du repli des plaques. Sur des plaques isolées, en 
effet, j'ai remarqué que les aiguilles pouvaient pivoter au som- 
met de leur pédicelle, j'ignore quel en est le mode d'attache ; je 
n'ai pas pu constater sur des individus vivants de mouvement 
des aiguilles, cependant, à côté d'individus présentant une orien- 
tation régulière de leurs aiguilles j'en ai rencontré d'autres 
chez lesquels les aiguilles avaient une orientation variée; les 
unes dirigées en avant, d'autres en arrière, d'autres enfin per- 
pendiculaires aux côtés. Ces variations sont-elles dues à une 
certaine mobilité des aiguilles ou ne sont-elles qu'accidentelles ? 
Cette question reste encore pendante. 

Dans le protoplasma très clair on trouve un grand chroma- 
tophore allongé allant de la partie antérieure jusqu'au tiers 
postérieur, il est en forme de lame pariétale occupant les 3 / 4 
de la circonférence, suivant sa position il semble que l'on ait 
affaire à deux chromatophores ; sa couleur est vert-jaune clair. 
La partie postérieure renferme une grosse masse de leucosine. 
Les vésicules contractiles au nombre de 6 à 8 forment un sys- 
tème complexe localisé à l'extrémité postérieure. Le flagellum 3 
à 4 fois plus court que la cellule sort à travers un espace ménagé 
entre les plaques antérieures. Je n'ai pas observé de stigma 
coloré, cependant j'ai remarqué sur certaines cellules un petit 
corps en bâtonnet et très réfringent sur lequel viendrait s'in- 
sérer le flagellum (tig. 31, 37, 38, 39). 

Le développement des Mallomonas est très mal connu, sur 
ce point malheureusement mes recherches n'ont pas été très 
fructueuses ; avant d'en exposer les résultats je voudrais attirer 
l'attention des observateurs sur un fait qui me paraît assez 
important, c'est la nécessité qu'il y a d'étudier les Mallomonas 
dans du matériel fraîchement récolté. La fragilité des Mallomo- 
nas est extrême, si l'on examine du plancton riche en Mallomonas 
elongata, par exemple 24 heures après la pêche, on aura beau- 



426 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



coup de peine à les retrouver sous leur forme typique; ils se 
déforment complètement, de cylindriques qu'ils étaient ils 
deviennent ovoïdes ou même sphériques, les aiguilles se détachent 
(fig. 37, 38, 39). Une personne non avertie les prendrait pour 
des formes différentes ; seule l'étude du matériel frais évitera 
de pareilles méprises. Ces constatations ont tout de même un 




certain intérêt, elles nous montrent chez ces Mallornonas une 
malléabilité assez prononcée par ce phénomène de métabolisme. 
A côté des cas où l'enveloppe se déforme, on peut aussi rencon- 
trer des cas où elle s'est déchirée, le protoplasma étant ainsi 
mis en liberté sous la forme ovoïdale en général; ces cellules 
nues (fig. 41), munies de leur flagellum se meuvent encore quel- 
que temps pour finir par se détruire en éclatant. 

Parmi les nombreux individus observés j'en ai rencontré un, 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



427 



représenté à la figure 39, qui était muni de deux flagellum très 
distincts, leurs mouvements étaient assez accusés et indépen- 
dants l'un de l'autre; chacun des flagellum prenait naissance 
sur un petit corpuscule réfringent déjà signalé ; j'ignore quel 
fut le sort de cette cellule mais je pense qu'il s'agissait d'un 
phénomène préparatoire en vue d'une division. 

Les ligures 38, 40, 42, montrent divers stades dans la forma- 
tion des kystes. Le protoplasma se contracte en une sphère 
entraînant une déformation de la membrane, on voit alors net- 
tement que le flagellum sort à travers un espace sans plaque 
(fig. 38), les vésicules contractiles sont encore visibles, puis le 
flagellum disparaît, la forme devient complètement sphérique, 
le chromatophore se divise ; à côté de nombreuses gouttelettes 
■se trouve en général une grosse masse de leucosine en sphère 
(fig. 40). Le diamètre de ces kystes est d'environ 24. Il arrive 
que la membrane se désagrège, j'ai rencontré plusieurs fois des 
kystes complètement nus (fig. 42). 

Position systématique: La classification des espèces du 
genre Mallomonas n'est pas chose aisée. La délimitation basée 
sur la forme du corps ou sur la répartition des aiguilles est peu 
sûre. 

Les caractères les plus importants doivent être recherchés 
dans la forme des aiguilles, dans la forme et dans l'orientation 
des plaques, mais cette étude surtout en ce qui concerne la 
forme des plaques n'a pas été poussée assez à fond jusqu'ici la 
longueur du flagellum paraît aussi fournir des indications pré- 
cieuses. En mettant de côté la forme spéciale des plaques de ce 
nouveau Mallomonas, étant convaincu que celle des espèces déjà 
décrites n'ont pas été observées avec assez de soin et qu'une 
comparaison n'est pas possible, cette espèce rentre par ces 
autres caractères dans le groupe comprenant Mallomonas akro- 
kemos Ruttner; M. alpina Pascher et Ruttner; M. helvetica Pas- 
cher ; M. tonsurata Teiling ; M. producta Iwanoff. Elle se rap- 
proche par sa forme du Mallomonas producta Iwanoff, par la 
position de ses aiguilles et l'orientation de ses plaques du Mal- 
lomonas alpina Pascher et Ruttner et du Mallomonas helvetica 
Pascher. 

Comme il existe déjà un Mallomonas cylindracea Pascher j'ai 



428 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



choisi le nom de Mallomonas elongata nov. spec. pour désigner 
cette nouvelle forme. 

Diagnose : 

Mallomonas elongata nov., spec. L. Reverdin. 

Cellulae longe cylindricae, pars posterior obtusa, anterior 
minus obtusa. Longitudo 50-65 u diam 11-13,5 u. Squamae 
polygonales ellipsis marginatae obliquae seriatim dispositae. 
Spinae rectiusculae vel lenter arcuatae in parte anteriore et late- 
raliter sitae. Chromatophorum unicum elongatum; flagellum 
10-15 a long; vesiculae contractiles 6-8 postive sitae. 

Hab. : Libère natans in lacu genevensi haud procul a superficie. 



10° Chrysamoeba helvetica nov., spec. L. Reverdin. 

Dans le produit de mes pêches effectuées durant le mois de 
juillet 1918, les 12, 15, 18, 21, 22, 23, les unes entre le Port-Noir 
et l'Ariana, celles des 21, 22 et 23 en face d'Hermance j'ai trouvé 
en abondance une nouvelle forme intéressante représentée dans 
les figures 43-62. 

Dans la grande majorité, les cellules se présentent à l'état 
isolé, elles sont de petites dimensions allant de 10 à 14 sans les 
pseudopodes. Elle est fortement métabolique, sa forme change 
rapidement ; sphérique (fig. 43, 44), elle émet de gros pseudo- 
podes courts (fig. 45-50-56), ou de fins pseudopodes très délicats 
(fig. 52-55), ou même les deux à la fois (fig. 51, 52). Les pseudo- 
podes fins peuvent être séparés les uns des autres ou former de 
petits groupes de 3 ou 4 partant d'une base commune (fig. 52, 
55). Ces pseudopodes sont généralement droits et vont en s'amin- 
cissant progressivement, pourtant sur certains individus ils pré- 
sentent parfois des renflements sur leur parcours (fig. 57). Il 
est rare de les voir bifurqués ou ramifiés. Leur longueur atteint 
celle de la cellule. Parfois une cellule étalée se contracte subi- 
tement en sphère pour émettre à nouveau des pseudopodes, 
mais le plus souvent ces changements se font d'une manière 
insensible, quelques pseudopodes disparaissent à un endroit, 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



429 



d'autres se reforment à une autre place; la mobilité des cellules 
est presque nulle. 

A côté des pseudopodes on trouve un flagellum très court. Ce 
flagellum cylindrique effectue des mouvements ondulatoires 
d'une manière lente. Je n'ai pas réussi à le constater sur tous 
les individus; souvent l'ayant vu sur une cellule un certain 
temps il m'était impossible de le retrouver quelques secondes 




Fig. 58 à 62. — Chrysamoeba helvetica. 



plus tard ; il est fort probable que ce flagellum n'est pas une 
formation fixe, que la cellule peut l'émettre ou le rétracter sui- 
vant les circonstances. Sa place est pourtant fixe pour un indi- 
vidu donné car il réapparaît toujours à l'endroit où il s'était 
montré précédemment. Je l'ai constaté maintes fois soit sur la 
cellule sphérique, soit sur la cellule à pseudopodes courts ou 
filiformes. 

Le protoplasma est très clair, il renferme de nombreuses 
inclusions réfringentes réparties dans toute sa masse; chez deux 



430 



ÉTUDE PHY TOPL ANCTONIQUE 



ou trois cellules cependant j'ai trouvé un espace parfaitement 
clair (fig. 53, 54) formé sans doute par de la leucosine. 

Le chromatophore unique vert-jaune clair est en forme de 
lame à contour simple plus ou moins recourbée ; il peut prendre 
dans certains cas une forme de lame spiralée en un tour (fig. 45). 
Il occupe environ la moitié de la cellule. 

Le noyau n'est pas visible dans toutes les cellules. Il est de 
forme sphérique et occupe une position centrale (fig. 44, 46, 48, 
50, 51, 53-55, 58, 60-62). 

J'ai eu beaucoup de peine à découvrir les vésicules contrac- 
tiles, il est probable d'ailleurs que leur fonctionnement n'est pas 
continuel. Elles sont très petites, leur nombre est variable de 1 
à 3. Leur position n'est pas fixe, cependant elles se trouvent 
toujours à la périphérie du protoplasma. 

Sur les individus sphériques j'en ai généralement rencontrées 
deux voisines l'une de l'autre (fig. 44, 50, 56). Sur les cellules 
munies de pseudopodes elles se trouvent à la base de ceux-ci 
(fig. 53, 54, 55, 57). Leurs mouvements s'effectuent en 4 secondes. 

Parmi les inclusions renfermées dans le protoplasma, j'ai 
trouvé dans plusieurs cellules une inclusion beaucoup plus 
grande que les autres, en forme de petit bâtonnet légèrement 
coloré, d'une teinte rosâtre et très réfringente (fig. 55, 56, 59-62) ; 
ce corpuscule voisin du chromatophore est sans doute un stigma, 
sa manière de se comporter lors de la division rend cette sup- 
position vraisemblable. Je dois pourtant faire remarquer qu'il 
n'y a pas de relation entre lui et le flagellum. 

A côté de nombreuses cellules isolées j'ai rencontré quelque- 
fois de petits groupes formés de 2 à 5 cellules. Ces cellules réu- 
nies entre elles par une gelée, dont je n'ai pu déterminer la 
forme, présentent les mêmes caractères que les cellules isolées, 
on y trouve cependant plus facilement des états de division 
dont la description va suivre. 

La division s'effectue soit sur les cellules sphériques (fig. 56), 
soit sur les cellules à pseudopodes. Les cellules qui vont se divi- 
ser sont toujours plus grandes que les autres: à la place de cel- 
lules de 11 à 13 on a des cellules de 16 à 20. Ces différences de 
grandeur sont surtout visibles dans les petits groupes sus-men- 
tionnés. Le chromatophore se divise en deux parties égales, il en 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



431 



est de même du stigma (fig. 56, 60a), le noyau à son tour se 
divise (fig. 60 a). Cette division n'est pas toujours aussi régu- 
lière; le stigma par exemple ne se divise souvent qu'après la 
division du noyau (fig. 61a), dans certains cas (fig. 62 a) le 
stigma ne s'est pas divisé et reste fixé près d'un des chromato- 
phores. Par un étranglement de plus en plus petit les deux 
cellules finissent par se séparer complètement. La formation des 
petites colonies de 3-5 cellules résulte je pense de divisions 




57 

Fig. 43 à 57. — Chrysamoeba helvetica. 



actives, les cellules restant liées dans une gelée qui en se disso- 
ciant peu à peu les libérera complètement. 

Position systématique. La place de ce nouvel organisme 
est certainement voisine de Chrysamoeba radians Klebs. Je ne 
crois pas qu'il soit nécessaire de créer un genre nouveau malgré 
les différences qu'il présente par rapport au Chrysamoeba radians 
de Klebs. Nos connaissances en ce qui concerne le groupe des 
Chrysamonadinées nues rhyzopodiales n'en sont qu'à leur début ; 
il est probable que plusieurs genres décrits jusqu'ici comme 
Rhyzochrysis Pascher, Chrysidiastrum Lauterborn, ne représen- 
tent que certains stades de développement de formes plus com- 



432 



ÉTUDE PH vr,, OPLANCTONIQUE 



plexes. En attendant de nouvelles découvertes, il me semble 
inutile de multiplier par trop le nombre des genres. Cette nou- 
velle espèce diffère de Chrysamoeba radians Klebs par les carac- 
tères suivants : Présence d'un seul chromatophore, d'un stigma; 
très faible longueur du flagellum ; absence d'une grosse vacuole ; 
en outre Chrysamoeba radians se présente nettement sous deux 
formes, une forme flagellée ovoïdale et une forme rhyzopodiale 
avec son grand flagellum, chez la forme décrite cette opposition 
en deux formes n'existe pas d'une manière si accusée, les cel- 
lules ne s'arrondissent que pour un temps très court, la forme 
rhyzopodiale domine. 

On pourrait aussi rapprocher cette nouvelle forme du Rhyzo- 
chrysis Scherffelii Pascher, espèce n'existant qu'à l'état rhyzo- 
podial sans flagellum et dont les pseudopodes filiformes sont 
beaucoup plus longs. 

Je n'ai jamais observé la capture d'une proie par les pseudo- 
podes, il semble que la nutrition holophytique existe seule. On 
a signalé pour le Rhyzochrysis Scherffelii Pascher des cellules 
sans chromatophores. cellules ainsi conformées après une divi- 
sion ; je n'ai jamais vu un pareil phénomène chez Chrysamoeba 
helvetica. 

Diagnose : 

Chrysomoeba helvetica nov., spec. L. Reverdin. 

Cellulae libère natantes, saepe 3-5 aggregatae, diam. 10-14 u 
amoeboideae; chromatophorum unicum, cochleare luteo viride; 
granula magnitudine varia, sparsa ; flagellum unicum minutum ; 
stigma roseum : vesiculae contractiles (1-3) minimae ad superfi- 
ciem locatae. 

Hab. : libère natantes in lacu genevensi haud procul a super- 
ficie. 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



433 



§ 2. — Algues vertes. 

1° Ankistrodesmus spirochroma 1 nov., spec. L. Reverdin. 

Ce nouveau Raphidium se distingue très facilement de ceux 
décrits jusqu'ici par sa forme très caractéristique (fig. 63-75). 

Sa longueur moyenne est de 59 et sa largeur de 5,5 ; ses extré- 
mités se rétrécissent brusquement en se prolongeant en une 
courte pointe hyaline au bout plus ou moins obtus, dans certains 
cas (fig. 64, 65) les terminaisons ne sont pas aussi brusques, la 
partie centrale s'atténuant progressivement en pointe. Le chro- 
matophore bien délimité est en bande pariétale d'aspects divers : 
bande oblique (fig. 66), plaque centrale se divisant en deux bras 
obliques (fig. 67, 69, 70), bande spiralée à 1, 1 1 / 21 1 3 U tour de 
spire (fig. 63, 64, 68). Le cas le plus fréquent est celui de la 
bande spiralée. Les extrémités du chromatophore n'atteignent 
jamais les pointes des cellules ; ses bords, sans présenter de fortes 
échancrures, sont tout de même plus ou moins sinueux. Leur 
couleur est d'un beau vert clair brillant. Les pyrénoides peu visi- 
bles se laissent facilement déceler sous l'action de l'eau iodée ou 
du iodure de potassium iodé. Ils sont de petites dimensions, il y 
en a deux par cellule situés dans les deux bouts du chromato- 
phore (fig. 68, 73). 

Le protoplasma remplissant complètement la cellule renferme 
de nombreuses grosses vacuoles, spécialement aux deux extré- 
mités ce qui lui donne un aspect très particulier trabéculaire. 
On y trouve quelques inclusions surtout dans les parties les 
plus vacuolisées. 

Le noyau très visible au centre de la cellule est entouré d'une 
sphère claire dont le diamètre atteint environ le quart de la 
largeur de la cellule. 

La division est du même type que celle décrite pour les autres 
Raphidium. A l'intérieur de la membrane le contenu se divise 

1 Une nouvelle espèce de Raphidium planctonique : Raphidium spiro- 
chroma nov., spec. L. Reverdin. Bulletin de la Société Botanique de Ge- 
nève. Vol. IX, 1917. 

Arc.hivks, Vol. 1. — Septembre-Octobre 1919. 29 



434 



ÉTUDE PHYT0PLANCT0NIQUE 



transversalement en deux cellules filles (fig. 73) qui augmentent 
de taille, glissent Tune sur l'autre (fig. 75), la membrane mère 
se gélifiant peu à peu, surtout sur les côtés, les deux cellules 
atteignent leur forme définitive (fig. 74). A ce stade la mem- 
brane mère encore visible aux deux extrémités forme une faible 
zone gélifiée autour des deux cellules filles ; la gélification se con- 
tinuant, les deux cellules se séparent complètement (fig. 72). 

Dans la grande majorité des cas, il ne se forme que deux cel- 
lules, la figure 71 représente une forme rare dans laquelle il y 
a division en quatre cellules. Il arrive souvent que la séparation 
des deux cellules filles soit retardée ; les figures 69 et 70 montrent 
deux exemples de ces cellules qui restent longtemps accolées 
lune à l'autre par une extrémité; la formation en V (fig. 70), 
est fréquemment réalisée, elle est due au changement de posi- 
tion d'une des cellules qui pivote au sommet de l'autre. 

Cette espèce se rencontre soit à l'état de cellules isolées soit à 
l'état de deux cellules plus ou moins séparées; elle ne forme 
jamais de vastes colonies comme le Raphidhim Brannii var. 
lacustre Chodat ou le Raphidhim pyrenogerum Chodat. 

Je l'ai rencontrée dans mes pêches planctoniques entre le 
Port-Noir et l'Ariana; elle était très abondante durant les mois 
dejanvieràmars 1917 ; je l'ai retrouvée en petit nombre en 1918 
durant les mois de juin et juillet et en 1919 en février et 
mars. 

Position systématique. Cette nouvelle espèce rentre dans 
la série des Ankistrodesmus à pyrénoides soit dans la section 
Closteriopsis Lemmermann. Cependant la netteté du chroina- 
tophore spiralé, la visibilité du noyau, la forme de la cellule 
font de cet Ankistrodesmus une espèce très particulière au 
milieu des Ankistrodesmus à pyrénoides. J'ai proposé la créa- 
tion d'une nouvelle section dans le genre Ankistrodesmus à 
laquelle j'ai donné le nom de Spiroraphidiées ou Spiroraphi- 
dium, section qui comprendrait les Ankistrodesmus à pyrénoi- 
des et à chromatophore bien défini et spiralé comme Ankistro- 
desmus spirochroma. 



436 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



Diagnose : 



Ankistrodesmus spirochroma nov., spec. L. Reverdin. 

Cellulae libère natantes subcylindrice abrupte attenuatae dis- 
tincte apiculatae : longitudo 59 u diam. 5,5 u. Chromatophorum 
distinctum spiraliter 1-1 3 / 4 tortum, 2 pyrenogerum ; vesiculae 
hyalinae plures subapicibus utrinquae seriatim aggregatae 
sparsae. Nucleus conspicuus quam diametrum cellulae triplo 
augustior vel minus. Cellulae nunquam aggregatae. 

Hab. : libère natantes in lacu genevensi haud procul a super- 
ficie. 

2° Ankistrodesmus genevensis nov., spec. L. Reverdin. 

Dans le courant des mois de janvier et février 1919, j'ai rencon- 
tré en assez grande quantité une nouvelle forme de Raphidium 
(fig. 76-83). La cellule est allongée fusiforme ; l'atténuation en 
poi nte, au sommet obtus, est progressive dans certains cas (fig. 80), 
mais le plus souvent les côtés de la cellule sont presque paral- 
lèles et l'atténuation est plus marquée (fig. 81). 

A côté de cellules parfaitement droites on en trouve d'autres 
légèrement courbées à leurs extrémités (fig. 82). 

La largeur des cellules est' de 5-5,5. Les mesures de longueur 
prises sur 70 cellules donnent les résultats suivants : 



Ces différences sont dues au développement plus ou moins 
avancé des cellules. La longueur moyenne des cellules complète- 
ment développées serait de 41, Le maximum allant jusqu'à 47; 
les dimensions de 27,5 à 40 montrent l'accroissement progres- 
sif des jeunes autospores jusqu'à l'état normal. 



12 cellules 
12 » 



27,5 

30 

32.4 

35.1 

37,8 

40,5 

43,2 

45,9 

47 



n 



10 

3 
17 
7 
1 
1 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



437 



Le chromatophore bien délimité est en plaque pariétale ; il 
présente une échancrure très nette dans sa partie médiane et 
va s'amincissant progressivement sur les côtés, il n'atteint 
jamais l'extrémité de la cellule (fig. 76, 80, 82). J'ai rencontré 
certaines cellules possédant des chromatophores différant du 
type habituel : (fig. 77), dans une des autospores il est en plaque 




81 



Fig. 76 à 83. — Ankistrodesmus genevensis. 

pariétale couvrant plus des trois quarts delà circonférence; (fig. 
78), dans une des cellules il s'étend d'un côté seulement ; (fig. 79), 
dans une des cellules il envoie de chaque côté une expansion 
oblique, et, pour terminer, le cas très intéressant représenté à 
la figure 83 ; ici dans une des cellules il est en bande spiralée 
du même type que ceux décrits pour Ankistrodesmus spiro- 
chroma L. Reverdin. J'ai toujours trouvé deux pyrénoides, ils 



438 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



apparaissent comme deux taches claires à l'état naturel ; après 
l'emploi de l'eau iodée on obtient une forte coloration brun- 
violet autour de chacun d'eux. Ils sont répartis à droite et à gau- 
che de l'échancrure du chromatophore. 

Le noyau bien visible est analogue à celui de Ankistrodesmus 
spirochroma. Le protoplasma très clair ne présente aucune gra- 
nulation particulière. 

Ce Kaphidium forme de vastes colonies dans une gelée com- 
mune. Le nombre des cellules dans cette gelée est très variable 
et dépend naturellement des stades de division. Chaque cellule 
ne donne naissance qu'à deux autospores (fig. 76, 77); la 
gélification de la membrane mère est surtout accusée sur 
les côtés ; jusqu'à un stade assez avancé dans leur division on 
trouve aux sommets de la cellule deux petites calottes peu géli- 
fiées. 

En examinant du plancton fraîchement récolté j'ai trouvé des 
colonies renfermant 20 à 40 cellules. Lorsqu'on conserve du 
plancton et qu'on l'examine après 4 ou 5 jours, les grandes colo- 
nies n'existent presque plus. Il s'agit probablement d'une disso- 
lution de la gelée générale, les cellules sont ainsi libérées et l'on 
peut voir d'après les chiffres ci-dessous que cette libération se 
fait sous la forme bicellulaire en général ; par exemple l'étude 
du plancton péché le 3 janvier, conservé pendant 6 jours, donne 
les résultats suivants : 

Cellules isolées 7 =r 10 °/ 0 

Colonies à 2 cell. 34 = 48,6 % 

». 4 >; 20 = 28.6 % 

» 6 » 2 — 2,8 °/ 0 

,, ., 8 >» 6 - 8,5 o/ o 

» » 12 » 1—1,5 % 

J'ai remarqué dans certains cas que la gelée générale pré- 
sentait une solution de continuité soit à une extrémité (fig. 76)^ 
soit sur les côtés (fig. 77), ces ouvertures permettent la sortie 
des cellules internes, expulsion passive provoquée sans doute 
par les pressions dues à la gélification des membranes. 

Position systématique. Cette nouvelle espèce rentre dans 
la section Closteriopsis. Il est nécessaire cependant de faire 
remarquer que par son noyau très visible et certaines cellules 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



439 



présentant un chromatophore spiralé cette espèce occupe une 
place plus ou moins intermédiaire entre la section CLosTERioPsis 
et la nouvelle section Spiroraphidium. 

Diagnose : 

Ankistrodesmus genevensis nov. spec. L. Reverdin. 

Cellulae fusiformes imo apice obtusiusculae : longitudo 35- 
45 u diam. 5-5,5 u, Chromatophorum pariétale medio emargi- 
natum. Nucleus conspicuus quam cliametrum cellulae triplo 
augustior vel minus. Cellulae singulae vel 2-40 muculagine 
fusiformi aggregatae. 

Kab. : in lacu genevensi haud procul a superficie. 

3° Schroederia lanceolata nov. spec. L. Reverdin. 

Dans le courant du mois de juin 1918, j'ai rencontré une 
dizaine de cellules identiques à celles représentées dans les 
figures 84-85. Ces cellules toujours isolées sont lancéolées, allon- 
gées et se terminent à chaque extrémité par un grand prolonge- 
ment s'atténuant progressivement en une pointe acérée. La lon- 
gueur totale varie de 43 à 50, celle de la partie centrale de 16 à 24 et 
celle des prolongements de 14 à 16. Sa largeur est d'environ 3. 
Les prolongements sont rectilignes sur une seule cellule (fig.85) 
un d'entre eux était légèrement courbé vers l'extrémité. 

Vu la finesse des deux prolongements, il est difficile de déter- 
miner où s'arrête le protoplasma ; il remplit certainement une 
grande partie de ceux-ci. Le chromatophore échancré dans sa 
partie médiane occupe presque toute la partie large de la 
cellule et se termine de chaque côté à la base des prolongements. 
Dans certaines cellules j'ai vu nettement deux pyrénoides (fig. 
84) ; dans d'autres un seul (fig. 85). On trouve aussi de nom- 
breuses inclusions localisées à la base des prolongements spécia- 
lement. Je n'ai pas réussi à voir le noyau, masqué sans doute 
par le chromatophore. 

Position systématique. Par sa forme générale, cette 
algue se rapproche de la série Schroederia setigera (Schroeder) 



440 ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 

Lemm. Ankistrodesmus setigerus forma minor G. S. West, A. 
nitzschioides G. S. West, A. polymorphum var. latum. Wolosz. 

Ses dimensions correspondent à celles de VA, setigerus forma 
minor G. S. West, mais dans cette espèce il n'y a qu'un seul 
pyrénoide central. On ne sait rien au sujet des pyrénoides de 
VA. nitzschioides, espèce chez laquelle les deux prolongements 
montrent à leurs extrémités une courbure en sens inverse; 
cependant la forme losangique allongée de sa partie centrale 
rappelle celle de cette nouvelle espèce qui peut présenter comme 
je l'ai dit une courbure dans ses prolongements. C'est donc dans 
le voisinage de Ankistrodesmus nitzschioides G. S. W T est qu'il 
faut placer cette nouvelle forme sous le nom de Schroederia lan- 
ceolata nov. spec. L. Reverdin. 




Fig. 84 et 85. — Schroederia lanceolata. 



Schroeder 1 avait nettement séparé sous le nom de Rein- 
schiella ? setigera Schroeder une algue ressemblant aux Raphi- 
dium mais présentant à ses deux pôles deux fins prolongements, 
chaque extrémité se terminant par une soie de 13 à 27. 

Lemmermann 2 , tout en maintenant cette séparation, fit de 
Reinschiellaf setigera Schroeder Schroederia setigera Lemm. 
Depuis lord G. S. West n'attachant aucune importance à la pré- 
sence des prolongements sus-indiqués réunit cette espèce aux 
Ankistrodesmus sous le nom d' Ankistrodesmus setigerus (Schroe- 
der) G. S. West. Il décrit deux nouvelles formes, Y \\x\e Ankistro- 
desmus setigerus forma minor G. S. West, l'autre Ankistrodes- 
mus nitzschioides G. S. West. Je pense que G. S. W T est a été trop 

1 « Uber das Plankton der Oder. Bericht. d. Deutsch. Bot. Gesell. » Bd. 
XV, 1897, st. 489. 

2 « Beitràge zur Kentniss der Planktonalgen, « Hedwigia », Bd. XXXVII, 
1898. st. 311. 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



441 



loin par esprit de simplification ; il est préférable de maintenir 
le genre Schroederia caractérisé par ses prolongements ; ainsi 
rentreraient dans le genre Schroederia Lemm. les espèces sui- 
vantes : 

Schroederia setigera Lemm. (= Ankistrodesmus setigerus G. 
S. West = Reinschiella? setigera Schroeder). 

Schroederia setigera forma minor (G. S. West) L. Reverdin 
(~ Ankistrodesmus setigerus forma minor G. S. West). 

Schroederia nitzschioidea (G. S. West) îi. Reverdin (= Ankis- 
trodesmus nitzschioides G. S. West). 

Schroederia lanceolata L. Reverdin. 

Schroederia lata (Wolosz) L. Reverdin (= Raphidium poly- 
morphum var. latum Wolosz). 

Diagnose : 

Schroederia lanceolata nov. spec. L. Reverdin. 

Cellulae elongatae fusiformes laeviter anguloso medio infiatae, 
appendicibus acicularibus rectibus interdum laeviter arcuatis 
prolongatae. Longitudo appendicibus adjunctis 43-50 u diam. 
partis centralis 3 u longitudo ejus 18-24 a. Contentus cellulae 
in initio appendicum prolongatus. Chromatophorum medio 
emarginatum partem mediam inpleens, Pyrenoideae 2 rarius 1 ; 
granula magnitudine varia, sparsa. 

Hab. : libère natantes in lacu genevensi ; haud pi'ocul a super- 
ficie. 

4° Closteriospira nov. gen. (Desmidiacée), L. Reverdin 
Closteriospira lemanensis nov. spec. L. Reverdin. 

Cette superbe algue planctonique ressemblant à un Spirotoe- 
nia est assez rare, Jusqu'ici je l'ai trouvée durant les cinq pre- 
miers mois de l'année dans mes pêches en surface entre le Port- 
Noir et l'Ariana. Les cellules complètement développées sont 
nettement fusiformes, s'atténuant progressivement aux deux 

1 Un nouveau genre d'algue (Desmidiacée ?) le Closteriospira par L. Re- 
verdin. Bull, de la Soc. Botanique de Genève, vol. IX, 1917. 



442 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



extrémités terminées par un bout arrondi plus ou moins obtus 
(fig. 86, 87). Sa longueur varie de 50 à 55 et la largeur de 5 à 6. 
Le chromatophore vert clair en bande spiralée pariétale décrit 
3 à 4 tours et s'arrête brusquement aux deux extrémités à 4 du 
sommet; sa largeur varie de 5 à 7. Il est difficile de se rendre 
compte du sens dans lequel il tourne ; le plus souvent il va de 
droite à gauche (fig. 86, 88, 89, 91, 92), mais le sens contraire 
s'observe aussi (fig. 87, 90). Il possède deux pyrénoides situés 
sur le premier tour de spire à partir des extrémités ; ses bords 

1 ^ ! I \ ) 

° 10 lo 3o «ro çoJa 




Fig. 86 et 87. — Closteriospira lemanensis. 



sont droits. Le noyau très visible au centre de la cellule est 
entouré d'une sphère plus claire dont le diamètre atteint le '/ 3 
ou même la Vi de la largeur. A part les deux extrémités qui 
sont hyalines, le reste de la cellule renferme un protoplasma 
clair très finement granuleux. Dans une ou deux cellules seule- 
ment il contenait, réparties dans la longueur, une série de petites 
vacuoles sphériques, à l'intérieur desquelles s'agitait un petit 
corpuscule ; j'ai souvent constaté le même fait soit dans des 
Cosmarium soit dans des Closterium. 
Comme je l'ai dit, les extrémités du chromatophore sont brus- 



DES EAUX DU LAC DE GENÈVE 



443 



ques, elles sont pour ainsi dire coupées transversalement; le 
bord est fortement réfringent comme s'il contenait un corps 
cristallin en forme de bâtonnet (fig. 86-91). Seul l'examen a un 
fort grossissement avec une immersion permet de se rendre 
compte à quoi est due cette apparence. Qu'il me soit permis ici 
de remercier M. Ducellier, notre distingué desmidiologue, poul- 
ies bons conseils qu'il m'a donnés et pour la bienveillance avec 
laquelle il a bien voulu suivre ces recherches délicates. 

Après bien des études je suis arrivé à la conclusion suivante : 
il existe à l'endroit où se termine le chromatophore une vésicule 
ronde ou ovale contenant un petit corps en bâtonnet (fig. 926), 
présentant parfois un étranglement dans sa partie médiane (fig. 
92c) ; il est immobile ; la vésicule a un contour très faiblement 
marqué. Il arrive que le bord du chromatophore masque plus 
ou moins cette vésicule, ce qui explique l'apparence décrite ci- 
dessus lorsqu'on examine les cellules avec un objectif à sec; 
la vésicule n'est plus visible et le corpuscule apparaissant au 
bord ou sous l'extrémité du chromatophore lui donne cet aspect 
réfringent. 

A l'état normal les cellules ne possèdent pas de gelée ; ce n'est 
que sur celles qui vont ou sont en train de se diviser que l'on 
peut déceler, spécialement, au moyen de l'encre de Chine, une 
zone gélifiée (fig. 90, 91). Le détail de cette division ne m'est 
pas connu ; les figures 88, 89, 90, 91, 92a montrent certains 
stades qui rappellent ce qui se passe chez Ankistrodesmiis ou chez 
Spirotaenia. La membrane mère se gélifiant peu à peu (fig. 90), 
la cellule se divise transversalement probablement; les deux 
extrémités des cellules filles glissant l'une à côté de l'autre (fig 
88), donnent l'impression d'une division oblique ; de très bonne 
heure les deux extrémités prennent les caractères de l'état 
adulte ainsi que le chromatophore ; les deux cellules, tout en 
s'écartant, gagnent la forme normale (fig. 89). La gelée qui les 
unissait disparaît et les deux cellules sont ainsi libérées. 

J'ai rencontré plusieurs fois les deux cellules parfaitement 
formées et maintenues voisines par une gelée non visible (fig. 89). 

La formation représentée à la figure 91 est plus rare; il y a 
eu seconde division avant la libération des deux premières cel- 
lules ; une des cellules filles est légèrement arquée. Les cellules 



444 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



adultes sont droites; j'en ai rencontré cependant quelques-unes 
faiblement courbées comme celle représentée à la figure 92a, 
cellule qui n'a pas encore atteint son développement complet. 
J'ai désigné l'espèce qui m'a servi à l'établissement de ce nou- 
veau genre par le nom de: Closteriospira lemanensis. L. Re- 
verdin. 

Position systématique. La position de cette nouvelle 
forme n'est pas une chose aisée à établir. Elle présente des 
caractères -que l'on retrouve dans d'autres genres; la présence 
d'un corpuscule dans une vésicule comme chez Closterium; la 



forme et le chromatophore spiralé des Spirotaenia ; certains état 
de multiplication du type Ankistrodesmus ; la visibilité du 
noyau comme certains Ankistrodesmus de la section Spirora- 
phidium. 

Le nom que j'ai choisi indique simplement que chez Closte- 
riospira on retrouve deux caractères réunis, l'un rappelant les 
Closterium, l'autre les Spirotaenia. 

Si l'on admet que tous les Spirotaenia doivent rentrer dans 
les Desmidiées, il en serait de même pour le Closterospira. Ce- 
pendant il est certain que le groupe des Spirotaeniées est encore 
très artificiel et mal défini et que de nouvelles recherches s'im- 
posent. Il est fort probable qu'un jour ou l'autre on soit amené 




88 



89 



Fi<.\ 83 à 90. — Closteriospira lemanensis. 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



445 



à classer certaines Spirotaeniées parmi les Protococcacées ; dans 
ce cas il s'agira de savoir quelles sont les espèces de Spirotaenia 
qui resteront parmi les Desmidiées ; il est certain que ce sera 
dans le voisinage de ces formes qu'il faudra classer le Closte- 
riospira. 

Diagnose : 

Closteriospira nov. gen. Desmidiacearum L. Reverdin. 

Cellulae libère natantes fusiformes apicibus acutiusculis imo 
apice obtusiusculo. Apicibus hyalinis a reliquacellulacorpusculo 




Fig. 91 et 92. — Closteriospira lemanensis. 

interjecto vesiculato separatis. A corpulis indicatis chromato- 
phorum spiraliter 3-4 tortum, pyrenogerum (2) Nucleus conspi- 
cuus quam diametrum cellulae duplo brevior vel minus. 

Closteriospira lemanensis nov. spec. L. Reverdin. 

Characteres generis. Diametra longius 50-55 a brevius 5-6 u. 
Pyrenoides in prima revolutione ab apice chromatphorori sita. 
Nucleus nucleolum gerens. 

Obs. Genus novum inter Spirotaeniam et Closterium colocan- 
dum. A. Spirotaenia apicibus hyalinis corpusculis interjectis a 
Closterio chromatophoro spiraliter torto distinctum. 

La flore planctonique superficielle du lac de Genève se trouve 
ainsi enrichie de 14 nouvelles espèces ; 2 genres et 10 espèces se 



446 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



rapportant aux Flagellés, 1 genre et 4 espèces aux Algues 
vertes. 

Parmi les Flagellés déjà connus je signale la présence de 
VHydrurus foetidus dans la flore planctonique superficielle du 
lac de Genève entre le Port-Noir et l'Ariana. Cette espèce erra- 
tique se rencontre isolément durant les 5 premiers mois de l'an- 
née. Fait intéressant, les cellules sont disposées en une longue 




Fig. 93. — Sphaerocystis Schroeteri 



chaîne unique dans une gaîne cylindrique gélifiée. Dans une 
pêche du 6 mai 1919, par exemple, j'ai trouvé 30 cellules unise- 
riées dans un tube de 675 de long sur 22 de large. Les cellules 
sont parfaitement vivantes, les deux vésicules contractiles fonc- 
tionnant régulièrement, Il se peut que cette formation spéciale 
des colonies soit en relation avec la vie planctonique. 

J'ai eu l'occasion d'examiner un grand nombre de colonies du 
Sphaerocystis Schroeteri Chodat, ce qui me permet d'ajouter 
quelques remarques à son sujet. Les cellules sphériques ou plus 
ou moins ovales présentent parfois des vésicules contractiles, 
elles sont au nombre de deux par cellule, situées dans la partie 
antérieure ; très petites et rapprochées l'une de l'autre, leur 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



447 



mouvement alternant très lent s'effectue en 16 secondes envi- 
ron. Il ne s'agit pas de zoospores, en effet, j'ai pu suivre la divi- 
sion de ces cellules à vésicules contractiles au sein des colonies ; 
la figure 93 montre une petite colonie de 14 cellules réunies 
en 3 groupes de 4 cellules et un de 2 cellules ; on voit dans le 
dernier groupe le début d'une division dans une des cellules. 

On voit aussi dans cette figure 3 cellules munies chacune 
de deux cils. La structure intime de ces cils est difficile à éta- 
blir. Ils sont complètement immobiles, en général ils divergent 
fortement à une courte distance de la membrane. Ces forma- 
tions doivent être assimilées aux pseudo-cils des Tetraspora ou 
à' Apiocystis. Il faut pourtant remarquer que dans Spaerocystis 
ils ne sortent jamais hors de la gelée générale ; on ne retrouve 
pas comme dans Apiocystis une gaîne de gelée spéciale entou- 
rant les pseudo-cils au sortir de la colonie. 

Par la présence de ses vésicules contractiles Sphaerocystis 
Schroeteri Chod. se rapprocherait davantage des Volvocacées 
(sensu. Chodat) que les autres Pal mel lacées, Palmella. Tetras- 
pora, Stapfia, Apiocystis. Déjà la forme libre des colonies sphé- 
riques serait en faveur de cette interprétation. 

Pour terminer ce travail je dirai encore quelques mots au 
sujet des Desmidiées rencontrées dans le plancton. On connais- 
sait jusqu'ici les formes suivantes : 

Closterium Nordstedtii. Chod. (non Gutwinski) fig. 105, 226/11. 
» aciculare Tuffen West. 
» aciculare W. var. robustius Chod 1 . 
» gracile Bréb, 

Cosmanium depressum (Nâg) Lund. 
» Botrytis Menegh. 

Gonatozygon Ralfsii D. By. 

» Brebissonii D. By. 

Ryalotheca dissiliens (Smith) Bréb. 

Les seules formes qui doivent être considérées comme plane- 
toniques sont : Cusmarium depressum '(Nâg) Lund ; Closterhim 
Nordstedtii Chod.; A. aciculare; A. aciculare var. robustius 
Chod. Le Closterium Nordstedtii Chod 2 . (non Gutw.) mérite une 

1 Chodat. Bull. Herb. Boissier. T. V, 97, pl. XI, fig. 10. T. VI, 98, p. 186. 

2 Chodat. Bull. Herb. Boissier. T. V, 97, pl. XI, fig. 11. T. VI, 98, p. 185. 



448 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



place à part au milieu des Closterium. C'est un des rares Clos- 
terium absolument droit. La tribu des Closteriées doit être di- 
visée en deux sections : 1° Euclosterium. 2° Rectoclosterium. 
Dans les Euclosterium rentrent toutes les espèces des Closterium 
plus ou moins arqués cadrant ainsi avec les premières diagnoses 




Fig. 94 à 104. - Cosmarium depressum var. planctonicum. 



du genre Closterium ; dans les Rectoclosterium doivent se ran- 
ger : Closterium Nordstedtii Chod. (non Gutw.); Clost. libellula 
Focke = Penium libellula (Focke) Nordst. ; Clost. Lens var. 
minor. Jacobs = Penium Navicula Bréb. 
Lûtkemuller dans son travail « Die Zellmenbran der Desmi- 



DES EAUX DU LAC DE GENEVE 



449 



diaceen 1902 » faisait déjà rentrer dans la tribu des Clostériées 
Llosterium libelhda Focke et Penium navicula Bréb. 




Fig. 105 à ni. — Desmidiées- 



Cosmarium depressum (Nâg) Lund. est très commun durant 
toute l'année, les autres formes sont plus rares. Les cellules du 

Archives, Vol. 1. — Septembre-Octobre 1919. 30 



450 



ÉTUDE PHYTOPLANCTONIQUE 



Cosmarium depressam du plancton sont toujours plus petites que 
dans la forme typique, leur largeur varie de 25 à 27, leur hau- 
teur de 21 à 24, les chiffres de la forme typique varient de 40 à 
50 pour la largeur et de 37 à 43 pour la hauteur. Elles sont 
toujours entourées d'une forte gelée sphérique, dont le diamètre 
atteint jusqu'à 80 (fig. 104) ; on voit très nettement sur le bord 
des hemi-somates 20 à 25 petits bâtonnets courts. Traitée à la 
fuchsine la gelée montre une structure rayonnante, la base de 
ces rayons formée par les bâtonnets mentionnés se colorent très 
vivement, la coloration est aussi plus intense à la périphérie 
(fig. 104). La forme la plus répandue est celle représentée dans 
les figures 94, 95, mais on trouve aussi des formes différentes 
(fig. 96, 104). V 7 ues par dessus, les cellules sont ovales (fig. 98) 
ou présentent parfois un léger épaississement dans la partie 
médiane (fig. 97). Par ses caractères spéciaux, son habitat, cette 
forme doit être considérée comme une variété Cosmarium 
depressam sous le nom de Cosmarium depressum var. planctoni- 
cum L. Reverdin. J'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs fois 
des divisions anormales (fig. 100, 101), ces divisions anormales 
conduisent parfois à la formation de courtes chaînes (fig. 102, 
103) de 4 à 6 cellules. A côté des Closterium déjà signalés j'ai 
trouvé assez fréquemment le Closterium acicidare var. robus- 
tius Chod. (fig. 106) 440/10. Outre ces formes purement planc- 
tonique*. j'ai rencontré quelques exemplaires des formes sui- 
vantes : 

Staurastrum orbiculare 2 ex. 

Closterium parvidum (fig. 107) 3 » 135-148/19-22 

Cosmarium tetraophthalmum 1 » 

» Immile ? (fig. 108a, b, c, 109 a, b), 3 » 16-17/16-16 
Cosmarium? (fig. 110-111) 5 » 35/24,18/14 

Comme on le voit ces nouvelles données ne changent pas nos 
connaissances. La flore planctonique d'un grand lac est très 
pauvrement pourvue en Desmidiées. La liste des Desmidiées du 
lac de Genève s'enrichira probablement de nouvelles décou- 
vertes, certaines espèces douteuses seront mieux étudiées mais 
dans l'ensemble de la flore planctonique il n'y aura pas grand 
changement à leur égard. 



Relative a la 2 me parité. 



Planche i 




L. ReVERDIN, DEL. 



EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE 



Fig. a. b. c. d. e. : Diceras, nov. gen., Rev. 
Diceras Chodati, nov. spec, Rev. a) complètement développé ; b) début 
d'une division ; c) division plus avancée, le flagellum et les vésicules 
contractiles ont disparu ; d-e) états juvéniles à une seule corne, la cloi- 
son est formée (d) entre la partie centrale et la corne. 
Fig. f.: Styloceras, nov. gen., Rev. 

Styloceras longissimus, nov. spec, Rev. 
Fig. g. : Dinobryon campanuliformis, nov. spec, Rev. 
Fig. h. : Dinobryon elegans, nov. spec, Rev. 

Fig. i. j. k. : Dinobryon urceolatum, nov. spec. Rev. i) formation d'un 
gros pseudopode antérieur ; j) sans pseudopode ; k) cellule retractée, 
les flagellum et les vésicules contractiles ont disparu. 

Fig. I. m. : Hyalobryon cylindricum, nov. spec, Rev. ï) avec deux fla- 
gellum ; m) avec un prolongement protoplasmique simulant le petit 
flagellum, individu fixé sur un flocon mucilagineux. 

Fig. n. o. p. q. r : Uroglenopsis apiculata, nov. spec, Rev. ri) groupe de 
5 cellules, une grande à droite et 4 petites à gauche; o) fragment 
d'une grande colonie en plaque irrégulière ; p) préparation à la divi- 
sion, le chromatophore devient antérieur, un second stigma apparaît 
(peu visible, en bas à l'extrémité du chromatophore) ; q) le chromato- 
phore est divisé ; r) la cellule a subi une division longitudinale, les fla- 
gellum se sont formés sur une des cellules. 

Fig. s. : Chrysococctjs reticulatus ? nov. spec. ? Rev. Cellule présentant 
de courts piquants dans sa partie postérieure. 



NOTE PRÉLIMINAIRE 



SUR LA 

GÉOLOGIE DE LA JUNGFRAU 

ET LE 

chevaucliement du massif de l'Aar sur celui de Gastern 

PAR 

Léon-W. COLLET, Max REINHAltD 
et Ed. PARÉJAS 



Dans la coupe géologique de la Jungfrau, jusqu'ici classique, 
Baltzer 1 avait dessiné deux synclinaux couchés de sédimentaire 
qui pénétraient dans les « schistes cristallins », tels deux gigan- 
tesques coins. Le sommet de la montagne était donc formé par le 
même cristallin que le soubassement. Le Malm du « coin » supé- 
rieur reposait directement sur le cristallin, tandis que celui du 
« coin » inférieur en était séparé par ce que Baltzer appelait 
les « Zwischenbildungen », c'est-à-dire les formations s'éten- 
dant du Trias au Malm. 

Ce profil de la Jungfrau fut reproduit par plusieurs auteurs, 
sans avoir jamais été vérifié. Seeber 2 , en 1911, dans sa thèse de 
Doctorat, introduisit un plan de chevauchement fantaisiste, sans 
se donner la peine de refaire la coupe au marteau. 

En 1918, l'un de nous (Collet), frappé de 1 énorme épaisseur 
de Malm normal du profil de Baltzer, entre le fond de la vallée 
de Lauterbrunnen et le Schwarz Mônch, commença une étude 
détaillée de la . base de la Jungfrau. Des chevauchements dans 
le Malm de cette partie l'engagèrent à reprendre l'étude géolo- 

1 Der mechanische Contact von Gneiss und Kalk im Berner Oberland. 
Beitrdge z. geol. Karte d. Schweiz, XX. Lief, Atlas, Taf. III, fig. 4. 

2 Beitràge zur Géologie der Faulhorngruppe (westlicher Teil) und der 
Mànnlichengruppe. Inaugural Dissertation. Universitàt Bern, 1911. 



GÉOLOGIE DE LA .JUNGFRAU 



453 



gique détaillée de cette montagne, à la lumière de la tectonique 
et de la pétrographie modernes. 

Les résultats que nous avons obtenus jusqu'ici, quoique incom- 
plets, nous permettent néanmoins d'attirer l'attention sur une 
région passablement délaissée, bien que l'accès en ait été consi- 
dérablement facilité par le chemin de fer de la Jungfrau, depuis 
le temps des pionniers que furent Baltzer et de Fellenberg. 

Voyons tout d'abord, sans entrer dans les détails de la strati- 
graphie, les éléments tectoniques que Ton rencontre en montant 
de Stechelberg à la cabane du C. A. S. au Rottal et de là à l'arête 
par laquelle se fait l'ascension de la Jungfrau 1 . 

Rottal. — En discordance sur le cristallin du massif de Gas- 
tern, nous trouvons : 

1° Une série autochtone plissée, complète du Trias au Malm, 
bien visible au-dessus du sentier de la cabane, de Stechelberg 
au lieu dit « Kalte Brunnen ». Au-dessus de ce point, soit à la 
base de la « Bârenfluh » cette série est chevauchée par 

2° une série normale commençant avec les calcaires dolomiti- 
ques du Trias supérieur et s'étendant jusqu'au Malm qui forme 
la paroi de la « Bârenfluh ». Le sentier, après avoir traversé le 
plan de chevauchement et la paroi de Malm, nous conduit à 

3° un anticlinal couché de cristallin de Gastern qui, dans le 
profil de Baltzer, sépare le « coin » sédimentaire inférieur du supé- 
rieur. Cet anticlinal possède au-dessus de la « Bârenfluh » un 
flanc renversé 2 , étiré, de sédimentaire et, au-dessus de la cabane 
du Rottal, un flanc normal sédimentaire, d'une épaisseur de 10 
à 15 m, allant du Trias 3 à la base de l'oolithe ferrugineuse du 
Callovien. Ce sédimentaire normal est chevauché par: 

4° une lame de gneiss mylonitisés, d'une épaisseur maximum 
de 6 mètres, qui a entraîné sous elle de minces lamelles de cal- 

1 Du temps de Baltzer on montait du Glacier du Rottal au Lauithor. 
On ne traversait ainsi que le « coin » supérieur de calcaire, très mince en 
cet endroit. Cette voie, très exposée aux chutes de pierres, fut abandonnée. 
Il est certain que si Baltzer avait eu l'occasion de faire l'ascension par la 
voie actuelle, il aurait trouvé ce que nous décrivons ici. 

2 Ce flanc renversé est très compliqué et la description de ses écailles, 
dont une de cristallin, se fera plus tard en détail. 

3 Nous aurons l'occasion de revenir sur le mode de formation de ce Trias, 
assez spécial, dans notre étude détaillée. 



454 



GÉOLOGIE DE LA JUNGFRAU 



caire dolomi tique du Trias. Sur la lame de mylonites se trou- 
vent des schistes de l'Oxfordien et des calcaires intensément 
dynamométamorphisés du Malm. Si Von suit la lame de mylo- 
nites dans la direction du grand couloir descendant de la Silber- 
lucke, on la voit plonger pour entourer la tête de l'anticlinal 
couché de cristallin, cité sous 3. Après avoir formé le sommet 
d'une arête secondaire, elle ne tarde pas à disparaître complète- 
ment par laminage, en sorte que le Malm qu'elle supporte vient 
en contact, vers le NNW, avec le Malm que nous avons vu 
former la paroi de la « Bârenfluh ». Ce contact mécanique est 
très visible au pied de la paroi qui domine le sentier condui- 
sant de la « Kalte Brunnen » au Schwarz Mônch. On trouve 
même en un point des quartzites du Trias intensément laminés 
entre les deux Malm. 

En suivant l'arête facile qui conduit à l'endroit où commence 
la vraie grimpée de la Jungfrau, on ne tarde pas à traverser: 

5° et 6° deux autres plans de chevauchement dans le Malm, 
marqués par des quarzites du Trias. Ces plans se poursuivent 
dans le grand couloir descendant de la Silberlûcke, où des paquets 
de Trias sont facilement reconnaissables à la lunette. Plus an 
NNW les contacts de ces deuxième et troisième plans de chevau- 
chement se font, comme pour le premier, par Malm sur Malm. 

En examinant attentivement, des pentes qui dominent la rive 
gauche du glacier du Rottal, le « coin » supérieur de sédimen- 
taire, on remarque qu'il est divisé en deux parties dans le grand 
couloir du Rottalsattel par : 

7° un deuxième anticlinal couché de cristallin. Tandis que la 
digitation inférieure de sédimentaire se ferme en synclinal sous 
le Rottalhorn, la supérieure s'allonge dans la paroi du Lauithor 
et disparaît sous le Gletscherhorn. 

Ce deuxième anticlinal de cristallin n'est pas indiqué dans le 
profil de Baltzer. Cet auteur l'a évidemment remarqué plus 
tard, puisqu'il l'indique sur un cliché du Rottal qu'il donne dans 
son Guide géologique de l'Oberland bernois. Cet élément tecto- 
nique, qui paraît ici de peu d'importance, se développe vers le 
NE à tel point que sous le Mônch (versant Nord) il devient 
plus important que le premier anticlinal couché de cristallin 
décrit sous 3. 



GÉOLOGIE DE LA JUNGFRAU 



455 



Comme dernier élément tectonique citons: 
8° le cristallin qui forme le sommet de la Jungfrau et du 
Mônch. 

Des quatre chevauchements que nous venons de décrire, le 
premier (sous chiffre 2) n'est qu'un décollement de l'autochtone 
produit par l'avancée du premier anticlinal couché de cristallin. 
Pour mieux comprendre la signification des autres, voyons un 
peu ce que l'on trouve dans la digitation la plus élevée du « coin » 
supérieur. Il suffit pour cela de nous rendre au 

Jungfraujoch (3470 m). — La galerie qui conduit du restau- 
rant au col traverse, en effet, obliquement la bande sédimen- 
taire la plus élevée de la Jungfrau. Il est donc aisé d'y faire 
une coupe que nous compléterons dans le rocher sur lequel a 
été placé le pluvio-nivomètre Mougin, de la Station centrale de 
Météorologie. Cette précaution est nécessaire car la galerie tra- 
verse précisément la bande sédimentaire à l'endroit où elle est 
la plus laminée. Nous trouvons, de bas en haut, en contact méca- 
nique sur le deuxième anticlinal couché de cristallin de Gastern : 

1° des calcaires plaquetés, noirs, à veines de calcite, et une 
couche fortement minéralisée (oolithe ferrugineuse). Cette pre- 
mière série sédimentaire intensément laminée (1-3 m), supporte : 

2° du Trias et du Mal m (2-3 m). Sur ce dernier repose : 

3° une lame de gneiss mylonitisés de 0,20 m et environ 2 m de 
calcaires plaquetés, noirs (Jurassique). Sur cette troisième série, 
visible seulement sous le pluviomètre, on trouve : 

4° une quatrième et dernière série sédimentaire avec, à la 
base, une deuxième lame, étirée, plissée et faïllée, de gneiss my- 
lonitisés. Dans la galerie, l'épaisseur de cette lame est de 1 m, 
tandis qu'à l'extérieur elle n'est plus que de 0,20 à 0,30 m. Elle 
supporte enviren 20 m de calcaires plaquetés noirs, veinés de 
calcite (Jurassique). 

Le cristallin qui forme le sommet de la Jungfrau chevauche 
cette dernière série. Or ce cristallin, bien que passablement écrasé 
est absolument différent de celui du Gastern, que nous avons 
trouvé dans le soubassement du Rottal et dans les deux anti- 
clinaux couchés de cristallin de cette région. Le cristallin qui 
forme le sommet de la Jungfrau est, sans aucun doute, un gneiss 
granitique du massif de VAar. 



456 



GÉOLOGIE DE LA JÙNGFRAU 



Il vaut la peine de contrôler ces observations au Mônchjoch 
supérieur et au Mônch avant de conclure : 

Mônchjoch supérieur (3618 m). — L'axe des plis s'élevant 
vers le NE, nous retrouvons les mêmes éléments tectoniques 
au Mônchjoch supérieur, avec cette différence toutefois que la 
bande calcaire est plus épaisse. La place nous manque ici pour 
donner et discuter la coupe détaillée que nous y avons relevé, 
notons cependant que la lame, de gneiss mylonitisés, la plus 
basse est ici la plus importante. Elle atteint 1 m, la deuxième, 
par contre, est réduite à un rôle secondaire (0,50 — 0,60 m) et 
le calcaire qu'elle supporte n'a que 6 m. 

Un fait mtéYes$?Lnt prouvant le chevauchement du cristallin du 
sommet du Mônch sur la bande calcaire est la présence d'une 
lamelle ou « écharde » de Malm dans la base de ce cristallin. 

Les gneiss qui chevauchent la bande calcaire du Mônchjoch 
supérieur appartiennent au Massif de l'Aar. On les suit, du 
reste, vers le sud dans la base du Trugberg jusqu'à la cote 
3050. 

Conclusions. 

1. Le massif de l'Aar chevauche celui de Gastern à la Jung- 
frau et au Mônch. 

2. Ce chevauchement, dû lui-même au déferlement de nap- 
pes supérieures, a poussé devant lui et entraîné sous lui l'autoch- 
tone sédimentaire qui s'est empilé, non sans avoir auparavant 
arraché des lames au cristallin sous-jacent. Ce dernier, bien que 
le plus ancien — c'est le massif de Gastern — , n'a pu résister à 
cette poussée formidable et il s'est couché en deux anticlinaux 
dans sa partie supérieure. 

3. Les écailles de sédimentaire, avec leurs mylonites, prises 
entre le cristallin chevauchant de l'Aar et les anticlinaux cou- 
chés de cristallin de Gastern, ont été puissamment et inégale- 
ment laminées, tandis que de fortes épaisseurs de Malm s'accu- 
mulaient, en écailles ou en plis, sur la pente Nord du massif de 
Gastern. 

Genève. Laboratoire de Géologie de l'Université. 
Septembre, 1919. 



457 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A 

L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 

PENDANT LE MOIS d' 

AOUT 1 9 1 9 



Le i, brise du lac de il à 20 h. 
les 2 et 3, rosée le matiu. 

Je 4, rosée le matin, brise du lac de 10 à 17 h. 

5, brise du lac de 10 à 19 h. 

6, rosée le matin. 

les 7, 8, 9 et 10, brise du lac de 9 à 20 h. 
le 11, brise du lac de 10 à 16 h. 30. 

12, brise du lac de 10 à 18 h. 

13, brise du lac de 10 à 12 h. et de 16 à 20 h. 
les 14, 15 et 16, brise du lac de 9 à 17 h. 

le 17, brise du lac de 10 à 20 h. 

18, brise du lac de 9 à 14 h 

21, éclairs dans la soirée, 
les 23 et 25, brise du lac de 10 à 19 h. 
le 26, petite pluie dans la soirée et dans la nuit. 

27, pluie de 7 h. 30 à 10 h. et de 14 à 16 b. 

29, orage et pluie à 19 h. 30 et 22 h., pluie dans la nuit. 

31, petite pluie de 11 à 13 b. 30, de 16 à 21 h. 30 et dans la nuit. 

Remarques. — 1° La nébulosité de ce mois, 1.9, est un minimum absolu 
pour le mois d'août ; le record était détenu jusqu'ici par le mois d'août 1861 
avec 2.2. Le record absolu de l'année, depuis que l'on observe la nébulosité 
<1847), est le chiffre du mois de septembre 1865, 1.3 ; puis viennent ceux d'août 
1919 (1.9) et de septembre 1854 (2.0). 

2° La durée d'insolation rivalise avec celle d'août 1911, le mois d'août le plus 
chaud de la série genevoise, avec 21°. 28. Les deux héliographes avaient fourni 
alors 316 h. et 348 h. d'insolation. 

3° La période de sécheresse de 32 jours, du 25 juillet au 25 août, est aussi 
remarquable pour la période estivale. Il faut remonter à 1854 pour trouver 
une plus longue période continue de sécheresse absolue : 38 jours, du 26 août 
au 2 octobre. 

Il y a eu aussi une période de sécheresse très longue au printemps de 1893. 
35 jours, du 19 mars au 22 avril ; et une plus longue encore en 1896, mais en 
hiver : 41 jours, du 17 janvier au 26 février, au début d'une année qui a été 
remarquable p;»r sou humidité. 

Archives, Vol. 1. — Septembre-Octobre t!)19. 31 



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460 



MOYENNES DE GENÈVE - AOUT 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique de Genève 
à la pesanteur normale : -f- 0 mm .02. — Cette correction n'est pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : TOO + 





Heure 


t Vt 


4 Vï 


7 Vi 


10 i/i 


13 Va 


16 Vî 


19 Vi 


22 1 2 


Moyenne 






mm 


mm 


mm 


mm 


mm 


mm 




mm 


mm 


1 re 


déc. 


30.02 


30.09 


30.40 


30.09 


29.54 


29.19 


29.37 


30.01 


29.84 


2 e 




31.18 


31.28 


31.64 


31.60 


30.66 


29.92 


29.93 


30.75 


30.87 


•3* 


n 


27.73 


27.38 


27.48 


27.27 


26.43 


25.82 


26 31 


27.03 


26.93 




Mois 


29.58 


29.51 


29.76 


29.58 


28.80 


28.23 


28.47 


29.19 


29.14 










Température 














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déc. 


13.99 


11.92 


15.84 


21.11 


24.14 


23.64 


21.62 


18 56 


18.85 




» 


17.62 


15.52 


18.50 


24.08 


27.67 


28.71 


25.88 


21.31 


22.41 


3« 


» 


15.58 


14.25 


16.11 


21.75 


24.18 


23.73 


20.48 


18.02 


19.26 




Mois 


15.73 


13 91 


16.79 


22.30 


25.29 


25.31 


22.59 


19.25 


20.15 








Fraction de saturation 


en % 








Ire 


déc. 


76 


82 


75 


56 


44 


48 


56 


67 


63 


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77 


82 


76 


55 


44 


42 


52 


64 


62 


3e 


» 


74 


78 


73 


52 


42 


48 


58 


65 


61 




Mois 


76 


81 


74 


54 


44 


46 


55 


65 


62 




Dans 


ce mois 


l'air a 


été calme 403 lois sur 


1000 










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= 1.48 











Moyennes des 3 observations 
(7 V», 13 Vî, 21 Va) 

lu m 

Pression atmosphérique. . . . 29.18 
Nébulosité 1.9 

/ 7V»+ I3V1 + 2I Vl 2() o g 3 

Temp. < 

j 7V«+ i3Vi + ■> x-" Va 20 o 79 

Fraction de saturalion 60 °/ 0 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 

Press, atmosphérique . 1 1836-1875) 727 66 
Nébulosité . . . . (1847-1875) 4.7 
Hauteur de pluie . . (1826-1875) 80.4 
Nombre de jours de pluie » 10 

Temp. moyenne. . . » 17°. 91 
Fract. de saturalion 1 18 49-1875 1 71 °/ 0 



461 

Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 



Résultats des observations pluviométriques 



Station 


Céligny 


Collex 


Cliambésy 


Châtelaine 


Satigny 


Athenaz 


Compesières 


Hauteur d'eau 
en mm 


44.5 


44.2 


41.9 


44.0 


44.6 


43.1 


42.2 


Station 


VeyrSer 


Obsevi 


'atoire 


Cologny 


Puplinge 


Jussy 


Hermance 


Hauteur d'eau 
en mm 


41.0 


42.8 


39.9 




40.7 


43.3 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

GRAND SAINT-BERNARD 

PENDANT LK MOIS d' 

AOUT 1919 



Les 1, 2, 3, 7, 23, 25, 28, 29, 30 et 31, brouillard une partie de la journée 
les 7 et 8, forte bise, 
les 28 et 31, vent fort. 



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464 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - AOUT 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
Saint-Bernard à la pesanteur normale : — 0 mm .22. — Celle cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : 500 111 + Fraction de saturation en % 



Heure 


7 Va 


13 Va 


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Moyenne 


7 Va 


13 Va 


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mm 


mm 


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59 


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75 


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73.92 


74 37 


74.12 


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59 


73 


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68.65 


68.69 


82 


68 


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Mois 


71.13 


70 99 


71 38 


71 17 


81 


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Température 

Moyenne 

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15.11 


10.61 


11.60 


11.35 


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9.65 


5.37 


6.65 


6.33 




Mois 


6.43 


11.95 


7.40 


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8.30 




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ce mois 1' 


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465 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES A 

L'OBSERVATOIRE DE GENÈVE 

PENDANT LE MOIS DE 

SEPTEMBRE 1919 



Le 1, brise du lac de 11 à 17 h. 

2, rosée le matin, brise du lac de 10 à 18 h. 
les 3, 4 et 5, rosée le matin. 

le 6, brise du lac de 10 à 18 h., couronne lunaire à 21 h. 30. 

7, brise du lac de 10 à 17 h., orage à l'ouest à 13 h. 35. petite averse à 

18 h. 30. 

8, brise du lac de 10 à 17 h., orage à l'ouest à 14 h. 35. 

9, brise du lac de 10 h. 30 à 19 h. 

les 11, 12 et 13, rosée le matin, brise du lac de 10 à 19 h. 
le 14, pluie de 18 à 19 h. et dans la nuit. 

15, pluie de 18 à 22 h. et dans la nuit, orage à 18 h. 10. 

16, orage à l'est à 17 h. 30, orage et pluie de 18 à 21 h. 

18, rosée le matin, orage à l'est à 18 h. 30. 

19, pluie de 7 h. 30 à 14 h. et de 19 h. 20 à 22 h., orage à l'ouest à 19 h. 
21, nouvelle neige sur le Jura. 

23, rosée le matin, pluie de 20 h. 30 à 22 h. 30. 

24, petite pluie à 15 h. 

25, rosée matin et soir. 

26, rosée le matin, petite pluie dans la nuit. 

27, petite pluie dans la nuit. 

28, pluie de 9 a 14 h. 
30, pluie dans la nuit. 





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468 



MOYENNE DE GENÈVE - SEPTEMBRE 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique de Genève 
à la pesanteur normale : + 0 mm .02. — Celte correction n'est pas ap- 
pliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique : ÎOO + 





Heure 


J v? 


4 l /% 


7 % 


10 Va 


13 Va 


16 Va 


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22 Va 


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déc. 


29.93 


29.99 


30.46 


30.62 


30.03 


29.43 


29.98 


30.55 


30.12 


2e 


» 


29.96 


29.63 


29.71 


29.51 


28.35 


27.44 


27.98 


28.34 


28.87 


3 e 


» 


25.47 


25.22 


25.74 


26.20 


25.53 


25.03 


25.78 


26.26 


25.65 




Mois 


28.46 


28.28 


28.63 


28.78 


27.97 


27.30 


27.92 


28.38 


28.22 










Te 


mpérature 














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° 


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13.43 


12.00 


13.53 


18.64 


21.80 


22.77 


20.66 


16.44 


17.41 


2 e 


» 


15.95 


14.61 


15.72 


20.05 


22.01 


22.41 


18.70 


16.62 


18 26 






11.88 


10.84 


11.79 


15.83 


18.77 


18.87 


15.28 


13.58 


14.61 




Mois 


13.75 


12.48 


13.68 


18.17 


20.86 


21.35 


18 21 


15.55 


16.76 








Fraction de saturation 


en % 








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déc. 


85 


87 


87 


68 


55 


50 


69 


78 


72 


2e 




88 


89 


88 


72 


59 


58 


78 


85 


77 


3e 


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85 


87 


84 


71 


60 


60 


78 


86 


76 




Mois 


86 


88 


86 


70 


58 


56 


75 


83 


75 




Dans 


ce mois 


l'air a 


été calme 483 fois sur 


1000 









Le rapport des vents — — = — - = 1.96 



Moyennes des 3 observations 

(7 Va, 13 Va, 21 Va) 

mm 

Pression atmosphérique . . . . 28.28 
Nébulosité 3.6 

l 7 Va + 13 Va + 22 Va 92 

Temp. < 

/ 13 1/8 + 2X21 1/2 16° 75 

\ 4 

Fraction de saturation 75 °/ 0 



Valeurs normales du mois pour les 
éléments météorologiques, d'après 
Plantamour : 

mm 

Press, atmosphérique . (1836-18751 727 63 

Nébulosité (1848-1875) 4.9 

Hauteur de pluie . (1826-1875) 94.2 
Nombre de jours de pluie » 10 
Temp. moyenne. . . » 14°66 

Fract. de saturation (1849-1875) 77 °/ 0 



469 

Observations météorologiques faites dans le canton de Genève 

Résultats des observations pluviométr'iques 



Station 


Céligny 


Collex 


Chambésy 


Châtelaine 


Satigny 


Atlinnaz 


Compesières 


Hauteur d'eau 
en mm 


36.0 


85.2 


76.9 


69.4 


73.1 


52.7 


105.5 


Station 


Veyrier 


Observatoire 


Cologny 


Puplinge 


Jussy 


Hermance 


Hauteur d'eau 
en mm 


104.2 


104.3 j 


62.1 


72.1 


96.3 


36.5 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

FAITES AU 

GRAND SAINT -BERNARD 

PENDANT LE MOIS DE 

SEPTEMBRE 1919 



Les 1, 3. 8, 23. 24, 29 et 30 brouillard une partie de la journée, 
les 12, 23, 28 et 30 vent fort, 
les 21 et 22 forte bise. 



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472 



MOYENNES DU GRAND SAINT-BERNARD - SEPTEMBRE 1919 

Correction pour réduire la pression atmosphérique du Grand 
Saint- Bernard à la pesanteur normale : — 0 mm .22. — Celte cor- 
rection n'est pas appliquée dans les tableaux. 



Pression atmosphérique t 5O0 n,m + Fraction de saturation en °/o 



Heure 


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13 1/3 


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Moyenne 


7 Va 


13 1/2 


21 V* 


Moy. 


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71.11 


71.55 


72.24 


71.64 


81 


60 


78 


73 


2e » 


70.89 


70.39 


69.97 


70.42 


88 


73 


90 


84 


3e » 


65.79 


66.09 


66.91 


66.27 


87 


85 


92 


88 


Mois 


69.26 


69.34 


69 71 


69.44 


85 


73 


87 


82 



Température 

Moyenne 



Heure 


7 1/2 


13 1/2 


21 i/ 2 


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3 


Va 71/2 + 131 2 -f 
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4.99 


10.38 


6.72 


7 36 


7.20 


2e » 


4.70 


7.77 


5.60 


6 02 


5.92 


3 e » 


0.54 


3.41 


1.81 


1 92 


1.89 


Mois 


3.41 


7.19 


4.71 


5.10 


5.00 


Dans ce 


mois l'air i 


» été calme 


233 fois 


sur 1000. 





Le rapport des vents = — — 0.57 



Pluie et neige dans le Val d'Entremont 



Station 


Martigny-Ville 


Orsières 


Bourg-St-Pierre 


Grand St 


-Bernard 






Ane. P. 


Nouv. P. 


Eau en mm . . 


33.7 


29.0 


33.1 


73.7 


95.8 


Neige en cm . . 


0 


0 


0 


3 


7 



1919 



Vol. 1 



Novembre. 



LA STRUCTURE DES ATOMES' 

PAR 

A. KEKTHOUI) 

(Avec 1 graphique). 



Les notions delément chimique indécomposable et d'atome 
indivisible, introduites dans la science par Dalton, ont été inti- 
mement liées au merveilleux développement de la chimie théo- 
rique dans le cours du siècle passé. Aujourd'hui encore, elles 
suffisent à l'interprétation des phénomènes purement chimiques 
dans lesquels les atomes se comportent comme s'ils étaient 
im partageables. 

Tant que l'on a cru pouvoir s'en tenir rigoureusement à ces 
notions, il va de soi que le problème de la constitution atomique 
ne se posait pas. Cependant le caractère trop absolu des concep- 
tions daltoniennes ne devait pas tarder à se manifester dans les 
phénomènes d'ordre divers, parmi lesquels il faut mentionner 
spécialement l'existence de relations entre les propriétés des 
éléments et leurs poids atomiques, relations qui ont trouvé leur 
expression dans la classification de Mendelejetï*. 

Ces relations seraient inconcevables si chaque atome était un 
tout indivisible, si les éléments étaient irréductibles l'un à 
l'autre et différents dans leur substance même. Elles ne devien- 
nent concevables que si on suppose que les atomes ne sont pas 
simples, mais représentent des systèmes plus ou moins complexes 
entre lesquels existent certains rapports de structure. 

1 Conférence faite devant la Société helvétique des Sciences naturelles, 
dans sa 100 me réunion, le 7 septembre 1910, à Lugano. 



ArchivKs, Vol. 1. — Novembre 1919. 



32 



474 



LA STRUCTURE DES ATOMES 



Quoique la notion d'atome se soit ainsi modifiée, pendant 
longtemps toute hypothèse précise sur la constitution de la 
matière est restée impossible, car une base expérimentale 
faisait défaut. On n'entrevoyait aucune méthode capable de 
révéler la structure atomique, dont l'étude paraissait réservée 
à un avenir encore lointain. Cependant, beaucoup plus tôt 
qu'on n'eût osé l'espérer il y a vingt à trente ans, certains 
phénomènes inattendus ont permis d'aborder le problème avec 
succès. 

C'est la découverte des rayons de Rôntgen (1895), suivie 
bientôt de celle de la radioactivité, qui a ouvert une ère nou- 
velle pour la question de la constitution de la matière. En 
réalité, un rapport entre la structure atomique et les 
rayons X ne s'est révélé que plus tard, mais les recherches 
auxquelles ces rayons ont donné lieu ont amené rapidement 
une découverte de la plus grande importance, celle de l'élec- 
tron. 

C'est le nom qui a été donné à une particule très petite, 
chargée d'électricité négative, que la matière émet dans diverses 
circonstances. Sa charge électrique est la plus faible qu'on 
rencontre jamais, c'est la charge élémentaire d'électricité ; toute 
quantité d'électricité, quelle qu'elle soit, est un multiple entier 
de cette charge. Les dimensions de l'électron sont incompara- 
blement plus faibles que celles de l'atome. Par rapport à un 
atome, représenté par une sphère de 10 m de diamètre, l'élec- 
tron n'est qu'une particule presque microscopique dont le 
diamètre ne dépasse pas 0 mm ,l. 

La masse de l'électron est 1830 fois plus faible que celle de 
l'atome le plus léger, celui d'hydrogène, et il faut insister sur 
un caractère très important de cette masse. 

C'est un fait connu de chacun que l'électricité possède une 
propriété qui est ordinairement considérée comme un des 
attributs caractéristiques de la matière, à savoir l'inertie ou la 
masse. Une particule électrisée possède donc, en vertu de sa 
charge, une certaine inertie, une certaine masse. Or, il est à 
peu près certain que la masse entière de l'électron n'a pas 
d'autre origine, c'est-à-dire qu'elle est due uniquement à sa 
charge électrique. L'électron se présente donc comme un coi"- 



LA STRUCTURE DES ATOMES 



475 



puscule d'électricité sans support matériel au sens ordinaire du 
mot. C'est tout à la fois la particule élémentaire d'électricité 
négative et une particule élémentaire de matière. 

Différents phénomènes optiques ou magnétiques et le fait que 
toute matière est capable d'émettre des électrons, dans des 
conditions variées, indiquent que l'électron est un élément 
constitutif de tous les corps. Et c'est ainsi qu'on a été conduit à 
la conception électrique de la matière suivant laquelle toute 
substance est formée par une agglomération de particules 
d'électricité. 

Il est clair que la matière, électriquement neutre, ne peut 
être constituée par des électrons négatifs seulement. Leurs 
charges doivent être compensées par des quantités égales 
d'électricité de signe contraire. L'existence de l'électron négatif 
appelle donc celle de l'électron positif. Or, malgré des recherches 
assidues, jamais l'électricité positive n'est apparue liée à une 
masse inférieure à celle d'un atome. Nous aurons à y reve- 
nir. 

Le phénomène de la radioactivité est trop connu pour qu'il 
soit nécessaire de le décrire ici. Chacun sait qu'il résulte d'une 
instabilité de l'atome qui peut se transformer spontanément 
avec une grande violence en projetant un de ses fragments qui 
peut être soit un électron négatif ou particule dont la vitesse 
approche parfois de celle de la lumière, soit une particule «, 
beaucoup plus grosse, qui consiste en un atome d'hélium 
(He = 4) portant deux charges élémentaires d'électricité posi- 
tive. 

La radioactivité nous fait donc assister à une véritable trans- 
mutation des éléments et réalise sous une forme inattendue le 
rêve des alchimistes. Elle nous apporte la preuve directe et tan- 
gible de la complexité de l'atome et nous apprend qu*à côté de 
l'électron et jouant un rôle évidemment différent, la particule a 
est l'un des moellons de l'édifice atomique. 

L'étude delà radioactivité a révélé à l'existence de nombreux 
éléments que rien auparavant ne laissait prévoir et la question 
s'est naturellement posée de leur trouver une place dans le 
système périodique. Pour quelques-uns des premiers qui furent 
découverts cela ne présenta aucune difficulté; mais à mesure que 



476 



LA STRUCTURE DES ATOMES 



leur nombre augmentait (on en connaît aujourd'hui une qua- 
rantaine), il devint évident que sans élargir le cadre du système 
périodique, il serait impossible de les y faire rentrer tous. Le 
nombre des places disponibles dans la région qui correspond à 
leurs poids atomiques, tous compris entre 206 et 238, est mani- 
festement insuffisant. 

Cependant les recherches dont les propriétés chimiques des élé- 
ments radioactifs ont été l'objet ont mis en lumière un fait absolu- 
ment inattendu. Malgré leurs poids atomiques différents, certains 
éléments présentent une concordance parfaite dans toutes leurs 
propriétés chimiques, de sorte qu'il est impossible de les séparer 
chimiquement quand ils sont mélangés. Le premier exemple 
fut observé par Boltwood, il y a une dizaine d'années, avec le 
thorium et le radiothorium. Dès lors le nombre des cas analo- 
gues s'est multiplié et il serait oiseux d'en faire une énuméra- 
tion. C'est le phénomène de Yisotopie. Or. il est clair que deux 
éléments chimiquement identiques doivent occuper la même 
place dans le système périodique. Le petit nombre des places 
disponibles cesse donc d'être un obstacle à les y faire entrer 
tous. 

La classification des éléments radioactifs a été facilitée par la 
découverte, due particulièrement à Soddy 1 et Fajans 2 , de deux 
lois, dites lois de déplacement, qui expriment une relation très 
remarquable entre le déplacement qu'un élément subit dans le 
système périodique, ensuite de sa transformation radioactive, et 
la nature des rayons émis. Dans toute transformation liée à une 
émission de rayons a, V élément se déplace de deux rangs dans le 
sens des poids atomiques décroissants, ce qui revient à dire que 
son numéro d'ordre diminue de deux unités. Ce numéro d'ordre 
augmente au contraire d'une unité quand il y a émission de 
rayons fi. 

Un coup d'œil jeté sur le tableau I qui représente la série 
radioactive de l'uranium montre que ces règles se vérifient 
sans exception. Des éléments tels que UI et UIIou bien RaB, 
RaC et RaG sont chimiquement identiques, malgré leurs poids 

1 Chem. Neivs, t. 107, p. 97 (1913). 

2 Phys. Zeit., t. XIV, p. 131 et 136. 



LA STRUCTURE DES ATOMES 



477 



atomiques différents. L'UX 1 , UX. 2 et UII ont au contraire dos 
propriétés différentes quoiqu'ils aient le même poids ato- 
mique '. 

Actuellement, tous les éléments radioactifs ont trouvé place 
dans la classification périodique et on voit, dans le tableau II, 
que presque chaque place, du thallium à l'uranium, est occupée 
par un groupe de plusieurs isotopes qui forment une pléiade. 
Celle du plomb, par exemple, ne compte pas moins de 7 éléments 
entre lesquels la différence des poids atomiques s élève à 8 
unités. 

Le phénomène de l'isotopie n'est d'ailleurs pas limité aux 
éléments radioactifs. Il y a longtemps qu'on a de sérieuses rai- 
sons de penser que le dernier terme de la série de l'uranium, 
le radium-G, n'est autre chose que du plomb. Mais le poids 
atomique de ce dernier métal est 207,2, tandis que celui du 
radium-G doit être 206. Il était donc à prévoir que le plomb 
contenu dans les minerais d'uranium et provenant, en partie au 
moins, de la désintégration de cet élément, doit avoir un poids 
atomique inférieur à celui du plomb commun. 

Cette prévision s'est trouvée exactement confirmée par les 
recherches auxquelles se sont livrés plusieurs expérimentateurs. 
Les nombres obtenus varient suivant la nature du minerai ura- 
nifère dont le plomb a été extrait, mais ils sont toujours infé- 
rieurs à 207,2. La valeur la plus faible a été trouvée par 
Hônigschmid, en partant d'un minerai d'uranium très pur; elle 
est égale à 206,0 et correspond donc exactement au nombre cal- 
culé pour le radium-G. 

Ce n'est d'ailleurs pas le seul cas où une preuve directe a été 
donnée qu'une différence de poids atomique n'entraîne pas 
nécessairement un changement dans les propriétés 2 . 

1 II est à remarquer que le poids atomique n'a été déterminé direc- 
tement que pour un très petit nombre d'éléments radioactifs. Pour les 
autres, il peut facilement se calculer. Ainsi le Ra se transforme en RaG en 
perdant 5 particules a. Le poids atomique de RaG est donc égal à celui 
du Ra, 226, diminué de 5 fois 4, soit égal à 206. 

3 C'est ainsi que Hônigschmid a réussi à extraire d'un minerai très 
pauvre en thorium, un mélange de thorium et d'ioniumdont les propriétés, 
abstraction faite d'une forte radioactivité, ne diffèrent pas de celles du 



478 



LA STRUCTURE DES ATOMES 




LA STRUCTURE DES ATOMES 479 



VIII 




2i; Fe 27 Co 28 Ni 
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101,7 102,9 106,7 




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5§ 





480 



LA STRUCTURE DES ATOMES 



La préparation en quantités pesables d'isotopes tels que le 
plomb et le radium-G a permis d'exécuter des recherches très 
précises relativement au degré de concordance dans les pro- 
priétés des isotopes. Or. ni dans les propriétés chimiques, ni dans 
les propriétés physiques (la radioactivité exceptée), il n'a été pos- 
sible de mettre en évidence la moindre différence, pas même dans 
le spectre lumineux qui ordinairement change du tout au tout 
quand on passe d'un élément à un autre. Le spectre du radium 
-G est identique à celui du plomb commun, celui de l'ionium 
est identique à celui du thorium. 

Il est à remarquer que cette identité concerne les propriétés 
de l'atome. C'est ainsi, par exemple, que l'eau ne dissout pas 
des poids égaux, mais des quantités équimoléculaires d'azotate 
de plomb ou d'azotate de radium-G, et que, de même, ce ne 
sont pas les densités ou les volumes spécifiques du plomb et du 
radium-G qui ont la même valeur, mais leurs volumes ato- 
miques. 

Il est inutile d'insister sur l'importance de ces observations 
inattendues. Si parmi les principes qui sont à la base de la chi- 
mie théorique il en est un qui paraissait ne pas devoir être mis 
en doute, c'est bien celui de l'existence d'un rapport de dépen- 
dance entre les propriétés d'un élément et son poids atomique. 
Et nous trouvons ce principe doublement en défaut. D'une part 
le poids de l'atome varie, dans nombre de cas, sans que 
ses propriétés en soient affectées, d'autre part, des éléments 
de même poids atomique ont parfois des propriétés diffé- 
rentes. 

Ce n'est donc pas le poids atomique qui détermine les pro- 
priétés d'un élément, comme on l'admet depuis Mendelejeft"; 
elles dépendent seulement de la place qu'il occupe dans le 
système périodique ou de son numéro d'ordre, qu'on nomme 
aujourd'hui le nombre atomique. 

Cela serait incompréhensible si le nombre atomique n'était 
qu'un simple numéro d'ordre ; il est évident qu'il doit avoir 

thorium le plus pur et dont le poids atomique moyen, 231,5, est cepen- 
dant, conformément aux prévisions, sensiblement inférieur à celui de ce 
dernier métal. (Th = 232,15; le poids atomique calculé pour l'ionium est 
230,2). Monatsh., t. 27, p. 305 et 335 (1915). 



LA STRUCTURE DES ATOMES 



481 



une signification plus profonde; on ne peut concevoir qu'il 
détermine les propriétés de l'atome que s'il correspond à quelque 
chose dans l'édifice atomique. 

La plupa